Bergson Henri - Essai sur les donnéees immédiates de la conscience (1).pdf

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  • Henri BERGSON (1888)

    Essai sur les donnes

    immdiates

    de la conscience

    Un document produit en version numrique par Jean-Marie Tremblay, bnvole,

    Professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi

    Courriel: jmt_sociologue@videotron.ca

    Site web pdagogique : http://www191.pair.com/sociojmt/

    dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

    fonde dirige par Jean-Marie Tremblay,

    professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi

    Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

    Une collection dveloppe en collaboration avec la Bibliothque

    Paul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi

    Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 2

    Cette dition lectronique a t ralise par Jean-Marie Tremblay, bnvole,

    professeur de sociologie auCgep de Chicoutimi partir de :

    Henri Bergson (1888)

    Essai sur les donnes immdiates de la conscience.

    Une dition lectronique ralise partir du livre Essai sur les donnes

    immdiates de la conscience. Originalement publi en 1888. Paris : Les Presses

    universitaires de France, 1970, 144e dition, 182 pages. Collection

    Bibliothque de philosophie contemporaine.

    Polices de caractres utilise :

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    utilisant lditeur dquation du traitement de textes, Microsoft Word. Pour modifier une formule, simplement double-cliquer (sur Mac) sur lobjet ou bouton droit sur lobjet (dans Windows).

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    LETTRE (US letter), 8.5 x 11)

    dition complte le 15 aot 2002 Chicoutimi, Qubec.

    dition corrige par Bertrand Gibier, le 7 novembre 2002

    dition revue et corrige par Pierre SALAM PhD, Strasbourg, France,

    p.salame@wanadoo.fr , le 22 janvier 2003.

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 3

    Table des matires

    Avant-propos

    Chapitre I. De l'intensit des tats psychologiques

    Chapitre II. De la multiplicit des tats de conscience : l'ide de dure

    Chapitre III. De l'organisation des tats de conscience : la libert

    Conclusion

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 4

    Du mme auteur

    Aux Presses universitaires de France

    uvres, en 1 vol. in-8 couronn. (dition du Centenaire.) (Essai sur les donnes immdiates de la conscience. Matire et mmoire. Le rire.

    L'volution cratrice. L'nergie spirituelle. Les deux sources de la morale et

    de la religion. La pense et le mouvant.) 2e d.

    Essai sur les donnes immdiates de la conscience, 120e d., 1 vol.in-8,

    de la Bibliothque de Philosophie contemporaine .

    Matire et mmoire, 72e d., 1 vol. in-8, de la Bibliothque de

    Philosophie contemporaine .

    Le rire, 233e d., 1 vol. in-16, de la Bibliothque de Philosophie

    contemporaine .

    L'volution cratrice, 118 d., 1 vol. in-8, de la Bibliothque de

    Philosophie contemporaine.

    L'nergie spirituelle, 132e d., 1 vol. in-8, de la Bibliothque de

    Philosophie contemporaine .

    La pense et le mouvant, Essais et confrences, 63e d., 1 vol.in-8, de la

    Bibliothque de Philosophie contemporaine.

    Dure et simultanit, propos de la thorie d'Einstein, 6e d., 1 vol. in-

    16, de la Bibliothque de Philosophie contemporaine . (puis)

    crits et paroles. Textes rassembls par Rose-Marie MOSS-BASTIDE,

    3 Vol. in-8, de la Bibliothque de Philosophie contemporaine .

    Mmoire et vie, 2e d. Textes choisis, 1 vol. in-8 couronn, Les Grands

    Textes .

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 5

    Henri Bergson

    Essai sur les donnes immdiates

    de la conscience

    Presses universitaires de France, 1970. Cent quarante-quatrime dition

    Bibliothque de philosophie contemporaine

    fonde pair Flix Alcan

    144e dition : 4e trimestre 1970

    1927, Presses Universitaires de France

    M. Jules Lachelier

    Membre de lInstitut

    Inspecteur gnral de l'Instruction publique

    Hommage respectueux

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 6

    Avant-propos

    Nous nous exprimons ncessairement par des mots, et nous pensons le plus

    souvent dans l'espace. En d'autres termes, le langage exige que nous

    tablissions entre nos ides les mmes distinctions nettes et prcises, la mme

    discontinuit qu'entre les objets matriels. Cette assimilation est utile dans la

    vie pratique, et ncessaire dans la plupart des sciences. Mais on pourrait se

    demander si les difficults insurmontables que certains problmes philoso-

    phiques soulvent ne viendraient pas de ce qu'on s'obstine juxtaposer dans

    l'espace les phnomnes qui n'occupent point d'espace, et si, en faisant

    abstraction des grossires images autour desquelles le combat se livre, on n'y

    mettrait pas parfois un terme. Quand une traduction illgitime de l'intendu en

    tendu, de la qualit en quantit, a install la contradiction au cur mme de la question pose est-il tonnant que la contradiction se retrouve dans les solutions

    qu'on en donne?

    Nous avons choisi, parmi les problmes, celui qui est commun la

    mtaphysique et la psychologie, le problme de la libert. Nous essayons

    d'tablir que toute discussion entre les dterministes et leurs adversaires

    implique une confusion pralable de la dure avec l'tendue, de la succession

    avec la simultanit, de la qualit avec la quantit : une fois cette confusion

    dissipe, on verrait peut-tre s'vanouir les objections leves contre la libert,

    les dfinitions qu'on en donne, et, en un certain sens, le problme de la libert

    lui-mme. Cette dmonstration fait l'objet de la troisime partie de notre

    travail : les deux premiers chapitres, o l'on tudie les notions d'intensit et de

    dure, ont t crits pour servir d'introduction au troisime.

    H. B. Fvrier 1888.

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 7

    Chapitre I

    De l'intensit

    des tats psychologiques

    On admet d'ordinaire que les tats de conscience, sensations, sentiments,

    passions, efforts, sont susceptibles de crotre et de diminuer; quelques-uns

    assurent mme qu'une sensation peut tre dite deux, trois, quatre fois plus

    intense qu'une autre sensation de mme nature. Nous examinerons plus loin

    cette dernire thse, qui est celle des psychophysiciens ; mais les adversaires

    mmes de la psychophysique ne voient aucun inconvnient parler d'une

    sensation plus intense qu'une autre sensation, d'un effort plus grand qu'un autre

    effort, et tablir ainsi des diffrences de quantit entre des tats purement

    internes. Le sens commun se prononce d'ailleurs sans la moindre hsitation sur

    ce point ; on dit qu'on a plus ou moins chaud, qu'on est plus ou moins triste, et

    cette distinction du plus et du moins, mme quand on la prolonge dans la rgion

    des faits subjectifs et des choses intendues, ne surprend personne. Il y a l

    cependant un point fort obscur, et un problme beaucoup plus grave qu'on ne se

    l'imagine gnralement.

    Quand on avance qu'un nombre est plus grand qu'un autre nombre ou un

    corps qu'un autre corps, on sait fort bien, en effet, de quoi l'on parle. Car, dans

    les deux cas, il est question d'espaces ingaux, ainsi que nous le montrerons en

    dtail un peu plus loin, et l'on appelle plus grand espace celui qui contient

    l'autre. Mais comment une sensation plus intense contiendra-t-elle une

    sensation de moindre intensit ? Dira-t-on que la premire implique la seconde,

    qu'on atteint la sensation d'intensit suprieure la condition seulement d'avoir

    pass d'abord par les intensits infrieures de la mme sensation, et qu'il y a

    bien encore ici, dans un certain sens, rapport de contenant contenu ? Cette

    conception de la grandeur intensive parat tre celle du sens commun, mais on

    ne saurait l'riger en explication philosophique sans commettre un vritable

    cercle vicieux. Car il est incontestable qu'un nombre en surpasse un autre quand

    il figure aprs lui dans la srie naturelle des nombres : mais si l'on a pu disposer

    les nombres en ordre croissant, c'est justement parce qu'il existe entre eux des

    rapports de contenant contenu, et qu'on se sent capable d'expliquer avec

    prcision en quel sens l'un est plus grand que l'autre. La question est alors de

    savoir comment nous russissons former une srie de ce genre avec des

    intensits, qui ne sont pas choses superposables, et quel signe nous

    reconnaissons que les termes de cette srie croissent, par exemple, au lieu de

  • Henri Bergson, Essai sur les donnes immdiates de la conscience (1888) 8

    diminuer : ce qui revient toujours se demander pourquoi une intensit est

    assimilable une grandeur.

    C'est esquiver la difficult que de distinguer, comme on le fait d'habitude,

    deux espces de quantit, la premire extensive et mesurable, la seconde

    intensive, qui ne comporte pas la mesure, mais dont on peut dire nanmoins

    qu'elle est plus grande ou plus petite qu'une autre intensit. Car