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Chapitre 18 Politique budgétaire et politique monétaire · PDF fileChapitre 18 – Politique budgétaire et politique monétaire 533 Figure 18.1 - Dette et défi cits publics de

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  • Chapitre 18

    Politique budgtaire et politique montaire

    Les politiques budgtaire et montaire partagent le mme objectif : contrler la demande globale. Une demande globale trop leve cre de linfl ation ; une demande trop faible entrane une rcession. Une croissance conomique forte et stable exige un contrle effi cace de la demande globale.

    Pour atteindre cet objectif, la politique bud-gtaire jongle entre les dpenses de ltat (une des injections du circuit conomique) et les impts et les taxes (une des fuites). La politique montaire sexprime, quant elle, par le choix de loffre de monnaie ou du taux dintrt. Une diminution du taux dintrt encourage les investissements et augmente ainsi la demande globale.

    Les deux sections de ce chapitre exami-nent tour tour la politique budgtaire et montaire en dtaillant leurs effets et leur effi cacit respective.

    1. La politique budgtaireLa politique budgtaire peut avoir deux rles. Premirement, elle permet de lisser lactivit conomique en cas de pic din-

    fl ation ou de dfl ation. Une politique dexpansion bud-gtaire peut tre employe pour relancer une conomie qui connat une rcession prolonge, comme ce fut le cas durant la grande dpression des annes 30 ou, plus rcemment, la fi n des annes 90 au Brsil et dans le Sud-Est asiatique. Une politique budgtaire dfl ationniste peut tre employe pour matriser et rduire linfl ation. Des politiques de ce type ont t mises en place dans les annes 70, par exemple aux USA ou au Royaume-Uni. Ainsi, le premier rle dune politique budgtaire est de protger lconomie des variations extrmes qui engen-drent de profonds et longs dsquilibres.

    Deuximement, elle permet de lisser le cycle cono-mique. Lide ici est dobtenir une croissance rgulire pour viter que la balance des paiements devienne dfi -citaire ou que lconomie entre en surchauffe. Le gou-vernement modifi e le niveau dimposition de faon obtenir une demande suffi sante pour que lconomie connaisse une croissance constante. Il fait en sorte que les excs ou les dfi cits de demande globale ne pren-nent jamais trop dimportance (lobjectif prcdent concernait les interventions lorsque ces carts taient importants). Toutefois, aucun conomiste ne sattend ce que le rglage soit suffi samment fi n pour quil ny ait aucune variation de la demande. Ces variations exis-tent, il sagit de les matriser.

    Avant dtudier en pratique la gestion de la demande grce la politique budgtaire, nous devons connatre quelques termes.

    1.1. Les fi nances de ltat : quelquesdfi nitions

    Les dpenses dun tat concernent une grande varit de domaines, qui peuvent dpendre de budgets

    Sommaire La politique budgtaire . . . . . . . . 531 La politique montaire . . . . . . . . . 542Rsum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 555

    Applications . . . . . . . . . . . . . . . . 556

    2011 Pearson Education France Principes d'conomie, 7e dition John Sloman, Alison Wride

  • 532 Principes dconomie

    diffrents. voquer une politique budgtaire sous-entend dabord quon prcise le bud-get, lorigine des moyens et la destination des dpenses.

    Le secteur public franais correspond ltat (les ministres et les fonctions rga-liennes), auquel sajoutent les administrations publiques, les collectivits locales et les entreprises publiques (cest--dire celles dont au moins 51 % du capital social est dtenu par ltat ou conjointement par ltat et une ou plusieurs administrations nationales, rgionales ou locales). Ces units institutionnelles sont trs diffrentes, par exemple les administrations publiques recensent des entits comme les universi-ts, le CNRS, Ple Emploi ou encore les hpitaux. Appliquer une politique budgtaire unique pour lensemble de ces ralits serait un non-sens, do le recours ces budgets. Nanmoins, ces politiques rpondent toutes la mme rgle de calcul comptable, qui consiste mettre en regard les emplois et les ressources pour constater un dfi cit ou un excdent budgtaire.

    Une politique budgtaire expansionniste aboutit une augmentation des dpenses publiques et/ou une rduction des impts et des taxes. Ces actions entranent une augmentation du dfi cit budgtaire ou, dans certains cas, seulement une diminution de lexcdent budg-taire. Depuis le milieu du sicle dernier, la plupart des pays industrialiss ont rgulirement des budgets en dfi cit. Cependant, depuis une dizaine dannes, des politiques de matrise (et mme de rduction) des dfi cits budgtaires sont mises en uvre. Cest notamment le cas au sein de lUnion europenne, o le pacte de stabilit et de croissance impose, comme nous le verrons, aux pays membres des seuils de dfi cit ne pas dpasser.

    Enfi n, il ne faut pas confondre le dfi cit budgtaire et la dette publique : le premier cor-respond un excs de dpenses (par rapport aux impts collects), que le gouvernement fi nance laide demprunts, la seconde, la somme des emprunts successifs (autrement dit, aux dfi cits budgtaires successifs) encore rembourser.

    La dette publique. Elle se compose de deux parties : la dette intrieure et la dette ext-rieure. Intrieure, elle correspond aux montants que la France a emprunts ses propres rsidents (emprunts et retard de paiements) ; extrieure, ce sont les montants que la France a emprunts des cranciers du reste du monde. De mme, une distinction est faite entre la dette extrieure brute le montant total des crances dtenues par le reste du monde , et la dette extrieure nette la diffrence entre les dettes de la France envers les autres pays et les crances dtenues par la France sur les autres pays.

    La fi gure 18.1 reprsente lvolution de la dette et du dfi cit publics de la France, expri-ms en pourcentage du PIB. La part de la dette a connu une forte augmentation au cours de la priode 1995-2010, ce qui sexplique par un budget presque systmatiquement dfi -citaire (il na t excdentaire que deux fois). La diminution de la dette en 2000 et 2001 nest donc pas une diminution en valeur absolue, mais une diminution en valeur relative, cest le PIB qui a progress plus fortement.

    Cette situation dendettement et de dfi cit ne caractrise pas uniquement la France. De nombreux pays connaissent des situations similaires. Le tableau 18.1 indique les dfi cits et les dettes moyennes dun chantillon de pays. Une minorit de pays parvient dgager un surplus budgtaire et rduire leur dette. Notons galement que, depuis mi-2008, les dettes de lensemble des pays se sont creuses sous leffet des plans de relance autoriss, se traduisant par une diminution des recettes des tats et larrt de la croissance du PIB .

    2011 Pearson Education France Principes d'conomie, 7e dition John Sloman, Alison Wride

  • 533 Chapitre 18 Politique budgtaire et politique montaire

    Figure 18.1 - Dette et dfi cits publics de la France en % du PIB.

    90

    80

    70

    60

    50

    40

    30

    20

    10

    0

    1978

    1980

    1982

    1984

    1986

    1988

    1990

    1992

    1994

    1996

    1998

    2000

    2002

    2004

    2006

    2008

    2010

    1

    0

    -1

    -2

    -3

    -4

    -5

    -6

    -7

    -8

    -9

    Dette publique en % du PIB (axe gauche)

    Dficit public en % du PIB (axe droit)

    Source : daprs lINSEE, Comptes nationaux (les donnes 2010 sont des estimations).

    Tableau 18.1 - Dfi cits, excdents et dettes des tats (en % du PIB)

    PaysDfi cits () ou excdents (+) Dettes publiques

    Moyenne 1991-1995

    Moyenne 1996-2000

    Moyenne 2001-2008

    Moyenne 1991-1995

    Moyenne 1996-2000

    Moyenne 2001-2008

    Belgique 6,5 1,3 0,3 139,2 125,2 93,7

    France 4,7 2,6 2,9 51,2 68,3 62,6

    Allemagne 2,9 1,7 2,5 46,6 61,6 64,8

    Grce 11,2 4,0 4,3 99,3 108,9 97,6

    Irlande 2,5 + 2,1 +0,7 90,8 55,8 29,1

    Italie 9,9 3,1 3,1 127,6 131,0 105,2

    Japon 1,6 5,8 5,0 75,0 113,2 168,2

    Pays-Bas 3,5 0,2 0,6 91,6 79,6 49,2

    Sude 7,4 + 1,1 +1,4 74,9 76,9 47,9

    Royaume-Uni 6,0 0,3 2,6 44,7 50,9 41,1

    tats-Unis 4,5 0,0 3,5 73,8 66,9 61,3

    Zone euro 5,2 2,1 2,0 70,9 80,8 68,2

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    1.2. La position adopte par le gouvernement La position budgtaire dun gouvernement correspond son choix de prsenter un bud-get en quilibre, avec une probabilit plus forte dtre en excdent plutt quen dfi cit. Ce choix est-il, lui seul, responsable de lvolution de la croissance conomique dun pays ? Non. Dune part, la croissance du PIB dpend de lensemble des fuites et des injections et, dautre part, on saperoit quen pratique la croissance est plus une cause de lquilibre budgtaire que sa consquence, puisque les gouvernements tablissent leur budget sur des prvisions de croissance souvent trop optimistes.

    En revanche, on peut faire un parallle entre la demande globale et le dfi cit budgtaire. En effet, si le dfi cit budgtaire se rduit dune anne lautre, cela peut tre d une baisse des dpenses publiques (G) ou une hausse des impts (T), autrement dit une baisse des injections ou une hausse des fuites. Dans les deux cas, la demande globale se rduit, toutes choses gales par ailleurs.

    Enfi n, le dfi cit ou lexcdent ne dpendent pas seulement des dcisions gouvernemen-tales, mais surtout du PIB de la priode. Si le pays connat une forte croissance cono-mique, les mnages et les entreprises verront leurs revenus augmenter, les contribuables seront plus nombreux et payeront davantage dimpts (augmentation de T). De plus, dans une conomie en croissance, mesure que le nombre de chmeurs diminue, les dpenses publiques en faveur des chmeurs se rduisent. Elles sont comptabilises comme une augmentation de T, voir chapitre 13. linverse, dans une priode de rces-sion, le

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