EXPLORATION DU CERVEAU, NEUROSCIENCES : - avancees...  exploration du cerveau, neurosciences : avanc‰es

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  • RPUBLIQUE FRANAISE

    OFFICE PARLEMENTAIRE DVALUATION DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES

    EXPLORATION DU CERVEAU, NEUROSCIENCES :

    AVANCES SCIENTIFIQUES, ENJEUX THIQUES

    COMPTE RENDU DE LAUDITION PUBLIQUE OUVERTE LA PRESSE

    DU MERCREDI 26 MARS 2008

    Organise par :

    Alain CLAEYS, Dput de la Vienne

    Jean-Sbastien VIALATTE, Dput du Var

  • EXPLORATION DU CERVEAU, NEUROSCIENCES :

    AVANCES SCIENTIFIQUES, ENJEUX THIQUES

  • sommaire

    ACCUEIL ET OUVERTURE DE LA SANCE ............................................................ 5

    PROPOS INTRODUCTIF ........................................................................................... 9 M. Herv CHNEIWEISS, Directeur du laboratoire de plasticit gliale, Centre de Psychiatrie et neurosciences (INSERM), Membre du Conseil scientifique de lOPECST...........................................9

    LES DEFIS DES SCIENCES ET DES TECHNOLOGIES ............................................15

    Imagerie du systme nerveux, implants crbraux et comportement : que lit-on, que dpiste-t-on, que soigne t-on ? ............................................................................................................................................................................15

    M. Denis Le BIHAN, Directeur de NeuroSpin, CEA, Directeur de lInstitut fdratif de recherche dimagerie neuro- fonctionnelle, Membre de lAcadmie des Sciences..................................15

    M. Emmanuel-Alain CABANIS, Professeur Universit Paris VI, Centre hospitalier national dophtalmologie des Quinze Vingt, Membre associ de lAcadmie de mdecine. ................................23

    M. Thomas BOURGERON, Professeur, responsable du groupe Gntique humaine et fonction cognitive lInstitut Pasteur. .....................................................................................................29

    M. Franois BERGER, professeur de mdecine, Institut des neurosciences de Grenoble, quipe nano mdecine et cerveau (INSERM- CEA)................................................................................32

    Lhomme augment : les trans-humains, mythe ou ralit ? La neuroconomie : une nouvelle discipline ?.........................................................................................................................................................................................37

    M. Jean-Didier VINCENT, Professeur luniversit de Paris Sud-Orsay, Directeur de lInstitut de neurologie Alfred Fessard, Membre de lAcadmie des sciences. .......................................37

    M. Bernard BIOULAC, Directeur scientifique neurosciences et cognition du CNRS, Directeur de lInstitut des neurosciences de Bordeaux. ...........................................................................41

    LES ENJEUX ETHIQUES, PHILOSOPHIQUES, CLINIQUES PSYCHOLOGIQUES, SOCIAUX, JURIDIQUES ET ECONOMIQUES ......................53

    M. Alain EHRENBERG, Sociologue, Directeur du Centre de recherches psychotropes, sant mentale, socit CNRSINSERM et Universit Paris-Descartes. ..................................................53

    M. Jean-Michel BESNIER, Professeur de philosophie, Universit de Paris IV-Sorbonne, Centre de recherche en pistmologie applique (CREA), CNRS, Ecole polytechnique. .......................59

    M. Didier SICARD, Professeur de mdecine, Prsident dhonneur du Comit consultatif national dthique (CCNE). .....................................................................................................................65

    M. Jean-Claude AMEISEN, Professeur de mdecine, Prsident du Comit dthique de lINSERM................................................................................................................................................67

    Mme Dorothe BENOIT-BROWAEYS, Dlgue gnrale de VivAgora, Journaliste scientifique...............................................................................................................................................72

    Mme Marie-Agns BERNADIS, Coordinatrice de Meeting of Minds, Cit des sciences et de lindustrie. ...........................................................................................................................................75

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    ACCUEIL ET OUVERTURE DE LA SANCE

    ___________________________________________________________________

    M. Alain CLAEYS, Dput de la Vienne.

    Permettez-moi tout dabord de saluer la mmoire de Christian CABAL qui vient de dcder. Christian CABAL tait dput, membre de lOffice parlementaire dvaluation des choix scientifiques et technologiques. Il a travaill sur de nombreux sujets, en particulier sur lespace et la biomtrie. Jaimerais que nous ayons une pense pour lui.

    Au nom du prsident Henri REVOL et des membres de lOffice, je remercie chacun de sa prsence, tout particulirement les personnalits qui ont accept dintervenir lors de cette runion.

    Aprs avoir ouvert le dbat sur lvaluation de la loi de biothique par une premire audition publique consacre un tat des lieux liminaire des relations entre les sciences du vivant et la socit, nous avons dcid dorganiser une srie dauditions publiques plus cibles. Plusieurs membres du Conseil scientifique de lOffice avaient appel notre attention sur la ncessit de cerner limpact juridique et social des recherches sur le cerveau la lumire des nouvelles technologies. Laudition publique du 29 novembre dernier nous a convaincus quil faudrait prendre en compte ces recherches lors de la rvision de la loi de biothique, car cest le cerveau en fonctionnement qui est aujourdhui scrut par des machines.

    Lacclration des recherches en sciences du vivant, dans les domaines des nanotechnologies, des technologies de linformation et des neurosciences induit en mme temps une acclration des convergences de ces technologies. Ce double phnomne dextension du champ des sciences du vivant et dacclration entrane, pour la socit comme pour le lgislateur, des interrogations qui rendent plus difficiles les rponses lgislatives. Cette extension nourrit des espoirs pour le traitement des maladies et la prvention.

    Aujourdhui, un continent se rvle, il concerne lexploration des mcanismes crbraux qui sous-tendent la mmoire, les penses, les motions, les comportements. Or, les possibilits dintervention sur le systme nerveux sont maintenant multiples, que ce soit avec des molcules chimiques ou des procds plus ou moins invasifs tels que limagerie crbrale, la stimulation magntique trans-crnienne, les implants ou les neuroprothses.

    Des questions se posent : que lit-on, que dpiste-t-on, que soigne-t-on ? Peut-on attribuer un sens ou un contenu aux nouvelles techniques dimagerie, dduire les causes biologiques dun comportement ou dune maladie mentale ? Quels sont les diagnostics actuels et venir de troubles psychiatriques, tels que lautisme, la schizophrnie ou la dpression ? Quel est leur intrt mdical et

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    social ? Quapportent les neurosciences et la gntique au diagnostic des pathologies mentales ? Quel est leur pouvoir prdictif et comment les diagnostics prdictifs pour certains troubles sont-ils reus par les patients et leurs familles alors quaucun traitement nexiste ? Quels sont les effets du dpistage prcoce quand il ny a pas de remde et quun risque de stigmatisation existe ?

    Doit-on au nom dimpratifs de performance mdicaliser certaines conduites et comportements anormaux en les dsignant comme des pathologies, telle lhyperactivit chez lenfant ? Doit-on au contraire dmdicaliser les pathologies mentales, pour que les patients puissent tre insrs dans la socit ? Les moyens se multiplient pour aider la performance physique, intellectuelle, soutenir la mmoire (ou loubli), intervenir par neurochirurgie, neurostimulation, neuroappareillage, greffes de cellules ou de nano dispositifs. Risque-t-on de modifier lhumain ? Ces innovations seront-elles accessibles tous ? Ces recherches suscitent espoirs de gurison mais aussi craintes de manipulation, datteintes lautonomie de la volont, lintimit de la vie prive.

    De surcrot, les neurosciences permettent de caractriser des associations de plus en plus pertinentes et prcises entre des cartes fonctionnelles dactivit crbrale et des comportements individuels comme lagressivit, limpulsivit et la violence. Ainsi, dans les pays anglo-saxons, les neurosciences sont dj sollicites pour caractriser la responsabilit pnale. La demande scuritaire de plus en plus forte incite dailleurs les gouvernements rechercher des indicateurs biologiques de dangerosit de lindividu, ce qui pourrait conduire des drives inquitantes.

    Aux tats-Unis, une rflexion trans-humaniste est mene. Ses vises nont rien de thrapeutique puisquil sagit daccrotre les performances, de promouvoir un humain augment . Si cest srieux, comme cela semble tre le cas, cest grave, car il sagit l dun dvoiement de la science et de la technique ! Cest un nouveau champ dinvestigation thique que nous ouvrons donc aujourdhui.

    M. Jean-Sbastien VIALATTE, Dput du Var.

    Je massocie aux remerciements qui vous ont t adresss par Alain CLAEYS. La loi de biothique de 2004 ne traite pas directement des questions thiques que soulve le dveloppement acclr des recherches sur le fonctionnement du cerveau. Cependant, les dbats de la premire audition publique consacre aux dfis des sciences du vivant, comme ceux que lOffice continue de mener sur les nanotechnologies ou les biotechnologies font natre des interrogations, des inquitudes, et surtout un rel besoin de dbattre de limpact de ces recherches et de ces nouvelles technologies sur notre socit. Ils appellent aussi une rflexion interdisciplinaire et interpellent le lgislateur.

    Les articles portant sur le cerveau, la neuroimagerie, les neurosciences se multiplient, et pas uniquement e