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Gabon Etude diagnostic SNHDU Gabon - Inta

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Text of Gabon Etude diagnostic SNHDU Gabon - Inta

  • REPUBLIQUE DU GABON

    -----------

    MINISTERE DE LHABITAT, DU LOGEMENT, DE LURBANISME, DE LENVIRONNEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE

    PROJET DAPPUI A LELABORATION DUNE STRATEGIE NATIONALE DHABITAT ET DE DEVELOPPEMENT URBAIN

    ETUDE DIAGNOSTIQUE POUR LELABORATION DUNE STRATEGIE NATIONALE DHABITAT ET DE DEVELOPPEMENT URBAIN AU GABON

    Version Provisoire

    Avril 2011

    GOUVERNEMENT DE LA RPUBLIQUE DU GABON

    PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DVELOPPEMENT

    PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LES ETABLISSEMENTS HUMAINS

  • - Etude diagnost ique pour un projet de formulat ion dune Stratgie Nationale dHabitat et de Dveloppement Urbain -

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    SOMMAIRE

    NS TITRES PAGES INTRODUCTION 6

    i Justification dune stratgie nationale dhabitat et de dveloppement urbain pour le Gabon

    6

    ii Mthodologie de formulation de ltude diagnostique 7 iii Plan de lEtude Diagnostique 7

    I CONTEXTE SOCIO-CONOMIQUE 8

    1.1 Cadre physique, humain et social 8 1.2 Cadre macro-conomique 12

    II SITUATION DU SECTEUR DE LHABITAT ET DU DEVELOPPEMENT URBAIN 18

    2.1 Cadre institutionnel du secteur 18 2.2 Cadre juridique du secteur 26

    III - ETAT DES LIEUX DU SECTEUR PAR SOUS-SECTEUR 33

    3.1 - Habitat 34 3.2 - Services urbains 41 3.3 - Dveloppement conomique 48 3.4 - Environnement urbain 54 3.5 - Gouvernance urbaine 56 3.6 - Dveloppement social 59

    IV REVUE DES POLITIQUES ET PERSPECTIVES DU SECTEUR 61

    4.1 - Rappel historique des politiques passes 61 4.2 - Contribution des diffrents Acteurs au Dveloppement du Secteur 68 4.3 - Dfis actuels et futurs relever par le secteur 73 4.4 - Forces du secteur 78 4.5 - Faiblesses du secteur 79 4.6 - Opportunits saisir par le secteur 82 4.7 - Menaces affronter par le secteur 82 4.8 - Perspectives de dveloppement du secteur 83

    V - ORIENTATIONS STRATEGIQUES 83

    5.1 - Orientations stratgiques lies la rorganisation du secteur 84 5.2 - Orientations stratgiques lies la production et la gestion foncires 84 5.3 - Orientations stratgiques lies la production immobilire 85 5.4 - Orientations stratgiques lies au dveloppement urbain 86 5.5 - Orientations stratgiques lies la promotion de la gouvernance urbaine 87 5.6 - Orientations stratgiques lies au financement du secteur 88 5.7 - Orientations stratgiques lies au renforcement des capacits 89 5.8 - Echancier des dcisions relatives aux orientations stratgiques 90

    CONCLUSION 91 ANNEXES 93

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    CARTE ADMINISTRATIVE DU GABON

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    LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS UTILISES

    $EUA : Dollar des Etats-Unis dAmrique AEP : Adduction deau potable BAD : Banque Africaine de Dveloppement BEAC : Banque des Etats dAfrique Centrale BHG : Banque de lHabitat du Gabon BTP : Btiments et Travaux Publics CEMAC : Communaut Economique de lAfrique Centrale CNSS : Caisse Nationale de Scurit Sociale COMILOG : Compagnie Minire de lOGOOUE CREFOGA : Crdit Foncier du Gabon CRH : Fonds de Refinancement de lHabitat DSCRP : Document de Stratgie de Croissance et de Rduction de la Pauvret EDS : Enqute Dmographique et de Sant EGEP : Enqute Gabonaise sur lEvaluation de la Pauvret FFOM : Forces, faiblesses, opportunits et menaces FNH : Fonds National de lHabitat IDH : Indice de Dveloppement Humain IMF : Institution de Micro Finance LOSDES : Loi portant Orientation de la Stratgie de Dveloppement Economique et Social MDP : Mcanisme de Dveloppement Propre OMD : Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement ONATEL : Office National des Tlcommunications ONG : Organisation non Gouvernementale ONU-HABITAT : Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains PAPSUT : Projet dAjustement et de Planification des Secteurs Urbain et des Transports PAS : Programme dAjustement Structurel PED : Pays en Dveloppement PIB : Produit Intrieur Brut PME : Petite et Moyenne Entreprise PNAE : Programme Nationale dAction pour lEnvironnement PNUD : Programme des Nations Unies pour le Dveloppement PNUE : Programme des Nations Unies pour lEnvironnement POS : Plan doccupation du sol RGPH : Recensement Gnral de la Population et de lHabitat RMDH : Rapport Mondial sur le Dveloppement Humain SDAU : Schma Directeur dAmnagement Urbain SFD : Systme Financier Dcentralis SEEG : Socit des Eaux et Electricit du Gabon SMIG : Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti SNHDU : Stratgie Nationale dHabitat et de Dveloppement Urbain SNI : Socit Nationale Immobilire

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    SOGATRA : Socit gabonaise des Transports SWOT : Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats Tab : Tableau TIPPEE : Travaux dintrt public pour la promotion de lentreprise et de lemploi TVA : Taxe sur la valeur ajoute

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    LISTE DES TABLEAUX FIGURANT DANS LE DOCUMENT

    N du Tableau Titres

    Pages

    Tableau n 01 : Types de protection de la fort en hectares 9 Tableau n 02 : Inventaires des espces animales 9 Tableau n 03 : Donnes dmographiques du Gabon 10 Tableau n 04 : Classement des pays de la CEAC selon lIDH 13 Tableau n 05 : PIB par secteur selon loptique Offre 14 Tableau n 06 : Rpartition du PIB par milieu de rsidence 17 Tableau n 07 : Organisation des professions formelles intervenant dans le secteur 24 Tableau n 08 : Population selon le sexe en milliers dhabitants 25 Tableau n 09 : Structure doccupation du logement par sexe 25 Tableau n 10 : Nombre de titres fonciers dlivrs 27 Tableau n 11 : Rgularisation de parcelles Libreville 28 Tableau n 12 : Produits fiscaux et FBCF en milliards de F.cfa 30 Tableau n 13 : Evolution des taux de la BEAC et des conditions de banque 32 Tableau n 14 : Structuration des composantes verticales 34 Tableau n 15 : Prsentation du sous-secteur Habitat 34 Tableau n 16 : Besoins fonciers et immobiliers moyens par an 2000-2015 35 Tableau n 17 : Demande foncire et immobilire en milieu urbain 35 Tableau n 18 : Evolution de lamnagement des parcelles 36 Tableau n 19 : Units de transformation du bois 37 Tableau n 20 : Production et consommation du bois en 1.000 m3 37 Tableau n 21 : Comparaison des cots de logement en milliers de F.cfa 37 Tableau n 22 : Rpartition des logements selon la nature des matriaux en 2003 39 Tableau n 23 : Statut doccupation et matriaux de construction 39 Tableau n 24 : Offre et demande de logement par province et par an 40 Tableau n 25 : Indices de prix la consommation 42 Tableau n 26 : Accs aux services urbains en % 42 Tableau n 27 : Approvisionnement en eau selon le milieu en % 43 Tableau n 28 : Accs des mnages aux systmes dvacuation des eaux uses et excrta 43

    Tableau n 29 : Communaut desservie par un service de ramassage des ordures 44 Tableau n 30 : Prsentation de la sous-composante Transports urbains 44 Tableau n 31 : Estimation des besoins de rhabilitation en millions de F.cfa 45 Tableau n 32 : Accessibilit physique au logement Libreville en % 45 Tableau n 33 : Accs aux sources dnergie en % 46 Tableau n 34 : Accs aux tlcommunications 46 Tableau n 35 : Comparaison dindicateurs de sant par rgions mondiales 46 Tableau n 36 : Taux de scolarisation brut et net au primaire en 2005 47 Tableau n 37 : Comparaison dindicateurs de lduction par rgions mondiales 47 Tableau n 38 : Prsentation de la composante Dveloppement conomique 48 Tableau n 39 : Occupation par branche d'activit 49 Tableau n 40 : Structure de la population active en 2006 en milliers 49 Tableau n 41 : Contribution du secteur urbain au PIB national en % 50 Tableau n 42 : Population selon des caractristiques du chef de mnage 50 Tableau n 43 : Demandeurs demplois inscrits lOffice National de lEmploi 51 Tableau n 44 : Revenus moyens annuels par tte en 2005 en F.cfa 51 Tableau n 45 : Indice de la pauvret selon le milieu de rsidence 51 Tableau n 46 : Dpts bancaires en millions de F.cfa 52 Tableau n 47 : Dpenses des mnages en F.cfa 52 Tableau n 48 : Prsentation de la composante Gouvernance urbaine 57 Tableau n 49 : Prsentation de la composante Dveloppement social 59 Tableau n 50 : Crdits lconomie en millions de F.cfa 66 Tableau n 51 : Typologie des catastrophes naturelles, 2002-2005 68

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    Tableau n 52 : Echancier des dcisions relatives aux orientations stratgiques 90

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    INTRODUCTION La prsente tude diagnostique sinsre dans le cadre de la prparation dune stratgie nationale dhabitat et de dveloppement urbain (SNHDU) au Gabon. Elle servira la prparation dun document de projet devant intervenir entre le Gouvernement de la Rpublique du Gabon et le Systme des Nations Unies pour dterminer les conditions dlaboration de la stratgie et dun plan dactions lhorizon 2020 qui correspond lchance pour la ralisation de la Cible 11 des Objectifs de Dveloppement pour le Millnaire (OMD) qui consiste, particulirement pour le Gabon, Amliorer sensiblement, dici 2020, lhabitat des gabonais.

    i. JUSTIFICATION DUNE STRATGIE DHABITAT ET DE DVELOPPEMENT URBAIN POUR LE GABON

    Le secteur de lhabitat et de lurbanisation est caractris, depuis des dcennies, au Gabon, par : (i) une crise aige de logement surtout au niveau des populations revenus faibles et intermdiaires, (ii) la raret et la chert des ressources de financement du logement, le cot lev des infrastructures de base et des matriaux de construction, (iii) la multiplication, dans les grands centres urbains, de plusieurs taudis souvent rigs sur des sites impropres lhabitat (drains naturels, marcages, mangroves, zones inondables, bas-fonds..), (iv) un rseau urbain embryonnaire (une dizaine de villes) avec cependant prs de 85%1 de la population confronts de srieux dfis de gestion urbaine. Cette situation a suscit, dj dans les annes 1990, plusieurs rflexions qui ont abouti, en 2001, dans le cadre du projet-pilote PAPSUT (Projet dAjustement et de Planification des Secteurs Urbain et des Transports), une stratgie de dveloppement urbain qui visait principalement : la facilitation de laccs la proprit foncire et immobilire ; laugmentation des possibilits de financement de lhabitat ; lamlioration des conditions denvironnement dans les quartiers ; lamlioration de ltat et du fonctionnement des grandes infrastructures ; laugmentation de la participation de la population au financement des

    infrastructures et ; ladaptation des institutions et des attributions aux nouveaux besoins dans le

    secteur. La faible mobilisation des ressources face aux besoins estims 15 milliards de F.cfa par an, sur une priode mise en uvre de cinq ans, et certains obstacles de mise en uvre tels que la complexit des oprations de rhabilitation de quartiers sous-intgrs ont frein la ralisation de lintgralit du projet. Les rsultats et conclusions du projet ont nanmoins permis au Gouvernement de dfinir, en 2005, un programme national des travaux dintrt public pour la promotion de lentreprise et de lemploi (TIPPEE) comprenant, dune part, des oprations concertes damlioration dhabitat dans les quartiers sous-intgrs et, dautre part, de petits travaux dinfrastructures et de construction mettre en uvre par des PME nationales et locales.

    1 Rapport des progrs des Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement, Situation 2009-2010, page 13

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    Les besoins couvrir demeurent cependant immenses et ne cessent de se renforcer au fil des annes. Il faut, en effet, (i) combler le dficit actuel denviron 200.000 logements et rpondre une demande additionnelle annuelle de 8.000 logements2, (ii) dsenclaver les quartiers sous-intgrs, (iii) amliorer les capacits institutionnelles, techniques et financires des villes, (iv) relever laccessibilit aux services urbains de base La satisfaction de ces besoins est reconnue au rang des priorits du projet de socit du Prsident de la Rpublique du Gabon lhorizon 2016 contenu dans le document Les trois piliers conomiques du Gabon mergent dont laxe 9 porte sur la lutte contre les ingalits, la pauvret et lexclusion notamment laccs aux services sociaux de base et lhabitat et prvoit, cette fin, une forte relance de lhabitat social, travers la construction de logement et lamnagement de parcelles, la rhabilitation et la modernisation des quartiers insalubres des centres urbains notamment de Libreville. Le Premier Ministre, a confirm cette nouvelle vision de lhabitat, dune part, loccasion de louverture du Forum de lHabitat tenu, le 6 aot 2010, Libreville, en dclarant que Chaque gabonais doit disposer dun logement dcent et facilement accessible qui ne le prive pas de lessentiel des revenus mensuels et dautre part, dans sa Dclaration de Politique Gnrale, devant lAssemble Nationale, le 26 novembre 2010, qui consacre 300 milliards de F.cfa lhabitat, au logement et lurbanisme, 1.500 milliards de F.cfa aux quipements et infrastructures et lamnagement du territoire. Ce vaste programme ne peut tre mis en uvre de faon efficiente qu travers un cadre cohrent dinterventions rnov susceptible de permettre au Gouvernement dorienter et de coordonner les actions du secteur et de servir galement de cadre de rfrence aux diffrents partenaires en dveloppement dsireux daccompagner le Gabon dans ses efforts damlioration des conditions de vie et dhabitat des populations. Cest pourquoi, le Gouvernement envisage de dfinir une nouvelle politique dhabitat et de dveloppement urbain.

    ii. MTHODOLOGIE DE PRPARATION DE LTUDE DIAGNOSTIQUE La future stratgie nationale dhabitat et de dveloppement urbain ncessite, pour sa russite, une approche participative susceptible daboutir une appropriation totale des choix politiques et stratgiques ainsi que du plan dactions de mise en uvre, par les acteurs et partenaires du secteur. Elle reposera donc sur la mobilisation intgrale du plein potentiel et des ressources de tous les acteurs, toutes les tapes du processus de son laboration. Cest pour cette raison que la prparation de ltude diagnostique a dmarr par une campagne dinformation et de sensibilisation des acteurs du secteur sur les justification, objectifs, approches et avantages de la stratgie : plus dune centaine dorganismes et personnes ressources ont t rencontrs, cet effet. Cette campagne, mene avec le concours dune quipe pluridisciplinaire de trois consultants a permis de collecter la documentation, les donnes et informations ncessaires la rdaction de ltude devant faire ltat des lieux de toutes les composantes aussi bien sous sectorielles que transversales du secteur.

    2 Mme rapport, pages 75 et 76

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    La version provisoire de ltude diagnostique sera soumise un atelier de validation regroupant des reprsentants de lensemble des acteurs du secteur de lhabitat et du dveloppement urbain. Le diagnostic ainsi valid servira la prparation dun document de projet qui permettra au Gouvernement de mobiliser les ressources ncessaires en vue de la formulation dune stratgie nationale dhabitat et de dveloppement urbain et dun plan dactions pour sa mise en uvre. Dans cette perspective, toutes les dispositions doivent tre prises pour que les conclusions de la stratgie puissent tre intgres au projet de nouveau Document de Stratgie de Croissance et de Rduction de la Pauvret (DSCRP) en cours de prparation.

    iii. PLAN DE LETUDE DIAGNOSTIQUE Pour bien rpondre toutes les proccupations releves ci-dessus, ltude diagnostique sarticule en cinq (5) parties essentielles : La premire partie situe ltude dans le contexte socio-conomique actuel du pays. La deuxime partie analyse la situation du secteur de lhabitat et du dveloppement

    urbain. La troisime partie fait ltat des lieux de chaque sous-secteur au regard des besoins y

    exprims et des politiques et actions menes ce jour pour satisfaire cette demande.

    La quatrime partie entreprend une analyse SWOT3 du secteur en dgageant les atouts, faiblesses, opportunits et menaces du secteur et en apprciant les perspectives de dveloppement du secteur.

    La cinquime partie recommande une srie dorientations stratgiques approfondir terme pour trouver des solutions appropries aux diffrentes problmatiques identifies par ltat des lieux.

    I CONTEXTE SOCIO-CONOMIQUE DE LETUDE Le Gabon est cheval sur l'Equateur, au centre du Golfe de Guine. Il est limit au nord par le Cameroun et la Guine Equatoriale, lest et au sud par la Rpublique Populaire du Congo et a louest par lOcan Atlantique sur 800 km de cte. Il s'tend sur une superficie de 267.667 km. Le climat est de type quatorial, chaud et humide, avec deux saisons de pluies et deux saisons sches. Les prcipitations moyennes annuelles varient entre 1.400 et 3.800 mm alors que les tempratures oscillent entre 21 et 28 C. Le relief se prsente sous forme dun ensemble de plateaux et de collines culminant entre 500 et 1.000 m de hauteur. 1.1 CADRE PHYSIQUE, HUMAIN ET SOCIAL 1.1.1 - Ressources naturelles Le Gabon dispose de grandes potentialits naturelles qui peuvent tre mises profit dans son processus de dveloppement socioconomique : il sagit dimportantes 3 Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats en franais FFOM (Forces, faiblesses, opportunits et menaces)

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    ressources minires avec le ptrole comme dominante, une des forts les plus denses du monde, une hydrographie et un environnement exceptionnels. a. Le ptrole : La principale ressource est le ptrole avec un bassin sdimentaire de

    250.000 km et une production denviron 289.700 baril/jour qui fait du Gabon le 4me producteur dAfrique subsaharienne. Le ptrole contribue plus de 50% au PIB et gnre plus de 60 % des recettes de lEtat et 80 % des recettes dexportation. Sa production connat actuellement une baisse tendancielle en raison de la chute de la productivit du principal gisement de Rabi-Kounga dont la production est passe de 220.000 barils/jour en 1997 55.000 b/j prsentement. Le principal dfi actuel de ce sous-secteur est de parvenir une gestion rationnelle des ressources ptrolires et une utilisation efficiente des revenus pour dvelopper des infrastructures de base et des capacits institutionnelles et humaines ncessaires pour impulser la diversification de lconomie et pour rduire la vulnrabilit de celle-ci aux chocs exognes inhrents au secteur ptrolier. Dans cette perspective, les dispositions du code ptrolier sont en cours de rvision en vue de les rendre conformes aux standards internationaux.

    b. Les autres ressources minires : Le sous-secteur minier hors ptrole nest pas

    non plus ngligeable en raison dun important potentiel compos de manganse, de fer, de diamant, de gaz naturel, dor, et de niobium etc. Ce potentiel est, insuffisamment exploit et contribue peu la formation du PIB (moins de 3%). Seule lexploitation du manganse est structure et fait du Gabon le 2me producteur mondial. Lobjectif du Gouvernement est de promouvoir le secteur priv pour le dveloppement de lactivit minire par la cration dun climat favorable linvestissement. Un code minier est adopt cette fin.

    c. Lagriculture : Le boom ptrolier a entran la marginalisation de lagriculture (qui

    dispose, cependant, de vastes terres arables trs fertiles en raison de la forte pluviomtrie du pays), lexode rural et lurbanisation galopante du pays. De plus de 15%, dans les annes 1960, la contribution de lagriculture au PIB est, en effet, tombe aujourdhui 4 % seulement. Pour relever le sous-secteur, le Gouvernement a engag une politique de diversification de lconomie par la promotion de lagriculture de rente (hva, cacao, caf, palmier huile), de lagro-industrie (caoutchouc, levage de ranch) mais surtout de soutien la production vivrire (manioc, riz, banane et produits marachers) qui na pas encore malheureusement produit les effets escompts.

    d. Lhydrographie : Le domaine aquatique du Gabon comprend des eaux maritimes,

    des eaux continentales et un vaste ensemble destuaires, de lagunes ctires et de mangroves. Les eaux marines sont constitues, pour lessentiel, dun littoral long denviron 800 km, dun plateau continental de 40.600 km et dune zone conomique exclusive (ZEE) estime 213.000 km. Les eaux continentales forment un rseau hydrographique trs dense denviron 10.000 km (dont un fleuve principal, lOgoou, long de 1.200 km), un ensemble de lagunes denviron 2.700 km et une multitude de plaines inondes et plans deau divers. Le bassin versant de lOgoou couvre 215.000 km (dont 22.000 situs au Congo et au Cameroun).

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    Ses principaux affluents sont la Mpassa, lIvindo et la Ngouni. Lautre bassin versant est celui de la Nyanga avec 22.000 km2 dont 80% au Gabon et 20% au Congo. Ce rseau qui dispose dun important potentiel hydrolectrique, inonde presququitablement tout le territoire national.

    e. La fort : Prs de 85 % du territoire est couvert de fort avec un capital naturel

    riche et diversifi qui fait du Gabon le premier pays africain en termes de surface de fort par habitant (20 ha per capita) et de ratio domaine exploitable sur couvert forestier total soit 93 %. La fort gabonaise comporte 8.000 espces vgtales dont 400 essences connues et seulement 60 exploites que lon peut subdiviser en deux grands groupes : lOkoum-essence valeur commerciale la plus rpandue qui possde dexcellentes aptitudes au droulage permettant la fabrication du contreplaqu de bonne qualit values 130 millions de m3. Cette fort crot un taux annuel estim 2 m3/ha avec un taux de dboisement infrieur 1% en raison non seulement de la faiblesse de la pression dmographique mais galement de la rgulation de lexploitation par lEtat. Elle constitue une partie significative du massif forestier du bassin du Congo qui revt une importance toute particulire pour lensemble de la plante, notamment au regard des proccupations lies aux changements climatiques et la prservation de la biodiversit. Cependant, cette potentialit est peu exploite cause des difficults de mise en application du code forestier qui vise laborer des plans damnagement durable et encourager la transformation du bois par la mise en place dune fiscalit incitative. Le Gouvernement a labor un programme sectoriel pour promouvoir les rformes et accrotre la contribution de ce sous-secteur lconomie.

    f. La faune : La faune forestire est constitue dun

    millier despces reprsentant plus de la moiti des espces connues de la plante (lphants, gorilles, chimpanzs, buffles). Il en est de mme de la faune aquatique avec, dans les fleuves, hippopotames, lamantins, crocodiles et en mer, baleines bosse, dauphins, tortues luths dont trs peu sont malheureusement protges (Cf. tableau 02). La productivit des eaux marines reste partiellement connue et montre toutefois un fort potentiel exploitable au sud du Cap Lopez (Port-Gentil) qui marque la limite des eaux froides et riches provenant du systme du Benguela o abondent les petits plagiques, et celles plus chaudes du Golfe de Guine, favorables la pche des grands plagiques (thons). Les eaux continentales, quant elles, restent faiblement connues tant au niveau du potentiel exploitable quau niveau des espces prsentes. Les prises annuelles possibles peuvent tre values 200.000 tonnes pour les espces plagiques et semi-plagiques ctires, 35.000 tonnes pour les

    Tab 01 : Types de protect ion de la fort en hectares

    Rserves naturelles 10.000 Rserves prsidentielles 480.000 Aires de gestion de la faune/Parcs nationaux 2.924.000

    Total 3.414.000 Source : Annuaire Stat ist ique du Gabon

    Tab 02 : Inventaire des espces animales

    Espces connues en 2008 977 Espces partiellement protges 21

    Espces intgralement protges 17

    Source : Annuaire Stat ist ique du Gabon

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    espces de mer sale, et 30.000 40.000 tonnes pour les ressources des eaux continentales.

    La production halieutique au cours de lanne 2004 a t de lordre de 45.150 tonnes dont 12.560 tonnes pour la pche industrielle, 22.860 tonnes au titre de la pche artisanale maritime, 9.640 tonnes pour la pche artisanale continentale, et le reste pour laquaculture.

    g. Lenvironnement : Malgr lexistence dun code de lenvironnement depuis 1993, le

    Gabon demeure confront des problmes environnementaux lis la frquence des feux de brousse qui sont souvent dorigine anthropique. La pratique de lagriculture sur brlis et les feux de brousse pour dbusquer le gibier provoquent, chaque anne, la perte de superficies importantes de fort. La pollution des eaux avec lutilisation des pesticides le long des berges, dans le marachage et avec leffet du lessivage affectent les eaux de surface. Lutilisation des ressources prsente galement un enjeu conomique et social de taille pour les populations rurales qui vivent, en majorit, de la nature : agriculture, levage, chasse, pche, cueillette Lexploitation minire et surtout ptrolire, celle du bois et les pratiques urbaines inadquates dlimination des dchets solides et liquides constituent aussi une source importante de dgradation et de pollution de lenvironnement.

    Selon les rsultats de la mission dappui davril 2006 du Programme des Nations-Unies pour lEnvironnement (PNUE) en vue de lElaboration de la Stratgie pour saisir les Opportunits des Marchs Emergents dans les Domaines de Rduction des Emissions de Gaz Effet de Serre et de Crdits de Carbone, la capacit de squestration additionnelle du secteur forestier serait de 20 millions de tonnes de CO2 quivalant par an, dont environ 70 % proviendraient du reboisement des savanes, 25% de laccroissement du stock de carbone dans les nouveaux parcs d llimination de lexploitation forestire et 5 % dune meilleure gestion des dchets. Le secteur ptrolier reprsente galement un fort potentiel pour le pays pour la rduction progressive des missions de CO2. En effet, plus de la moiti de production de gaz naturel associe est brle dans les torchres dont la diminution reprsenterait une grande part du potentiel de rduction de CO2 dans le cadre des marchs de carbone, du fait du volume des missions quelles produisent. Dautres secteurs industriels et urbains prsentent des opportunits notamment la gestion des dchets (rduction des missions par captage du mthane, des dcharges de Libreville et de Port-Gentil et sa transformation en lectricit), la substitution des carburants fossiles par des nergies renouvelables notamment par lutilisation de limportant potentiel hydrolectrique dont dispose le pays. Un arrt portant mise en place dun groupe de travail sur le Mcanisme de Dveloppement Propre (MDP) rcemment pris vise prparer un portefeuille de projets MDP pour tous les secteurs. Ce groupe de travail est en train de collecter les donnes primaires ncessaires cette fin. Un projet MDP forestier est dj prpar et attend un financement appropri.

    1.1.2 Dmographie et flux migratoires

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    La population du Gabon, qui slve 1.587.685 habitants 4 , prsente deux caractristiques essentielles : dune part, sa jeunesse (41% de la population ont moins de 15 ans) et sa rpartition quasi galitaire selon le genre (50,7% de femmes et 49,3% dhommes) et dautre part, son taux durbanisation lev, 85%, avec une forte concentration Libreville et sa priphrie qui reprsentent 50% de la population urbaine totale. La tranche dge de 15-49 ans reprsente un pourcentage de 50.57% de la population totale. Les perspectives dvolution de la population du Gabon selon les projections du Rapport Mondial sur le Dveloppement Humain 2010 (RMDH) prvoient un doublement de la population en quarante ans (1990-2030).

    Tab 03 : Donnes dmographiques du Gabon

    Total Croissance annuelle moyenne Urbaine ge

    mdian Ratio de dpendance

    (millions) (%) (en % du total) (en

    annes) (pour 100 personnes ges

    de 15 64 ans)

    1990 2010 2030 1990-1995 2010-2015 1990 2010 1990 2010 1990 2010

    0,9 1,5 2,0 3,2 1,8 69,1 86,0 19,6 21,6 88,5 66,4 Source : RMDH, PNUD

    Avant la colonisation au milieu du XIXme sicle, la population occupait le territoire actuel du Gabon de faon trs diffuse. Avec le dveloppement des voies de communication, elle s'est dplace pour s'en approcher. De la traite lexploitation ptrolire, en passant par lexploitation du bois et des minerais tels que le manganse et luranium, cest lconomie extractive qui a transform la socit gabonaise : la mobilisation massive des actifs avant 1960 pour les chantiers forestiers et la dsintgration de lconomie agricole traditionnelle ont t lorigine des migrations vers la plaine ctire et du dclin des socits traditionnelles. A cela est venue sajouter, partir du milieu des annes 70, une forte urbanisation et un boom dmographique conscutifs la forte immigration trangre et lexode rural. En prenant en compte lvolution de la population dans le temps et selon les provinces, le constat tablit quen 1960, la Ngouni tait la province la plus peuple du pays avec 17,6% des effectifs. LEstuaire (13,7%) ne venait quen troisime position aprs le Woleu-Ntem (17,4%). En 2006, lEstuaire a abrit 43,7% de la population totale suivi du Haut-Ogoou (15%) alors que la Ngouni, avec 6,7% recule la 5me place. Cette inversion pourrait tre justifie par des mouvements massifs des populations vers les villes qui offrent galement plus dopportunits demplois que la zone rurale. Ce dpeuplement a t plus accentu dans les provinces du Nord (Woleu-Ntem et Ogoou Ivindo) et celles du Sud (Ngouni, Nyanga) ; provinces dailleurs dans lesquelles se pose un dficit marqu dinfrastructures.

    4 Arrt du Conseil Constitutionnel suite aux rsultats du Recensement Gnral de la Population et de lHabitat de 2003

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    1.1.3 - Mouvements durbanisation Le Gabon a t pendant longtemps un pays sans ville, puis un pays de petites villes lies la fonction administrative coloniale avant de connatre une explosion du phnomne durbanisation partir de 1970, suite un exode rural massif et quasi gnral. A lindpendance en 1960, le pays tait, en effet, encore dominante rurale : le taux durbanisation tait peine de 20% (1 gabonais sur 5 vivait en ville), puis il est pass 60% en 1985, 73% en 1993 et 85% aujourdhui, soit une multiplication par 4,25 en lespace de 50 ans. Leffet urbanisant provient surtout de lexploitation des ressources forestires (bois) et minires du pays qui a souvent ncessit, aux divers points des circuits respectifs de valorisation (production-acheminement-stockage-exportation), limplantation de nouveaux services administratifs et techniques et de cits daccueil pour les personnels et le dveloppement du commerce et de diverses activits tertiaires connexes indispensables la vie rsidentielle. Cette acclration de lurbanisation sest opre essentiellement au profit de Libreville, Port-Gentil, Franceville, Moanda, Mounana... Cependant, cest Libreville et Port-Gentil, en raison de leur forte concentration dactivits modernes et dimportants quipements conomiques tels quaroports et ports, qui sont les vritables ples dattraction du phnomne durbanisation (Cf. Carte n 2 ci-dessus). Cette carte, qui date de plus de 20 ans, reste dactualit car leffet urbanisant demeure le mme : ces deux villes continuent dtre de loin les plus urbanises du pays et abriteraient 65 % de la population urbaine. La densit urbaine est des plus levs du monde avec 250 300 habitants au km2, alors que la moyenne nationale est de 7,5 habitants au km2 et la densit rurale de 1.1 habitants au km2. Cette forte disparit dans loccupation des sols pose des problmes de planification et damnagement du territoire. Un tel niveau de densit implique un resserrement spatial des activits conomiques, accrot la promiscuit et favorise la propagation des IST. Il est aussi indicatif dune utilisation intensive des infrastructures et espaces urbains et appelle un rythme et des cots dentretien levs. Cet entretien fait dfaut surtout dans les quartiers spontans et quartiers sous-intgrs enclavs qui abritent la majorit des populations urbaines et o manquent cruellement les services de base : eau, lectricit, transports, sant, ducation, service de collecte des ordures mnagres Au Gabon, est dsign comme ville, tout chef-lieu de dpartement. Daprs les rsultats du RGPH 2003, les villes gabonaises les plus importantes pourraient se classer en quatre (4) groupes, c'est--dire :

    Carte n 2 : Attraction migratoire nationale de Libreville et Port-Gentil

    Source : POURTIER 1989

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    un groupe de 6 principales villes : Libreville avec 493.351 habitants, Port-Gentil avec 99.121 habitants et 4 villes de moins de 50.000 habitants soit dans lordre, Owendo, Franceville, Oyem et Moanda ;

    un groupe de 7 villes moyennes dont la population est comprise entre 10.000 et 25.000 habitants ;

    un groupe de 8 petites villes avec une population entre 5.000 et 10.000 habitants ; un groupe de 8 trs petites villes ayant entre 3.000 et 5.000 habitants. Larmature des villes gabonaises se trouve dans une situation de quasi primalit urbaine en ce sens que la majorit de la population urbaine se trouve dans une seule ville, Libreville, qui abriterait aujourdhui plus de 50% de la population urbaine totale. Le reste de la population urbaine se rpartiraient dans une cinquantaine de centres urbains secondaires. Cette situation est une consquence directe de la dfinition administrative de la ville sans aucune fonction conomique pralable porteuse de la viabilit urbaine. 1.1.4 Organisation territoriale Sur le plan de lorganisation territoriale, le Gabon est subdivis en 9 Provinces, 52 Dpartements et 26 Districts, 125 Cantons, 50 Communes et 3304 Villages et regroupements des Villages. Libreville, la capitale politique, abrite la moiti de la population urbaine. La plupart des autres villes, hormis Port-Gentil, ont plutt laspect de grands centres ruraux dont lactivit conomique est rduite, lactivit marchande tant principalement anime par quelques fonctionnaires, des petits commerants et quelques artisans qui dtiennent lessentiel du pouvoir dachat. Ce qui pose un problme damnagement du territoire et de viabilit de la dcentralisation qui se met progressivement en place. La dcentralisation qui est un lment essentiel de la gouvernance se trouve, dans la pratique, encore ses dbuts : prs de 15 ans aprs, la mise en application de la loi organique n 15/96 du 06 juin 1996, la dcentralisation a enregistr des avances relativement trs timides en raison surtout (i) du retard de lEtat transfrer rellement les comptences et les moyens indispensables leur mise en uvre effective par les collectivits dcentralises, (ii) de linefficacit institutionnelle de ces collectivits et (iii) du manque desprit du service public qui se traduit par la non application des rgles et procdures. Cette loi vise russir la mise en place dune stratgie de dveloppement local tirant avantage de la dcentralisation, de la dconcentration et accompagne dun ensemble doutils de planification locale. Il sagit donc de sassurer du transfert effectif des comptences et des ressources, de renforcer les capacits des collectivits grer les affaires locales, dassurer la cohrence de laction locale avec les politiques de lEtat, la dtermination dobjectifs prcis et pratiques dans les domaines de la gestion urbaine, limplication du secteur priv et de la socit civile dans le dveloppement local... Cet arsenal juridique, rsultat dun certain consensus politique national, a embrass un champ daction dont lampleur semble avoir t sous-estime lors de sa formulation ; ce qui a engendr un grand nombre de problmes lis, entre autres, aux modalits de financement des collectivits cres, voire la viabilit mme de celles-ci, et ce qui apparat comme une certaine rsistance de lEtat transfrer les comptences quil avait seul exerces jusqualors. En effet, la totalit des communes gabonaises continuent de fonctionner gnralement sur des subventions de lEtat et rencontrent de

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    nombreuses difficults, notamment dans le domaine budgtaire et financier, des capacits des ressources humaines locales, le manque de synergie dans les instruments de planification et de gestion. 1.2 CADRE MACROCONOMIQUE Le cadre macroconomique analyse (i) la structure de la production nationale, (ii) la situation actuelle de lconomie, (iii) la politique nationale de dveloppement et (iv) les perspectives court terme de lconomie. 1.2.1 - Structure de la Production Nationale Lconomie gabonaise est peu diversifie : un seul produit, le ptrole, est la principale source de devises du pays et de revenu de lEtat. Les secteurs pourvoyeurs demplois et stratgiques en matire de rduction de la pauvret que sont lagriculture (3,8% du PIB), fort/environnement (1,4%) et lindustrie (4,9%) ont une contribution marginale au PIB. a. Secteur Primaire : Comme dj annonc ci-dessus, lconomie gabonaise et

    particulirement son secteur primaire sont domins par le ptrole. De 2001 2005, le secteur ptrolier a gnr en moyenne 85 % de la contribution du secteur primaire au PIB. Il est suivi par lagriculture/llevage/la pche (8 % du PIB du primaire), des autres produits miniers (4 %) et lexploitation forestire (3 %). Le secteur primaire lui-mme contribuant en moyenne pour plus de la moiti la formation du PIB, cest dire combien lconomie gabonaise est dpendante du secteur ptrolier qui est prsentement confront une baisse tendancielle de production en raison du tarissement progressif de la ressource.

    b. Secteur Secondaire : Le secteur secondaire, quant lui, contribue hauteur de

    8,7 % la formation du PIB. Les industries de produits chimiques dont peintures, gaz industriel, lubrifiants, de matriaux de construction dont le ciment gnrent la plus importante part de cette contribution (31 %), suivies du sous-secteur BTP, btiments et travaux publics (17%), lectricit et eau (17 %), industrie agro-alimentaire et boissons (13 %) et industrie du bois (11 %). Sagissant du sous-secteur BTP, il connat un regain de dynamisme avec un taux de croissance relle de sa valeur ajoute de 8,2 % sur la priode 2002-2005, entretenu par la reprise des grands travaux routiers et de constructions rsultant de lamlioration de la situation financire de lEtat depuis 2004. En effet, lamlioration des infrastructures en gnral (de transports, dassainissement, deau et dlectricit) et routires en particulier constitue un des piliers de la stratgie gouvernementale qui vise dsenclaver les zones de production et impulser, moyen et long termes, le processus de diversification de lconomie.

    c. Secteur tertiaire : Le secteur tertiaire, comprenant les services marchands et

    lAdministration, gnre en moyenne 36,1% au PIB. Le sous-secteur des Services est le premier contributeur (39 %), suivi du sous-secteur du Commerce (21 %) et de celui des Transports et Communications (17 %). Sagissant de ce dernier sous-secteur et de son volet tlcommunications, il connat une expansion avec louverture la tlphonie mobile avec limplantation de 4 oprateurs. La

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    modernisation du secteur sest poursuivie depuis la connexion, en mai 2002, au cble de fibre optique sous-marin reliant lAfrique lEurope.

    I.2.2 - Situation conomique et financire du pays Avec un PIB par tte des plus levs dAfrique subsaharienne, 10.000 $EUA 5 , le Gabon est class pays revenu intermdiaire de la tranche suprieure. Le RMDH 2010 le classe comme pays dveloppement humain moyen avec un rang de 93me sur 169 pays pour un IDH de 0,648 qui dpasse bien la moyenne mondiale dans ce domaine. Lconomie gabonaise est caractrise par une forte dpendance vis--vis du secteur ptrolier qui, en moyenne, depuis dix ans, reprsente 50 % du PIB, 60 % des recettes budgtaires et 80 % des recettes dexportation. Hautement capitalistique et structurellement extravertie, lconomie du ptrole a trs peu deffets dentranement sur le reste de lconomie et notamment sur la cration demplois. Le Gabon est demeur longtemps un Eldorado ptrolier mais, depuis les annes 80, les performances de son conomie sont devenues largement tributaires de lvolution erratique du prix du ptrole et surtout de la baisse tendancielle de la production ptrolire, en raison principalement de labsence de grande dcouverte venant contrebalancer lpuisement progressif de champs ptroliers arrivs maturit. La production est, en effet, passe de 17,5 millions de tonnes en 1998 15,3 millions de tonnes en 1999, puis 13,6 en 2000, 12,9 en 2001 et de 13,3 millions en 2005 avant de retomber un niveau critique de 11,93 millions de tonnes en 2006. Elle est remonte 12,13 millions de tonnes en 2007 pour retomber 11,81 millions en 2008. Cette volution en dents de scie de la production sest rpercute sur les recettes publiques ptrolires qui sont passes de 760,1 milliards de F.cfa en 2001, 430,8 en 2002, puis 303,1 en 2003, 226,2 en 2004 et 155,9 milliards en 2005, avant de reprendre une relative vigueur pour atteindre 1.012,8 milliards en 2006 et 930 milliards en 2007.

    5 Rapport des progrs des Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement, Situation 2009-2010, pages 14 et suivantes

    Tab 04 : Classement des pays de la CEAC selon l IDH Rang 2010

    Pays 1980 1990 1995 2000 2005 2009 2010

    93me Gabon 0,510 0,593 0,610 0,616 0,628 0,642 0,648 117me Guine

    quatoriale .. .. .. 0,477 0,510 0,536 0,538

    131me Cameroun 0,354 0,418 0,408 0,415 0,437 0,456 0,460 126me Congo 0,462 0,499 0,469 0,458 0,470 0,483 0,489 159me Rpublique

    centrafricaine 0,265 0,293 0,294 0,299 0,299 0,311 0,315

    163me Tchad .. .. .. 0,269 0,299 0,293 0,295 Moyennes rgionales 1980 1990 1995 2000 2005 2009 2010 Moyenne Afrique

    subsaharienne 0,293 0,354 0,358 0,315 0,366 0,384 0,389

    Moyenne Dveloppement humain trs lev

    0,753 0,797 0,827 0,851 0,867 0,875 0,878

    Moyenne Dveloppement humain lev

    0,556 0,633 0,634 0,659 0,692 0,712 0,717

    Moyenne Dveloppement humain moyen

    0,361 0,440 0,480 0,510 0,555 0,586 0,592

    Moyenne Dveloppement humain faible

    0,271 0,310 0,324 0,332 0,366 0,388 0,393

    Moyenne Pays moins dvelopps

    0,251 0,292 0,311 0,325 0,357 0,382 0,386

    Moyenne Monde 0,455 0,526 0,554 0,570 0,598 0,619 0,624 Source : Rapport Mondial sur le Dveloppement Humain

    2010, PNUD

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    Les autres produits dexportation, ont aussi subi les contrecoups de la conjoncture internationale en 2008. A fin dcembre 2008, le ralentissement de lconomie mondiale a plong le march sidrurgique international dans la morosit, entranant de ce fait une forte baisse de la demande de minerai de manganse. Dans ce contexte, au 4me trimestre 2008, la COMILOG sest vue oblige de rduire sa production pour ladapter lvolution de la demande. Ainsi, sa production annuelle est de 3.247.797 tonnes en 2008 contre 3.333.831 en 2007, soit 2,6% de baisse. Paralllement, les exportations dcroissent de 2,8% pour se situer 3.199.095 millions de tonnes fin 2008. Quant la filire bois, marque par des contre-performances, fin 2008, en raison de la chute de la demande de bois tropicaux lie la crise conomique mondiale a vu ses exportations reculer de 14,9% fin dcembre avec un volume de 1.650.085 m3 contre 1.938.078 en 2007. Cette rgression est imputable notamment la mauvaise tenue de lOkoum et de lOzigo dont les exportations ont chut respectivement de 20% et 45%, durant la mme priode, sous leffet conjugu de la crise conomique mondiale et des effets directs de la politique des quotas mise en place par le Gouvernement avec pour consquence la rduction du nombre des exportateurs de grumes. La forte dpendance de lconomie gabonaise de lvolution erratique de ses principales matires premires dexportation se reflte invitablement sur les perspectives de croissance. Ainsi, le cadrage macroconomique de moyen terme a t caractris par un taux de croissance rel de lconomie trs faible (quasiment nul), entre 2002 et 2003, soit 0,6% en 2002 et 2003. Il est ensuite remont timidement 1,6% en 2004 avant datteindre 3% en 2005. Cette tendance la baisse du rythme de cration de richesses nationales se poursuivra pour atteindre un plancher de 1,2% en 2006 avant de se redresser partir de 2007, atteignant 5.6%. Cependant, le taux de croissance est retomb 2,3% en 2008, du fait des rpercussions de la crise conomique et financire sur lconomie nationale. Les perspectives conomiques pour 2010 seraient meilleures, la reprise sur les marchs extrieurs devant mcaniquement avoir un impact positif sur les secteurs-clefs du pays. La croissance envisage devrait se situer entre 5,4 et 6,5%. Lamlioration structurelle de lconomie dpendra nanmoins de sa capacit mettre

    Tab 05 : PIB par secteur selon l optique Offre (en mil l iards F.cfa) Source ?

    PIB en prix courants PIB en prix constants Postes 2007 2008 t en % 2007 2008

    t en %

    Secteur pr imaire 3088 3908,2 134,6 578,7 567,5 -1,9 * Agriculture, Elevage, Pche 186,3 209,4 12,4 122,3 127,4 4,2

    * Exploitation forestire 82,5 54,8 -33,6 39,1 33,6 -14,1

    * Ptrole brut 2643,2 3233,1 22,3 374,6 364,9 -2,6 * Mines 176 410,9 133,5 42,7 41,6 -2,6 Secteur secondaire 454,8 485,3 30.5 362,4 376,2 3,8

    * Industries agro-alimentaires 64,8 73,2 13 58 60,8 4,8

    * Industrie du bois 59,8 40,1 -32,9 21,1 18,3 -13,3 * Autres industries 100,6 112 1 11,4 66,5 70,3 5,7 * Raffinage 24,8 26,1 5,2 56 57 1,8 * Electricit, Eau 69,7 81,3 16,6 62,9 67,3 7 * BTP 101,6 112,7 10,9 64,5 66,7 3,4 * Recherche, serv. ptroliers 33,5 39,9 19,1 33,4 35,8 7,2

    Secteur tert ia ire 1533,5 1629 6,2 761,9 788,7 3,5 * Transport et Communications 281 294,9 4,9 154,9 158 2

    * Services 587,8 642,7 9,3 346,3 366,3 5,8 * Commerce 303,5 332,8 9,7 132,4 139,1 5,1 *DTI et TVA 338,3 333,1 -1,5 102,5 98,2 -4,2 * Banques, assurances 22,9 25,5 11,4 25,8 27,1 5

    Services non marchands 401,8 431,7 7,4 268,3 284,4 6

    PIB Total 5478,1 6454,2 17,8 1971,3 2016,8 2,3 Sources : Direction Gnrale de lEconomie/MEF/Gabon

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    en uvre une relle politique de diversification gnratrice demplois et amliorer la redistribution. Certes, le Gouvernement a annonc la mise en uvre dune nouvelle stratgie de dveloppement conomique (Gabon Industriel, Gabon des Services, Gabon Vert) visant diversifier lconomie nationale et lmergence de filires nouvelles de faon assurer une meilleure stabilit du cadre macroconomique. Toutefois, en labsence de marges de manuvre budgtaires importantes, cette stratgie reste conditionne par la capacit des autorits renforcer lattractivit du pays pour les investisseurs extrieurs et engager les rformes ncessaires permettant doffrir un cadre scuris et lisible moyen et long termes pour le secteur priv. Concernant les finances publiques, le solde budgtaire global sest lui aussi, inscrit la baisse : 6% du PIB en 2002, 3,8% en 2003, 3,2% en 2004, 2,5% en 2005 avant de rebondir 8.6% du PIB en 2006 ; ce solde a cependant dcru, pour tomber 7,9% en 2007 avant de se redresser 11,1% du PIB en 2008. Quant au dficit du compte courant, il tait de 0,3% du PIB en 2002, de 3,1% en 2003, de 2,2% en 2004 et de 2,8% en 2005. Sous linfluence de la dvaluation du Franc CFA survenue en 1994, lencours de la dette extrieure du Gabon avait mcaniquement doubl. Au fil des annes, son niveau est devenu progressivement proccupant faisant ainsi du Gabon une conomie trs endette. La dette extrieure reprsentait, en effet, en 2005, 43,58% du PIB. Le pays a bnfici, fin 2008, dune srie dannulations de dette qui concernait surtout la dette extrieure et rsultait dune dcote de 15% sur lencours obtenue lors du rachat de la dette auprs des cranciers membres du Club de Paris. Ces annulations se chiffraient 130,6 milliards de F.cfa, en hausse de 99,0% par rapport lanne 2007 o elles ne slevaient qu 1,3 milliard de F.cfa. A la fin 2008, lencours de la dette publique slevait 1.180,628 milliards de F.cfa donc en baisse de 884,89 milliards de F.cfa par rapport son niveau de fin 2007. Le stock de la dette extrieure est pass ainsi de 1.924,941 milliards de F.cfa en 2007 1.032,995 milliards de F.cfa en 2008, correspondant une rduction annuelle de 46,3%. 1.2.3 Politique Nationale de Dveloppement Tirant leon des difficults de gestion rationnelle des aspects sociaux qui ont caractris les Programmes dAjustement Structurels successifs, le Gabon sest engag, depuis 15 ans, renouer avec la planification en vue de reconstituer ses principaux instruments de pilotage de lconomie long, moyen et court termes. Cest dans cette perspective que furent formuls respectivement la Vision Prospective Gabon 2025, la Loi portant Orientation de la Stratgie de Dveloppement Economique et Social (LOSDES) et le Document de Stratgie de Croissance et de Rduction de la Pauvret (DSCRP). 1.2.3.1 - La Vision Prospective Gabon 2025 En 1996, le Gabon sest dot dune vision prospective partage dnomme Gabon 2025 pour un avenir commun lhorizon dune gnration toute entire qui offre une priode de planification stratgique assez longue pour donner au pays loccasion de voir porter les fruits et les indispensables rformes structurelles et ainsi faire du Gabon un modle de dmocratie et de dveloppement socioconomique. La stratgie

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    propose par Gabon 2025 vise dfinir pour le pays, les conditions optimales dune transformation qui le feront passer dun tat de pays sous-dvelopp un tat de nation nantie lhorizon 2025. Pour ce faire, elle sest assigne les trois objectifs majeurs ci-aprs : la dfinition dune vision long terme qui prenne en compte les aspirations

    profondes des populations, les potentialits du pays et lenvironnement international ;

    llaboration dun guide la dcision et la gestion du dveloppement court, moyen et long termes partir dune vision claire du futur ;

    le renforcement des capacits de rflexion, dassimilation et dadaptation des mthodes de planification du dveloppement face aux incertitudes du futur.

    1.2.3.2 - La Loi portant Orientation de la Stratgie de Dveloppement Economique et Social (LOSDES) En vue doprationnaliser la vision construite par Gabon 2025, cette loi a t prise en 2002, en guise dinstrument de planification moyen terme (sur un horizon de 7 ans). Sur la base dun diagnostic critique de la situation du dveloppement, elle dessine les perspectives moyen et long termes avec pour objectif essentiel de tracer le cheminement pour optimiser les conditions de ralisation du scnario retenu dans la vision. Elle dfinit un cadre macroconomique de rfrence qui repose, pour lessentiel, sur le rtablissement des quilibres macroconomiques fondamentaux, la projection des ressources de la nation et llaboration dune stratgie dallocation optimale des ressources nationales. Les objectifs stratgiques de la LOSDES consiste (i) sortir le Gabon de la crise financire, (ii) tablir les conditions dune croissance forte et durable, (iii) rsorber le chmage (surtout des jeunes), (iv) amliorer le niveau de vie des populations et lutter contre la pauvret, (v) amnager le territoire national, (vi) consolider la dmocratie et rorganiser lEtat. 1.2.3.3 - Le Document de Stratgie de Croissance et de Rduction de la Pauvret (DSCRP) Pour mettre en uvre les politiques et programmes de la LOSDES, lEtat a labor le DSCRP qui naturellement, reprend, dans ses axes stratgiques, les orientations de la LOSDES. Lanc en janvier 2002 et finalis en 2006, il fixe les programmes de croissance et de lutte contre la pauvret pour 2006-2008. Cest lchelon le plus oprationnel des politiques conomiques, financires et sociales du Gabon et le cadre unique de rfrence des interventions de tout partenaire au dveloppement dsireux daccompagner le pays dans la relance dune croissance conomique forte et durable et favorable aux pauvres. Il sarticule autour de quatre (4) piliers : (i) la promotion dune croissance conomique forte, durable, de qualit et plus favorable aux pauvres, (ii) lamlioration significative de laccs de toutes les populations aux services sociaux essentiels, (iii) lamlioration des infrastructures et (iv) la promotion de la bonne gouvernance.

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    Dans le cadre du suivi des OMD, le Gabon a labor deux rapports de progrs en 2003 et en 2006. Ces deux valuations attestent l'accomplissement de relles avances dans quatre (4) domaines cls (ducation, genre et autonomisation des femmes, protection de lenvironnement et appropriation des Technologies de lInformation et de la Communication). Cependant, des dficits notables subsistent dans de nombreux domaines qui rendent incertaine la ralisation des OMD, lhorizon 2015, au Gabon. La lutte contre la pauvret et la faim ainsi que la sant, par exemple, demeurent encore de srieux challenges difficiles matriser avant lchance. La vritable cause indexe pour ces retards est la faiblesse dans la priorisation. Aussi, ds 2006, le Gabon a entrepris un processus d'valuation des cots des investissements/interventions ncessaires latteinte des OMD. Cet exercice a conduit l'laboration du Plan Dcennal OMD (2005-2015) qui se veut un instrument de planification long terme, reposant sur une analyse dtaille des besoins, une identification des interventions, un chiffrage minutieux de leurs cots, et enfin, une programmation rigoureuse des investissements ncessaires la ralisation des OMD entre 2005 et 2015. Cet exercice na pas donn les rsultats escompts puisque le 3me rapport de progrs, qui vient de sortir, tire des conclusions identiques que les deux premiers. Une autre faiblesse de la planification gabonaise est de reposer sur un systme de donnes et informations non actualises : LEnqute de Dmographie et de Sant (EDS) date de 2000, le Recensement Gnral de la Population (RGPH) date de 2003 et lEnqute Gabonaise pour lEvaluation de la Pauvret (EGEP) date de 2005. Dans une telle situation, les outils daide la dcision, la dmarche de planification elle-mme et les mcanismes de suivi et dvaluation fonctionnent mal et aboutissent trs souvent des rsultats peu convaincants. Le DSCRP de seconde gnration, actuellement en cours de prparation pour tre disponible courant 2011, devra certainement apporter des solutions durables toutes ces faiblesses. 1.2.3.4 La place du secteur de lhabitat et du dveloppement urbain dans la planification La stratgie de dveloppement urbain formule dans le cadre du PAPSUT a eu une mise en uvre limite. Les actions prvues par le DSCRP, au profit du secteur, nont pas eu un sort plus enviable. Leur objectif gnral tait de faciliter laccs des populations aux terrains viabiliss et aux logements socio-conomiques, tout en les prservant des risques de catastrophe. En plus du renforcement des capacits des services en charge du secteur, les actions, retenues pour le relvement du secteur, taient les suivantes : en matire dhabitat : extension des crdits immobilier et foncier aux clients ayant

    un revenu montaire, dveloppement du crdit hypothcaire et construction de logements socioconomiques,

    en matire durbanisme : restructuration des quartiers insalubres, laboration des Schmas Directeurs dAmnagement et dUrbanisme avec, en priorit, la finalisation des SDAU de Libreville et de Port-Gentil et des Plans dOccupation des Sols, constitution de rserves foncires et ralisation dune opration de plus de 2.000 parcelles de 2006 2008 ;

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    en matire de cartographie : laboration de cartographie gnrale, de cartographie des frontires, de cartes des villes, de cartographie de triangulation et de densification du rseau godsique des villes...

    La seule action vritablement entame est la finalisation du SDAU de Libreville qui nest dailleurs toujours pas acheve ce jour. Cest dire que la planification na pas encore donne au secteur de lhabitat et du dveloppement urbain la place et la considration quil mrite dans lconomie nationale si lon admet : - dune part, que lhabitat et le logement sont, par essence, des priorits

    incontournables pour tout pouvoir politique, car leur volution adquate exerce une action transformatrice et cratrice sur toute structure conomique ou sociale et,

    - dautre part, que la ville est le pays en miniature, qui offre gnralement plus quelle

    ne reoit, et que bien gre, elle devrait tre, pour tout pays, un vrai vecteur de dveloppement socioconomique.

    Jusqu prsent, le secteur de lhabitat et du dveloppement urbain a t toujours analys et trait seulement compte tenu de sa capacit contribuer la rduction de la pauvret sans considration effective du fait quil est plus crateur de richesse et plus contributeur la formation du PIB que le secteur rural. Cela est bien illustr, par le tableau ci-contre, quon value lapport du milieu urbain avec ou sans limpact du ptrole. Cette nouvelle vision du secteur devrait compter dans les proccupations du futur DSCRP. 1.2.4 - Perspectives court terme6 Selon le cadre macroconomique rvis, la croissance conomique devrait sestomper par rapport au niveau anticip prcdemment. Malgr une production de ptrole plus forte que prvue, cette situation serait due aux faibles performances des autres secteurs dexportation et aux effets collatraux qui en rsultent principa-lement sur les transports. Paralllement, les contraintes financires de lEtat, qui se traduiraient par un ajustement des dpenses publiques non salariales, impacteraient ngativement la production du BTP. Dans ce contexte, le PIB en francs courants dvisserait de 23,5 % pour stablir 4.948,6 milliards de F.cfa, dont une proportion de 37,3 % pour le secteur ptrolier ; le taux de croissance relle slverait 0,1 % contre 1,9 % en 2008, entranant une baisse du revenu rel par habitant de 1,8 %. Les tensions inflationnistes seraient relativement matrises avec une hausse prvue de lindice harmonis des prix la consommation de 3,0 %, en moyenne annuelle, contre 5,3 % lanne prcdente. 6 Extraits de la Documentation du site de la BEAC

    Tab 06 : Rpart i t ion du PIB par mi l ieu de rsidence

    Mi l ieux Valeur ajoute 1996 Valeur ajoute

    1998 Avec le ptrole Valeur % Valeur %

    Urbain 2.648.834 90,9 2.345.071 88,7 Rural 263.944 9,1 299.932 11,3 Total 2.912.778 100,0 2.645.003 100,0 Sans le ptrole Valeur % Valeur %

    Urbain 1.389.896 84,0 1.636.201 84,5 Rural 263.943 16,0 299.932 15,5 Total 1.653.839 100,0 1936.133 100,0

    Source : Etude du Projet PAPSUT, Janvier 2001

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    Au niveau de la demande intrieure, la contraction des investissements privs due la morosit de la conjoncture conomique et le gel de certains projets de lEtat, en raison des tensions budgtaires rsultant de la hausse de la masse salariale, se traduiraient par une contribution ngative de la demande intrieure la croissance (-2,8 % au lieu de +2,2 % dans les prvisions initiales), et ce nonobstant la bonne tenue de la consommation globale. Pour sa part, la demande extrieure participerait favorablement la croissance hauteur de 2,9%, contre 0,5 % projet initialement, du fait dune baisse plus prononce des importations de biens et services. Du ct de loffre, outre les perspectives optimistes de lindustrie ptrolire, la croissance serait soutenue par les performances des industries manufacturires et de lnergie, la consolidation des indicateurs de la tlphonie mobile et des autres services, ainsi que par le raffermissement de la branche commerce. En revanche, lexploitation forestire et le manganse subiraient les contrecoups de la baisse de la demande mondiale, tout comme les industries de transformation du bois, tandis que les transports et le commerce des produits ptroliers ptiraient de la morosit de lactivit dans le secteur primaire. II LA SITUATION DU SECTEUR DE LHABITAT ET DE LURBANISATION Le secteur de lhabitat et du dveloppement urbain est caractris par (i) un cadre institutionnel et juridique trs lger, (ii) un rgime foncier rigide (iii) des mcanismes de financement pratiquement inoprants et (iv) une trs faible capacit dintervention des acteurs. 2.1 CADRE INSTITUTIONNEL DU SECTEUR Les principaux acteurs du secteur de lhabitat et du dveloppement urbain au Gabon sont : lEtat et ses ministres et dmembrements techniques, les collectivits locales, les concepteurs (architectes et urbanistes), les promoteurs immobiliers, les entreprises du BTP (constructeurs de logements et douvrages dart), les artisans de la construction, les banques et institutions financires, les bureaux dtudes du secteur (topographes, gomtres), les professions librales (avocats, notaires et huissiers) et autres professions qui interviennent dans la conception, la construction et la gestion de la ville (sociologues, juristes urbains). 2.1.1 Etat Le rle de lEtat est de (i) concevoir les politiques et stratgies sectorielles en cohrence avec les orientations de sa politique nationale de dveloppement, (ii) crer un cadre appropri la mise en uvre russie de ces politiques et stratgies et (iii) rpondre aux besoins du plus grand nombre travers les actions et mesures efficientes. Le montage institutionnel mis en place par lEtat au profit du secteur de lhabitat et du dveloppement urbain au Gabon semble plutt parpill. Les institutions les plus directement impliques dans laction de ce secteur sont nombreuses et se composent des services de la primature, de plusieurs dpartements ministriels et dautres dmembrements de lEtat.

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    2.1.1.1 La Primature La Primature dispose prsentement, en son sein, de la Direction Gnrale de la Ville qui reprend, avec son Observatoire Urbain, les attributions de lancien Commissariat la Ville dont le rle consiste coordonner les diffrentes actions programmes ou menes en milieu urbain. Elle est charge, entre autres, cette fin, de recenser les zones dans lesquelles une intervention de lEtat est ncessaire afin damliorer la qualit de la vie urbaine, de concevoir et de suivre les mesures de rsorption de lhabitat spontan, sous-intgr et insalubre, de concevoir et de suivre les programmes de travaux urbains. Elle prpare actuellement le projet de la loi dorientation de la politique de la ville qui doit intgrer le cadre institutionnel du logement ainsi que toutes les politiques et stratgies en cours dlaboration dans le secteur de lhabitat et du dveloppement urbain. Elle est dispose accompagner le processus de formulation de la stratgie nationale dhabitat et de dveloppement urbain et prfre attendre les conclusions de ce processus avant de finaliser le projet de loi dorientation. Il ny a pratiquement pas de synergie dveloppe entre cette direction et le Ministre en charge du dveloppement urbain : ce qui peut tre source de conflits de comptences, de double emploi et donc de dperdition de ressources. 2.1.1.2 Le Ministre de lHabitat, du Logement, de lUrbanisme, de lEnvironnement et du Dveloppement Durable Ce dpartement a, entre autres missions, la dfinition et la mise en uvre de la politique nationale en matire de lhabitat et de lurbanisme, de lenvironnement et du dveloppement durable par (i) llaboration des textes lgislatifs et le suivi de leur application, (ii) la prparation et le contrle du respect de la rglementation, (iii) la promotion dun meilleur cadre de vie, tant en milieu urbain que rural, tout en prservant lenvironnement et (iv) la promotion de la recherche dans ces diffrents domaines. Aprs avoir navigu, pendant longtemps, sous la tutelle de plusieurs ministres, le secteur de lhabitat et de lurbanisme est devenu un dpartement ministriel part entire, depuis les annes 80. Le rcent ancrage, en son sein, du secteur de lenvironnement puis du dveloppement durable, en fait un outil politique trs pertinent pour une bonne apprhension, organisation et gestion du cadre de vie, au niveau national. Le ministre dispose, entre autres, cette fin, des services ci-aprs : a. La Direction Gnrale de lUrbanisme et des Amnagements Fonciers : Elle est charge

    dlaborer et de mettre en uvre la politique, la lgislation et la rglementation de lEtat dans les domaines de lurbanisme et de lamnagement foncier et de raliser les programmes de lEtat en matire durbanisme. Elle na malheureusement pas les moyens de faire de lurbanisme prventif ; c'est--dire dlaborer et faire appliquer des plans doccupation des sols raisonnables qui empchent la construction spontane. Elle est permanemment confronte la problmatique de loccupation des rserves foncires. De plus, son rle damnageur foncier (travail en rgie) semble difficilement tenable en raison de la faiblesse de ses moyens (humain et financier) face une demande certainement importante mais non matrise : elle ne dispose pas, en effet, de mthode fiable de dtermination de la demande foncire.

    b. la Direction Gnrale de lHabitat et du Logement (DGHL) : Elle est charge de

    concevoir et de mettre en uvre toute mesure visant rpondre aux besoins en

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    logements des populations aussi bien urbaines que rurales. Lactivit principale de ce service se limite la construction de logements essentiellement en rgie. Les moyens dont dispose ce service en hommes comme en ressources financires ne permettent pas de satisfaire la demande de logements qui est elle aussi certes importante mais pas matrise (Cf. Tableau ci-dessous). La question fondamentale qui se pose est la justesse et la pertinence du rle de promoteur immobilier dune administration centrale (la DGHL) et sa conciliation avec la mission rgalienne dencadrement, de facilitation et rgulation du sous-secteur de lhabitat qui incombe normalement tout le dpartement ministriel et par dlgation la Direction Gnrale de lHabitat et du Logement.

    c. La Direction Gnrale de lEnvironnement : Elle est principalement charge dlaborer

    et de mettre en uvre la politique, la lgislation et la rglementation de lEtat dans le domaine de lenvironnement. Sa tche essentielle actuelle est le contrle et le suivi des pollutions. Elle avait dispos, cependant, du Plan National dActions pour lEnvironnement (PNAE) labor en 1998, au moment o elle tait sous tutelle du Ministre des Eaux et Forts, de la Pche, du Reboisement et qui avait retenu trois piliers de la durabilit : (i) restaurer lefficacit cologique, (ii) librer le capital de croissance conomique et (iii) rduire les vulnrabilits sociales.

    Ce dernier pilier accorde une attention particulire la gestion et la prservation de lenvironnement urbain, lhabitat et au cadre de vie. Malgr le caractre exhaustif du diagnostic et des mesures prconises pour assainir lenvironnement urbain, on constate que les priorits nont pas t dgages, lchancier de ralisation des actions na pas t tabli, les mesures nont pas t values et les propositions dactions sont restes trop gnrales et peu oprationnelles. Le nouvel ancrage de ce service devrait tre mis profit pour redfinir et mettre en uvre un plan plus labor.

    d. La Direction Gnrale du Cadastre : Elle est en charge, entre autres attributions, de

    la dtermination de lassiette de la fiscalit foncire et du constat de mise en valeur des parcelles attribues en vue de lenclenchement ou non du processus dimmatriculation foncire. Le vrai problme de ce service est la faiblesse de ses moyens : outil informatique inappropri, personnel compos surtout de techniciens suprieurs et de gomtres, les cadres tant plus attirs par le secteur priv plus rmunrateur. Cette situation la souvent oblige sous-traiter une bonne partie de ses travaux au priv.

    e. LEcole Nationale du Cadastre et des Sciences Gographiques : Centre de formation

    vocation sous-rgionale, fonctionnelle continuellement depuis 2000, elle recrute sur concours et forme des tudiants en fonction des besoins de lAdministration. Elle a form, ce jour, 280 tudiants dont une partie travaille prsentement dans le priv. Elle peut former jusquaux niveaux ingnieur et doctorat et projette de former du personnel pour les municipalits et le gnie militaire et dintroduire bientt un cursus sur lenvironnement. Elle a de trs bonnes relations avec dautres institutions de formation professionnelle telles que lEAMAU7 Lom et lEcole Nationale du Cadastre du Cameroun.

    7 Ecole Africaine des Mtiers de lArchitecture et de lUrbanisme

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    f. LInstitut National de Cartographie (INC) : Elle dispose des cartes du Gabon et des villes et de comptences pour des analyses particulires (courbes de niveau, gestion urbaine par cartes thmatiques, photographie arienne). Elle dispose galement de photographies ariennes de Libreville ralises en 2008 par la Direction des Domaines et de Franceville ralise en 2006 par elle-mme.

    Il faut ajouter ce dispositif plusieurs intervenants autonomes de promotion immobilire, de promotion des matriaux de construction et de financement de lhabitat qui participent, aux cts du Ministre, la mise en uvre de la politique de lhabitat et du dveloppement urbain. 2.1.1.3 Le Ministre de lEquipement, des Infrastructures et de lAmnagement du Territoire Ce dpartement est charg dlaborer, de mettre en uvre et dassurer le suivi/valuation de la politique nationale dans les domaines de lquipement et de lamnagement du territoire et constitue un acteur important du secteur de lhabitat et du dveloppement urbain en ce sens quil dispose en son sein de : a. La Direction Gnrale de la Construction et de lEquipement qui est en charge, entre

    autres attributions, pour le compte de lEtat, dtudier, concevoir, construire et entretenir les ouvrages publics et de contrler et de suivre les ouvrages dont la matrise douvrage est confie explicitement un oprateur public dont les collectivits locales ainsi que particulirement de toutes les questions lies lquipement et lassainissement. Cest fort de ces prrogatives quelle initie des contrats de collecte et dvacuation des dchets solides, en milieu urbain, avec les concessionnaires avant de les rtrocder aux communes. Elle devrait assurer la construction et lentretien des ouvrages de drainage des eaux pluviales et des eaux uses (fonction difficilement assure par manque de moyens adquats) Il ny a, par contre, pas de vritable plateforme de coordination de ces actions avec le Ministre de lUrbanisme et de lHabitat.

    Elle est actuellement en train de faire construire le Sige de la Primature et des Tours Ministrielles en vue dune concentration physique des administrations centrales pour amliorer la mobilit urbaine et gagner en efficacit administrative. Elle est la recherche de financement pour un catalogue de vingt (20) projets de dveloppement urbain dans pratiquement toutes les provinces du pays (Cf. Annexe 04). Il existe galement un grand projet de traitement des dchets solides sur lequel travaille une commission interministrielle cre cet effet avec pour objectif de dlocaliser la dcharge actuelle de Libreville vers un nouveau site qui abritera une usine de traitement des dchets mais le site est actuellement squatt et des ngociations sont en cours pour un mcanisme dindemnisation des dguerpis convenable tous.

    b. La Direction Gnrale de lAmnagement du Territoire qui devrait jouer un rle trs

    primordial en raison des liens trs troit entre le dveloppement urbain et lamnagement du territoire. Charge dlaborer, mettre en uvre et assurer le suivi/valuation de la politique nationale en matire damnagement du territoire, elle na eu, ce jour, quune action trs mitige en labsence doutils de travail adquats

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    pour sa mission. Les documents de planification du territoire actuels datant de 1984, un nouveau schma national de lamnagement du territoire est actuellement en cours de ralisation (dure : 20 mois).

    2.1.1.4 Le Ministre de lEconomie, de lIndustrie, du Commerce et du Tourisme Ce dpartement a galement, en son sein, quatre (4) services qui interviennent directement dans le secteur de lhabitat et du dveloppement urbain. a. La Direction de la Planification Gnrale qui est charge de la planification et donc

    de la prparation, de la mise en uvre et du suivi/valuation de tout plan de dveloppement socioconomique du pays et particulirement du DSCRP. Elle est ainsi charge de la prise en compte des priorits des diffrents secteurs et de larbitrage en matire daffectation des ressources ncessaires leur mise en uvre.

    b. La Direction Gnrale des Impts qui est charge, dune part, en principe, de

    mobiliser et de rentabiliser le produit de la fiscalit foncire et domaniale par la rcupration des cots des oprations foncires et immobilires ralises au profit des populations et, dautre part, travers la Direction des Domaines, dassurer, en complment de la Direction Gnrale du Cadastre, les oprations dattribution foncire et les produits administratifs qui en dcoulent : prparation des projets de titres dattribution provisoire et dfinitive, de la dlivrance de titres fonciers et des projets de convention pour les cessions des proprits bties de lEtat ainsi que du recouvrement des redevances et des prix de ces cessions.

    c. La Direction Gnrale du Commerce qui est en charge de lencadrement des importations du

    pays et en particulier de celles des matriaux de construction : fer bton, ciment en cas de ncessit et tout produit pour la construction.

    d. La Direction Gnrale de lIndustrie pour ce qui est du dveloppement en gnral et en

    particulier la production industrielle de matriaux de construction et de la gestion des rejets industriels (problmatique environnementale).

    2.1.1.5 Ministre de lIntrieur et de la Scurit Publique Ce ministre dispose, comme structures intressant la promotion de lhabitat et du dveloppement urbain, de (i) la Direction Gnrale de lAdministration du Territoire qui, gre en son sein, les communes en tant quentits dcentralises, (ii) la Direction Gnrale de la Protection Civile. Il est galement responsable de la mise en ouvre de la politique de dcentralisation. 2.1.1.6 Ministre de la Sant, des Affaires Sociales et de la Famille Ce ministre intresse le secteur de lhabitat et du dveloppement urbain pour ses actions de rapprochement des services de sant et dhygine de lhabitat des mnages. LInstitut de lHygine Publique et de lAssainissement contrle lhygine des tablissements et quipements publics et la salubrit des places publiques.

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    2.1.1.7 Autres Ministres contribuant la promotion du secteur de lhabitat et du dveloppement urbain a. Le Ministre charg de lEnergie et Mines en tant que gestionnaire des secteurs des

    ressources naturelles (matriaux de construction, eau et nergie) ; b. Le Ministre de lEducation Nationale, de lEnseignement Suprieur et de la

    Recherche Scientifique en tant que ple du savoir et pourvoyeur de professionnels de lhabitat, de lurbanisme et du gnie civil ;

    c. Le Ministre de lAgriculture, de lElevage et de la Pche qui gre la production forestire et donc de la ressource bois en sa qualit de matriau de construction et aussi des engrais chimiques et des produits phytosanitaires qui, terme, peuvent tre sources de pollution.

    Lorganisation des diffrents ministres intervenant dans le secteur de lhabitat et du dveloppement urbain pourrait souffrir, en pratique, de conflits de comptences dans le domaine des ressources naturelles dont la gestion relve de la tutelle de plusieurs ministres. Ces conflits devraient pouvoir tre grs, travers des commissions interministrielles ad hoc. Il faut ajouter que les comptences relles du Ministre charg de lUrbanisme et de lHabitat en matire de dveloppement urbain semblent, lheure actuelle, limites lamnagement foncier et la brigade urbaine alors que les celles lies la gestion urbaine et particulirement la mobilit urbaine, lassainissement urbain sont assumes par dautres ministres : ce qui pourrait terme tre source de conflits de comptences. La dilution, pendant plusieurs annes, de lhabitat et de lurbanisme dans dautres secteurs, en particulier dans les travaux publics, na pas permis den reconnatre toute limportance et de librer toutes les synergies dont ils pourraient bnficier sils taient considrs, depuis longtemps, comme secteur conomique et dpartement ministriel part entire. Peu dacteurs connaissent le Ministre charg de lUrbanisme et de lHabitat qui continue dtre prsentement confondu avec le Ministre de lEquipement, des Infrastructures et de lAmnagement du Territoire. Le personnel du dpartement na pour linstant, lui-mme, quune connaissance limite de tous les acteurs dont les interventions peuvent avoir un impact potentiel sur le secteur de lhabitat et de lurbanisme. Une forte coopration entre les deux dpartements, comme le recommandent la plupart des partenaires, permettrait laction gouvernementale de gagner en efficience, en temps de ralisation des programmes et en cots dapproche. Labsence de systme dinformation propre au dpartement ministriel renforce cette mconnaissance du dpartement et de ses actions et naide pas la clrit dans la programmation et dans la prise de dcision. Il faut dire aussi que laction du dpartement en matire foncire reste trs peu ou mal connue des citadins De plus, la difficult dy obtenir des informations exhaustives a rendu quasi impossible la quantification de linformation foncire nationale8. De mme, la vtust des donnes statistiques limite la pertinence les analyses : aucune opration statistique majeure na t, en effet, ralise depuis un quinquennat. Comme annonc ci-dessus, lEDS date de 2000, le RPGH de 2003 et lEGEP de 2005. 8 Annuaire Statistique du Gabon, 2004-2008

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    Lexistence de la Direction Gnrale de la Ville la Primature prparant un projet de loi dorientation de la politique de la ville paralllement un dpartement ministriel en charge de lurbanisme en train de formuler une stratgie dhabitat et de dveloppement urbain sans synergie pralable semble redondante au regard des rsultats attendus et de la future mise en uvre de ces deux outils de dveloppement. La solution dattendre les conclusions de la stratgie pour les prendre en compte dans la loi dorientation est certes raisonnable mais ne rsout pas le problme de redondance au fond. Enfin, la concentration de la gestion foncire sous la tutelle dun ministre, autre que celui charg de lhabitat et de lurbanisme, pourrait constituer un frein la mise en uvre dune politique efficiente pour le secteur. 2.1.2 Collectivits locales Selon la loi n 15/96 du 6 juin 1996 sur la dcentralisation, les communes gabonaises, en tant quentits dcentralises, sont charges de la gestion, au niveau local, de tout secteur li au cadre de vie comme lhabitat, le logement, lurbanisme, lamnagement du territoire, le cadastre, lenvironnement, lassainissement, la voirie, lquipement, les transports urbains, les eaux, lhydraulique villageoise, la salubrit, lhygine, laction sociale, la sant, lducation, la jeunesse, les sports, la culture, lagriculture, la pche et les carrires Le transfert des comptences effectives lies ces diffrentes activits est demeur plutt thorique ce jour. Aucune commune ne dispose, en effet, de structure approprie pour assurer une matrise douvrage locale qualifie. La qualification du personnel local fait dfaut. Enfin, malgr la disparition progressive de lEtat-Providence dans beaucoup de pays, lintgralit des communes gabonaises continuent de vivre de ressources dimportantes alloues par lEtat. Les collectivits locales tirent, en effet, lessentiel de leurs recettes (90%) du Budget Gnral de lEtat. Ces recettes proviennent principalement (i) des ristournes sur les recettes fiscales de Etat, (ii) de la subvention de lEtat auxquels sajoutent des ressources propres aux collectivits et de faible rendement que sont les (iii) impts locaux, (iv) droits et taxes locales et (v) recettes extraordinaires. Les ristournes sont prleves sur les produits de la fiscalit directe et indirecte recouvrs par lEtat et dont une proportion est rserve aux collectivits locales conformment lOrdonnance n 005/81/PR du 1981. Cette ordonnance a linconvnient de privilgier largement le monde rural au dpend du milieu urbain o rside lnorme majorit des gabonais (85%). En outre, lessentiel des ristournes (95%) est constitu de limpt sur les revenus des personnes physiques (IRPP) dont le rendement est fortement tributaire de la conjoncture conomique, c'est--dire des fluctuations de la croissance conomique, du niveau de lemploi et des revenus. Vient, au deuxime rang par ordre dimportance, la subvention de lEtat dont lessentiel est cens financer la gestion des dchets solides, reprsente, en moyenne, le tiers des recettes budgtaires des collectivits locales. En raison des principes duniversalit

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    budgtaire et de non affectation des recettes aux dpenses, rien ne garantit leffectivit de lutilisation de lintgralit de cette subvention aux services de gestion des dchets. Les impts locaux sont la patente sur les activits professionnelles et la taxe sur les immeubles btis ou btis. Ils sont recouvrs par le Trsor Public pour le compte des collectivits locales. Leur rendement est trs faible du fait de ltroitesse de leur assiette constitue seulement des immeubles enregistrs c'est--dire possdant un titre foncier donc essentiellement urbains qui ne reprsentent quune infime partie des biens immobiliers existants dans le pays. Les taxes locales et les divers droits sur services rendus qui sont directement crs par les collectivits locales sur dlibration de leur conseil municipal respectif (dans les limites autorises par la loi) et directement recouvrs par leurs propres services. Il sagit des taxes sur les spectacles, les taxis, les nuites dans les htels, , des redevances sur services rendus tels que les droits de place de vente sur les marchs, les baux locaux La faiblesse de leur rendement, lie la capacit peu leve des services municipaux de recouvrement, suscite la question de la justification conomique de leur maintien. A ces ressources sajouteraient les emprunts que les collectivits locales peuvent contracter jusqu 30% de leur budget respectif. Cette dernire catgorie de ressources est plutt thorique dans la mesure aucune banque ou tablissement financier ne peut faire confiance des collectivits qui se confrontent de faon chronique des problmes financiers et dont la viabilit nest pas vidente pour certaines. Ces ressources couvrent peine les dpenses de fonctionnement de ces communes qui croissent en gnral plus vite que les recettes. Ce qui npargne pratiquement pas de ressources budgtaires pour financer des investissements locaux. Le total disponible pour les investissements est en moyenne infrieur 2 milliards de F.cfa par an pour les grandes communes. Labsence de prise en charge relle de leur destine par ces collectivits ouvre la voie linterventionnisme des services techniques de lEtat et des concessionnaires deau, dlectricit et de tlphone travers divers programmes projets et mme des actions ponctuelles qui nassocient outre mesure les collectivits bnficiaires. Les comptences de gestion urbaine ne sont pas non plus intgralement entre les mains des communes. 2.1.3 Promoteurs immobiliers Le montage institutionnel en matire de promotion de lhabitat est assez complexe et narrive pas satisfaire la demande. Le seul amnageur foncier existant est lEtat lui-mme, travers la Direction Gnrale de lUrbanisme et des Amnagements Fonciers qui, en raison de son statut dadministration et de ses moyens limits, a produit peine 121 parcelles par an entre 2004 et 2008, quand la demande de logement enregistre par la Direction Gnrale de lHabitat et du Logement slevait en moyenne au moins 460 par an.

  • - Etude diagnost ique pour un projet de formulat ion dune Stratgie Nationale dHabitat et de Dveloppement Urbain -

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    Le seul promoteur immobilier envergure nationale est actuellement la Socit Nationale Immobilire (SNI), issue, en 1976, de la fusion entre lOffice National de lHabitat (ONH) et la Socit Gabonaise dAmnagement et dEquipement Immobilier (SGAEI) qui avait succd, en 1961, lancienne Socit Immobilire du Gabon (SIG). Entreprise publique cre sous forme de socit anonyme dintrt national, la SNI a produit en une trentaine dannes dexistence, 1.000 parcelles amnages et 5.000 logements dans quatre (4) localits du pays (Libreville, Port-Gentil, Owendo et Gamba) soit, en moyenne, un peu plus de 33 parcelles et 167 logements par an. A ct de la SNI, interviennent la Caisse Nationale de Scurit Sociale (CNSS) et plusieurs socits immobilires prives pour le logement de haut standing dont par exemple, KABI, qui vient de raliser, Owendo, une opration de 46 villas (R+1 sur 500 m) et projette une autre pour les cadres mergeants (villas moyen standing devant coter entre 35 et 70 millions de F.cfa). Lintgralit de ces oprations de logements (production publique ou prive) est inaccessible aux mnages revenus faibles et intermdiaires en raison de leur chert. Le prix du ciment, par exemple, est le plus cher dAfrique Centrale : le ciment CPJ45 est 5.300 F.cfa le paquet de 50 kg et le ciment CPJ35 5.000 F.cfa. Le secteur priv est peu dvelopp dans le secteur immobilier en raison des difficults daccs au foncier et au crdit long terme et aussi de la chert des matriaux de construction et du recours aux architectes et aux entreprises de construction : somme toute, des lments qui restreignent la de