l'Hémicycle - #450

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l'Hémicycle numéro 450 du mercredi 26 septembre 2012 Au sommaire : - Aux Quatre Colonnes : Groupe socialiste : ça tangue par Pascale Tournier >p. 4 - L’innocence des médias par Fabrice Le Quintrec >p. 4 - Économie : Des choix impopulaires mais nécessaires ! par Axel de Tarlé >p. 5 - À distance : Israël vs Amérique aux Nations unies par François Clemenceau >p. 11

Text of l'Hémicycle - #450

  • Battu le 6 mai dernier dans les urnes,Nicolas Sarkozy nen a pourtant pasmoins obtenu une victoire la Pyr-rhus sur un autre terrain : son modede gouvernement, rythm, multi-pliant les annonces et la communi-

    cation parfois marche force, ce style a durablementimpressionn la rtine des Franais. Sils lui ont sansdoute fait payer au printemps sa frnsie suppose,prouvante et perue comme trop corrosive pour lunitnationale en le renvoyant ses chres tudes danglais,nos concitoyens nont toutefois pas mesur quel pointils staient habitus cette geste sarkozyenne,nerveuse et saccade, qui avait au moins le mrite delaisser croire quil se passait toujours quelque chose llyse. Les sondages, qui montrent un petit regain dela popularit du Prsident sortant, semblent indiquerquil existe une certaine nostalgie de cette mise en scnequotidienne du pouvoir, qui lui donnait un petit parfumde modernit. En choisissant de prendre en la matire le contre-piedsystmatique de son prdcesseur, Franois Hollande,fidle lui-mme, pense pouvoir dmontrer termeque cest la cohrence dans la dure qui finit par donnerdes rsultats et du coup prvaloir pour les lecteursquand revient lheure des choix. Mais ce faisant il prendun gros risque. Car entre lancien chef de ltat et lePrsident normal le contraste est saisissant. Sarkozyparlait tous les jours, interpellait, vituprait Hollanderedoute cette omniprsence mdiatique et prfre attendre la fin de lt pour se faire inviter sur le plateaudu 20 heures, et sexpliquer sur les premiers mois de sonaction. Et sur ses premiers errements Mais, presse parla crise et les inquitudes sourdes quelle suscite, lopi-nion semble beaucoup moins bien dispose donneraujourdhui tout le temps au temps dont il rveraitau premier successeur socialiste de Franois Mitterrand la magistrature suprme. Lre du numrique, le rgnede Twitter et celui entre-temps de Nicolas Sarkozy sontpasss par l. Franois Hollande de russir et du mmecoup dimposer sa propre modernit . Lex-Prsident,quant lui, entend bien relancer sa carrire. Sil ne saitpas encore comment, il attend son heure. Son omnipr-sence, distance, dans le duel Cop-Fillon, parfois soncorps dfendant, interdit la droite de vraiment tournerla page. Lui sen rjouit. Ne rien faire, ne pas tenter derevenir au moins avant 2014 ! lui a conseill le fidlePatrick Buisson, toujours au bout du fil. Comment cet homme politique larrt, mais homme politique toutde mme , selon la formule de lun de ses proches,compte-t-il revenir ? Et surtout quand ? Par la droite,personne nen doute, et sans doute plus viteque ne pouvait le laisser penser son chec.

    Dossier

    Grant-Directeur de la publication : Bruno Pelletier Rdacteur en chef : Jol Genard

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    www.lhemicycle.com NUMRO 450 MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2012 2,15

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    Aprs stre attaqu aux prix de lessence et du gaz, le gouvernementsapprte ouvrir le dossier du financement des nergies renouvelables.Pour contenir la hausse des factures dlectricit, il faudra bien sattaquerau financement de la CSPE.

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    ChantalJouanno

    P. 3

    PascalDurand

    P. 2

    Il est temps de dsamorcer la bombe retardement que constitue pourles consommateurs la contributionau service public de llectricit (CSPE),une taxe prleve directement surles factures dlectricit. Celle-ci a tinstaure en 2003 pour couvrir lesdpenses dEDF dans le cadre du sou-tien aux nergies renouvelables. Maisles charges ont augment beaucoupplus vite ces dernires annes que lesrecettes apportes par cette taxe. Et

    cette tendance devrait encore sacc -l rer dans les annes qui viennent. La CSPE est passe successivementde 4,50 euros le mga wattheure sa cration 7,50 euros au 1er janvier2011, puis 9 euros en juillet 2011 et10,50 euros au 1er juillet 2012. Sonmontant pour 2013 na quant lui pasencore t fix. Elle a donc plus quedoubl en deux ans. Mais malgr cerattrapage, les charges censes tre couvertes par cette taxe continuent

    dpas ser allgrement les recettes g nres.Le rgulateur du secteur, la Commissionde rgulation de lnergie (CRE), a gale-ment tir la sonnette dalarme denombreuses repri ses. Selon son dernierrapport, le besoin de financement de laCSPE li aux seules nergies renouve-lables devrait atteindre 8 milliards deu-ros en 2020, ce qui ncessite rait daug-menter la taxe au-del de 20 euros lemga wattheure, le double de son niveauactuel. J.G. >Lire en p. 2, 3 et 5

    Le logement social pourretarder la dpendanceComment repousser lge dentre en Ehpad et allger la facture de ladpendance ? Certaines collectivits exprimentent le logement inter -gnrationnel, une solution inspire de ltranger qui commence donnerdes rsultats. >Lire lenqute de Tatiana Kalouguine en p. 6 et 7

    Gouverner cestagir plus vite ! Lpineux dossier des

    nergies renouvelablesditoThierry Guerrier

    Et aussi

    Au sommaire Aux Quatre Colonnes : Groupe socialiste : a tangue parPascale Tournier>p. 4 Linnocence des mdias par FabriceLe Quintrec>p. 4 conomie : Des choix impopulaires maisncessaires ! par Axel de Tarl >p. 5 distance : Isral vsAmrique aux Nations unies par Franois Clemenceau>p. 11

    NKM dans la ligne de Simone WeilNathalie Kosciusko-Morizet a renonc briguer laprsidence de lUMP, faute des parrainages requis.Elle demeure combative. La philosophie de SimoneWeil linspire au quotidien et lui permet de tenirdes positions quelle qualifie d authentiques .>Lire lAdmiroir dric Fottorino en p. 15

    H450_P01.qxd:L'HEMICYCLE 24/09/12 18:53 Page 1

  • Vous avez quali la confrenceenvironnementale organise parlexcutif de trs bon signal Oui, parce que cen est un. Les dis-cours du prsident de la Rpubliqueet du Premier ministre ont donnun cap. Nous nattendions pas quils apportent des solutions toutes les questions en deux jours.Nous attendions de voir la dter-mination, au sommet de ltat, prendre en compte la pro blma-tique co lo gique, et quon cesse de lopposer aux problmatiquesconomiques et sociales.Pour les cologistes, il devenaitassez pnible dentendre cesderniers temps dans la bouche decertains ministres que les seulsproblmes qui se posaient laFrance taient industriels et so -ciaux. Nous pensons quil ny aurapas de rponse ces questions cruciales si on nintgre pas ladimension environnementale etcologique. Je vous cite lexemplede la reconversion dindustries liesaux transports et aux btiments.

    Vous faites rfrence aux proposdu ministre du Redressementproductif, Arnaud Montebourg ?Je ne pensais pas seulement Arnaud Montebourg. Ce discourstait prononc par un certain nombre de dirigeants socialistes,comme Grard Collomb ou Ma -nuel Valls Jai considr ces prisesde position comme des effets detribune. Je ne les ai pas jugesimportantes car elles taient le fait

    de personnalits qui ntaient pasen responsabilit sur ces domaines.Avec les associations environne -mentales, les ONG, les syndicats,nous avions besoin de rpon sesclaires pour savoir o le prsidentde la Rpublique comptait allerdans les annes qui viennent, comment il voulait utiliser lesfonds du plan de croissance auniveau europen, ou dans le cadrede la BPI, et nous avons eu lesrponses que nous attendions. Il araffirm quil fallait conomiserlnergie, et aller vers une autrepolitique nergtique ; que celancessitait un engagement majeur,notamment pour la rnovation de logements un million par an.

    Cest lengagement le plus fortde cette confrenceenvironnementale ?Il sagit dune mesure capitale pournous, car cest une mesure fon da-mentale pour la baisse de la consom -mation dnergie, et un levier pourla croissance. La France consommetrop dnergie fossile et lectriquedorigine nuclaire par rapport dautres pays, et accuse un retardconsidrable sur les nergies re -nouvelables. Il y a un choix faire.Cest le signal qua donn le prsi-dent de la Rpublique.

    Chantal Jouanno a considr quecette confrence environnementalese rsumait un petit Grenelle .Jai fait partie des gens qui consi -draient que le Grenelle de lenvi-

    ronnement tait un progrs, larfrence ne me gne donc abso -lument pas. Ladjectif petit neme gne pas non plus, puisquela confrence environnementalena dur que quarante-huit heures,alors que le Grenelle avait durbeaucoup plus longtemps. Mais ily a une diffrence fondamentalede mthode.La premire diffrence, cest quenous avons un Prsident qui fixele cap, et un Premier ministre quigouverne. Je nai pas le souvenirquavec le Grenelle il soit sortiautre chose que de la mise en scnede Nicolas Sarkozy La deuximediffrence : la confrence envi-ronnementale a vocation tre unrendez-vous annuel. Nous pour-rons donc faire des valuations desactions entreprises avec les mmesacteurs, tous les ans.Il faut savoir quil a t trs diffi-cile dvaluer les rsultats du Grenelle car il y avait des di -vergences considrables sur les constats. Ce que nous savons, cestquil y a eu une dperdition trsforte, qui a lev des espoirs, et qui la fin nous a mens plutt audsespoirEnfin, lors de cette confrence en -vironnementale, le choix fait din-clure les parlementaires, car ce sonteux qui votent, au final. Cest ce quia aussi fait dfaut au Grenelle .

    Sur le dossier de lexploitationdu gaz de schiste, llyse na pasferm la porte

    Lexcutif a annonc un moratoirepour les cinq ans qui viennent,Franois Hollande sest engag sur la priode de son mandat. LePrsident et le Premier ministreont assur quaucun permis derecherche ou dexploitation neserait dlivr durant cette priode.Cest clair. De notre ct, nousserons vigilants sur le fait quon nemanipule pas lopinion publique,en essayant de faire croire quonpourra imaginer des mthodesdextraction propres.

    Quavez-vous regrett de ne pasvoir lordre du jour de cetteconfrence ?Nous sommes trs attachs laquest