L’OBSERVATOIRE TECHNICO-ÉCONOMIQUE DES ?· l’observatoire technico-Économique des systÈmes bovins…

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  • LOBSERVATOIRE TECHNICO-CONOMIQUE

    DES SYSTMES BOVINS LAITIERS DU RSEAU CIVAM

    Exercice comptable 2015

  • Aprs 3 annes trs favorables, 2015 s'est rvle une anneplus chaotique pour la production fourragre. Le printemps at plutt favorable dans l'ouest, avec de l'eau, et malgrquelques dficits de temprature, de l'herbe, puis de largesfentres anticycloniques pour les foins. Mais l't trs sec s'esttraduit par un gros dficit herbager partir de juillet, qui at nanmoins suivi par un automne favorable, vritable saisonde pturage pousse trs loin en dcembre.

    Sur l'exercice comptable 2015, l'chantillon des systmes "ADbovin lait spcialis" du Rseau Civam est constitu de 170fermes des rgions Haute et Basse-Normandie, Bretagne etPays-de-la-Loire.

    La comparaison se fait entre les moyennes des rsultatsconomiques globaux de ces exploitations spcialises aveccelles du RICA sur les mmes rgions. L'analyse d'indicateurstechnico-conomiques permet d'clairer les diffrences deperformances socio-conomiques constates entre leschantillons.

    L'chantillon AD comporte un nombre important de fermesherbagres en agriculture biologique (112 fermes soit 66 % dutotal). L'chantillon RICA ne distingue malheureusement pasles exploitations en agriculture biologique mais en comporteune proportion bien moindre. C'est pourquoi, nous avons choiside mentionner les rsultats des sous-chantillons AD :herbagers non bio et herbagers bio.On pourra ainsi constater que les diffrences avec l'chantillonRICA suivent les mmes tendances et que les fermes del'chantillon AD bio sont avant tout des systmes herbagers qui,ayant pouss la dmarche d'conomie et d'autonomie, profitentde la valorisation du lait par les prix bio pour renforcer leurviabilit. C'est donc avant tout le caractre conome etautonome des fermes AD qui font leurs performances.

    Depuis 2000, l'observatoire technico-conomique du RseauCivam compare les performances des exploitations d'levageherbivore en Agriculture Durable (AD) avec celles du RICA.

    Les exploitations "AD" sont caractrises par un systmeconome et autonome en intrants. En levage, ces systmesreposent sur l'optimisation de la ressource fourragre,notamment par la maximisation du pturage, et sont ainsiappels systmes herbagers.

    Cette synthse prsente comme chaque anne les rsultatscompars des fermes AD avec le RICA en systme bovinslaitiers. Cesr s u l t a t sportent surl ' e x e r c i c ecomptab le2015. Nousavons ralisune tudecomplmentaire partirdes donnes2015 del 'observatoire et duRICA, afin d'tudier l'impact de l'augmentation des moyens deproduction par actif sur les rsultats des fermes.

    En 2015, dans un contexte de progression de l'offre de lait auniveau mondial et communautaire (fin des quotas), et derduction de la demande internationale, les prix la productionont t infrieurs ceux de 2014, provoquant une diminutionmarque des revenus. Ce recul des prix n'a pas t compenspar une baisse quivalente du prix des aliments achets, tandisque le prix des engrais a augment.

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  • On constate que les rsultats globaux l'actif et encore plus l'hectare sont en moyenne suprieurs dans les fermes AD. Il ya plus de richesse cre (valeur ajoute) par les systmes deproduction herbagers et celle-ci est prioritairement ddie la rmunration du travail plutt qu'investie dans l'outil deproduction et l'accroissement du capital. Ces rsultatscaractrisent des fermes plus viables et plus transmissibles,qui crent donc de l'emploi prenne non dlocalisable.

    Ces performances s'expliquent par l'efficacit conomique deces systmes de production, permise par des conomies decharges ralises en s'appuyant sur la valorisation de l'herbepture.

    Structures des exploitations : des moyens deproduction infrieursLes fermes AD engagent en moyenne un peu moins de moyensde production par unit de main duvre que celles du RICA.Ainsi un herbager doit grer moins de surface (-11 %), dUGB(-17 %) et de capital (-7 %). Cette disponibilit de mainduvre pour exploiter ses moyens de production permet unegestion plus fine, adapte aux spcificits des animaux et desterres.

    Rsultats conomiques : moins de produits maisplus de rsultatsAfin de comparer des exploitations de taille diffrente et pourmettre en lumire l'efficacit du travail, nous ramenons tousles rsultats conomiques l'actif. tant donn les carts deprix qui se creusent entre bio et non bio, nous avons mis enavant l'chantillon AD non bio face au RICA.

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    RICA AD nonbio

    AD nonbio %RICA

    AD bio AD bio% RICA

    SAU 93 76 -18% 80 -14%

    UTH 2 1.8 -9% 2 +1 %

    SAU/UTH * 50 46 -8% 43 -13%

    Lait produit 454 010 344 307 -24% 305 615 -33%Vacheslaitires 66 57 -12% 62 -5%

    UGB 115 90 -22% 93 -19%Capitaldexploitation 450 360 397 209 -12% 385 808 -14%

    *tous les ratios prsents dans cette tude sont calculs par une moyenne desratios de chaque ferme [ex : moy(SAU/UTH)] et non par un ratio des moyennes[moy(SAU)/moy(UTH)].

    RICA AD nonbio

    AD nonbio %RICA

    AD bio AD bio% RICA

    Prix lait/1000L 332 336 + 1% 447 + 35 %

    RICA. Rseau dinformation comptable agricole du Ministre de lAgriculture,alimente les informations statistiques type Agreste. OTEX 45 Bovin lait. chantillon cibl de 354 fermes (34 de Haute-Normandie, 95 de Basse-Normandie, 144 de Bretagne, 81 des Pays de Loire) reprsentatif de 29364fermes

    Rseau Civam. Bovin Lait spcialis (OTEX 45 + Taux de spcialisation* > 80%). 170 fermes (4 de Haute-Normandie, 27 de Basse-Normandie, 88 deBretagne, 51 de Pays de la Loire), 58 non bio, 112 bio.. Fermes herbagres

  • En comparant les moyennes des rsultats des chantillons RICAet AD non bio, qui ont un prix du lait moyen similaire, onconstate que les fermes herbagres, malgr un Produitd'Activit* (PA) par actif infrieur (-17 %), dgagent plus deValeur Ajoute* (VA) par actif (+24 %) et au final plus dersultat de Rsultat Courant* (RC) par actif (+139 % !).

    C'est donc bien la conduite de systme qui permet de dgager12 000 de Rsultat Courant en plus avec 19 000 deProduit d'Activit en moins !Ces rsultats tmoignent de la rduction de charges dans lessystmes de production conomes et autonomes.

    Ces carts sont accentus avec lchantillon AD bio. Commenous le verrons ces fermes AD bio correspondent des systmesde production dj trs avancs dans la dmarche d'conomieet d'autonomie, dans lesquels les agriculteurs ont fait le pasde la conversion avec une valorisation par le prix AB (+35 %)qui permet de mieux rmunrer le travail ou de le dveloppersur l'exploitation (+11 % d'UTH moyen, +59 % de Rsultat Social*par rapport aux AD non bio).

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    PRODUITS RICA AD non bio AD bio

    Produit dactivit 206 918 149 369 162 427 Produit lait 146 864 112 179 130 665

    Produit viande 33 813 25 103 24 637

    Produit cultures de vente 21 637 9 546 4 661

    Produit fourrager 880 - 245 822 Produit divers 3 724 2 787 1 641

    Aides 27 844 28 477 32 113

    Aides 1er pilier 23 943 23 645 24 837

    Aides 2nd pilier 3 901 4 832 7 424

    Produit annexe 2 359 3 337 2 860

    CHARGES RICA AD non bio AD bio

    Charges lies laproduction (consommationde biens & services)

    146 447 83 577 74 152

    Charges aliments 35 815 11 917 6 125 Frais d'levage 15 478 15 752 13 522

    Charges cultures devente 14 991 5 581 3 085

    Charges fourragres 23 793 13 086 11 855 Charges mcanisation 31 191 16 570 15 951

    Autres charges destructure 23 633 16 711 18 701

    Entretienbtiments et foncier 1 938 3 959 4 914

    Charges lies l'outil deproduction 62 658 52 062 52 302

    Fermages 13 921 10 397 11 196 Impts & taxes 2 095 2 251 1 860

    Amortissements 39 265 33 977 34 020 Frais Financiers 7 377 5 436 5 226

    Main d'uvre* 15 618 16 405 21 814

  • On constate que les fermes herbagres ont :- des produits moins importants ;- des aides un peu plus leves, notamment par les aidescontractuelles du 2me pilier ;- des charges infrieures sur quasiment tous les postes, avecdes diffrences parfois trs marques, comme sur les chargesd'aliments, les charges des cultures et de mcanisation.

    L'effet cumul des rsultats sur chaque ligne de charges pouraller de la valeur ajoute au rsultat courant, hormis pour lescharges lies la main d'uvre sur lesquelles nous reviendrons,explique alors les diffrences notables de rsultat courantentre AD et RICA.On retrouve aussi le fait que l'chantillon AD bio est unchantillon de fermes trs conomes qui ont pouss lesrductions de charges et dont les produits levs permettentde rmunrer plus de main d'uvre.

    Avec le prix du lait conventionnel en baisse (par rapport 2014:-12 % en conventionnel), les diffrences de rsultats moyensentre les fermes RICA et les fermes herbagres s'accentuent.

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    En effet, par rapport 2014, les fermes AD non bio ontcompens la baisse du prix du lait par une hausse du lait produit(+ 21 000 L en moyenne) tout en matrisant leurs charges. Lesfermes RICA quant elles voient leurs produits baisser enmoyenne de 20 000 . La baisse des prix rpercute sur un plusgros volume n'a pas t compense par l'augmentation de laproduction (+17 000 L en moyenne), ni par la matrise descharges.

    De la Valeur Ajoute au Rsultat Social : de lacration de richesse pour rmunrer le travailDans une exploitation agricole, la Valeur Ajoute (VA) est ladiffrence entre le produit des activits (lait, viande, cultures)et les charges lies ces productions. En d'autres termes, letravail exploitant et salari ajoute de la valeur aux ressourcesnaturelles en tirant parti des processus biologiques et enmobilisant des intrants et services. Ces deux processus secombinent plus ou moins selon les systmes.

    La valeur ajoute reprsente ainsi la richesse creindpendamment des conditions d'accs aux moyens deproduction (terre, capital, travail), ce qui en fait un i