Une photographie technico-économique de l’apiculture ?· CNDA Résumé référentiel technico-économique…

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  • CNDA Rsum rfrentiel technico-conomique 1/17

    Une photographie technico-conomiquede lapiculture franaise

    Dans le cadre dun mmoire de deuxime anne, Stphanie Passot, lveingnieur de lINA Paris-Grignon, a ralis, pour le CNDA, une enqute auprs de47 exploitations apicoles. Ce stage a abouti la rdaction dun rapport completqui a servi de base la synthse que nous vous proposons ici.

    Nous tenons remercier les apiculteurs volontaires qui ont accept en pleine saison apicole derecevoir Stphanie Passot et de livrer leurs rfrences conomiques pour ltablissement de cerfrentiel. Ils ont largement contribu au srieux du travail ralis pour le CNDA, la demandedes apiculteurs professionnels et des jeunes en qute dinstallation.

    Nous tenons galement prciser que nous navons pas cherch constituer un chantillonreprsentatif de la situation de lensemble de lapiculture franaise. Nous connaissonsmalheureusement dans nos rgions respectives beaucoup dexploitations qui sont bien loindatteindre la moyenne et mme le seuil des rsultats exprims ici.

    Nous ne pouvons continuer ne compter que sur nous-mmes, sur nos expriences individuelles.Les apiculteurs souffrent de cet isolement. Le CNDA a t cr pour apporter des outils et dessolutions techniques. Nous faisons le pari que lapiculture deviendra un domaine de spcialistes quimritent, au regard de leur comptence technique, la reconnaissance sociale et la russiteconomique.

    Grard SCHIROSecrtaire du CNDA

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    Lobjectif de ce stage tait dtablir, lchelon national, les premires basesdun rfrentiel technico-conomique. En effet, dans le cadre d'un programme dedveloppement de la filire, il est important de disposer d'un diagnosticpermettant de dterminer les facteurs cls intervenant sur les comptes dersultats des exploitations, et donc sur le revenu disponible des producteurs.

    Un des principaux critres de diffrenciation des exploitations apicoles repose surle mode de commercialisation : vrac, demi-gros, dtail, qui va orienter lesinvestissements en travail et en quipement. Pour cette premire tude, le choixa port sur 47 exploitations rparties dans 10 rgions et commercialisantmajoritairement leur production en vrac. Les donnes ont t recueillies lorsdentretiens individuels avec les apiculteurs raliss de mai septembre 2000 etconcernent lanne 1999, considre comme une anne difficile par lesapiculteurs.

    Cet article est une synthse du document ralis par Stphanie Passot. Il permetdavoir une vision prcise des donnes technico-conomiques de la productionapicole et chaque producteur peut faire une comparaison avec son propresystme d'exploitation.

    Cette tude sera complte ultrieurement par les autres types dexploitationsapicoles et dans la mesure du possible, en poursuivant le suivi des exploitationsenqutes en 2000.

    I. LA MTHODOLOGIE UTILISE

    Le profil des apiculteurs rencontrsDans le cadre de cette tude, toutes les exploitations enqutes vendentleur production majoritairement en vrac (plus de 70 %) et sont donchomognes de ce point de vue.

    Les exploitations ont t enqutes sur la base du volontariat : ce titre,on ne peut pas affirmer que les rsultats sont reprsentatifs de lensemble desexploitations commercialisant leur production en vrac. On peut supposer queparmi les exploitations enqutes ne figurent pas beaucoup dexploitations endifficult.

    Les rsultats prsents ici concernent 47 exploitations, possdant plus de 200ruches (seuil ncessaire lobtention de la demi-SMI, permettant linstallation entant quapiculteur titre principal).

    La rpartition gographique des exploitationsLes exploitations enqutes se rpartissent comme suit : Rhne-Alpes : 6 Languedoc Roussillon : 12

    Midi-Pyrnes : 4 Provence Alpes Cte dAzur : 4

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    Limousin : 4 Pays-de-Loire-Poitou-Charente : 7 Centre : 3 Champagne : 3

    Ile-de-France : 2 Franche-Comt : 1 Aquitaine : 1

    Les enqutes ont t ralises partir : dun fichier Excel mis au point par lADAPI (Association de dveloppement delapiculture provenale) et finalis par lADARA (Association de dveloppementde lapiculture rhonalpine). Ce fichier se prsente comme un plan comptableagricole adapt lactivit apicole et se compose de :

    linventaire (cheptel, produits stocks), les produits (vente de miel, danimaux, autres ventes et produitsexceptionnels), les charges (approvisionnements, carburant, entretien, assurances,services extrieurs, impts et taxes, personnel, dotation auxamortissements, charges financires), le solde intermdiaire de gestion, le bilan, le tableau des amortissements (le calcul a t ralis sur la mme basepour toutes les exploitations),et de tableaux analytiques, labors partir des saisies : analyses technico-conomique financire, cot de revient dun kilo de miel.

    dun questionnaire complmentaire concernant lexploitation et son milieu,les critres techniques de production, les projets de lapiculteur.

    II. DES RSULTATS TRS VARIABLES

    II.1 La structure des exploitations et les rsultats techniques

    Origines socio-conomiques des apiculteursElles sont varies. La moiti des apiculteurs interrogs sont issus du milieuagricole. Ils ont repris une exploitation apicole ou ont cr un atelier apicole surlexploitation agricole.Parmi les apiculteurs issus dun autre milieu, les origines sont trs diverses. Leplus souvent ils ont opt pour lapiculture, car cette activit leur permet deconjuguer indpendance et travail lextrieur.

    Anciennet des exploitations enqutesLes exploitations ont t cres en moyenne depuis 14 ans. Parmi elles, 15exploitations ont moins de 10 ans et 32 ont plus de 10 ans. En apiculture, 10 ansest la priode, gnralement considre comme un palier, partir de laquellelexploitation atteint son rythme de croisire .

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    Structure des exploitations6 % des exploitations sont en GAEC.

    Types de miels produitsSur lensemble des exploitations enqutes, les miels de grandes culturesreprsentent 48 % de la production totale, les miels de cr 37 % et les mielstoutes fleurs 15 %.Dans cette tude, les miels de grandes cultures comprennent les mielsproduits sur tournesol, colza et luzerne. Les miels de cr sont les miels delavande, les miellats (fort, metcalfa), les miels monofloraux non rcolts sur lesgrandes cultures (acacia, chtaignier, tilleul, romarin) ainsi que certains mielspolyfloraux de montagne et haute montagne. Les miels toutes fleursregroupent les miels polyfloraux qui ne rentrent pas dans les miels de cr.

    Typologie des exploitationsPour lexploitation des rsultats, quatre groupes ont t dfinis en fonction destypes de miels produits sur lexploitation :

    Groupe 1 : exploitations produisant plus de 70% des miels de grandes cultures (52% de lchantillon enqut).

    Groupe 2 : exploitations produisant plus de 70% des miels de cr (34% de lchantillon enqut).

    Groupe 3 : exploitations produisant 50% des miels de cr et de grandes cultures (10% de lchantillon enqut).

    Groupe 4 : exploitations produisant plus de 70% des miels toutes fleurs (4% de lchantillon enqut).

    Les groupes 3 et 4 contiennent peu dexploitations (respectivement 4 et 2). Parconsquent, les rsultats donns par la suite pour ces deux groupes sont regarder avec prudence, car ils sont peu significatifs.

    Nombre dUTH moyenLe nombre moyen est de 1,4 UTH par exploitation, dont 1,3 UTH familiale (unapiculteur titre principal est considr comme 1 UTH). Dans lchantillonenqut, 78 % des exploitations emploient moins de 2 UTH.

    Nombre moyen de colonies par exploitationLe nombre moyen de colonies est de 629 par exploitation. Sur les exploitationsenqutes, il varie de 223 1800 colonies.

    Nombre moyen de colonies par UTHLes deux rsultats prcdents donnent une moyenne de 429 colonies par UTH.

    Logiquement, les exploitations produisant majoritairement du miel de culturesont, en moyenne, un cheptel plus important et un nombre de ruches par UTHplus lev.

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    Groupe 1

    (miel de cultures)

    Groupe 2

    (miel de cr)

    Nbre colonie/UTH 446 392

    Nbre moyen de colonie 673 543

    Les techniques apicoles- Races dabeilles utilises

    La race dune colonie dabeilles est dtermine par la race de la reine et la racedes mles fcondants. 34 % des exploitations travaillent majoritairement aveclabeille noire ou plutt labeille commune, et 53 % des exploitations avec deshybrides plus de 80 %. 90 % des exploitations travaillant avec des hybridesutilisent la Caucasienne combine dautres races.Les moyennes de production par ruche ne diffrent pas dune race lautre,comme le montre le tableau ci-dessous.

    Groupe 1(miel de cultures)

    Groupe 2(miel de cr)

    Abeille noire hybride noire hybride

    Production (kg/colonie) 31 32 39 37

    - Renouvellement des reinesLe taux de renouvellement des reines est reprsent par le nombre de reines delanne divis par le nombre de colonies en fin danne. Ce renouvellementpermet davoir en permanence des reines jeunes la ponte plus rgulire et plusabondante, ce qui dynamise la colonie et accrot la production de miel.

    Le taux moyen de renouvellement est de 39 %. 43 % des exploitations ont untaux suprieur 40 %, ce qui est trs lev. Actuellement, la dure de vie desreines est de lordre de 3 ans, contre 3 5 ans, il y a une dizaine dannes. Deuxfacteurs peuvent expliquer cette situation : une conduite intensive des reines etun environnement hostile avec une pression accrue des produits phytosanitaireset du Varroa.

    Abeille noire Abeille hybride

    Taux de renouvellement (%) 33 46

    Ce renouvellement est plus important pour les exploitations travaillant aveclabeille hybride. Ceci sexplique par la ncessit de contrler rigoureusement lesfcondations afin dvite