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VECUDESMALADESMENTAUX · PDF fileLe guide des inquisiteurs, le Malleus ... En Allemagne, l’attachement des patients est réglementé par la loi concernant les malades mentaux du

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  • Mai 2014

    VECU DES MALADES MENTAUXAU SEIN DE LA CHAMBRE DISOLEMENT

    (A propos de 120 cas)

    MEMOIRE PRESENTE PAR :Docteur TLIJI ASMAE

    Ne le 07 Mai 1978 Fs

    ROYAUME DU MAROCUNIVERSITE SIDI MOHAMMED BEN ABDELLAH

    FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIEFES

    U NIVER SITE SIDI MOH AMMEDB EN A BDELLAH

    FES

    POUR L'OBTENTION DU DIPLOME DE SPECIALITE EN MEDECINEOPTION : PSYCHIATRIE

    Sous la direction de :Professeur AARAB CHADYA

  • 1

    PLAN :

    Partie thorique ................................................................................... 2

    I. Introduction ............................................................................ 3

    II. Aperu historique .................................................................... 5

    III. Aperu juridique international ................................................ 9

    IV. Cadre rglementaire : ............................................................ 11

    1. Le droit la suret ................................................................ 11

    2. Diffrents textes en vigueur .................................................. 13

    V. Modalits pratiques disolement ............................................. 18

    VI. Indications et contre indications de lisolement ..................... 31

    Notre tude ........................................................................................ 34

    I. Introduction ............................................................................ 35

    II. Mthodologie ......................................................................... 35

    III. Rsultats ............................................................................... 37

    IV. Discussion ............................................................................. 56

    1. Prvalence de lisolement dans les hpitaux psychiatriques .. 56

    2. Caractristiques sociodmographiques et cliniques .............. 56

    3. Perception de lisolement par les malades ............................. 57

    V. Conclusion ............................................................................. 58

    RESUME .............................................................................................. 59

    Bibliographie ...................................................................................... 63

  • 2

    PARTIE THEORIQUE

  • 3

    I- Introduction : La chambre disolement (CI) fait partie des interventions coercitives dans les

    hpitaux psychiatriques. Elle est utilise de manire rgulire lorsque les patients en

    crise aigu perdent le contrle sur eux, deviennent agits et agressifs envers

    lentourage, tout cela tant signe dune exacerbation des symptmes lis aux

    troubles psychiatriques. Dans ce cas, la CI a pour but de structurer et de

    reconstruire lquilibre psychique du patient. La CI est une mesure de contrainte et,

    par dfinition, reprsente, une atteinte la libert individuelle des patients. De ce

    fait, elle est sujette des dbats juridiques, politiques, thiques, cliniques qui

    incluent les proches des personnes pour lesquelles ces mesures ont t utilises.

    Le conflit sur les effets de lisolement est bien prsent entre les logiques des

    patients et celles des soignants. Pour les soignants, cette mesure a des effets

    thrapeutiques positifs ; au contraire, les patients tmoignent de leur vcu souvent

    traumatisant de la CI. Pour cette raison, il est recommand den mesurer limpact

    psychologique pour le patient dans le but de prvenir dventuels traumatismes

    [25].

    Il savre que lisolement ne peut pas tre supprim dans ltat actuel des

    connaissances [ 24]. Son utilisation est souvent justifie comme tant une stratgie

    importante pour la gestion dune violence ou agression en vue d'assurer la scurit

    des patients et des soignants. Par consquent, lisolement continue faire partie des

    pratiques cliniques en psychiatrie. De ce fait, un dialogue entre les patients et les

    soignants doit tre instaur afin dessayer de trouver dautres alternatives et de

    questionner la qualit de la prise en charge dun patient en CI. Dans cette

    perspective, il est suggr dintgrer le vcu et les suggestions des patients qui ont

    t en isolement afin de rechercher des amliorations Une meilleure connaissance

    de la perception des patients pourrait aussi apporter un clairage au personnel

  • 4

    soignant sur les ventuelles consquences ngatives de lisolement sur la russite

    du processus thrapeutique, et par consquent sur la sant des patients long

    terme. Paralllement, il semble important de sintresser au point de vue des

    soignants sur les effets de cette mesure. Les quipes soignantes sont les plus

    exposes des prises en charges des patients en CI. Leur point de vue pourrait

    contribuer au travail thrapeutique entre les membres de lquipe et le patient

    concern par cette mesure.

    Notre tude clinique confirme lutilisation frquente de lisolement dans des

    services de psychiatrie pour adultes. Il apparat galement que la pratique de

    lisolement est peu homogne : il existe une grande variation dans lapplication de

    ces mesures entre les divers hpitaux et entre les diverses units au sein du mme

    hpital. Lintrt de notre tude reste dvaluer le vcu des patients atteints de

    maladies mentales vis--vis de la chambre disolement afin damliorer la prise en

    charge de ses malades en prenant en considration la dimension de leur vcu.

  • 5

    II- Aperu historique : Lutilisation de lisolement et de la contention mcanique comme moyen de

    maitrise des malades mentaux agits et violents existe depuis lorigine du

    traitement des maladies mentales. La souffrance psychique inquite ce point que,

    de tout temps, lune des rponses a t lenfermement. La pratique a t lgitime

    par les praticiens, alors que le droit restait trs en recul. Lhritage de lAntiquit :

    Ds lAntiquit, des crits font allusion la ncessit dexercer un contrle

    sur les personnes agites [2]. Ainsi, Celius Aurlien, recommande-t-il de faire

    usage des liens si les maniaques sont agits, mais sans leur faire de mal, en

    protgeant leurs membres de flocons de laine dabord, en plaant le bandage

    sur eux aprs[3]. Celius Aurlien reprenait, ainsi, les ides de son matre

    Soranos dEphse [4]. Soranos, surtout connu pour son trait de gyncologie et

    dobsttrique, sopposait Celse qui estimait quun traitement brutal avait pour

    effet de faire sortir, par la peur, le malade de sa maladie. Soranos, lui, recommandait

    de parler avec le malade de ses proccupations ou de tout autre sujet susceptible de

    lintresser [5]. Cet antagonisme entre Soranos et Celse, entre contrainte et douceur,

    entre soin et contention, a perdur, dune faon ou dune autre travers les sicles.

    Si Soranos considre la contention, lisolement comme un mal ncessaire, Celse

    estime lui, que cette contrainte est thrapeutique. Cette opposition ne repose pas

    simplement sur une divergence dordre thrapeutique, elle staie sur deux

    conceptions diffrentes du malade mental.

    Le Moyen-ge :

    Si, au Moyen-ge, le malade mental est le plus souvent soign domicile,

    il est en gnral ncessaire dattacher le fou furieux. Le recours aux moyens de

    contention semble alors traduire la solitude des proches qui veillent protger le

  • 6

    fou de lui-mme tout en prservant la scurit de chacun. Les moyens de contention

    permettent alors non pas disoler mais de maintenir le fou dans sa famille ou dans la

    communaut. Le fou errant, sans communaut, sans famille est le plus souvent

    isol, la lisire des villes, dans les tours aux fous .

    La Renaissance :

    Le dbut de la Renaissance [6] est marqu par une terrible tragdie, dont

    seront victimes dauthentiques malades mentaux, ainsi quun nombre beaucoup

    plus lev de personnes non malades, la psychose collective de sorcellerie, qui

    connatra son apoge au XVIe et XVIIe sicles. Le guide des inquisiteurs, le Malleus

    Maleficarum, utilis partir de 1486, affirme lidentit commune de la sorcellerie, de

    lhrsie et de la folie. Un dit royal de 1682 met fin aux poursuites pour faits de

    sorcellerie. La sorcellerie est, ds lors, ravale au rang des superstitions, et le

    concept de possession diabolique laisse place dans le monde lettr, en particulier

    mdical, celui dide dlirante dtre possd. Il en ira diffremment lorsque,

    avec le Grand Enfermement , il sagira denfermer les errants, les dviants de

    toutes sortes, dont les fous. Isolement et contention seront alors utiliss non plus

    pour maintenir domicile mais pour assigner une place, pour emprisonner, pour

    exclure.

    Depuis la fin du XVIIIe sicle :

    Lisolement reprsente, parmi les mesures de contraintes, un phnomne

    important dans lvolution de la psychiatrie. Les premiers principes de base de la

    contention et de lisolement comme des mesures non punitives, ont t dcrites par

    le mdecin franais, Philippe Pinel. Avec son surveillant Jean-Baptiste Pussin, il a

    projet de labolir des chanes qui prvalaient alors pour contenir les manifestations

    agressives.

  • 7

    En mai 1795, Pinel a t nomm la Salptrire pour effectuer le classement

    des malades, sparant les agits et les calmes. Dans son "Trait mdico-

    psychologique de l'alination mentale", il a introduit le traitement moral en

    postulant que le patient malade ne manifeste pas constamment sa folie

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