Voyages Italie Norvege

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Text of Voyages Italie Norvege

  • Ernest RENAN (1849 1870)

    VOYAGES ITALIE (1849) NORVGE (1870)

    Un document produit en version numrique par Mme Marcelle Bergeron, bnvole Professeure la retraite de lcole Dominique-Racine de Chicoutimi, Qubec

    Courriel: mailto:mabergeron@videotron.ca Page web

    Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

    Site web: http://classiques.uqac.ca/

    Une collection dveloppe en collaboration avec la Bibliothque Paul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi

    Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/

    mailto:mabergeron@videotron.cahttp://classiques.uqac.ca/inter/benevoles_equipe/liste_bergeron_marcelle.htmlhttp://classiques.uqac.ca/http://bibliotheque.uqac.ca/

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    Politique d'utilisation

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  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 3

    Un document produit en version numrique par Mme Marcelle Bergeron, bnvole, professeure la retraite de lcole Dominique-Racine de Chicoutimi, Qubec. courriels: marcelle_bergeron@uqac.ca; mabergeron@videotron.ca ERNEST RENAN Voyages, Italie (1849) Norvge (1870). dition originale Paris : ditions Montaigne, 1875, 155 pp. Collection : Les textes rares ou indit. Polices de caractres utiliss :

    Pour le texte : Times New Roman, 12 points. Pour les citations : Times New Roman 10 points. Pour les notes de bas de page : Times New Roman, 10 points.

    dition lectronique ralise avec le traitement de textes Microsoft Word 2008 pour Macintosh. Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5 x 11) dition complte le 17 fvrier 2011 Chicoutimi, Ville de Saguenay, Qubec.

    mailto:mabergeron@videotron.ca

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 4

    Ernest RENAN

    dition originale Paris : ditions Montaigne, 1875, 155 pp. Collection : Les textes rares ou indit.

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 5

    TABLE AVANT-PROPOS

    ITALIE

    NORVGE

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 6

    [p. 7]

    AVANT-PROPOS

    Retour la table

    Ernest Renan, qui a beaucoup voyag, n'a pas laiss de relation de voyage proprement dite. Il a toujours fait passer dans ses uvres les sensations vives, la connaissance profonde des pays o il a vcu et pens longuement. On sait que la mission de Renan en Italie (1849-1850) nous a donn Patrice et les Lettres d'Italie ; on en voit des traces dans l'Avenir de la Science.

    Les notes recueillies ici sont celles de ce voyage d'Italie qui n'ont pas trouv place dans ces ouvrages. Elles tracent un vif tableau des villes italiennes et de la Rome papale une poque bien loigne de nous. Bien diffrente aussi de la vision moderne apparatra cette manire d'tudier un pays dans ses relations avec le pass, de le [p. 8] comprendre (le mot revient souvent), et dy avoir cependant les plus vifs lans du sentiment religieux. Il semble bien que c'est en Italie que Renan eut l'intuition de la cration religieuse spontane et de la posie qui s'en dgage. Mais, dans ces notes ardentes, il n'apparat nul souci de rapidit ou de confort, aucun de ces dtails matriels qui semblent aujourd'hui un signe de puissance. L'entretien avec soi-mme est tout spirituel.

    Le second voyage en Norvge eut lieu sur le yacht du prince Napolon, cousin de Napolon III. Il fut interrompu par la guerre de 1870. On connat l'amiti de Renan pour le prince Napolon, qu'il dsigne souvent, dans sa Correspondance, comme l'un des premiers esprits du sicle . Ces notes, prises sur un modeste carnet, sont d'un caractre plus bref, plus calme. Ces paysages du septentrion ne comportent plus les riches rflexions que l'Italie provoquait chez Renan, mme au dclin de sa vie.

    Dans sa sobrit, ce court rcit, assombri de pressentiments, dessine d'un trait net les paysages intenses du Nord, et on y retrouvera ce sens des races primitives qui pntre et claire tant d'uvres de Renan.

    [Les numros entre accolades rfrent aux numros de pages de ldition papier, MB]

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 7

    L'ensemble de ces notes et carnets se trouve [p. 9] la Bibliothque Nationale. La lecture en est parfois difficile, et, pour l'intelligence du texte, les diteurs ont d tablir une sorte de classement, et complter grammaticalement quelques phrases tronques par la notation rapide. Ceci n'est pas une dition critique ; mais ceux qui ont gard le got de la sensibilit et de la haute culture trouveront sans doute dans ces lignes brises une lecture dont le temps n'a pas affaibli l'intrt.

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 8

    [p. 11]

    VOYAGES ITALIE (1849) NORVGE (1870)

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 9

    [p. 13]

    ITALIE (1849)

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 10

    [p. 15]

    LITALIE (1849)

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    Sur le Rhne, en vue de Vienne. Les villes anciennes ont de la physionomie ; les villes modernes pas. Dans une ville, ce qui a de l'intrt, c'est le vieux, la cathdrale, l'glise, le vieux chteau. Le moderne pas. La France uniforme teint les originalits locales. Au moyen ge chaque ville a son rle et son histoire. Vienne, Arles, Avignon, Montpellier. L'histoire de chaque ville finit la centralisation ; ds lors elle devient purement municipale. La France est un vrai phalanstre ; chacun y fait sa besogne pour le tout, cela fonctionne rgulirement, sans origi-[p. 16] nalit. Chacun sa fonction, rien au del. Cela est fcheux, condition d'un plus grand bien.

    * * *

    Avignon.

    Nous autres, hommes du Nord, nous nous animons pour un objet ; les Mridionaux se font un objet pour s'animer. Les gamins se posent sujet de disputes purement arbitraire et fictif, assaut de paroles et de quolibets, on fait cercle l'entour. C'est l'animation, le besoin de passion, de dverser son feu, qui est le but. tonnante animation politique, jeux, chants. Scnes populaires dlicieuses. Je comprends le Midi. Esprit municipal trs fort, esprit par lequel on se contente facilement du petit horizon d'une ville. De la les institutions municipales si anciennes dans le Midi.

    * * *

    [p. 17] Nmes.

    Du haut de la tour Magne. Temple de Diane, une inscription latine en lettres grecques. Arnes. Grandeur effrayante de ce peuple ; ce monument-l, au milieu de ragots provinciaux, en face d'un petit thtre. Carillon de cloches. Cette civilisation romaine dure, place des esclaves, place des courtisanes, du sang. Cloches, glises, les pauvres de Dieu, christianisme, victoire des parties infrieures de l'humanit sur les parties suprieures, dbordement de sensibilit.

  • Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 11

    Maison carre, temple de Diane, je comprends le culte antique. Au fils d'Auguste, au nom de la jeunesse. Respublica Nemansensium Augusto. Le temple, culte pur de l'idal. difice inutile. Voil tout. Pas d'ide religieuse srieuse. Cette religion n'avait rien pour la conscience, rien pour l'instruire. [p. 18] Pas de foi. Mais le culte pur de l'idal.

    Du haut de la Tour Magne, musique militaire, l-bas., tambours. Depuis combien de sicles la vie va ainsi !

    L'antiquit n'entendit rien la question du bonheur. Elle y pensa trop, elle se le proposa trop immdiatement. C'est l'ataraxie, dit l'un ; c'est le plaisir, dit l'autre. Le moyen d'tre heureux, cest de ne pas penser l'tre, c'est de s'isoler tellement de soi-mme, c'est de se quitter un tel point, qu'on ne se regarde plus, qu'on s'absorbe dans un grand but, sans retour rflchi. Fili, relinque te et invenies me... ce que l'vangile appelle perdre son me pour la trouver. Celui qui cherche calculer son bonheur, le combiner, l'arranger, ne le trouvera pas. Lors mme que l'obstacle ne viendrait pas du dehors, il viendrait de son cur. Le christianisme seul y a entendu [p. 19] quelque chose. Beati pauperes, beati mites. D'ailleurs, il faut le dire, l'antiquit pouvait plus facilement que nous se rendre heureuse dans une thorie, car l'antiquit n'avait pas notre prodigieuse subtilit psychologique, qui se dvore sans objet. Elle ne connaissait pas le scrupule, fait si remarquable, et qui a des analogies si tendues.

    * * *

    Montpellier.

    M. Christien, agrg de la Facult. M. Dubrueil, visite chez lui. Il me fait bien comprendre un ct de Montpellier vraiment scientifique. Khnholz est l'acolyte de Lordat, vitaliste