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1 L’avenir aime la France _____________________________________________________________ 2 Comprendre que le monde bascule_________________________________________________________ 2 Capitalisme à bout de souffle, sarkozysme en fin de cycle _______________________________________ 5 La panne d’espoir _______________________________________________________________________ 7 De vrais atouts pour faire la course en tête __________________________________________________ 9 Agir pour ne pas subir __________________________________________________________________ 10 Cinq défis à relever. _______________________________________________________________ 11 Le défi d’un nouveau modèle de développement social‐écologique ______________________________ 11 Le défi de la performance de notre économie et du rétablissement des comptes publics _____________ 12 Le défi de la promesse républicaine _______________________________________________________ 12 Le défi de la citoyenneté et de l’altruisme __________________________________________________ 13 Le défi du redémarrage européen _________________________________________________________ 14 2012‐2017 : redresser la France, retrouver la justice, rassembler les Français _________________ 14 Redresser la France et proposer un nouveau modèle de développement__________________________ 15 Retrouver la justice pour bâtir l’égalité réelle ________________________________________________ 19 Rassembler les Français et renouer avec la promesse républicaine _______________________________ 21 Assainir les finances publiques : un impératif pour l’avenir et pour réaliser notre projet ______________ 23 Priorités 2012 ____________________________________________________________________ 25

Projet socialiste 30 mesures phares

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Microsoft Word - ProjetSocialiste2012BureauNational.doc

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LaveniraimelaFrance _____________________________________________________________2

Comprendrequelemondebascule_________________________________________________________ 2

Capitalismeboutdesouffle,sarkozysmeenfindecycle _______________________________________ 5

Lapannedespoir_______________________________________________________________________ 7

Devraisatoutspourfairelacourseentte __________________________________________________ 9

Agirpournepassubir __________________________________________________________________ 10

Cinqdfisrelever. _______________________________________________________________11

Ledfidunnouveaumodlededveloppementsocialcologique ______________________________ 11

Ledfidelaperformancedenotreconomieetdurtablissementdescomptespublics _____________ 12

Ledfidelapromesserpublicaine _______________________________________________________ 12

Ledfidelacitoyennetetdelaltruisme __________________________________________________ 13

Ledfiduredmarrageeuropen_________________________________________________________ 14

20122017:redresserlaFrance,retrouverlajustice,rassemblerlesFranais _________________14

RedresserlaFranceetproposerunnouveaumodlededveloppement__________________________ 15

Retrouverlajusticepourbtirlgalitrelle________________________________________________ 19

RassemblerlesFranaisetrenoueraveclapromesserpublicaine_______________________________ 21

Assainirlesfinancespubliques:unimpratifpourlaveniretpourralisernotreprojet______________ 23

Priorits2012____________________________________________________________________25

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LaveniraimelaFranceEn 2012, les Franais ont rendez-vous avec la dmocratie, cest--dire avec eux-mmes. Ils diront si, oui ou non, ils veulent que se poursuive la mme politique mene depuis dix ans par les mmes responsables pour obtenir les mmes rsultats. Ils liront le prsident de la Rpublique et la majorit parlementaire auxquels ils confieront le destin de la Nation. Ils rpondront la question qui commandera toutes les autres et qui se pose avec une gravit indite depuis un demi-sicle : oui ou non, la France retrouvera-t-elle confiance dans lavenir ?

Car, dans notre pays, linquitude conomique et la souffrance sociale sont immenses. Le chmage, les ingalits, la relgation sociale dont sont victimes les jeunes notamment, dans les banlieues mais aussi les zones rurales, la monte des incivilits et de la violence gratuite, se sont aggravs au cours des dix dernires annes.

Sy ajoute une crise de sens comme la France nen a pas connu depuis la Seconde guerre mondiale. Les repres et les rgles du monde davant ont vol en clats. Un monde scind entre Est et Ouest, Nord et Sud, o lEtat-nation tait le cadre des solutions, o le progrs social cheminait avec les gnrations, o les ressources naturelles semblaient inpuisables, o lEurope amliorait la vie des peuples qui la construisaient, o le projet et les institutions de la Rpublique dmocratique, sociale, laque primaient sur largent, sur les revendications catgorielles et les passions communautaires. Pays millnaire qui avait donn au monde sa grande Rvolution, puissance agricole et industrielle, la France exerait une influence politique et culturelle nulle autre pareille. Elle tait au premier rang dune Europe qui comptait.

Le monde a chang et les rapports de force aussi. Nous peinons collectivement et individuellement ladmettre car le choc est rude. Il est plus difficile quhier de dployer nos valeurs dans un monde multipolaire, de dfendre nos couleurs dans une concurrence exacerbe, de prserver nos intrts conomiques et de protger notre modle social. La France est dans le brouillard delle mme.

Pour donner un avenir leur pays et leurs enfants, nos compatriotes veulent le changement. Seulement, vers qui se tourner ? La droite sert les intrts dune minorit privilgie tandis que le plus grand nombre doit ponger la facture de la crise : en payant plus de taxes et dimpts, en renonant des services publics, en perdant en salaire ou en pension, le plus souvent en subissant les trois la fois. Comme ailleurs en Europe, lextrme droite se nourrit de lchec des libraux. Elle dsigne des boucs missaires et prospre sur les peurs. Ses rponses dmagogiques peuvent attirer par leur simplisme, mais si elles taient mises en uvre, les mnages modestes, les classes moyennes, les entreprises industrielles, artisanales et les exploitations agricoles en seraient les premires victimes.

La responsabilit de la gauche en gnral et du Parti socialiste en particulier est historique : il nous revient de redonner foi dans la possibilit dun nouveau dpart.

Les Franais attendent de nous que nous prenions la mesure des impasses du libre-change sans limites, de lacide que constitue pour une socit largent gagn sans effort, de lillusion dune France sans usines ni paysans qui se reconvertirait en muse de la mondialisation. Ils nous demandent de prendre la mesure de la colre que suscitent les lites quand elles oublient lthique ou les lois, le besoin de fiert que chacun veut prouver pour son pays quand il est reprsent sur la scne internationale, lenvie de vivre debout et pas seulement de survivre de contrats prcaires en revenus dassistance. Le devoir des socialistes est de rpondre ces angoisses et ces aspirations. Cest un devoir de srieux et de solutions bien sr, mais dindignation et dimagination avant tout. Un devoir de vrit et daction. Un devoir rpublicain.

ComprendrequelemondebasculeCes vingt dernires annes, le cours du monde sest acclr au point de le rendre mconnaissable. Les changements sont alls plus vite que leur analyse et leur matrise. Plus vite que la diffusion de

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limprimerie ou de llectricit. Les ralits du nouveau sicle obligent les responsables politiques et les citoyens rsoudre ensemble des enjeux longtemps ngligs.

Le changement climatique, lexplosion dmographique et la fivrenergtiquemettentenjeulavenirdelaplante

A lt 2011, sept milliards dindividus, quatre fois plus quil y a un sicle. Un monde peupl de neuf milliards dhabitants en 2050, consommant et produisant autant quen 2010, sera cologiquement intenable. puisement de leau et des nergies fossiles, dforestation, urbanisation incontrle, nous faisons comme sil y avait une seconde Terre investir une fois puises les ressources de celle qui nous accueille. Larrive de nouveaux gants conomiques qui rclament leur part de bien tre matriel, conjugue un mode de dveloppement fond sur lexploitation de la nature, rapproche le monde dun point de bascule.

Hausse des tempratures, monte des ocans, scheresses inhabituelles, les effets de la surexploitation de la nature se font douloureusement sentir. De combien davertissements avons-nous besoin ? La catastrophe de Fukushima qui a frapp le Japon et son peuple a concentr les menaces des temps nouveaux : le plus grave sisme a dclench le plus terrible tsunami, qui a provoqu le plus lourd accident nuclaire dans un pays dvelopp. Y a-t-il dfi plus imprieux, plus noble, pour notre civilisation quviter le dsastre plantaire ?

Partout, pril cologique et ingalits sociales se renforcent mutuellement. Des vingt-huit pays les plus exposs aux bouleversements climatiques, vingt-deux, situs en Afrique subsaharienne, sont parmi les plus pauvres du monde. En France, les mnages les plus modestes consacrent 15 % de leur revenu aux dpenses nergtiques, soit 2,5 fois plus que les mnages les plus riches. Pour nous, la prservation environnementale est insparable de la justice sociale.

La monte des mergents entrane un recentrement du monde, mais lacrispationdessocitseuropennes.

LEurope nest plus le cur de lOccident, qui nest plus le centre de la plante. Rangeons nos vieilles mappemondes, elles ne disent pas le monde actuel. Dsormais, les nations dAsie referment la parenthse de leur effacement. Elles sont optimistes, conqurantes, soucieuses de leurs intrts, parfois agressives. En 2010, la Chine est devenue la deuxime force conomique mondiale, mais son objectif est de se hisser en haut du podium. Seule la date fait encore dbat : 2040, 2050 ? Elle fait dj la course en tte en matire dexportations, de rserves de change et de dpt de brevets, en nombre dinternautes et dautomobilistes, pour la fabrication dordinateurs et doliennes, la production de pommes, dacier et de bton. Pour maintenir le rythme de sa croissance, elle dvore les matires premires et lnergie : elle est le premier metteur de CO. Sans oublier tous les autres, mergents ou mergs : lInde, le Brsil, la Russie, mais galement la Core du Sud, lIndonsie, lAustralie, lAfrique du Sud, le Mexique.

En mme temps, les Europens perdent confiance. Leur modle conomique est la peine aprs deux dcennies o la dette, celle des mnages ou celle des Etats, a remplac la hausse des salaires. La mondialisation bat en brche nos certitudes les plus ancres : Europens et Amricains nont plus le monopole des productions forte valeur ajoute. Les pays mergents sont en phase de rattrapage, sinon de dpassement, quil sagisse de technologies ou denseignement suprieur. Aprs quatre sicles dhgmonie, les nations occidentales vieillissent et semblent rsignes cultiver leur pass plutt qu se projeter dans lavenir. La conviction que dmocratie et march, droits de lhomme et commerce, vont de pair est remise en cause par les capitalismes de parti unique ou de mafias qui concurrencent ou supplantent nos conomies comme si la promesse de 1989 et de la chute du Mur de Berlin tait ajourne, peut-tre mme oublie.

De telles secousses, dans une priode de chmage de masse et de prcarit, branlent les socits europennes. Des coupables sont montrs la vindicte : ltranger, le descendant dtranger, le musulman, mais aussi les Hongrois pour les Slovaques, les Italiens du Sud pour ceux du Nord, les

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Wallons pour les Flamands en Belgique, les habitants de Castille pour certains Catalans en Espagne. Face ces changements dchelle et aux tensions quils font natre, les solutions passent par une nouvelle coopration entre les peuples, un G192 dans le cadre des Nations Unies pas seulement un G20 dans lintrt des pays les plus puissants, ainsi que par une rorientation de la construction europenne. Ce sursaut doit venir dans les dix prochaines annes. Aprs, il sera trop tard pour inverser la tendance.

Les rvolutions technologiques et la vitesse changent profondment la viepersonnellecommelavieprofessionnelle

Ces rvolutions donnent le meilleur et le pire. Le meilleur, comme laccs linformation : au Maghreb et au Moyen Orient, non seulement la jeunesse a commenc utiliser Twitter plutt que le fusil, mais le monde entier a pu vivre les rvoltes populaires contre les dictatures. La prcipitation peut aussi engendrer le pire, comme lorsque ladoption dun projet de loi obit la charge motionnelle des titres du 20 heures . Trop souvent, cest lactualit qui fait la loi, non la loi qui fait lactualit.

Les nouvelles technologies peuvent aussi conduire laggravation des conditions de production des salaris : sous-traitance, recours intensif aux contrats dure dtermine, lintrim et aux temps partiels, rduction des temps de pause Ces nouvelles organisations du travail o les salaris sont mis en comptition avec les autres comme avec eux-mmes peuvent conduire jusquau suicide. Ces drames survenus en nombre couvent dans bien des entreprises, souvent les plus grandes o les dirigeants sont des financiers et leurs employs des numros. La pression du client et du rendement domine, en production comme dans lencadrement, dans lindustrie ou dans les services, dans le secteur priv comme dans la fonction publique.

Les temps sociaux sont clats. Finie, la sparation de la vie en tranches entre lcole comme temps de formation, la profession comme temps de travail, la retraite comme temps pour parachever sa vie. On peut tre tudiante 70 ans, grand-pre 40, voyageur 16. Quant au temps libre, lest-il vraiment quand les courriers lectroniques et les sonneries du tlphone portable accompagnent nos pas ? De combien de temps dispose-t-on pour des activits vraiment choisies ? Ces questions, ici ou lautre bout du monde, des centaines de millions de personnes ne se les posent pas, tant elles sont stresses.

Linsuffisantergulationducapitalismeamnedescrisesrptition.En gnral, les dirigeants des pays les plus riches ne tirent pas les bonnes leons des dgts provoqus par les mauvaises pratiques. Nous allons moraliser le capitalisme , avaient-ils promis aprs leffondrement de la banque amricaine Lehman Brothers, picentre du plus grave sisme financier depuis 1929. Trois ans plus tard, on nous dit que la crise est finie. La ralit est moins rose. Dans notre pays, les entreprises du CAC 40 vont distribuer, en 2011, 40 milliards deuros de dividendes leurs actionnaires alors quun quart des salaris, soit plus de six millions de travailleurs, peroivent moins de 750 euros par mois, environ 25 euros par jour. Dans lanne qui a suivi la crise des subprimes, les gouvernements ont consacr plus dargent pour soutenir les banques et les institutions financires que le monde nen avait dpens, en un demi-sicle, pour aider les pays pauvres !

Malgr des annonces tonitruantes, aucune des prconisations ou des sanctions voques par le G20 na t concrtise ce jour. Ni la lutte contre les paradis fiscaux, ni la sparation des mtiers bancaires, ni la rforme des agences de notation, ni lencadrement des fonds spculatifs et autres hedge funds. Notre vie quotidienne est remplie dinterdits de toutes sortes, mais la dlinquance financire nest pas rellement rprime par les autorits publiques. A juste raison, aux yeux des citoyens, labsence de radars sur les autoroutes de la finance traduit une dmission du politique face aux profits et aux profiteurs

Le vieillissement des populations marque une victoire sur la maladie et la

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misre,maisilchangeaussienprofondeurnossocits.Dans les pays occidentaux, lesprance de vie sera suprieure 90 ans dici 2030 et la natalit nassurera plus le renouvellement des gnrations. A cet horizon, lAllemagne va perdre dix quinze millions dhabitants, la Russie entre quinze et vingt, le Japon entre vingt et trente. A la mme poque, lInde deviendra la pays le plus peupl, devant la Chine dont la population commencera se rduire et vieillir ce qui ne sera pas sans effet sur son ordre social ni sur les relations internationales.

Une rvolution se profile : le monde comptera de moins en moins dactifs pour accompagner les personnes ges et financer la dpendance. Avec le risque du chacun pour soi : retraites par capitalisation, dveloppement des assurances prives, taxes sur les mdicaments. Pourtant, la dmographie impose de nouvelles solidarits qui sont autant dopportunits : comment utiliser lexprience des seniors ? Comment favoriser lengagement associatif et citoyen des ans ? Comment mler les gnrations pour gagner en gnrosit, mais aussi en comptitivit ? Lenjeu nest pas seulement de vivre plus vieux, mais de vivre mieux.

Capitalismeboutdesouffle,sarkozysmeenfindecycleDe tous les continents, lEurope est celui o la croissance est la plus faible et le chmage le plus lev. Et la France en Europe affiche des rsultats malheureusement plus mdiocres que beaucoup de ses partenaires. Cest que limpasse des choix conomiques et fiscaux oprs par lactuel prsident de la Rpublique et par sa majorit sest ajoute limpact du capitalisme financier en surchauffe.

Lepremierchocquiaaffectnotrepays,cestlacrise.Elle a explos en 2008, mais elle vient de loin. Elle nest pas un accident de la conjoncture, mais lchec du modle fond sur la devise financiarisation, drglementation, privatisation . Depuis la fin des annes 1970, la hausse des profits ne sest pas convertie en biens et en services, pas plus en innovations et en emplois.

Du dbut la fin, la crise actuelle est celle du partage de la richesse. Pour accrotre les profits, les gouvernements libraux ont affaibli la protection sociale et le pouvoir dachat avec en Europe la passivit de certains dirigeants sociaux-dmocrates. Depuis 1990, la part des salaires dans la richesse globale a baiss de dix points tandis que lcart salarial entre riches et pauvres na cess de se creuser. Les pouvoirs ont t peu peu confis aux actionnaires et leurs reprsentants. Avec des effets en cascade : primaut du court terme, recherche du profit maximal au dtriment des quilibres cologiques de la plante, encouragement lendettement, explosion des injustices, approches nationales plutt que coopration internationale.

Cette prdation exerce par la finance sur lconomie plombe lactivit des entreprises, les vraies, celles qui produisent, embauchent, forment. Les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires rient au nez des tats dont la plupart nenvisagent pas srieusement de mettre fin aux activits illicites quabrite une kyrielle de principauts et dlots confettis. Les fonds spculatifs, sous la pression des actionnaires, exigent une rentabilit deux chiffres mme si la croissance du secteur dans lequel ils ont investi nexcde pas un ou deux pour cent. Les banques sont toujours aussi puissantes, mais rien ne prouve quelles soient devenues plus transparentes ni plus prudentes. Les dettes souveraines saccumulent et ne sont supportables que grce des taux dintrt faibles : quils soient relevs, sous leffet de la flambe du ptrole par exemple, et les cranciers prsenteront laddition massive aux tats.

Les tats, prcisment, ont par au plus press. Sauf quen venant au secours des banques pour viter la banqueroute de lconomie et la faillite des entreprises, ils se sont aussi fragiliss. Les efforts de rgulation mondiale sont insuffisants. En Europe, les dirigeants de la zone Euro imposent une austrit systmatique qui va ralentir la sortie de crise et nourrir le cercle fatal de la dpression.

Au plus fort de la tourmente, la France a pu apprcier son modle social, celui-l mme que la droite dnigre et dmolit. Ce sont les dpenses sociales qui ont soutenu la consommation des mnages.

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Cest la commande publique commencer par celle des collectivits locales diriges par la gauche qui a prserv lactivit des entreprises. Malgr ces efforts, la croissance et lemploi sont plus faibles chez nous que dans nombre de pays dvelopps, et pas seulement en Allemagne.

SilaFrancesensortmoinsbienquedautresenEurope,cestparcequelleasubi,elle,lechocdusarkozysme.

La prsidence qui sachve restera comme celle des promesses non tenues et du temps perdu. La dception est si grande que, comme jamais sous la Vme Rpublique, notre dmocratie est abme et notre peuple divis.

Lchec de lUMP et de son chef est dabord conomique et social : les rsultats ne sont pas l. La dette et le dficit public ont explos bien avant la crise sous leffet des baisses dimpts accords aux plus fortuns. Lindustrie a perdu prs dun demi-million demplois. Notre dficit commercial se chiffre plus de 50 milliards deuros par an. La stagnation du pouvoir dachat rend la vie quotidienne de plus en plus chre et aggrave le surendettement des familles. Laugmentation du chmage de longue dure signe la faillite de la dfiscalisation des heures supplmentaires. La grande pauvret touche huit millions de personnes, dont 1,5 millions denfants et un million de personnes ges. La dernire enqute de la Fondation Abb Pierre a confirm que quatre millions de Franais sont mal logs et prs de 200 000 sans abris. Travailler plus pour gagner plus , tous propritaires les slogans sarkozystes nont dur que le temps dune campagne. Le report de lge lgal de la retraite de 60 62 ans a t dcid au dtriment des salaris qui ont commenc travailler tt et exerc des emplois pnibles : la France est le seul pays dEurope avoir procd ainsi. Le dmantlement des services publics est rig en dogme, coups de Rvision gnrale des politiques publiques (RGPP) aveugle. Les fonctionnaires sont montrs du doigt, quils soient professeurs ou magistrats, infirmires ou policiers. Se soigner devient un luxe pour de nombreux Franais qui ajournent des soins ou une intervention lhpital. Les ingalits fiscales atteignent un niveau inconnu depuis 1945 : grce aux niches et exonrations que lUMP leur a accords depuis dix ans, les plus riches jouissent de taux dimposition plus faibles que ceux des classes moyennes et des mnages modestes comme si la France reniait la Dclaration des droits de lhomme et du citoyen o il est inscrit, larticle 13, que la contribution commune doit tre galement rpartie entre les citoyens, en raison de leurs facults .

Lchec est aussi dmocratique. Evapore, la Rpublique irrprochable , envol, lEtat impartial . La fonction prsidentielle est dprcie depuis quelle consiste tout commenter et tout rgenter. Les ministres, et dabord le premier dentre eux, sont ramens au rang de collaborateurs ou de courtisans. Le Parlement est rduit la portion congrue. Les grands corps de lEtat, prfets, diplomates, cadres des armes, sont dsigns comme responsables des mauvais choix de lexcutif. Les contre-pouvoirs, quil sagisse des collectivits territoriales ou des organisations syndicales, sont tantt ignors tantt mpriss. Les mdias sont soumis au jeu des influences. La justice est vilipende et son indpendance est mise en cause. Les mouvements citoyens sont tenus pour quantit ngligeable. Les liberts rpublicaines sont cornes et des mesures contre les immigrs appliques de faon inhumaine, y compris lgard des enfants. La politique du chiffre impose aux forces de lordre ne masque pas laugmentation des atteintes aux personnes et aux biens. Pour la premire fois, un prsident a utilis son mandat affaiblir la Rpublique plutt qu la renforcer.

Lchec est diplomatique. Depuis 1958, par-del les alternances et les poques, tous ceux qui ont exerc la magistrature suprme ont contribu au rayonnement de la France. Tous sauf lactuel chef de lEtat. Aujourdhui, le message de la France est brouill et son image pour le moins altre. Nos rseaux diplomatiques et culturels ont t rduits. Dans un monde en bullition, nous manquons dinstruments dinformation, danalyse et de renseignement en tmoigne laveuglement de lElyse face aux premiers soulvements populaires arabes. Surtout, limpulsivit ne fait pas une mthode ni la communication, une vision. N. Sarkozy a commis une faute en faisant reposer son projet d Union pour la Mditerrane sur deux piliers, les prsidents Ben Ali et Moubarak, chasss par les peuples tunisien et gyptien. Il a entam le crdit de la France en droulant le tapis rouge Kadhafi le massacreur quand dautres dmocraties dnonaient ses forfaits. Lorsquil a agi, avec raison, trois ans

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plus tard, pour empcher le rgime libyen de massacrer son peuple, il la fait tardivement sans souci de fdrer les Europens autour dune initiative partage, ni obtenir la mise en place dune dfense europenne pourtant annonce lors du retour de la France dans le commandement militaire intgr de lOTAN. Au cours de son mandat, N. Sarkozy a indign lAfrique en prononant Dakar un discours no-colonialiste. Il a provoqu, irrit, humili, parfois, nos partenaires. Maintenant, les Etats-Unis se dterminent sans la France, que la Chine se joue delle, que la Russie nattend rien de nous, que lAllemagne fait cavalier seul. Depuis 2007, la France a rapetiss aux yeux des autres puissances et des Franais.

Lchec du sarkozysme est, de bout en bout, un chec moral. Lactuel chef de lEtat entama son mandat dans un restaurant de luxe avant de gagner le yacht dun milliardaire de ses amis croisant en mer de Malte. La crmonie du Fouquets a install demble une oligarchie financire au cur de la Rpublique. Les conflits dintrt ont maill le quinquennat. Les affaires nont pas quitt lactualit. Quel contraste avec la rigueur dans la gestion publique qui, voil dix ans, tait la marque du gouvernement de Lionel Jospin. Mais il y a encore plus grave avec les oprations politiciennes qui disloquent la Nation. La controverse sur lidentit nationale et les propos racistes de plusieurs ministres ou parlementaires de la majorit ont banalis les slogans du Front national et stigmatis nos compatriotes de confession musulmane. Les errances sur la lacit, depuis la proraison de Latran, nuisent au principe mme de notre concorde nationale.

Au total, le sarkozysme met lavenir en chec. Prcarit professionnelle, pauvret souvent, dclassement sont le lot quotidien de trop de jeunes, dont le Gouvernement se mfie et qui ne trouvent pas la confiance quils mritent dans la socit. A lautre bout de la chane, trop de salaris gs de 50 ans et plus sont congdis de leur entreprise. Les investissements qui prparent le futur sont insuffisants. Alors que la course la matire grise fait rage, lurgence commandait-t-elle de rduire la TVA dans la restauration, pour un cot de trois milliards deuros au budget de lEtat chaque anne, quand on sait le dlabrement de tant de nos btiments universitaires ? La preuve de cet oubli de lavenir, cest labandon de lducation, la multiplication des rformes malheureuses et le dcouragement des personnels comme des lves.

LapannedespoirLe capitalisme financier, loin des compromis de lconomie sociale de march, est redevenu une fabrique ingalits et brutalit voisine de celle qui se dployait au 19me sicle. Quant aux responsables des partis conservateurs, ils sloignent de leurs prdcesseurs qui exaltaient une certaine ide de la France adosse une certaine vision de lhomme. Au lieu de projeter le pays dans la mondialisation, ils lui infligent des rgressions qui laffaiblissent et le meurtrissent. Le sentiment collectif est que lavenir se drobe. Mais au nom de quoi, aprs avoir sem tant dides fondatrices dans lhistoire, la France rejoindrait-elle le banc de touche ? Pourquoi lavenir est-il en panne ? Nous avons bti notre projet pour rpondre ces questions.

Lapannedespoir,cestledclassementvcuouredoutparlamajoritdesFranais.

Dans les annes 1960, une personne sans qualification trouvait du travail. Aujourdhui, sa fille ou son fils, mme en ayant obtenu des diplmes, doit souvent multiplier les jobs sous pays et les contrats au rabais pour sen sortir. Dans ces conditions, comment se loger, faire des projets ? Zapper ainsi la jeunesse est une grave rgression. Une rgression ducative : les tudes ne sont plus un ssame pour lemploi. Une rgression sociale : pour la premire fois depuis un sicle, une gnration va vivre moins bien que celles qui lont prcde. Une rgression collective : prcariser la jeunesse, cest fragiliser les droits sociaux de demain. Cest la ralit vcue par des millions de familles, notamment parmi les classes moyennes.

Bien sr, les situations varient. Elles sont presque aussi nombreuses que les individus eux-mmes, selon que lon a un emploi ou pas, que lon travaille dans une grande entreprise (publique ou prive)

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ou dans une plus petite structure, que lon vit ou non en couple, avec ou sans enfants, avec un ou deux salaires, selon que lon est locataire ou propritaire de son logement, propritaire qui rembourse son prt ou qui sen est acquitt, selon que lon vit dans le centre dune mtropole ou sa priphrie, la campagne ou la montagne, etc. Mais lincertitude face lavenir est la mme. Dans la France de 2011, les fins de mois de quinze millions de personnes un adulte sur trois se jouent 50 ou 100 euros prs.

Nombreux sont nos concitoyens qui ont limpression de ne plus avoir ni voix ni poids. Ouvriers de lindustrie, employs, techniciens, contremaitres et cadres du secteur priv, fonctionnaires, mais aussi leveurs et agriculteurs, artisans, commerants, dirigeants de PME et de TPE, ils ont limpression de sortir des radars de lhistoire. Que psent leur emploi et leurs comptences dans une conomie dont le centre de gravit est la Chinamrique , o lon produit ailleurs moindre cot, o le monde du travail doit payer lardoise de lconomie-casino ? Lavenir se joue loin de nous, sans nous, contre nous , combien de fois avons-nous entendu cette remarque lors du tour de France que nous avons effectu avant de concevoir nos propositions !

Pendant ce temps, quelques-uns senrichissent et nous prient de trouver la mondialisation heureuse . Ils nagent dans lconomie globale comme des poissons dans leau, font de largent et de ses signes extrieurs les seuls critres dune vie russie. Cest ce PDG qui plaide un jour pour des usines sans ouvriers . Cest ce publicitaire qui affirme un jour : Si cinquante ans, on na pas de Rolex, on a rat sa vie . Ce sont ces footballeurs millionnaires qui, portant le maillot tricolore lors de la Coupe du monde, font la grve du ballon avant dtre limins sans gloire et sagrippent malgr tout leurs primes. Ce sont ces ministres qui dpensent 12 000 euros de cigares aux frais du contribuable, cumulent la charge du Budget de la Nation et les fonctions de trsorier-collecteur de fonds de lUMP, survolent un pays en insurrection dans le jet priv dun homme daffaires li au rgime qui la rprime. La crise, cest pour les autres , voil lhymne des seigneurs du village global, cette nouvelle aristocratie dont plusieurs dirigeants dentreprises cotes sont lexpression arrogante. En 1970, lcart entre la rmunration dun PDG et le salaire moyen de ses employs tait au maximum dun quarante ; actuellement, il peut varier de un deux cents, cinq cents, mille. Rien, absolument rien ne justifie un tel abme social.

La panne despoir, cest aussi le recul de la France dans la comptitionmondiale.

Nos parts de march reculent dans les changes commerciaux. Certains classements internationaux ou checs commerciaux ont fait leffet de vritables coups de semonce, notamment dans lindustrie. Ces revers tmoignent dune fragilit nouvelle sur les champs dexcellence franaise. Ils sont dautant plus cruels quils clipsent les succs lexport de nombreuses PME, lattractivit de notre pays pour les investissements trangers ainsi que la productivit de nos salaris, lune des plus leves du monde.

Dans la bataille pour la valeur ajoute, la France est leste dun chmage massif, de dficits excessifs et dun endettement explosif. Sy ajoute un frquent affaiblissement de la voix de la France dans le concert mondial. De Shanghai Berlin, notre capacit dentranement des autres nations est rduite, faute de vision et dexemplarit des dirigeants actuels, et dabord quand il sagit de porter haut nos valeurs.

Ni Copenhague ni Cancn, o le futur climatique du monde se dcidait, les Europens, avec la France, nont pas su se faire entendre. Pour peser, lEurope ne possde certes pas le degr dintgration politique des tats-Unis, ni leur puissance militaire. Elle na pas non plus la vitalit conomique des nouvelles puissances-continents dAsie. Reste que le recul de lEurope est moins d ses dcisions qu son indcision, quil sagisse de ses institutions extrieures, de son got pour la concurrence interne plutt que pour la croissance, de sa trop faible monte en gamme dans lconomie de la connaissance et de sa trop grande foi dans le libre-change. Lavenir nest pas crit. Mais la perspective dune France et dune Europe politiquement relgues, conomiquement

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dsindustrialises, socialement prcarises est malheureusement relle. Ce dcrochage est dautant plus insupportable que lEurope a toutes les cartes en main pour proposer au monde le modle qui le fera rebondir.

DevraisatoutspourfairelacourseentteAlors que le monde ne nous attend pas, il existe un paradoxe franais : nous avons de solides atouts, mais tout se passe comme si nous ne les voyons pas ou ne savions pas les utiliser et dabord pour notre jeunesse, la plus prcieuse richesse du pays.

Notrepositiongographiqueestidale.Nous sommes la premire faade maritime dEurope, passage oblig pour le dtroit le plus frquent du monde via la Manche, tourns vers les tats-Unis par lAtlantique, ouverts lAfrique grce la Mditerrane. Avec lAllemagne voisine, nous formons le cur de la base industrielle du continent. Notre agriculture, malgr la crise que vit le monde paysan et la flambe des cours, reste une rfrence mondiale pour la qualit et la diversit de ses productions alors que la satisfaction des besoins alimentaires est lun des grands enjeux du 21me sicle.

Nostechnologiesdepointesimposentdansdessecteurscls.En 2007, la SNCF et Alstom ont battu le record de vitesse dun train en faisant circuler une rame 547 kilomtres heure. En 2009 et 2010, ce sont des quipes mdicales franaises qui ont ralis la premire greffe dune bronche artificielle sur un patient et russi la premire greffe totale de visage. En 2011, au centre spatial de Kourou en Guyane, Ariane 5 a battu le record des tirs raliss avec succs et Renault a commercialis ses premiers vhicules lectriques. Le savoir-faire de nos chercheurs et de nos ingnieurs est reconnu : en tmoignent les prix Nobel, mdailles Fields et distinctions internationales qui rcompensent nos mdecins, mathmaticiens, physiciens.

Notre dynamisme dmographique et notre rayonnement linguistique sontuneforce.

Avec soixante-treize millions dhabitants lhorizon 2040, la France pourrait tre le pays le plus peupl dEurope, mais aussi lune des nations les plus jeunes du continent. De quoi envisager avec confiance le futur de son conomie et de sa protection sociale. Cest ce capital matriel et humain qui nous permettra, si nous savons nous projeter, de bnficier de la nouvelle croissance qui surgit en Asie, au Moyen Orient, en Amrique, en Afrique. Et puis il y a notre langue ! Deux cents millions de francophones la pratiquent sur tous les continents. Avec les progrs de lalphabtisation, ils pourraient tre prs dun milliard en 2050. Cest dcisif pour faire vivre la diversit culturelle et dfendre nos intrts, autant que dtre ce que nous sommes de surcrot un membre permanent du Conseil de scurit de lONU.

Nous disposons dun patrimoine exceptionnel, celui qui fait de la France lapremiredestinationtouristiquebiensr,maisaudel,celuiquaforgsonhistoire.

La rupture de 1789, linsurrection populaire de 1848, la Commune de Paris en 1871, la loi de 1905 sur la sparation des glises et de lEtat, le Front populaire en 1936, lappel du 18-Juin 1940, le programme du Conseil National de la Rsistance en 1944, autant de repres qui, aujourdhui encore, inspirent les peuples qui refusent loppression. Ce bien commun remonte loin et prend appui sur des fondements solides : les esprances spirituelles, laffirmation de lhumanisme du 16me sicle, lgalit devant la loi avec la Rvolution franaise. Cette histoire est celle de tous les Franais. Elle doit servir rassembler la Nation, pas la diviser. Elle doit tre apprise et transmise, et non dtourne, capture, des fins idologiques ou lectorales. Rousseau, Michelet, Hugo, Jaurs nous lont appris : lhistoire de France, cette diversit faite unit par la volont gnrale, cet arrachement aux instincts et leur dpassement par la citoyennet, est une histoire universelle pour lhumanit.

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Soyons en fiers et continuons-la.

Dautres leviers sont entre nos mains : nos infrastructures et nos services publics, notre tat et nos collectivits territoriales, notre systme dducation et de formation. Sans oublier les nergies qui irriguent la socit : actions dans les territoires, initiatives des entreprises, aspirations de la jeunesse et dabord dans les quartiers populaires, projets des associations, familles qui sinventent et se rinventent, solidarits dans la sphre prive comme dans lespace public.

Le rle, le devoir du politique, cest de convertir ces atouts, de conforter ces succs, de rendre possibles de nouvelles russites et de nouvelles conqutes, pour mettre fin au dsenchantement franais et engager le redressement national.

AgirpournepassubirChacun mesure lampleur et la complexit des dfis auxquels sont confronts celles et ceux qui veulent changer les choses. Tout cela laisse deviner le poids des rsistances et des intrts qui se mettront sur notre chemin. Mais ce nest pas parce que la montagne est haute quil faut renoncer la gravir.

Regarderlemondetelquilest,cenestpasfairepassivementlasommedescontraintes,maisenconnatrelepoidspourlessurmonter.

Cest prendre la mesure des aspirations individuelles et des ressources collectives pour enrayer un cours des choses qui na rien de fatal. Cest faire la part des contraintes relles, celles quimposent le changement climatique ou qui psent sur les finances publiques, et les politiques dcides par des gouvernements libraux depuis dix ans dans notre pays et qui peuvent, qui doivent tre stoppes et changes. Cest voir aussi, par exemple, limmense march pour nos entreprises et nos savoir-faire que constitue la croissance lEst et au Sud, autant que les menaces qui se profilent cause du manque deau, de la pollution de lair et des sols, de la pauvret. Cest prendre appui sur la raret des nergies fossiles pour imaginer de nouvelles faons de produire, de construire, de consommer, de redistribuer. Cest prendre acte de lchec du collectivisme et du naufrage du libralisme pour enfin changer. Transformer les risques comme nos faiblesses en opportunits, cest le rveil de la volont.

Regarderlemondeenface,cestvouloirqueleprogrsreparteInterrogeons nos ans sur ce qutait la vie, voil soixante ou cent ans, ils nous diront que malgr les difficults, mieux vaut avoir 20 ans en 2011 quen 1914. En France et en Europe, voil trois ou quatre gnrations, des guerres dcimaient les familles, des pandmies ravageaient des rgions entires, les privilges de la naissance prvalaient sur le mrite dune existence, les enfants travaillaient lusine, lesprance de vie natteignait pas le demi-sicle.

Que le futur soit incertain ne saurait faire regretter ces temps-l. Pas plus quil saurait nous faire craindre le progrs des sciences et des techniques. Biotechnologies, nanotechnologies, sciences cognitives offrent de fantastiques perspectives, et dabord dans le champ mdical. Songeons lingnierie tissulaire quand les dons ne suffisent plus combler les besoins, ou la mdecine du cerveau pour combattre les maladies neurodgnratives comme Alzheimer ou Parkinson. Ces nouveaux moyens suscitent aussi des craintes. Soit parce que des multinationales y voient une source de profits. Soit que des pouvoirs politiques y devinent un moyen de contrler les citoyens par lADN. Demain comme hier, sciences et techniques sont ce que nous en ferons. Assignons leur un sens et des limites, celles de lthique et du droit, mais revendiquons lhritage des Lumires. Contre lobscurantisme, la raison. Contre la maladie, le savoir. Contre lintolrance, la connaissance.

Enfin,trelucide,cestagirpournepassubir.Cest retrouver, comme en rvait Albert Camus, un certain accord de la terre et du pied . Une souverainet sur le temps, sur lespace, sur largent. Cest puiser dans la violence des injustices lnergie de les combattre. Seuls 20 % des enfants de moins de trois ans bnficient dune place en

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crche ou en halte-garderie , Madame Bettencourt gagne 34 millions deuros par an, soit plus de 25000 fois le Smic derrire les chiffres, il y a des ingalits et des privilges insupportables.

Pour en venir bout, encore faut-il rompre avec lide quil nexiste quune seule politique possible ! Dans lhistoire dun peuple libre, il y a toujours un chemin ouvert et des choix utiles contre la gestion sans me et les dogmes rpts en boucle par ceux-l mmes qui ont si mal agi ou qui sont si bien labri. Pas la peine daller chercher plus loin les causes du dsarroi civique que traduisent labstention et la monte de lextrmisme. Ce nest pas en stigmatisant les lecteurs que nous inverserons la donne, mais en les coutant et en leur proposant une autre France et une autre Europe pour un autre avenir. Cette volont de reprendre en main notre destin anime le Parti socialiste lheure o tant de Franais peinent et doutent.

Les Franais le savent ou le sentent : notre pays a besoin de lalternance, dune autre prsidence avec dautres ides et dautres priorits. Cest un enjeu dintrt national : nous sommes la croise des chemins.

Ou bien la voie de la continuit, donc de la glissade. Ce sont la drgulation et la marchandisation, qui demeurent les recettes privilgies. Le capitalisme financier reste dominant. Le compte rebours cologique continue de sgrener, les injustices et les tensions de crotre. Cest la voie qui est emprunte en France depuis dix ans. Ce sera le projet de la droite en 2012. Cest le modle qui mine la plante et mne lhumanit dans le mur. Cest un monde de concurrence exacerbe, dindiffrence, de violence.

Ou bien le chemin du redressement, du changement et du rassemblement. Cest celui que les socialistes et la gauche proposent, avec une conviction au fond du cur : la politique peut reprendre le pouvoir sur la finance. Nous pouvons agir autrement. Agir , car il ny a pas de fatalit mais le plus souvent un manque de volont. Autrement , car tout na pas t essay, parce quune alternative existe la droite librale et autoritaire, parce que les socialistes portent des ides davenir la rgulation, la justice, le prservation cologique, la dcentralisation, la lacit , quils ont tir les leons de leur action passe, quils ont les solutions pour sortir le pays des crises. La gauche ou le dclin, la gauche contre le dclin, voil lenjeu de 2012.

Cinqdfisrelever.

LedfidunnouveaumodlededveloppementsocialcologiqueLe systme no-libral est incapable de placer lhumain avant les biens, les fins avant les moyens. Lurgence est de changer de systme. Ce qui ncessite dagir tous les tages de laction publique, mondiale, europenne, nationale et locale. Dagir dans le temps, aussi : perspective lhorizon 2020, choix de la lgislature, dcisions des premiers mois et mme des premires semaines du Gouvernement de la gauche.

Les enjeux apparaissent clairement. La rgulation du systme financier, labandon du libre-change dogmatique et la soumission des changes commerciaux aux normes sociales et environnementales simposent : si les hommes ont cr la mondialisation, ils peuvent la matriser.

Lurgence cologique rend vitale la transition nergtique : pour la conscience humaine et la sant humaine, il doit y avoir un avant et un aprs Fukushima.

Le Produit intrieur brut (PIB) nest pas faux en soi mais il est utilis de faon trompeuse : est-il normal quil augmente avec la consommation dessence ou le dclenchement de la guerre en Irak ? Evidemment, non ! Do le besoin dautres indicateurs fonds sur dautres critres pour mesurer le bien tre de la population : revenu rel par catgorie sociale, bnvolat, qualit de lair, dpenses consacres la prvention dans lducation des enfants

La r-industrialisation du pays et du continent, ainsi que le soutien une agriculture durable : rien nest possible sans une ambition productive, une valorisation des savoir faire, une main duvre

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qualifie et motive par des conditions de travail amliores, un soutien massif linnovation et la recherche. Autant de chantiers qui exigent un nouvel interventionnisme de la puissance publique pour anticiper, coordonner, impulser.

Un autre modle, cest lutter contre le chmage et les licenciements financiers, cest valoriser le travail, cest promouvoir la bonne performance, cest combattre la prcarit. Cest mobiliser autour du redressement national les salaris et les entrepreneurs : ils doivent tre des partenaires et non des adversaires. Cest faire participer le capital la solidarit. Cest rpondre de faon solidaire au choc dmographique et aux enjeux du vieillissement.

Un autre modle, ce sont aussi des villes durables et solidaires. 80% de nos concitoyens vivent en ville. La ville devrait rapprocher et mler les individus. Or, elle cre trop souvent de lisolement et de lexclusion, et pas seulement dans les banlieues. Il est temps de penser la ville du 21me sicle, de reconstruire des villes denses et intenses o chaque commune, chaque quartier mle les diffrentes fonctions de la vie : logement, sant, activits conomiques, culture, sport. Et la qualit partout qualit des espaces publics, des logements, des quipements. Faisons du logement une priorit. Le quart du budget des mnages part dans le logement contre 11 % dans les annes 1960. Les files dattentes ne cessent de sallonger pour le logement social. La situation est inquitante. Il faut en finir avec ces crdits logement gaspills dans des dispositifs de dfiscalisation, qui ne font quaggraver la spculation sur les prix, pour les rorienter sur une politique qui tient en trois axes : construire plus, construire social et construire durable.

Un autre modle, nous le voulons aussi pour nos concitoyens des outremers, qui ont toujours le sentiment dtre des Franais entirement part et non des Franais part entire , selon la formule dAim Csaire. Depuis 2007, le Gouvernement a rompu avec les politiques de rattrapage visant lgalit que tous ses prdcesseurs, de gauche comme de droite, avaient menes jusqualors. Il faudra les reprendre, en mettant laccent notamment sur labaissement du cot des liaisons avec lHexagone, le logement social et les infrastructures de transports.

Ledfidelaperformancedenotreconomieetdurtablissementdescomptespublics

Pour porter laspiration un nouveau modle de dveloppement, il faut tre crdible et solide soi-mme, avoir les ressources pour le mettre en uvre. Notre pays ninvestit pas suffisamment dans lavenir pour lducation, lenseignement suprieur, la recherche, lemploi des jeunes. Il ne dfend pas assez ses entreprises exposes la concurrence internationale. Il cultive une fiscalit favorable la rente au dtriment de la prise de risques pour innover. Nous sommes un pays qui, comme dautres, a creus ses dficits et sa dette au point de mettre en pril la protection sociale et de fragiliser les gnrations venir.

Pour obtenir dautres rsultats, dans un contexte de ressources publiques plus rares, il faut faire dautres choix.

Rtablir un volontarisme conomique passe par de nouveaux compromis entre grands groupes et PME, Etat et acteurs locaux, production et formation pour renforcer la marque France dans la comptition mondiale.

Renouer avec la justice sociale suppose de modifier la structure des recettes et des dpenses publiques pour mieux partager la richesse entre les individus, les territoires, les gnrations.

LedfidelapromesserpublicaineCest celui de lgalit relle et de la dmocratie. Cest rebtir une cole qui accompagne tous les lves vers la russite. Cest garantir des protections collectives et des droits personnaliss pour tudier, se loger, se dplacer, financer sa retraite. Cest combattre les ingalits entre les territoires, et dabord sattaquer aux dserts mdicaux dans les campagnes ou la priphrie des mtropoles ce

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qui exige de rtablir la confiance entre ltat et les collectivits locales.

La promesse rpublicaine, cest celle que nous devons nos banlieues. Souvenons-nous des meutes de lautomne 2005, des voitures en flammes, de ltat durgence dcrt par le gouvernement dalors. Beaucoup pensrent, et dabord les habitants des quartiers labandon, que les violences urbaines allaient marquer une prise de conscience chez les lites politiques, conomiques, culturelles du pays. Ne furent-elles pas suivies de discours pour compatir, de colloques pour comprendre, de promesses de reconstruire ? Mais depuis, rien na chang. Au contraire les choses ont empir. Lconomie parallle gangrne la vie de tous les jours. Bus caillasss, boites aux lettres fractures, garages visits, jeunes et parents sans emploi, filles qui rasent les murs sous lautorit invisible des hommes et de la tradition plusieurs banlieues sont au bord de la rupture et la France regarde ailleurs. En mme temps, il y a des solidarits de quartier, des associations dynamiques, des talents vidents, des envies de russite, des maires et des lus locaux dvous, le besoin de briser les strotypes que la tlvision ou le cinma ont forgs.

La promesse rpublicaine, cest de casser les ghettos sociaux et ethniques dans lesquels, depuis un demi-sicle, ont t relgues les classes sociales les plus dfavorises, souvent issues de limmigration. Non pas avec lnime plan banlieue, mais par le retour de la puissance publique, et dabord de lEtat. Finissons-en avec les dotations toujours plus rduites et plus ingales ! Dans les 300 quartiers les plus pauvres qui comptent plus de 70 % de logements sociaux, amplifions la rhabilitation urbaine, celle des immeubles et des espaces publics, et amliorons la situation sociale des habitants ! Education et formation vers un emploi, accs aux transports et la culture pour tre autonomes, prsence dans les institutions et les lieux de dcision pour tre respects, voil ce quattendent les territoires o se concentrent tous les dfis, toutes les tensions, beaucoup des atouts aussi, de la socit franaise. Nattendons pas la prochaine catastrophe pour agir. Le chantier est immense, il faut reconstruire des villes o toutes les fonctions sont reprsentes, des villes actives, conomiquement et culturellement, dans chacun de leurs quartiers, une qualit des espaces publics et des logements, permettant une vritable mixit sociale.

LedfidelacitoyennetetdelaltruismeEn 2012, pour faire vivre la socit, la gauche sattachera faire respecter les devoirs et les droits. La Rpublique doit tre une ralit en mtropole comme dans les Outremers, quil sagisse de la lacit, de la tranquillit publique, de lindpendance de la justice, de lgalit entre les hommes et les femmes, de la lutte contre les toutes les discriminations, de la reconnaissance du handicap.

Il faudra galement rpondre aux nouvelles demandes citoyennes, rquilibrer nos institutions, simplifier nos administrations, donner toute sa place la dmocratie sociale, renforcer les contre-pouvoirs. La Rpublique ne peut remplir sa promesse que si chaque citoyen se sait utile son pays, si les services publics sont partout prsents et efficaces, si les responsables politiques sont exemplaires. Pour la gauche, la dmocratie demeure la fin et le moyen du changement.

Mais nous ne voulons pas seulement rendre la socit vivable, nous voulons la rendre meilleure. Que vaut une socit qui relgue les plus pauvres hors de la cit, qui oublie les plus gs, qui humilie les plus faibles ? Oui, il y a besoin de fraternit, la valeur trop souvent oublie de notre devise rpublicaine.

Lattention aux autres, cest bien sr le respect des rgles et des valeurs communes. Mais cest aussi lidal dune socit solidaire qui prend soin de chacun, o chacun prend soin des autres, et o ensemble nous prenons soin de lavenir. Choisir sa vie et, en retour, donner aux autres de son temps, de son exprience, de son nergie, ce nest pas seulement une aspiration du socialisme, cest une urgence sociale ! Quand les rapports sociaux sont brutaux, que lgosme prvaut, que les ressources publiques sasschent, il faut btir des liens indits entre les individus tutorat jeunes-seniors, solidarits du quotidien pour combattre lisolement, service civique dintrt gnral ou daide aux personnes, quil sagisse des dcrocheurs du systme scolaire ou des personnes ges dpendantes.

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Dans une socit, il faut du lien, de la rciprocit, de laltruisme, de lattention, du soin mutuel. Cette socit plus fraternelle permet non seulement de redonner lestime de soi des femmes et des hommes en souffrance, mais elle permet la socit de rduire le cot humain, social et financier de lisolement et de lexclusion. Ce souci du lien, nous le dclinerons dans toutes les politiques de notre projet.

LedfiduredmarrageeuropenLinachvement politique et social de lEurope se fait chaque jour plus durement sentir. La paix, la souverainet alimentaire, de grandes russites industrielles, la rduction des ingalits entre anciens et nouveaux pays membres, un revenu moyen par tte parmi les plus levs du monde, une monnaie commune qui a protg dans la crise ce que lEurope a apport est considr comme acquis. Alors mme quil sagit de ralisations consolider et, surtout, prolonger. LEurope actuelle sillustre par une insuffisante concertation dans la crise, le manque de solidarit envers les tats asphyxis par la dette et les marchs, lincohrence dans les instances internationales ds quil est question de fiscalit cologique, lincapacit protger ses entreprises, ses brevets, ses salaris dans la comptition internationale.

Pour faire de lEurope une zone de croissance durable, des leviers existent : une coordination des politiques conomiques fonde sur un pilotage fin de la monnaie et du budget, lintgration de lconomie et de lcologie, la souverainet nergtique et le dveloppement des nergies renouvelables, une ambition scientifique, technologique et culturelle forte, mais aussi une dfense raliste de nos intrts commerciaux face aux pays bas salaires et aux espaces protgs par les tats.

Pour y parvenir, donnons vie aux cooprations renforces , proposons les contours dun groupe pionnier adoss la France et lAllemagne, autour dobjectifs prcis et de frontires claires. Ce groupe pionnier sera le moteur des rformes institutionnelles ncessaires pour redonner force et ambition au projet europen : une nouvelle gouvernance conomique pour donner lEurope un vritable pilote dans la mondialisation, le renforcement des capacits diplomatiques, mais aussi lapprofondissement dmocratique pour que chaque Europen devienne partie prenante de lEurope.

Nous voulons une Europe qui sengage rsolument pour le dveloppement, pour la rsolution des conflits et la promotion de la paix en dveloppant autant que possible une vritable diplomatie europenne et construisant lEurope de la Dfense, pour la lutte contre le terrorisme en protgeant les citoyens par les moyens modernes respectueux du droit, et en aidant les pays en dveloppement et leurs peuples combattre les organisations terroristes. Une Europe qui sorganise gographiquement avec lAfrique face aux grandes rgions mondiales dAmrique et dAsie en un ensemble rgional qui aura pour mission de relever les dfis communs comme la scurit alimentaire, le climat, leau, lnergie, les migrations, la formation.

La droite franaise, lunisson des droites europennes, privilgie lapproche intergouvernementale, ce qui nuit lintrt gnral europen. La relance de lEurope doit, au contraire, redevenir un axe central de lambition franaise.

20122017:redresserlaFrance,retrouverlajustice,rassemblerlesFranais

Au cur du projet socialiste, il y a la rduction de tous les dficits qui psent sur lavenir de la France : le dficit des finances publiques bien sr, mais aussi le dficit dinnovation, le dficit demploi, le dficit de justice, le dficit de dmocratie, le dficit de rayonnement.

Pour y parvenir, nous dploierons notre action sur la dure des cinq ans de la lgislature, mais nous ferons en sorte que les Franais prouvent demble les bienfaits de lalternance par lamlioration de leur vie quotidienne. Ds 2012, des dcisions concrtes seront prises qui redonneront lespoir au

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pays. Pour redresser la France, retrouver la justice et rassembler les Franais.

RedresserlaFranceetproposerunnouveaumodlededveloppementPour nous, l'conomie, le social et lcologie sont indissociables. Sans perspective de mieux tre, l'conomie n'est que concentration des richesses dans les mains de quelques-uns. Sans croissance ni innovation, les individus s'appauvrissent et la socit se disloque. Sans dveloppement durable, la croissance ne sera pas soutenable. Ce changement de civilisation mobilisera plusieurs gnrations, mais c'est dans la dcennie qui vient que sa possibilit va se jouer.

Des rponses indites doivent tre inventes pour concevoir, produire, consommer, changer mieux. Pour les nations qui sauront anticiper et s'organiser, apprendre et entreprendre, se projeter et se protger, c'est un formidable gisement de croissance et d'emploi autant qu'une source d'accomplissement individuel et collectif.

Dans un monde qui va de l'avant, il faut rester comptitifs, ne pas tre immobiles. Encore faut-il ne pas se tromper de chemin ! A la comptitivit low cost et l'hyper-concurrence, nous opposons la comptitivit-innovation et la bonne performance. Une conception de l'innovation largie au champ de l'conomie sociale et solidaire s'inscrit dans une vision moderne de l'conomie. De mme, des salaris revaloriss dans leur travail et scuriss dans leur parcours professionnels sont une source de richesse tous les sens du mot pour l'entreprise. Autre vidence : ceux qui crent, produisent, consomment, ont besoin de stabilit, d'encouragement, de reconnaissance. C'est pourquoi, l'chelle globale, la finance doit tre matrise, le libre-change encadr, les monnaies stabilises. Redonner la France un poids et, par l-mme, une voix dans le monde, telle est l'ambition du Parti socialiste.

Retrouverlacroissance:prioritauxjeunes,linvestissementetaupouvoirdachat

Lconomie franaise souffre dun triple handicap : insuffisante comptitivit, dficits publics, chmage de masse. Sy ajoute le ralentissement de la demande le taux dutilisation de nos capacits de production est dix points en dessous de sa moyenne. Nous devons traiter tous ces problmes ensemble. Un accroissement de la demande qui ne serait pas accompagn dune politique de comptitivit ne ramnerait pas la croissance et ne favoriserait que les importations. Inversement, une politique daustrit telle quelle est applique actuellement, mlant hausses dimpts (11 milliards deuros en 2011) et coupes massives dans les dpenses, empche lconomie de redmarrer et laisse persister le chmage et les dficits. Au lendemain des lections lgislatives, nous engagerons des mesures durgence pour renouer avec la croissance.

La priorit des priorits sera de redonner un avenir la jeunesse. 600 000 jeunes de moins de 25 ans sans emploi, ce nest pas une statistique, cest un scandale. Un pays qui sacrifie sa jeunesse sacrifie son avenir. Cest pourquoi, lors de notre premire anne de mandat, nous ferons de la jeunesse une grande cause nationale . En commenant par lemploi : nous crerons des emplois davenir temps plein, coupls un bilan de comptence, dans les domaines de linnovation sociale, environnementale, etc. Ils seront conus sur le modle des emplois jeunes qui, entre 1997 et 2002, ont permis 85 % de leurs bnficiaires dtre recruts dans des emplois dure indtermine. Sur cinq ans, 300 000 emplois davenir seront proposs, dont la moiti ds 2012. Leur cot sera financ par la suppression de la subvention aux heures supplmentaires, qui rend les embauches plus chres que les heures supplmentaires, qui a dtruit 90 000 emplois depuis 2007, et bloque tout espoir de baisse du chmage, mme en cas de retour de la croissance. Nous ferons appel des tuteurs bnvoles pour accompagner des jeunes sans qualification, les orienter et les aider leurs premiers pas professionnels.

Pour faire repartir linvestissement, nous soutiendrons les entreprises qui rinvestissent leurs bnfices par une modulation de limpt sur les socits : son taux passera de 33 % 20 % pour celles qui le font intgralement et montera jusqu 40 % pour celles qui privilgient les dividendes

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des actionnaires. De cette faon, nous replacerons lconomie devant la finance, soutiendrons lactivit sans cot supplmentaire pour les finances publiques et appuierons les PME.

Nous soutiendrons le pouvoir dachat des mnages. Plus de 40 % des Franais nont pas t augments depuis cinq ans alors que leurs dpenses contraintes explosent. Cest inacceptable. Cest intenable, socialement et conomiquement. Nous organiserons une confrence salariale annuelle qui, dans un dialogue tripartite (Etat, organisations syndicales, organisations patronales) et partir dun diagnostic de la situation conomique du pays, permettra aux partenaires sociaux dtablir un cadre gnral dvolution des salaires ayant vocation orienter les discussions dans les diffrentes branches professionnelles et les entreprises. Durant la lgislature, nous procderons un rattrapage du Smic que la droite a dconnect de la hausse des prix. Mais amliorer le pouvoir dachat, cest aussi limiter les dpenses des mnages. Cest pourquoi nous agirons prioritairement sur les factures logement par un encadrement des loyers la premire location et la relocation dans les zones de spculation immobilire, ainsi que sur la facture nergtique par une taxation des superprofits des groupes ptroliers pour financer des aides lisolation, dvelopper les nergies renouvelables et mettre en place des tarifs sociaux du gaz et de llectricit.

Restaurerlacomptitivit:unenouvellepolitiqueindustrielleetnergtique,lafinanceauservicedelconomie,letravailrevaloris

Il nous faudra restaurer la comptitivit de lconomie franaise. Il faut sortir de limpasse de la fausse performance : celle qui croit quun salari pressur est plus productif, que les profits financiers font la valeur ajoute, que la privatisation et labsence de rgles sont la cl de la rentabilit, que la dgradation du climat est une variable dajustement. Lide majeure, le fil rouge, de notre projet, cest la recherche de la vraie performance qui est, pour nous, conomique, sociale et environnementale linverse de la comptitivit low cost des libraux. La vraie performance, cest une France attractive et comptitive, cest une France qui produit des emplois et des savoir-faire. La dsindustrialisation nest pas une fatalit mme si la concurrence internationale est brutale. Encore faut-il que nous fassions le choix dun nouvel interventionnisme, anticipateur plutt que rparateur, au service de la production et de la qualification. Pour engager le renouveau productif quattendent les entrepreneurs et les salaris, notre pays a besoin dune Banque publique dinvestissement. Elle sera mobilise au plus prs des acteurs conomiques pour anticiper, mettre en rseau, reconvertir, relocaliser. Elle regroupera autour de la Caisse des Dpts, des outils existants pour les rendre plus performants Oso, lEmprunt national, le Fonds stratgique dinvestissement, les structures daccompagnement des entreprises de la Banque de France et de la Banque postale, ainsi que les structures rgionales de capital-investissement. Elle constituera un Fonds souverain la taille de la France qui lui permettra de faire la diffrence dans la mondialisation, de prendre des participations pour prendre le leadership dans les domaines du futur les nergies et les co-activits, la vhicule propre, la sant et les biotechnologies, lagro-alimentaire et les agro-ressources, les rseaux de transports ou de communication. Elle soutiendra les PME et les PMI pour favoriser la constitution dentreprises de taille intermdiaire qui font la force de lAllemagne et qui manquent cruellement la France. La Banque publique dinvestissement se dclinera sous la forme de fonds rgionaux en co-pilotage avec les Rgions, collectivits qui ont fait leurs preuves en matire de dveloppement conomique. Pour nous, cest clair : la dynamique dinnovation se joue au plus prs du tissu conomique et des acteurs que sont les entreprises, ples de comptitivit, les laboratoires de recherche, les universits, les partenaires sociaux, les collectivits locales.

La vraie performance, cest aussi engager la transition nergtique qui permettra la France de rester dans le peloton de tte des nations leaders. Changement climatique, fin des ressources fossiles abondantes, catastrophe nuclaire de Fukushima, danger de lexploitation des gaz de schiste sont autant dalertes : il y a urgence forger un bouquet nergtique qui concilie respect de lenvironnement, satisfaction des besoins, rduction de notre consommation. Cest le chantier le plus lourd, le plus vital aussi, de la premire moiti du 21me sicle. Pour encourager la sobrit nergtique la premire nergie conomise est celle qui nest pas consomme , nous discuterons

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avec nos partenaires de la mise en place dune contribution climat nergie au niveau europen vraiment redistributive, accompagne de mesures de justice sociale pour les mnages qui subissent la crise et les entreprises les plus exposes la concurrence mondiale. Son produit serait intgralement affect aux conomies dnergie (logements, transports individuels et collectifs) et au rattrapage en matire de nouvelles nergies. Pour sortir de la dpendance du nuclaire ou du ptrole, nous dvelopperons massivement les conomies dnergie et les nergies renouvelables et nous proposerons nos partenaires la mise en place dune Communaut europenne des Energies. Notre filire nuclaire, la plus performante de la plante, devra tre roriente progressivement en parallle avec la scurisation des installations en France et linternational, la recherche sur lenfouissement et le retraitement des dchets, ainsi que la monte en puissance des filiales ddies aux nergies nouvelles. Un dbat national sur la transition nergtique sera engag ds 2012. La vraie performance, cest la valorisation du travail. La mise sous pression des salaris est non seulement intolrable, mais inefficace. La souffrance est l, pas la performance. En 2012, nous engagerons la reconqute de la valeur du travail. Nous ferons en sorte que le travail permette de vivre correctement, combatte la prcarit, protge les travailleurs de licenciements indus, rende possible la progression professionnelle tout au long de la vie. Depuis des annes, des lois incitatives ont t votes pour lutter contre la discrimination hommes/femmes et la prcarit, sans rsultats probants. Il faut passer aux actes ; il faut des rsultats. Lgalit salariale femme/homme ainsi que le non recours abusif aux emplois prcaire seront une condition pour bnficier des exonrations de cotisations patronales. Les entreprises auront un an compter de llection de 2012 pour conclure un accord collectif de revalorisation du travail qui portera sur ces questions, mais aussi sur la formation, la sant au travail

Les salaris ne sauraient tre la variable dajustement de la recherche maximale du profit. Cest pourquoi il faudra renchrir le cot des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou qui rachtent leurs propres actions. Nous instaurerons une obligation de remboursement des aides publiques en cas de licenciements collectifs. Dans les cas de pratiques manifestement contraires lintrt mme de lentreprise (Molex), nous donnerons la possibilit aux salaris de saisir le Tribunal de Grande Instance afin de rendre les mesures ncessaires, y compris la mise sous tutelle judiciaire le temps utile pour faire cesser ces pratiques. Enfin, chaque actif sera dot dun compte temps-formation, quil pourra utiliser tout au long de sa vie. Pour les jeunes qui ont quitt tt le systme scolaire, un droit la formation initiale diffr leur permettra avec ce compte de reprendre des tudes, La vraie performance, cest une agriculture et une pche rmunratrices, durables et valorises. Cela passe par une nouvelle politique agricole europenne et par un rel quilibre entre les producteurs et les grands distributeurs. Cela passe aussi par des mesures immdiates, la fois positives pour les agriculteurs et les leveurs, et favorables lenvironnement. Cest pourquoi nous orienterons la les achats alimentaires des collectivits locales vers lagriculture et la pche de proximit (lait et laitages, viandes, fruits et lgumes).

La vraie performance, cest remettre la fiscalit lendroit, au service de la justice sociale, de lemploi et de la croissance durable. Les Franais savent que des efforts sont ncessaires pour redresser le pays, mais ils nacceptent plus quils soient ingalement rpartis. Les 50 % de contribuables les plus modestes se voient appliquer un taux effectif dimposition de lordre de 45 % 50 % quand il nest que de 30 % 35 % pour les plus riches. Le mme scandale existe pour les entreprises : grce leurs outils d optimisation fiscale , les multinationales cotes en bourse se voient imposer un barme moyen de 8 % quand il est de 33 % pour une PME. Un mot rsume la fiscalit actuelle : injustice. A cause de la multiplication des privilges Sarkozy et des cadeaux aux clientles lectorales de lUMP. A cause dune taxation qui frappe plus le travail que le capital. A cause dune progressivit insuffisante qui fait quen proportion de ses revenus, un dirigeant du CAC 40 paie moins dimpts quun cadre moyen. Nous engagerons trois grandes transformations de la fiscalit. Celle-ci doit dabord tre un outil au service de la justice sociale et du pouvoir dachat. La fiscalit doit tre progressive et redistributive : la CSG et limpt sur le revenu seront fusionns et

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prlevs la source. La fiscalit doit tre rquilibre en faveur de lemploi et du travail au dtriment de la rente et de la spculation : cest pourquoi nous proposons dlargir lassiette des cotisations patronales la valeur ajoute ce qui vitera de pnaliser les activits de main duvre, notamment lartisanat et de soumettre les revenus du capital au barme de limpt sur le revenu ce qui signifie la suppression du prlvement libratoire. La fiscalit doit aussi tre un levier pour la social-cologie : nous rendrons la TVA co-modulable afin quelle diminue pour les produits non polluants et quelle augmente pour les autres, afin que le prix des biens reflte leur cot pour la plante.

La vraie performance, cest combattre la spculation, la financiarisation et les rmunrations indcentes. Le systme bancaire et financier doit tre rgul. Nous rserverons les stocks options aux entreprises naissantes pour que les dirigeants dentreprises regardent plus lavenir que le cours de la bourse. Nous limiterons les rmunrations variables au montant de la part fixe (les bonus et les parachutes dors compris) et nous plafonnerons les carts de rmunrations de 1 20 au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital. Dans les autres, lassemble gnrale des actionnaires, sur proposition du conseil dadministration et aprs avis du comit dentreprise, fixera ce ratio. Nous sparerons les activits de dpts et dinvestissement et limiterons les pratiques spculatives pour viter que les banques prennent des risques sur les dpts de leurs clients. Et puis cest un enjeu rarement voqu alors quil est dcisif , remettre lconomie devant la finance suppose de former des lites passionnes par la production et non fascines par le profit. Les grandes coles, qui forgeaient traditionnellement les lites rpublicaines qui ont fait la force de notre administration, de notre industrie et de notre recherche, orientent aujourdhui excessivement leurs lves vers des tudes qui les destinent plus tre traders plutt quingnieurs ou hauts-fonctionnaires. Nous recentrerons les grandes coles sur la mission de formation dlites au service de lintrt gnral.

Relancer la dynamique francoallemande, btir une avantgarde et changerdEurope

Dans une Europe vingt-sept, la France ne peut dcider de tout, toute seule. En mme temps, son rveil est attendu. Forts de la confiance populaire, le Parti socialiste et ses allis seront force de proposition auprs des autres Etats membres, de la Commission et du Parlement europens.

Prenant appui sur une nouvelle entente franco-allemande, nous inviterons tous nos partenaires tourner la page de laustrit brutale et risquant dtre fatale, pour dfinir une stratgie progressive de sortie de crise et projeter lEurope vers 2020. A Berlin, nous dirons combien serait positive la mise en place au 1er janvier 2013 dun office franco-allemand de la recherche avec une capacit demprunt gage sur nos deux conomies : une telle novation indiquerait aux chercheurs, universitaires, tudiants, ingnieurs europens quils nont pas besoin de sexpatrier pour aborder le futur avec enthousiasme. De mme, nous proposerons un co-investissement franco-allemand pour raliser la ligne TGV Paris-Berlin dici la fin de la dcennie. A lAllemagne et tous les membres de lUnion, nous proposerons plusieurs rorientations concrtes, notamment : lmission deurobonds (emprunts europens) pour financer les investissements du futur (rseaux de transport dnergie, rseaux numriques, biotechnologies...) et les champions industriels de demain ; une taxation de 0,05 % des transactions financires au sein de lUnion si elle na pas t adopte dici l, malgr les intentions affiches au G20, dont la majeure partie sera affecte la rduction des dficits publics ; le traitement diffrenci des dpenses davenir (ducation, enseignement suprieur, recherche, infrastructures vertes ou numriques) dans le Pacte de stabilit et de croissance pour orienter les dpenses publiques en Europe vers la prparation du futur ; ladoption dune assiette commune et dun taux minimal de limpt sur les socits pour mettre fin la concurrence mortifre entre Etats europens ; la construction avec les pays qui le voudront, dans le cadre dune coopration renforce permise par les traits actuels, dune communaut europenne des nergies pour acclrer notre transition nergtique par des investissements massifs pour rduire notre consommation, limiter notre dpendance lgard du nuclaire et dvelopper les nergies

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renouvelables. Enfin, parce que la mondialisation est aussi une bataille culturelle, nous demanderons lUnion europenne dagir fortement pour dvelopper, promouvoir et protger la cration culturelle, cinmatographique et audiovisuelle sur notre continent. Avec force, nous nous battrons pour un nouveau pacte commercial fond sur la rciprocit des rgles et des sauvegardes. Les autres puissances qui veulent commercer avec lEurope doivent tre soumises aux mmes obligations sociales, sanitaires, environnementales, technologiques que nos entreprises, nos ingnieurs, nos travailleurs, nos territoires. En cas dchec durable des ngociations sur les normes dans le cadre de lOrganisation mondiale du commerce (OMC), nous augmenterons les droits de douane au niveau europen sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matire sociale sanitaire ou environnementale, le temps ncessaire pour que celles-ci soient respectes. Oui lEurope ouverte, non lEurope offerte ! Dans la mondialisation, la France et lEurope doivent dfendre des valeurs, elles doivent aussi dfendre leurs intrts.

Retrouverlajusticepourbtirlgalitrelle

Lcole,lasant,lascuritserontaucurdenosprioritsFace aux ingalits et au dclassement, les services publics sont le rempart que la droite na cess de dmolir et dappauvrir. La gauche engagera leur renouveau pour amliorer la vie de tous les jours, en concentrant les moyens sur trois grands chantiers.

Nous proposerons un nouveau pacte ducatif la Nation. Nous ne pouvons pas accepter quaujourdhui, seuls trois enfants douvriers sur dix atteignent la terminale. Nous nacceptons pas que la moiti des enfants des familles dfavorises soient en retard en 6e, ni qu 17 ans, 20 % des enfants des familles les plus pauvres aient arrt leurs tudes. Notre pacte ducatif sera fond sur une personnalisation accrue des parcours des lves, une refonte des rythmes scolaires, pour donner la fois le meilleur pour tous, les moyens den sortir ceux qui sont en difficult et la confiance aux professeurs et aux personnels ducatifs. Trop de plans sont rests lettre morte pour avoir voulu tout faire. Nous voulons agir fortement sur les fragilits les plus graves du systme. Nous veillerons la qualit des apprentissages en dbut de cycles, dabord lcole primaire pour assurer lacquisition de fondamentaux solides (lire, crire, compter, cliquer), ensuite dans les premiers cycles universitaires pour empcher les checs trop importants. Dans les deux cas, le renforcement de lencadrement sera mis en uvre, lutilisation de pdagogies diffrencies lcole primaire sera favorise, un enseignement pluridisciplinaire dans les premiers cycles universitaires sera mis en place. Nous amliorerons les conditions du mtier denseignant, en assurant une formation initiale digne de ce nom, en articulant mieux le temps professionnel et la diversification des tches. Nous engagerons pour cela une large concertation avec les enseignants afin dlaborer une rforme qui, au-del des mesures durgence, devra pouvoir tre prte pour la rentre scolaire 2013.

Nous proposerons une allocation dtudes sous condition de ressources : elle aidera les jeunes russir leurs tudes, notamment en leur permettant de se loger et de se soigner. Parce que les ingalits scolaires se jouent trs tt, au cours de la lgislature, en lien avec les collectivits locales et les associations familiales, nous favoriserons les conditions daccueil des tout petits, notamment par un plan ambitieux de cration de places en crches, la scolarisation ds deux ans pour les parents qui le souhaitent et laccueil obligatoire ds trois ans. Enfin, parce quil ny a pas de projet ducatif sans ambition culturelle, parce que la droite labandonne aux forces du march, la culture sera au cur du projet politique de la gauche. Nous mettrons en place un plan dducation lart et la culture, aujourdhui insuffisamment dvelopp dans le cursus scolaire comme en dehors de lui.

Nous agirons pour rtablir lgalit devant la sant. Prs de 40 % des Franais retardent le moment de se faire soigner pour des raisons financires. Les taxes sur les mdicaments, les dremboursements, linflation des dpassements dhonoraires et la hausse du reste charge des patients pnalisent tous les Franais, particulirement les plus fragiles et les plus gs. Les ingalits

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territoriales daccs aux soins se dveloppent avec lapparition de vritables dserts mdicaux, la campagne comme en ville. Il est temps de rorganiser notre systme de soins pour quil retrouve cohrence et efficacit. Pour y parvenir, nous proposons trois choix : renforcer lhpital public et le recentrer sur ses missions essentielles le dveloppement des rseaux de soins et des maisons mdicales permettra de dcharger lhpital et ses personnels de soins courants qui doivent relever de la mdecine de ville ; lutter contre les dserts de sant nous demanderons aux jeunes mdecins dexercer dans une zone de sant prioritaire pendant les premires annes la sortie des tudes ; faire primer la prvention et loffre de soins de proximit dont les mdecins gnralistes doivent tre le pivot pour cela, nous introduirons le paiement au forfait, autrement dit, dans le cas de patients qui ont besoin de se rendre souvent chez leur mdecin, celui-ci recevra de la scurit sociale un montant global pour le suivi de ce patient.

Nous ferons une ralit du droit la scurit et la justice, qui est pour nous un droit fondamental. N. Sarkozy en avait fait un cheval de bataille lectoral pour conqurir le pouvoir, puis sy maintenir. Dix ans ont pass et sa politique a hlas tourn au fiasco : une trentaine de lois votes, des statistiques maquilles, des annonces sans effets, des forces de lordre et des magistrats souvent dcourags. Sans tapage ni gesticulations, les lus socialistes, et dabord les maires, inventent sur le terrain des rponses qui permettent dagir contre linscurit : prvention, dissuasion, sanction, rparation, rinsertion, ils agissent sur tous les leviers et ils inspireront la politique que la gauche mettra en uvre lchelle nationale. Pour y parvenir, il faut redonner confiance et soutien la chane pnale dans sa globalit. Nous lui assignerons un objectif clair : que chaque acte de dlinquance trouve une rponse immdiate, juste et proportionne. Cela veut dire une police de proximit prsente sur tout le territoire, ainsi que des sanctions proportionnes et appliques rapidement. Au cours de la mandature, nous crerons 10 000 postes de gendarmes et policiers dont un millier ds 2012. Nous mettrons progressivement niveau les moyens de la justice pour que la France rejoigne enfin les premiers rangs europens. Nous instaurerons une culture du rsultat plutt quune politique du chiffre et engagerons des politiques ville, logement, ducation, galit des chances qui feront reculer la violence dans la socit.

BienvieillirensembleLa faon dont une socit accompagne chaque personne ge jusqu la fin de sa vie est un indice de civilisation. Disposer dune retraite dcente et avoir le droit de choisir son mode de vie, ce nest pas un luxe : cest un minimum. Libert de choix garantie collectivement : voil notre vision.

Nous abrogerons la rforme de 2010, injuste et qui na rien rgl financirement, et nous engagerons la rforme des retraites que nous avons promise : un financement garanti avec une contribution du capital, le droit de partir 60 ans, le maintien des seniors dans lemploi, la prise en compte de la pnibilit et de lallongement de la dure de vie, et surtout un systme universel et personnalis qui permettra chaque personne de faire des choix et dorganiser sa vie. A partir du 1er janvier 2014, chaque Franais disposera du compte temps-formation. Nous nous donnerons les moyens de russir cette rforme qui engagera plusieurs gnrations en menant une concertation avec les organisations syndicales et du dbat public avec les Franais en vue de dcisions qui seront prises avant lt 2013.

Chaque personne ge confronte la dpendance doit pouvoir dcider de son mode de vie en fonction de ses aspirations et de sa situation. Au regard de ltat de sant de la personne et de ses revenus financiers, la solidarit doit jouer. Nous quilibrerons financirement lamlioration des aides au maintien domicile des personnes ges dpendantes en rtablissant la fiscalit sur les grosses successions son niveau davant 2007. Cette mesure permettra de jeter les bases dun droit la compensation de la perte dautonomie tout au long de la vie, fond sur la solidarit et non sur des assurances prives, qui fera diminuer le reste charge aujourdhui souvent insupportable pour les foyers modestes, domicile ou en tablissement.

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RassemblerlesFranaisetrenoueraveclapromesserpublicaine

Btirunesocitdurespect,desdroitsetdeslibertsDans notre pays, les hommes gagnent, travail gal, en moyenne 27 % de plus que les femmes. Autre ralit : 40 % des enfants dimmigrs subissent des discriminations. Faire progresser les droits et lutter pour lgalit sont un devoir dintrt gnral.

Nous ferons de lgalit femmes-hommes une priorit de la lgislature. Cela passe par lgalit des droits et des salaires dans les entreprises : les exonrations de cotisations sociales seront conditionnes la conclusion dun accord sur lgalit salariale au sein de lentreprise qui disposera dun an pour engager et faire aboutir la ngociation. Cela passe aussi par lgalit dans les institutions publiques et les partis politiques. Nous prsenterons des propositions de loi exigeantes pour instituer la parit : les partis qui ne prsenteront pas 50 % de candidates seront privs de financement public. Pour assurer lgalit des genres et des familles, nous ouvrirons le droit au mariage et ladoption pour tous les couples. Nous ferons de la lutte contre toutes les discriminations, notamment lembauche ou pour laccs au logement, un objectif prioritaire quelles concernent les personnes en situation de handicap, les personnes ges ou nos concitoyens stigmatiss cause de leurs origines.

Nous donnerons le droit de vote et dligibilit aux lections locales pour les trangers en situation rgulire rsidant dans notre pays depuis cinq ans.

La lacit est un pilier de notre Rpublique et une condition de lmancipation au sein de notre socit. Parce quelle est, comme la dit Jaurs, la plus grande chose qui ait t tente dans notre pays depuis la Rvolution , la loi de 1905 doit tre protge etles rgles du vivre ensemble et de la neutralit dans lespace public et dans les services publics, particulirement dans les tablissements denseignement et dhpitaux respectes.

FairerespecterdesrglesclairesetjustespourlimmigrationLes migrations sont un phnomne plantaire. Au 21me sicle, les hommes et les femmes, comme les ides, les biens et les services, circulent. Aucun pays, aucune rgion, nest en marge de cette mobilit. On estime 3 % la part de la population mondiale en migration la France compte elle-mme deux millions et demi dexpatris.

Ds lors, la question qui devrait proccuper les responsables de lEtat est : comment faire face cette ralit mondiale ? Comment mettre en place une politique migratoire nationale qui soit utile la France, son conomie mais pas seulement, aux migrants eux-mmes, lEurope sans laquelle rien nest durablement possible, aux pays dorigine dont le dveloppement chacun le sait est la cl long terme.

A la responsabilit politique, N. Sarkozy et la droite ont prfr la polmique finalit lectorale. Depuis 2002, leurs rsultats sont calamiteux. A la remorque de lextrme-droite, les dcisions prises par les ministres concerns ont recr des immigrs en situation irrgulire et plac les immigrs en situation lgale dans linstabilit permanente. Non seulement la doctrine UMP altre notre image et notre influence auprs de nos partenaires, mais elle ne sert pas nos intrts.

Lapproche rpublicaine que nous proposons repose sur un devoir de vrit : la France et lEurope ont besoin dune immigration lgale pour construire leur avenir, ce qui suppose quelles se dotent dune politique migratoire fonde sur des rgles claires, stables, justes. Lobjectif dune politique dimmigration matrise et concerte avec nos partenaires europens mais aussi avec les pays dorigine, et les moyens dy parvenir, seront dbattus par le Parlement et feront lobjet dune loi de programmation et dorientation destine btir un consensus rpublicain. Elle sappuiera sur quatre piliers : la lutte ferme contre les entres illgales sur notre territoire et contre les filires de passeurs ; un processus progressif de rgularisation pour les travailleurs

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trangers sur la base de critres clairs et transparents et sappliquant tous de manire gale sur le territoire national ; un contrat daccueil et dintgration en faisant porter un effort majeur sur la matrise de la langue et la comprhension des droits et des devoirs rpublicains, ainsi quune progressivit dans la dure des cartes de sjour attribues ; enfin, parce quil ny a, pour la France comme pour aucun Etat membre, de politique migratoire efficace hors lEurope, nous agirons pour une vraie coordination des politiques europennes dimmigration et de coopration avec les pays dmigration.

ApprofondirladmocratiepourlarendreplusprocheetplustransparenteTourner la page du sarkozysme, cest retrouver lesprit public et le respect de lintrt gnral. Cest ainsi que les Franais retrouveront foi dans le suffrage universel et dans lengagement collectif. Depuis le Front populaire, chaque victoire de la gauche a marqu une avance pour les liberts des citoyens et les droits des salaris. Il en ira de mme en 2012 si le peuple nous fait confiance.

Nous amliorerons la dmocratie politique. Ce qui suppose den finir avec lhyper-prsidence o un seul appuy sur quelques-uns dcide pour tous. Les reprsentants du peuple, quils soient parlementaires ou lus locaux, doivent tre respects et couts, ils doivent pour cela tre exemplaires. Plusieurs changements forts interviendront : stricte limitation du cumul des mandats pour les ministres et les parlementaires, obligation de dclaration dintrts pour les lus et les hauts fonctionnaires, introduction dune dose de proportionnelle aux lections lgislatives pour que le Parlement soit limage du pays, comptabilisation des votes blancs comme suffrages exprims. Nous protgerons les contre-pouvoirs qui sont la garantie dune dmocratie vivante. Nous garantirons lindpendance de la justice et des magistrats : limitation du rle du parquet dans la procdure, carrires des magistrats non soumises au pouvoir politique, fin des instructions individuelles, rattrapage des moyens humains et matriels pour exercer leurs missions. Nous assurerons lindpendance des mdias : les responsables de laudiovisuel public ne seront plus nomms par le prsident de la Rpublique mais par un Conseil de lAudiovisuel indpendant du pouvoir politique, une loi anti-concentration sera vote pour empcher la monopolisation des mdias entre les mains de groupes industriels et financiers dpendant de la commande publique.

Nous encouragerons la dmocratie territoriale. Dans un monde global, la proximit est un atout. Nous engagerons une nouvelle tape de la dcentralisation partir de 2012. Elle passera par une clarification et une simplification des comptences avec des rgions et des ples urbains fer de lance du dveloppement conomique et de la prparation de lavenir, des dpartements et des communes centrs sur les politiques de solidarit et de proximit, une autonomie financire pour chaque collectivit qui se verra affecte une ressource dynamique, une citoyennet accrue grce la tenue de jurys participatifs sur les choix de la vie locale.

Nous renforcerons la dmocratie sociale. Face lclatement des statuts professionnels, la dgradation des conditions de travail, au creusement des ingalits salariales, la dmocratie sociale doit permettre de traduire sur le terrain les avances de la loi et de la ngociation. Nous prvoirons la prsence des salaris dans les instances de dcision conseil dadministration ou de surveillance, comit des rmunrations et nous conforterons le rle des organisations syndicales et professionnelles.

Au-del, sur les grands sujets de socit, nos concitoyens ont la fois besoin dtre informs et de sexprimer. Des Etats Gnraux sur lcole ou sur la sant doivent permettre tous les acteurs de se rencontrer, de dbattre, dapporter des solutions. Ils constituent un lment concret de la dmocratie, surtout sils sont prcds dune phase dinformation laquelle sont associs des experts et des scientifiques, chargs dapporter ltat des connaissances. Les citoyens doivent simpliquer personnellement pour faire voluer le cours des choses. Sur certains thmes, les institutions et les citoyens doivent sassocier dans des campagnes de sensibilisation et des acti