Souvenirs d´egotisme, Stendhal

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Text of Souvenirs d´egotisme, Stendhal

  • Souvenirs d'gotisme /Stendhal ; rvision dutexte et prface par

    Henri Martineau

    Source gallica.bnf.fr / Bibliothque nationale de France

  • Stendhal (1783-1842). Souvenirs d'gotisme / Stendhal ; rvision du texte et prface par Henri Martineau. 1927.

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  • LE LIVRE DU DIVAN

    STENDHAL

    SOUVENIRS

    D'GOTISME

    REVISION DU TEXTE ET PRFACE PAR

    HENRI MARTINEAU

    PARIS

    LE DIVAN

    37, Rue Bonaparte, 37

    MCMXXVII

  • SOUVENIRS D'GOTISME. 1

  • SOUVENIRS D'GOTISME

  • CETTE DITION A T TIRE A

    3025 EXEMPLAIRES 25 EXEM-

    PLAIRES NUMROTS DE 1 A XXV

    SUR PAPIER DE RIVES BLEU ET3.000

    EXEMPLAIRES NUMROTS DE 1 A

    3.000 SUR VERG LAFUMA.

    EXEMPLAIRE N 2 771

  • STENDHAL

    SOUVENIRS

    D'EGOTISME

    D

    PARIS

    LE DIVAN37, Rue Bonaparte, 37

    MCMXXVII

  • PRFACE DE L'DITEUR

    La Rvolution de 1830 fait d'llenriBeyle un consul. Son court sjour Triestese passe en attente. Ses dmarches, sesexcursions Venise ne lui laissent pasle temps de s'ennuyer. Mais sitt install Givita-Vecchia, dans ce port vtuste, il nesait comment tuer le temps. Il bille les

    longues heures des soires el l'ide lui vient,pour se distraire, de raconter sa vie Parisdurant les dernires annes de la Restau-ration.

    Il y avait t malheureux, certes, et sansressources. Il avail souffert d'un cruelamour il avait bien des fois song ausuicide. Du moins y gotait-il les charmesde la conversation. On savait partout, mmesi on ne l'avait pas lu, qu'il tait l'auteurde petits livres fort mordants sur la peinture,sur la musique, sur l'Italie. L'attention descnacles devait encore se porter sur lui

    davantage quand on le vit charger fondcomme un chevau-lger dans la querelle

  • II PRFACE

    du Romantisme; el Dat'id d'Angers allaitle faire figurer dans la srie de ses mdail-lons parmi toutes les illustrations d'une

    poque particulirement ferlile en talents.Il tait alors vraiment quelqu'un, il taitM. de Stendhal.

    D'o lui t'enait ce nom ?

    Quelques criliques ont avanc un peulgrement qu'il l'avail emprunt un per-sonnage de Kralry. Il est vrai qu' samort plusieurs journaux annoncrent ledcs Paris de M. Bayle (sic), auteur dedivers ouvrages signs Frdric Slyndall.Confusion assez curieuse avec le roman de

    Kratry Frdric Styndall ou la FataleAnne. Mais les

    cinqvolumes de cet ouvrage

    n'avaient paru qu'en 1827-1828. Beylen'avait donc pu en tirer son nom littraire

    qui avait figur pour la premire fois en1817 sur la couverlure de Rome, Naples etFlorence. Si l'on veut toute force lablirun rapport entre les deux noms, Beyle ett le vol et non le voleur.

    Je crois bien que c'est Sainte-Beuve quia pressenti le premier la vrit dans unenote de son article de 1854 Steindalest une ville de la Saxe prussienne, lieunatal de Winckelman. Il est probable queBeyle y aura song en prenant le nom sous

    lequel il devint un guide de l'art en Ilalie. Bien qu'il s'en dfendt, Beyle avait lu

  • DE L'DITEUR III

    Winckelmann. Il le citait dj dans laVie de Haydn, el il le nommail encore, pourle combattre le plus souvent, dans l'Histoirede la Peinture en Italie. M. Arbelet a bientabli au juste tout ce qu'il lui doit. Et sice n'est point assurment par sympathiepour lui que Beyle a choisi pour pseudonymeson lieu de naissance, il est cependant forturaisemblable que c'est en l'tudiant qu'ila rencontr ce mot sonore et qu'il en a tfrapp. Je sais bien qu'en marge d'ttrtexemplaire des Promenades dans Rome,on a dchiffr celle remarque trace de lamain mme de Beyle Citer aussi deux.ou trois pages de ce bavard de Winckelmannn dans mon fief, dit M. D. Mais ladsinvolture de celle note ne contredit enrien l'hypothse de Sainte-Beuve. Au con-fr'aire, elle prouve que pour le moins lasimilitude des noms n'avait pas chapp l'attention, de Beyle.

    Quoi qu'il en soit, il f allait bien que M. deStendhal ail en son temps joui d'un petitrenom, puisqu'il frquentait assidment lesprincipaux salons littraires de Paris.Tous les soirs, quand il ne dnail pas avecses amis Aux Frres Provenaux ou auCaf Anglais, il les retrouvait le mardichez Madame Ancetol, le mercredi chezViollet-le-Duc ou chez le baron Grard,le vendredi chez Slapfer, le samedi chez

  • IV PRFACE

    le grand Cuvier, le dimanche aprs-midichez Delcluze et le dimanche soir chez lecomte de Tracy. Et ces amis s'appelaientAmpre, Mrime, Jacquemont, Rmusat,Custine, Duvergier de Haurnne, Delacroix,Benjamin Constant, le baron de Mareste,Koreff, Paul-Louis Courier, en un mottout ce que l'poque comptait de plus brillant.

    On peul se demander' comment Stendhalse comportait au milieu de ces hommeslincelants et illustres. Nous avons l-dessus,en plus du sien propre qu'on trouvera dansses Souvenirs, divers tmoignages. Blazede Bury laisse entendre que Jules Janinle rabrouait. Le pouvons-nous admettre ?Mais souvent, son impertinence lance, ildevait faire une pirouette sur ses talons en

    qute d'un interlocuteur plus piquant. Sainle-Beuve l'a vu el entendu. Il reconnat qu' ha-bituellement Beyle tenait le d el faisait lediable quatre. tenait tle d Courier el

    relanait un chacun jusque dans les derniersretranchements des vieilles doctrines . Il a aassez loin de ce portrail celui de Blaze.Nous accordons davantage confiance

    Sainte-Beuve, mais peut-tre les deuxhommes n'ont-ils pas rencontr Stendhal

  • DE L'DITEUR V

    la mme poque, ni dans la mme socil.Les premires annes qui suivirent son

    retour d'Italie, Beyle tait songeur ilcausait peu. Il ne se mit avoir de l'esprit

    que vers 1826 pour s'tourdir d'un chagrind'amour. Il n'tait du reste vraiment lui-mme et en possession de toute sa verve

    que lorsqu'il se sentait au milieu d'amis.A la moindre nuance d'hostilit et de froi-deur, il demeurait comme paralys el c'estbien ainsi que, par ailleurs, Sainte-Beuvel'a vu, un peu gn, un peu sur ses gardes,un peu proccup de la disposition, son

    gard, de ses interlocuteurs. (Cf. JacquesBoulenger Candidature au Stendhal-

    Club, Le Divan, pp. 12-17).Faut-il en appeler d Delcluze ? Il nous

    montre Beyle passionn d'ides et de para-doxes, en qute d'arguments pour ses articles.

    Ce n'tait pas seulement pour s'tourdir,en effet, que cel esprit original se jetaitavec tant de feu dans la conversation, mais

    tour tour critique littraire, critique musicalet crilique d'art, il lui fallait pcher partoutde quoi alimenter sa collaboration aux

    divers priodiques. C'tait alors le plusclair de ses revenus.

    Poursuivons notre enqute auprs de sescontemporains. N'est-ce point Beyle cet

    homme gros et gras, homme de beaucoup

    d'esprit el qui devait partir pour l'Italie,

  • VI PRFACE

    o l'appelaient des fonclions diplomatiques ,qui raconte une histoire plus grasse encoreque sa personne et que nous montre Balzacdans ses Contes bruns ? Les deux rivauxde gloire s'taient croiss dans un salonqui tait le dernier asile o se soit rfugil'esprit franais d'autrefois, avec sa pro-fondeur cache, ses mille dtours, sa poli-lesse exquise . Il convient de reconnatrele salon du baron Grard, dans la maisonqu'il avait fait btir rue Bonaparte, presquevis--vis l'glise Saint-Germain-des-Prs.Madame Ancelot y rencontra galementSlendhal pour la premire fois el ful frappede sa dsinvolture en face des hommes etdes femmes. Elle a trac de lui un portraitfort color, et il y a des chances que ce soit lle vrai Stendhal de celle poque, moqueur,caustique el recherch, plein d'aperusingnieux et de grosses boutades

    Beyle tai