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C ircuits C ourts L imousin Les modes de commercialisation Partie 3 : Avant tout à la ferme, sur les marchés et auprès des commerçants détaillants Les jeunes et les néo-ruraux plus tournés vers les nou- veaux modes de vente Productions animales : plusieurs types de commercialisa- tion bien distincts De la vente directe pour les produits végétaux Un impact économique globalement positif pour tous les modes de vente Relationnel, courage et bonne connaissance du marché

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  • C ircuits Co u r t s Limousin

    Les modes de commercialisation

    Partie 3 :

    Avant tout la ferme, sur les marchs et auprs des commerants dtaillants

    Les jeunes et les no-ruraux plus tourns vers les nou-veaux modes de vente

    Productions animales : plusieurs types de commercialisa-tion bien distincts

    De la vente directe pour les produits vgtaux

    Un impact conomique globalement positif pour tous les modes de vente

    Relationnel, courage et bonne connaissance du march

  • C ircuits Co u r t s Limousin

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    Modes de commercialisation

    Avant tout la ferme, sur les marchs et auprs des commerants dtaillants

    Les exploitations limousines engages en circuit court vendent principalement la ferme. Les marchs sont aussi largement utiliss par les producteurs de produits vgtaux et les producteurs de viande ont recours aux commerants dtaillants. Les modes de vente minoritaires se dveloppent nettement partir de 2008.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les trois modes de vente les plus utiliss par les exploitants en cir-cuit court sont la vente la ferme, la vente auprs des commerants d-taillants et la vente sur les marchs. Vente la ferme, sur les mar-chs et via les commerants-dtaillantsLa vente la ferme est le mode de commercialisation le plus rpandu. En effet, sept producteurs en circuit court sur dix reoivent des clients sur leur exploitation. Pour un tiers dentre eux, la totalit des produits sont couls via ce mode de vente. Cependant, la majorit de ces ex-ploitants commercialisent moins de 30 % de leurs produits en circuit court.

    La vente sur les marchs est plus adapte aux producteurs de fruits et lgumes mais il est assez rare que les exploitants utilisent seulement ce mode de commercialisation. En effet, il est souvent corrl de la vente la ferme. Quatre agriculteurs en circuit court sur dix coulent la totalit de leurs produits par ces deux modes de vente. Ainsi, avec des produits vendus qui se prtent plus un coulement en direct, les marachers et les arboriculteurs sont plus inscrits dans la vente en circuit court.

    La vente via les commerants d-taillants concerne principalement la viande et notamment les leveurs de bovins viande et dovins qui tra-

    vaillent en collaboration avec les bouchers. Ce sont prs dun tiers des exploitants en circuit court qui passent par cet intermdiaire pour couler leurs produits. 36 % dentre eux utilisent seulement ce mode de vente, la majorit dentre eux distri-buant moins de 30 % de leurs pro-duits en circuit court.

    Un dveloppement rcent des modes de vente minori-tairesLa vente en point de vente collectif et celle en tourne sont aussi lar-gement utilises par les exploitants. Les autres modes de commercialisa-tion comme la vente en paniers ou via la restauration commerciale restent minoritaires. Cependant, un & modes de commercialisation peu reprsents apparat depuis 2008. La vente en point de vente collectif comme celle auprs de la restau-ration collective a presque doubl entre 2007 et aujourdhui ; quant la vente en paniers, elle connat un

    [email protected]&

    Pour les trois modes de commer-cialisation les plus rpandus, cet accroissement rcent existe, mais il est plus relatif au regard du nombre dexploitants dj inscrits dans ces coulements plus traditionnels.

    Sept types dexploitationsOn peut distinguer sept types dex-ploitations selon leurs modes de commercialisation en circuit court :

    - Celles qui font seulement de la vente la ferme sont rparties sur lensemble des territoires du Limou-sin. 56 % dentre elles sont consi-dres comme des exploitations moyennes ou grandes. Les produc-teurs vendent plutt des produits carns, du miel et des fruits. Prs de la moiti se sont lancs partir de 2006 dans la commercialisation en circuit court. Ils ont en moyenne besoin de peu de main-duvre supplmentaire.

    - Celles qui vendent leurs produits seulement via les commerants d-taillants sont prs de la moiti avoir commenc la vente en circuit court aprs 2006. Prs des trois quarts sont considres comme de taille conomique moyenne ou grande. Elles commercialisent presque toutes de la viande de boucherie. On les retrouve sur lensemble des dpartements du Limousin, mais leur part est plus importante sur les zones gographiques du Pays Creu-sois et du Parc Naturel Rgional de Millevaches. Elles ont besoin de peu de main-duvre supplmentaire, la vente aux clients se faisant par les bouchers notamment.

    - Celles qui commercialisent seule-ment sur les marchs ou qui utilisent aussi la vente la ferme se situent principalement dans la Corrze. Elles sont prs des deux tiers tre considres comme moyennes ou grandes. Les producteurs ont com-...

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    Avant tout la ferme, sur les marchs et auprs des com-merants dtaillants

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    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    !##$&dtaillants

    Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Proportion dexploitations selon leurs modes de vente (les exploitants pouvaient citer plusieurs modes de vente)

    2%

    3%

    6%

    6%

    6%

    7%

    9%

    12%

    33%

    38%

    70%

    Par correspondance

    Restauration collective

    En paniers

    Restauration commerciale

    En salons et foires

    En grandes et moyennes surfaces

    En point de vente collectif

    En tourne

    Via les commerants-dtaillants

    Sur les marchs

    A la ferme

    Corrze Creuse Haute-Vienne Limousin

    Proportion d'exploitations moyennes et

    grandes

    Priode de lancement des circuits courts pour les exploitations en activit

    Filires dominantes dans cette typologie

    Vente la ferme seule 124 70 124 318 56% A la fin des annes 2000 Viande de boucherie, fruits, ufs et volailles, miel

    Vente auprs des commerants-dtaillants seule 47 50 60 156 73% A la fin des annes 2000 Viande de boucherie

    Vente sur les marchs et/ou la ferme 124 43 65 233 62% Dans les annes 1990

    Lgumes, fruits, multifilire, ufs et volailles

    Vente auprs des commerants dtaillants et/ou sur les marchs et/ou

    la ferme60 24 47 131 52% Dans les annes 1990 Miel, fruits, viande de boucherie

    Autres modes de vente directe seule (au maximum 3 modes de vente) 89 39 92 220 63% A la fin des annes 2000

    Viande de boucherie, multifilire, lgumes

    Autres modes de vente (au maximum 3 modes de vente) 67 48 63 178 77% Au dbut des annes 2000 Produits laitiers, multifilire

    Au moins 4 modes de vente 40 13 28 81 82% A la fin des annes 2000 ns

    Nombre d'exploitations

    &*

    Rpartition des exploitations selon le nombre de modes de vente

    23%

    25%

    45%

    7%

    Un seulDeuxTroisQuatre et plus

  • C ircuits Co u r t s Limousin

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    Modes de commercialisation

    Avant tout la ferme, sur les marchs et auprs des commerants dtaillants (suite)

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    menc la vente en circuit court de-puis plus longtemps, plutt dans les annes 90. Ces modes de commer-cialisation sont utiliss principale-ment par les marachers mais aussi, dans une moindre mesure, par les #!\'#-ception des producteurs de viande de boucherie. Ces agriculteurs ont besoin de plus de main-duvre pour commercialiser leurs produits. Ils sont plutt spcialiss dans la vente en circuit court : quatre sur dix coulent la totalit de leur pro-duction par ces modes de vente.

    - Celles qui utilisent la vente via les commerants dtaillants combi-ne de la vente la ferme et/ou sur les marchs sont plutt situes sur les dpartements de la Corrze et de la Haute-Vienne. Seulement 52 % dentre elles sont moyennes ou grandes. La majorit des agri-culteurs a commenc la vente en circuit court avant les annes 2000. Elles sont plus du tiers couler lensemble de leurs produits via ces modes de commercialisation. Les marachers ne sont pas concerns par cette catgorie.

    - Celles qui utilisent uniquement la vente directe, avec au maximum trois modes de vente, ont commen-c pour prs des trois quarts dentre elles pendant les annes 2000. Deux tiers des exploitations sont consid-res comme moyennes ou grandes. Les producteurs utilisent les modes de vente traditionnels ainsi que

    ceux qui se sont dvelopps rcem-ment, comme la vente par corres-pondance. On retrouvera plutt les marachers et les producteurs de la !dans la Haute-Vienne et la Corrze.

    - Les autres qui utilisent au maxi-mum trois modes de vente

    ! production, mais les producteurs de lait sont plutt inscrits dans cette catgorie. Prs de huit exploitations sur dix sont considres comme moyennes ou grandes. Certains pro-ducteurs alternent donc entre lacti-vit de vente et le travail avec les intermdiaires. Elles se situent sur lensemble de la rgion. Une majori-t des producteurs sest lance dans la vente en circuit court pendant les annes 2000.

    X*quatre modes de vente sont moins de 100. Plus de huit exploitations sur dix sont considres comme moyennes ou grandes. Moins de la moiti coulent la totalit de leurs produits en circuit court. Elles ont

    ! leurs modes de commercialisation : directs et indirects en circuit court et circuit long. Six producteurs en activit sur dix ont commenc la vente en circuit court pendant les annes 2000. La multiplication des modes de vente accrot les besoins en main-duvre.

    De tout, presque partoutLes lieux de commercialisation se retrouvent dans les bassins de po-pulation les plus importants mais pas uniquement. En effet, les modes de vente la ferme mais aussi via un commerant dtaillant (souvent le boucher charcutier ou lpicier des communes rurales) font que lon retrouve des lieux de vente sur lensemble du territoire limousin.

    Concernant la saturation du march et de manire trs globale, elle ne se fait encore que trs peu sentir en Limousin. Il conviendra toutefois de nuancer cette analyse en exami-nant les rponses des exploitants !rendre compte quil y a parfois, sur certains territoires, une concurrence qui sinstalle pour certaines produc-tions.

    ...

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    Avant tout la ferme, sur les marchs et auprs des com-merants dtaillants

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    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    +

    Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Niveau de saturation des lieux de venteexprim par les exploitants agricoles commercialisant en circuit court

    Saturation effectiveEn voie de saturationSaturation faiblePas de saturation

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Commerants-dtaillantsEn tourneA la fermeMarchs et salonsPoint de vente collectif, paniers et par correspondanceRestaurations collective et commercialeGrandes et moyennes surfaces

    Produits laitiersOeufs et volaillesAutres produits animauxLgumesFruitsMielMulti-filires

    Nombre de lieux de vente dclars par les exploitants :

    en circuit court : en fonction du mode de vente :

    Densit de population en Limousin

    Nombre d'habitants au km par communeplus de 250 hab/kmde 100 250 hab/kmde 50 100 hab/kmde 25 50 hab/kmmoins de 25 hab/km

    I

    GN

    I

    GN

    I

    GN

    490245

    49

  • C ircuits Co u r t s Limousin

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    Modes de commercialisation

    Les jeunes et les no-ruraux sur les nouveaux modes de vente

    $#vente diffrents. Ainsi, les jeunes sont plus prsents dans la vente en paniers, la prsence fminine est plus forte lorsque %#&'varient selon les motivations.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les circuits courts les plus tradi-tionnels tels la vente la ferme, sur les marchs ou via un com-merant dtaillant restent laffaire de chefs dexploitation ayant entre 40 et 59 ans dans plus de six cas sur dix. A contrario, les nouveaux modes de commercialisation tels la vente en paniers sont plus priss par les jeunes : plus de la moiti des structures concernes sont diriges par un jeune de moins de 40 ans.

    Plus de femmes dirigeantes en vente directeDans prs de quatre exploitations sur dix commercialisant principale-ment en vente directe, une femme fait partie de lquipe dirigeante. Ce phnomne sexplique par un effet !&pour la vente sur les marchs (44 % des exploitations). Les exploitations coulant principalement leurs pro-duits via un intermdiaire restent dans la moyenne rgionale avec prs du tiers comptant au moins une femme comme pilote. Cela sexplique notamment par la prdo-minance du mode dcoulement via un commerant dtaillant, pris par nos exploitations bovines et ovines hgmoniques sur la rgion.

    La vente en paniers pour les no-rurauxAlors quenviron 20 % des exploi-tants en circuit court ne sont pas issus du monde agricole, ce taux monte respectivement 41 % et 32 % pour ceux qui se sont spciali-ss dans le commerce sous la forme de paniers ou en point de vente collectif. Ces modes de commer-

    cialisation, intgrs et fdrateurs sur un territoire, sont aujourdhui priss par des exploitants non issus du monde agricole et qui ne sont pas tous originaires du Limousin.

    A contrario, ceux spcialiss dans la vente via un commerant dtaillant ne sont quun sur dix ne pas tre issus du monde agricole. L encore, lexplication tient en limportance des productions prdominantes locales dans lesquelles ce mode de vente est privilgi.

    La vente directe est chrono-phage Dvelopper une dmarche de vente en circuit court ncessite un inves-tissement en temps supplmentaire sur les exploitations. Ainsi, seule-ment 9 % des chefs dexploitation en circuit court sont pluri-actifs, contre 22 % dans lensemble des exploitations limousines. Cest en vente via un commerant dtaillant que lon en retrouve le plus (16 %). linverse, seulement 3 % de ceux privilgiant la vente sur les marchs sont pluri-actifs.

    En terme de taille conomique, les petites et trs petites exploitations privilgient la vente la ferme et sur les marchs (39 % dans les deux cas). Les autres modes de vente en circuit court sont plutt laffaire de structures conomiques plus importantes (plus de sept sur dix sont des exploitations moyennes ou grandes).

    Certaines motivations in-$&de vente Si limportance de la reconnaissance du travail et des produits reste une motivation personnelle forte pour les exploitants en circuit court en gnral, cest dautant plus vrai pour ceux qui commercialisent via un commerant dtaillant. On retrouve l encore le lien entre ce mode de vente et nos productions de haute qualit en viande bovine et ovine. Ceux qui privilgient la vente sur les marchs ont t motivs personnel-lement par la relation avec la clien-tle mais aussi par une meilleure qualit de vie.

    En ce qui concerne les motivations conomiques, la meilleure valorisa-tion des produits est toujours mise en avant. Pour autant, les exploi-tants spcialiss en vente directe mettent aussi en exergue la volont dindpendance conomique et de '

    X-tivation principale est la sauvegarde et la valorisation des produits du terroir, le maintien de lactivit co-nomique en milieu rural est plutt cit dans certains modes de com-mercialisation via un intermdiaire (grandes et moyennes surfaces, restaurations, autres).

  • 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%

    Souhait d'unereconnaissance du travail

    et des produits

    Got pour la relation avecla clientle

    Recherche d'une meilleurequalit de vie

    Recherche d'une nouvellefaon de travailler

    C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    Les jeunes et les no-ruraux sur les nouveaux modes de vente

    moins de 40 ans

    de 40 59 ans

    60 ans ou plus

    Vente la ferme 21% 64% 15%

    Point de vente collectif 31% 55% 14%

    Vente sur les marchs 22% 70% 8%

    Vente en tourne, domicile 50% s s

    Vente par correspondance s s s

    Vente en paniers 52% s s

    Vente en salons et foires 66% s sVente via la restauration commerciale 55% s s

    Vente via la restauration collective 0% 100% 0%

    Vente via un commerant dtaillant 27% 66% 7%

    Vente via les grandes et moyennes surfaces 33% 44% 23%

    Autres modes de vente 34% 66% 0%

    Mode de vente principal en circuit court

    Tranche d'ge du chef d'exploitation

    *

    !

    55

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    !

    ;

    0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

    Vente la ferme

    Vente sur les marchs

    Autres ventes directes

    Via un commerantdtaillant

    Autres via unintermdiaire

    Avec au moins une femme dansl'quipe dirigeante

    Sans femme dans l'quipedirigeante

    Vente la ferme

    Vente sur lesmarchs

    Autres modes devente directe

    Vente via uncommerantdtaillant

    Autres modes devente via unintermdiaire

    Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Exploitations moyennes et grandes

    Exploitations petites et trs petites

    0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%

    Meilleure valorisationconomique des produits

    Volont d'indpendance

    Volont de diversifierl'activit

    Besoin de trsorerie

    Motivations conomiques

    0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%

    Sauvegarder etvaloriser les produits

    du terroir

    Maintenir une activitconomique en milieu

    rural

    Dmarcheenvironnementale

    Crer un ou desemplois Motivations

    socitales

  • C ircuits Co u r t s Limousin

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    Modes de commercialisation

    Productions animales : plusieurs types de commer-cialisation bien distincts

    La vente la ferme demeure le premier mode de commercia-lisation en produits animaux et la vente via les commerants dtaillants arrive en seconde position. Mais, selon le type de produits couls, les exploitants ont recours dautres modes de vente directe ou indirecte. Sur les marchs, les producteurs considrent parfois tre dj assez nombreux.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les produits animaux regroupent les produits laitiers, les ufs et volailles, la viande de boucherie et les produits transforms base de viande. Les exploitations concernes utilisent principalement la vente la ferme ; cest dailleurs ce mode de vente qui participe le plus au chiffre daffaires pour plus de quatre ex-ploitations sur dix. Nanmoins, les agriculteurs en utilisent dautres. Ils sont notamment plus de la moiti avoir recours aux commerants dtaillants.

    Des distances parcourues plus ou moins importantesLa plupart des agriculteurs commer-cialisent leurs produits en plusieurs lieux. Les communes de vente les plus importantes pour les produits animaux sont Limoges, Guret et

    Brive-la-Gaillarde. Certains agricul-teurs parcourent ainsi beaucoup de kilomtres pour vendre leurs pro-duits.

    En excluant la vente la ferme et chez les commerants dtaillants, un producteur de produits animaux parcourt le plus souvent une dis-tance de 12 kilomtres pour vendre ses produits. Pour les exploitants du nord-est de la Corrze, la distance mdiane dpasse les 40 kilomtres. Plus le nombre dexploitants spcia-liss dans une production est impor-tant sur un territoire plus ils par-courent de kilomtres pour vendre leurs produits. En effet, la part des exploitants spcialiss dans les pro-duits carns en circuit court dans la Haute-Corrze est importante et ceux sont eux qui se dplacent le

    plus loin.

    Bien que la vente la ferme soit, **!-duction, un mode de distribution qui semble incontournable, les dyna-miques de vente sont en fait assez diffrentes selon les produits ven-dus. En effet, les contraintes ne sont pas les mmes selon les productions et celles-ci dterminent largement le type de commercialisation utilis par les exploitants.

    Les producteurs de lait com-binent les modes de vente

    Les produits laitiers sont principale-ment vendus sur les marchs et les exploitants en font plusieurs pour couler leurs produits. Les exploi-tants qui commercialisent ces pro-duits les vendent trs rarement seu-

    Des perspectives diffrencies selon les types de projet en productions animales

    Les projets en circuit court de pro-duits dorigine animale privilgient les trois principaux modes de vente actuellement plbiscits par les producteurs, savoir la vente la ferme, sur les marchs et via un commerant dtaillant.

    Pour les produits carns, les projets de vente sur les marchs sont peu nombreux, en raison notamment de normes sanitaires qui imposent *&*-*#&loffre. Il est plus simple pour les producteurs de vendre un inter-

    mdiaire, dans la plupart des cas un boucher. Un quart des leveurs vou-lant dvelopper un projet en circuit court ont dailleurs fait ce choix.

    Les futurs producteurs de fromages de chvres, comme leurs confrres dj installs, se tourneront vers des modes de vente varis, mais la totalit ont choisi les points de vente

    ' de leurs produits. Etant donn que 80 % de ces points de vente sont considrs comme non saturs par les producteurs dj en place, cela peut donc constituer un choix judi-

    cieux.

    X quarts des porteurs de projet orients dans des productions avi-coles envisagent de vendre sur les marchs. Une concurrence risque dapparatre sur certains territoires. En effet, plus dun tiers des produc-teurs estiment que les marchs sont en voie de saturation ou saturs.

    ...

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    Productions animales : plusieurs types de commercialisation bien distincts

    57

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    ;

    Chez les exploitants dj en activit circuit court :

    2%

    2%

    2%

    3%

    6%

    6%

    7%

    15%

    23%

    39%

    66%

    Restauration collective

    En paniers

    Par correspondance

    Salons et foires

    En grandes et moyennes surfaces

    Restauration commerciale

    En point de vente collectif

    En tourne

    Sur les marchs

    Via les commerants dtaillants

    A la ferme

    Objectifs des porteurs de projet :

    4%

    8%

    8%

    12%

    12%

    12%

    20%

    24%

    28%

    56%

    84%

    En grandes et moyennes surfaces

    Par correspondance

    En paniers

    En tourne

    Salons et foires

    Restauration collective

    Restauration commerciale

    En point de vente collectif

    Via les commerants dtaillants

    Sur les marchs

    A la ferme

    *$

    Proportion dexploitations selon leur(s) mode(s) de vente

    Distance la plus courante parcourue par les

    lieux de commercialisation (mdiane selon le pays du sige dexploitation du producteur) :

    Hors vente la ferme ou via les commerants dtaillants

    IG

    N

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    58

    Modes de commercialisation

    Productions animales : plusieurs types de commercialisation bien distincts (suite)

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    lement la ferme. Ils auraient plutt tendance combiner les modes de vente avec de la vente directe sur les marchs mais aussi avec des modes de commercialisation indirects via les commerants dtaillants ou la restauration commerciale. Mais la vente via un intermdiaire parti-cipe moins au chiffre daffaires de lexploitation que la vente sur les marchs.

    Les producteurs de lait ont plus de facilit combiner les modes de commercialisation car leurs produits sont plus facilement transportables que la viande (poids et volumes moins importants, etc.). Les pro-duits laitiers sont principalement vendus Limoges, Guret et Saint-Lonard-de-Noblat.

    Les volailles vendues en directLes ufs et volailles sont peu dis-tribus par les commerants d-taillants mais plutt en direct, sur les marchs. Un tiers des exploi-tants commercialisant des ufs et volailles utilisent comme seul mode de commercialisation la vente la ferme. Ils sont aussi assez nom-breux vendre seulement sur les marchs, et, lorsquils combinent plusieurs modes de vente, cest le plus souvent de la vente directe. Les principales communes o sont vendus ces produits sont Brive-la-Gaillarde, Uzerche et Limoges.

    La viande de boucherie via les commerants dtaillantsLes producteurs de viande de bou-cherie ont plutt tendance com-mercialiser leurs produits partir

    dun seul mode de vente. Ainsi, un tiers vendent directement la ferme tous les produits quils commercia-lisent en circuit court, un autre tiers passe seulement par les bouchers. Les produits vendus aux bouchers sont des animaux vifs ou en car-casse.

    Dans le premier cas, le producteur ne soccupe donc pas de labattage. Cest le boucher qui assure le trans-fert des animaux entre lexploitation, labattoir et la boucherie. Dans le se-cond cas, labattage est aux frais du producteur et le boucher assure la dcoupe des animaux. Les produits vendus la ferme le sont sous forme de caissettes. Labattoir assure alors labattage et la dcoupe. Les lieux de vente principaux des animaux de boucherie sont Limoges, Tulle et Us-sel, et il nest pas rare que les pro-ducteurs de viande travaillent avec plusieurs bouchers.

    Diffrents territoires en voie -lires de productionDe manire globale, le niveau de saturation de la commercialisation en circuit court des produits ani-maux est faible. Mais il diffre selon les modes de vente, les productions et les territoires. Sur les marchs, la concurrence semble plus aige pour les producteurs de fromages et de volailles : ce sont respectivement 58 % et 48 % des producteurs sur

    #!*saturation des marchs quils fr-quentent (saturation effective ou pressentie). La vente de viande de boucherie et dautres produits ani-

    maux est peu dveloppe auprs des grandes et moyennes surfaces. Elle aussi montre pourtant des signes de saturation selon les pro-ducteurs. linverse, plus des trois quarts des producteurs de viande de boucherie commercialisant via les commerants dtaillants estiment que ce march nest pas satur. Une analyse cartographique fait apparatre des zones de satura-tion diffrencies selon les produits animaux. Ainsi, la concurrence en vente de viande de boucherie se fait plus sentir dans le pays Monts et Barrages, dont lagriculture est dailleurs fortement spcialise dans les productions bovines. En volailles et oeufs, la Haute-Vienne serait plus concerne. En lait et fromage, hor-mis Brive, les zones urbanises ne connaissent pas encore de satura-tion.

    ...

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

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    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Lait et fromages

    ufs et volailles

    Autres produits animaux

    Ventes directesNombre de lieux de vente dclars 58 98 225

    Dont non saturs (%) 75% 74% 78%Dont en voie de saturation (%) 20% 17% 14%Dont saturs (%) 5% 9% 8%

    Nombre de lieux de vente dclars ns ns 50Dont non saturs (%) ns ns 67%Dont en voie de saturation (%) ns ns 22%Dont saturs (%) ns ns 11%

    Nombre de lieux de vente dclars 196 135 69Dont non saturs (%) 42% 52% 59%Dont en voie de saturation (%) 29% 13% 19%Dont saturs (%) 29% 35% 21%

    Nombre de lieux de vente dclars ns 84 199Dont non saturs (%) ns 67% 75%Dont en voie de saturation (%) ns 31% 14%Dont saturs (%) ns 2% 11%

    Nombre de lieux de vente dclars ns ns nsDont non saturs (%) ns ns nsDont en voie de saturation (%) ns ns nsDont saturs (%) ns ns ns

    Nombre de lieux de vente dclars ns 30 nsDont non saturs (%) ns 86% nsDont en voie de saturation (%) ns 14% nsDont saturs (%) ns 0% ns

    Ventes indirectes via un seul intermdiaireNombre de lieux de vente dclars 30 ns 24

    Dont non saturs (%) 90% ns 89%Dont en voie de saturation (%) 10% ns 11%Dont saturs (%) 0% ns 0%

    Nombre de lieux de vente dclars ns ns nsDont non saturs (%) ns ns nsDont en voie de saturation (%) ns ns nsDont saturs (%) ns ns ns

    Nombre de lieux de vente dclars 97 27 252Dont non saturs (%) 60% 69% 77%Dont en voie de saturation (%) 20% 11% 15%Dont saturs (%) 20% 20% 8%

    Nombre de lieux de vente dclars 36 19 25Dont non saturs (%) 89% 100% 46%Dont en voie de saturation (%) 8% 0% 31%Dont saturs (%) 3% 0% 23%

    ns : non significatif

    Vente en tourne, domicile

    Vente en paniers

    Vente en salons et

    foires

    Vente la ferme

    Point de vente

    collectif

    Vente sur les marchs

    Restauration commerciale

    Restauration collective

    Commerant dtaillant

    Grandes et moyennes surfaces

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Saturation effectiveEn voie de saturationSaturation faiblePas de saturation

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Tulle

    Guret

    Limoges

    ==!!>

    Lait et fromages

    ufs et volailles

    Autres produits animaux

    Autres produits animaux vendus via les commer-ants dtaillants

    Niveau ressenti de saturation des lieux de vente par

    en circuit court (tout mode de vente)

    Productions animales : plusieurs types de commercialisation bien distincts

    I

    GN

    I

    GN

    I

    GN

    I

    GN

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    60

    Modes de commercialisation

    De la vente directe pour les produits vgtauxLa vente directe est privilgie pour les produits vgtaux et ce sont les marachers qui distribuent le plus leurs produits sur les marchs. Ils parcourent en moyenne des distances plus importantes que leurs confrres commercialisant des produits animaux.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les agriculteurs spcialiss dans les productions vgtales privil-gient le contact avec le consomma-teur : la vente directe est le mode de commercialisation quils utilisent le plus. En effet, les produits vg-taux sont plus facilement commer-cialisables en direct et notamment sur les marchs qui se prtent plus la commercialisation de fruits et lgumes quux produits carns.

    La vente la ferme impor-tante pour les producteurs de fruits

    Prs de la moiti des producteurs de fruits ralisent principalement leur chiffre daffaires par la vente la ferme et prs dun tiers principale-ment sur les marchs. Ils sont assez nombreux vendre leurs fruits et produits associs seulement par la vente la ferme. Mais dautres ne se limitent pas un seul mode de commercialisation et ont recours des intermdiaires comme les com-merants dtaillants.

    Les marachers vendent prin-cipalement sur les marchsConcernant les marachers, cest la vente sur les marchs qui pse le plus pour la majorit des exploita-tions. La vente la ferme arrive en seconde position. Ils sont ainsi as-sez nombreux vendre seulement sur les marchs ou combiner ce mode de distribution avec la vente la ferme. Peu passent par des intermdiaires pour couler leurs produits. Les marachers sont aussi, !ceux qui se lancent le plus dans de nouveaux modes de commercialisa-tion comme la vente en paniers.

    La vente la ferme pour qua-siment tous les apiculteursPresque tous les apiculteurs vendent leur miel et produits asso-cis la ferme. Ils ne sont pas pour autant exclusifs car moins dun tiers recourent ce seul mode de com-mercialisation. Ainsi, les apiculteurs ont plutt tendance combiner les

    modes de vente et ils sont assez nombreux associer vente la ferme, sur les marchs et auprs des commerants dtaillants.

    Les Corrziens sont trs mo-bilesLes exploitants qui commercialisent des produits vgtaux parcourent une distance moyenne de 15 kilo-mtres pour se rendre sur les lieux de vente, soit trois kilomtres de plus que ceux qui vendent des pro-duits animaux. En effet, les produc-teurs de fruits, lgumes et miel ont plus recours des modes de vente directe et notamment sur les mar-chs qui demande plus de dplace-ments. Mais les distances parcou-rues par territoire ne dpassent pas celles des producteurs de viande.

    Cest sur le dpartement de la Cor-rze que les distances parcourues sont les plus longues. Les exploi-tants corrziens vendent leurs pro-duits sur une cinquantaine de com-munes et certains vont les vendre

    Porteurs de projet : des modes de vente novateurs

    Pour les projets de circuits courts en productions vgtales (fruits et l-gumes), les ventes la ferme et sur les marchs demeurent en premire place, mais la vente via un commerant dtaillant est dtrne de la troisime et par correspondance. Comme pour les produits animaux, les deux premiers modes de vente sont parfois en voie de saturation, le niveau de saturation le plus lev revenant la vente de fruits

    la ferme. Il est cependant intressant de voir une expansion des projets de vente en paniers pour lesquels loffre demeure rduite ce qui semble tre un choix judicieux. Les points de vente col-lectifs ne sont que trs rarement envi-sags par les porteurs de projet. Cela '#*\-grer ces lieux de vente et par le fait que loffre en lgumes semble sature au sein de ces derniers. Il est important de noter que la vente par correspondance,

    embryonnaire en Limousin, suscite un vif intrt auprs des futurs produc-teurs de fruits.

    Avant de lancer leur projet, la moiti des porteurs de projet en fruits et lgumes ont ralis une tude de march qui sest rvle favorable dans les deux tiers des cas. Cela a donc pu renforcer leurs convictions en leur projet.

    ...

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    De la vente directe pour les produits vgtaux

    61

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Chez les exploitants dj en activit circuit court :

    4%

    5%

    6%

    7%

    8%

    9%

    9%

    27%

    51%

    72%

    Restauration collective

    Restauration commerciale

    En paniers

    En point de vente collectif

    Salons et foires

    En tourne

    En grandes et moyennes surfaces

    Via les commerants dtaillants

    Sur les marchs

    A la ferme

    Objectifs des porteurs de projet :

    8%

    8%

    17%

    17%

    17%

    25%

    25%

    42%

    42%

    58%

    83%

    En tourne

    Restauration collective

    En point de vente collectif

    Restauration commerciale

    En grandes et moyennes surfaces

    Salons et foires

    Via les commerants dtaillants

    Par correspondance

    En paniers

    Sur les marchs

    A la ferme

    ???

    Proportion dexploitations selon leur(s) mode(s) de vente

    Distance la plus courante parcourue par les lieux de commercialisation (mdiane selon le pays du sige dexploitation du producteur) :

    Hors vente la ferme ou via les commerants dtaillants

    IG

    N

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    62

    Modes de commercialisation

    De la vente directe pour les produits vgtaux (suite)

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Limoges notamment. linverse, rares sont les Creusois qui quittent leur dpartement pour la vente. Les conditions agro-climatiques du sud et de louest de la Corrze sont plus favorables la production de fruits et de lgumes que sur les autres d-partements. Cela se retrouve dans la localisation des producteurs. Pour autant, ces derniers commercia-lisent ensuite l o se trouvent des dbouchs. Ils nhsitent alors pas dborder de leur zone de produc-tion.

    Les producteurs se rendent dans les bassins de popula-tionLes lieux de vente les plus impor-tants pour les lgumes sont Li-moges, Brive-la-Gaillarde, et, plus relativement, Tulle. Les producteurs estiment pourtant que la saturation des marchs est plus importante sur les territoires du sud de la Haute-Vienne et de la Creuse. Ainsi peut-on considrer que la saturation des marchs est plus lie la densit de population et donc au nombre potentiel de consommateurs quau nombre de producteurs commercia-lisant sur le territoire. En lgumes globalement sur le Li-mousin, cest auprs des grandes et moyennes surfaces ou sur les mar-chs que les producteurs dclarent ressentir le plus un dbut de satura-tion du march.

    Pour ce qui concerne les fruits, ces crneaux sont galement ceux o la concurrence serait la plus vive, avec galement une tension forte

    de la vente auprs des restaura-teurs (pourtant peu dveloppe) et moindre en ce qui concerne la vente la ferme. Tous modes de vente confondus, les communes sur les-quelles se retrouvent le plus les pro-ducteurs sont galement les villes les plus importantes de Corrze et de Haute-Vienne. Un niveau de saturation assez important apparat sur chaque dpartement mais sur des zones rurales peu densment peuples : au nord de la Haute-Vienne, au nord-est de la Creuse et au sud et au centre de la Corrze.

    Le march du miel et de ses pro-duits drivs montre des signes de saturation sur les marchs (selon les deux tiers des apiculteurs concer-ns) et surtout auprs de la grande et moyenne distribution. Tous types de commercialisation confondus, le miel est surtout vendu Limoges, Tulle, Bourganeuf et Brive-la-Gaillarde. Des zones en voie de saturation apparaissent sur les trois dpartements.

    ...

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    De la vente directe pour les produits vgtaux

    63

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Lgumes Fruits Miel

    Ventes directesNombre de lieux de vente dclars 74 134 84

    Dont non saturs (%) 80% 61% 81%Dont en voie de saturation (%) 18% 21% 9%Dont saturs (%) 3% 18% 10%

    Nombre de lieux de vente dclars ns ns 26Dont non saturs (%) ns ns 85%Dont en voie de saturation (%) ns ns 15%Dont saturs (%) ns ns 0%

    Nombre de lieux de vente dclars 146 175 80Dont non saturs (%) 62% 63% 34%Dont en voie de saturation (%) 23% 26% 55%Dont saturs (%) 15% 11% 11%

    Nombre de lieux de vente dclars 38 37 nsDont non saturs (%) 79% 83% nsDont en voie de saturation (%) 0% 17% nsDont saturs (%) 21% 0% ns

    Nombre de lieux de vente dclars 46 ns nsDont non saturs (%) 76% ns nsDont en voie de saturation (%) 15% ns nsDont saturs (%) 8% ns ns

    Nombre de lieux de vente dclars ns 53 20Dont non saturs (%) ns 77% 100%Dont en voie de saturation (%) ns 20% 0%Dont saturs (%) ns 4% 0%

    Ventes indirectes via un seul intermdiaireNombre de lieux de vente dclars ns 22 ns

    Dont non saturs (%) ns 28% nsDont en voie de saturation (%) ns 0% nsDont saturs (%) ns 72% ns

    Nombre de lieux de vente dclars ns ns nsDont non saturs (%) ns ns nsDont en voie de saturation (%) ns ns nsDont saturs (%) ns ns ns

    Nombre de lieux de vente dclars 35 132 99Dont non saturs (%) 74% 66% 69%Dont en voie de saturation (%) 0% 23% 3%Dont saturs (%) 26% 11% 27%

    Nombre de lieux de vente dclars 27 46 31Dont non saturs (%) 67% 34% 23%Dont en voie de saturation (%) 4% 29% 0%Dont saturs (%) 30% 36% 77%

    ns : non significatif

    Commerant dtaillant

    Grandes et moyennes surfaces

    Vente la ferme

    Restauration commerciale

    Restauration collective

    Vente en tourne, domicile

    Vente en paniers

    Vente en salons et

    foires

    Point de vente

    collectif

    Vente sur les marchs

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Saturation effectiveEn voie de saturationSaturation faiblePas de saturation

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Tulle

    Guret

    Limoges

    [email protected]

    =!!

    Lgumes

    Fruits

    Miel

    Fruits et lgumes vendus sur les marchs

    Niveau de saturation des lieux de vente exprim par les

    (tout mode de vente)

    I

    GN

    I

    GN

    I

    GN

    I

    GN

    s

    s : secret statistique

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    64

    Modes de commercialisation

    #*directe. Ce sont eux qui se tournent le plus vers les modes de commercialisation novateurs.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les agriculteurs qui commercia-lisent divers types de produits en circuit court passent principalement par des modes de vente directe. La vente la ferme et sur les marchs sont utiliss par une grande majo-rit de ces producteurs. La vente en paniers arrive en troisime po-sition, suivie de prs par celle au-prs de commerants dtaillants et les points de vente collectifs. Ainsi ont-ils plus recours des modes de vente qui sont apparus rcemment. La vente en paniers semble parti-culirement adapte pour ces pro-ducteurs qui ont, par la diversit de leurs productions, la possibilit de proposer un large panel de produits et donc dtaler leur vente sur lan-ne. En effet, 25 % dentre eux y ont recours alors que ce sont seulement 6 % des exploitants en produits vgtaux et 2 % des exploitants en produits animaux qui passent par ce biais pour couler leur marchandise. Ce type de producteurs peut donc particulirement intresser les grou-pements de consommateurs.

    La vente sur les marchs participe le plus au chiffre daffairesRares sont les exploitants vendre seulement la ferme. Cest le mode de vente le plus important pour seu-lement un quart des producteurs ! linverse, pour presque la moiti dentre eux, cest la vente sur les marchs qui parti-cipe le plus au chiffre daffaires de lexploitation. La vente en point de vente collectif est souvent un mode de distribution complmentaire.

    ? !ont tendance combiner les modes de vente directe et certains ont au moins quatre modes de commercia-lisation. Ainsi, ce sont des exploi- -ductions, mais galement par leurs modes de distribution.

    De nombreux lieux de venteLa distance mdiane la plus cou-rante parcourue par les exploitants !YZ!comme les producteurs de produits vgtaux. En effet, ils ont comme eux trs majoritairement recours la vente directe pour distribuer leurs produits. Prs des deux tiers des ex-ploitants les commercialisent sur les marchs et ce sont eux qui en fr-quentent le plus (220 lieux de vente contre 175 pour les exploitants de ! #= vendent principalement Limoges, Brive-la-Gaillarde, Argentat et Saint-Yrieix-la-Perche. Q#!et vgtales, ce sont les Creusois et non les Corrziens qui ralisent en moyenne le plus de kilomtres par mois pour commercialiser leurs pro-duits.

    Encore de la place pour la plupart des modes de venteLa majorit des exploitants qui com-mercialisent leurs produits sur les marchs signalent que leurs lieux de vente sont en voie de satura-tion, voire saturs. A contrario, plus de huit exploitants sur dix ayant recours la vente en paniers ou en point de vente collectif jugent que

    le march nest pas satur sur leurs lieux de vente. Les producteurs de ! * -ch est en voie de saturation plutt sur lest de la Creuse.

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    65

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    Multi-Filires

    Ventes directesNombre de lieux de vente dclars 96

    Dont non saturs (%) 62%Dont en voie de saturation (%) 19%Dont saturs (%) 19%

    Nombre de lieux de vente dclars 58Dont non saturs (%) 82%Dont en voie de saturation (%) 5%Dont saturs (%) 13%

    Nombre de lieux de vente dclars 220Dont non saturs (%) 33%Dont en voie de saturation (%) 38%Dont saturs (%) 29%

    Nombre de lieux de vente dclars 51Dont non saturs (%) 88%Dont en voie de saturation (%) 8%Dont saturs (%) 4%

    Nombre de lieux de vente dclars 85Dont non saturs (%) 86%Dont en voie de saturation (%) 14%Dont saturs (%) 0%

    Nombre de lieux de vente dclars 29Dont non saturs (%) 91%Dont en voie de saturation (%) 0%Dont saturs (%) 9%

    Ventes indirectes via un seul intermdiaireNombre de lieux de vente dclars 25

    Dont non saturs (%) 78%Dont en voie de saturation (%) 12%Dont saturs (%) 10%

    Nombre de lieux de vente dclars nsDont non saturs (%) nsDont en voie de saturation (%) nsDont saturs (%) ns

    Nombre de lieux de vente dclars 64Dont non saturs (%) 71%Dont en voie de saturation (%) 22%Dont saturs (%) 8%

    Nombre de lieux de vente dclars nsDont non saturs (%) nsDont en voie de saturation (%) nsDont saturs (%) ns

    ns : non significatif

    Vente en tourne, domicile

    Vente en paniers

    Vente en salons et

    foires

    Vente la ferme

    Point de vente

    collectif

    Vente sur les marchs

    Restauration commerciale

    Restauration collective

    Commerant dtaillant

    Grandes et moyennes surfaces

    *

    @

    Tulle

    Guret

    Limoges

    Saturation effectiveEn voie de saturationSaturation faiblePas de saturation

    3%

    9%

    9%

    10%

    11%

    22%

    24%

    25%

    65%

    80%

    En grandes et moyennes surfaces

    Restauration commerciale

    Salons et foires

    Restauration collective

    En tourne

    En point de vente collectif

    Via les commerants dtaillants

    En paniers

    Sur les marchs

    A la ferme

    Proportion dexploitations selon leur(s) mode(s) de vente

    Niveau ressenti de saturation des lieux de vente par

    !"

    I

    GN

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    66

    Modes de commercialisation

    Un impact conomique globalement positif pour tous les modes de vente

    Les exploitants sont globalement satisfaits du revenu quils tirent des circuits courts et ce quel que soit le mode de vente utilis. Cest la vente directe, hors vente la ferme, qui est la plus gnratrice demplois. Socialement, les producteurs se sentent bien reconnus par leurs pairs et le grand public ; un peu moins par les institutionnels.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Six exploitants sur dix qui com-mercialisent en circuit court sont satisfaits du revenu quils tirent de cette activit. Cest plutt partag en fonction du mode de vente prin-cipal des structures. Les producteurs les plus insatisfaits sont plutt ceux orients principalement en vente di-recte. En effet, 15 % dentre eux ne sont pas du tout satisfaits du niveau de revenu atteint contre seulement 5 % de ceux qui commercialisent plutt via un intermdiaire.

    Au-del de la satisfaction, il est aus-si intressant de constater que six agriculteurs sur dix estiment avoir amlior leur revenu en se lanant dans la commercialisation en circuit court. Et l, il y a des carts entre les diffrents modes de vente princi-paux : plus de 70 % de ceux tourns vers lcoulement via les commer-ants dtaillants et sur les marchs estiment avoir amlior leur revenu. A contrario, pour ceux spcialiss \'-grant (53 %).

    La vente sur les marchs, plus gnratrice demploisLes exploitations orientes principa-lement vers la vente sur les marchs disent avoir gnr de lemploi par lactivit circuit court dans un cas sur quatre. Suivent ensuite celles tournes vers la vente en paniers, dans un point de vente collectif, via une grande ou moyenne surface et la restauration collective. Lemploi gnr tant prenne dans la moiti des cas.Pour autant, toutes exploitations

    confondues, seulement 17 % des exploitations estiment avoir gnr de lemploi en se lanant dans les circuits courts. Un des facteurs ex-plicatifs peut tre le poids impor-tant de la vente via un commerant dtaillant trs prise par nos pro-ducteurs de viandes limousines (bo-vine et ovine) et qui ne gnre de lemploi que dans 9 % des cas. En effet, on a vu prcdemment que, !

    le travail sur les exploitations et le recours la main-doeuvre est donc moindre. Les points positifs dans lconomie de ces exploitations sont que la vente en circuit court ninduit pas obligatoirement des charges en personnel supplmentaires mais une amlioration du revenu et un niveau de satisfaction plutt bon.

    Pas tant dinvestissements %%'''Trois exploitants sur dix ont inves- * uvre ou conforter leur activit de vente en circuit court. L encore, cest lorsque la vente principale se fait via les commerants dtaillants que cela gnre le moins dinvestis-sement. A contrario, la vente directe en dehors de la ferme, et les autres modes de vente via un intermdiaire ont plus ncessit dinvestissements *

  • 0%

    10%

    20%

    30%

    40%

    50%

    60%

    70%

    80%

    90%

    100%

    Vente laferme

    Vente sur lesmarchs

    Autresmodes de

    vente directe

    Vente via uncommerant

    dtaillant

    Autresmodes de

    vente via unintermdiaire

    Total

    Ne se prononce pasPas du tout satisfaitPas vraiment satisfaitPlutt satisfaitTout fait satisfait

    C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    Un impact conomique globalement positif pour tous les modes de vente

    67

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    !;

    SI OUI Type d'emplois gnrs

    Mode de vente principal non ouiVente la ferme 86% 14% 46% 50% 4%

    Vente sur les marchs 74% 26% 43% 50% 8%

    Autres modes de vente directe 78% 22% 37% 53% 10%

    91% 9% 38% 62% 0%

    79% 21% 60% 40% 0%

    Total 83% 17% 45% 49% 6%

    Activit circuit court gnratrice d'emplois

    Emplois permanents

    Emplois saisonniers

    Intgration d'un associ

    Vente via un commerant dtaillantAutres modes de vente via un intermdiaire

    !;+

    Vente la ferme

    Vente sur les marchs

    Autres modes de vente directe

    Vente via un commerant dtaillant

    Autres modes de vente via un intermdiaire

    0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45%

    Local de venteLocal de transformation (y comprisabattage et dcoupe) Chambre froideVhicule (y compris rfrigr)

    Organismes d'Etat

    Collectivits territoriales

    Structures professionnelles

    Organismes bancaires

    Confrres en circuit court

    Ensemble des agriculteurs

    Les voisinsnon agriculteurs

    Le grand public

    1

    2

    3

    4

    1 : tout fait reconnu2 : plutt reconnu3 : pas vraiment reconnu4 : pas du tout reconnu

    Vente la fermeVente sur les marchsAutres modes de vente directeVente via un commerant dtaillantAutres modes de vente via un intermdiaire

    [email protected];!*$

    Proportion dexploitations par mode de vente selon la satisfaction du revenu tir des circuits courts

    Proportion dexploitations par principal mode de vente selon les emplois gnrs et leurs types

    Proportion dexploitations par principal mode de vente selon les investissements raliss

    Reconnaissance moyenne selon le mode de vente principal des exploitations

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    68

    Modes de commercialisation

    Relationnel, courage et bonne connaissance du marchLes conditions de russite et les freins au dveloppement sont souvent lis aux types de mode de vente. Et, lorsquils se pro-jettent dans lavenir, les producteurs souhaitent sorienter vers les groupes de consommateurs.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les principales comptences et qualits que le producteur doit avoir pour russir sont relation-nelles, et ce quel que soit le mode de vente utilis. Huit exploitants sur dix qui commercialisent seulement la ferme citent cette qualit et ils sont presque autant pour ceux qui vendent sur les marchs. Ceux qui passent par les commerants d-taillants pensent quil est ncessaire davoir une bonne connaissance du march. En effet, la relation com-*#-nal et celle avec lintermdiaire nest pas la mme. Dans le second cas apparat la ngociation entre le pro-ducteur et lintermdiaire, ce qui n-cessite une meilleure connaissance de ltat du march, des marges que tirent les commerants, etc. Ce sont dailleurs les producteurs qui travaillent avec les commerants dtaillants qui citent le manque de matrise de la rentabilit comme un frein important.

    Ceux qui vendent sur les marchs mettent moins en avant cette com-ptence et ils citent plus des qualits telles que le courage et la tnacit. Quant ceux qui utilisent au moins quatre modes de vente, ils indiquent quil faut une grande motivation.

    La qualit des produitsLa qualit des produits apparat comme une condition principale, quel que soit le mode de commer-cialisation utilis. La prsence dun bassin de clientle apparat aussi comme une condition de russite, en particulier pour ceux qui vendent

    leurs produits sur les marchs, la ferme et ceux qui utilisent au moins quatre modes de distribution. Quant aux producteurs travaillant avec les commerants dtaillants, cest la prsence et le maintien des petits commerces et suprettes qui res-sort comme tant un enjeu impor-tant. Le soutien des collectivits locales est plutt cit comme tant une condition de russite par ceux qui utilisent beaucoup de modes de commercialisation.

    Un manque de clientleLes freins qui apparaissent comme importants sont le manque de clien-tle proximit des lieux de vente pour les producteurs qui vendent sur les marchs et pour ceux qui utilisent au moins quatre modes de vente. Le manque de clientle proximit du sige de lexploita-tion est ressenti par les agriculteurs qui commercialisent la ferme. Ceux qui utilisent plusieurs modes de vente trouvent que les dpla-cements pour la livraison sont une contrainte et ceux qui ont recours au moins quatre modes citent la charge de travail comme un frein important.

    Ceux qui vendent en direct - la ferme et sur les marchs notam-ment dsignent la rglementation sanitaire et commerciale comme un frein.

    de vente vers les groupes de consommateursLes producteurs pensent plus tra-

    vailler avec les groupes de consom-mateurs plutt quavec les grandes et moyennes surfaces : ils sont prs de quatre sur dix lenvisager dans la Creuse. Ainsi, les produc-teurs creusois tmoignent dun vif intrt pour ce nouveau mode de commercialisation. La vente auprs des groupes de consommateurs intresse particulirement les pro-ducteurs qui vendent leurs produits actuellement en direct et ceux qui ont recours de nombreux modes de vente. Certains pensent aussi se tourner vers la restauration collec-tive pour couler leurs produits.

    Dans les cinq ans venir, les exploi-tants nenvisagent par contre pas # Ceux qui y pensent souhaitent, pour la plupart, galement augmenter les volumes produits. Cest dans la Creuse que lon retrouve la part la plus importante. On peut donc sup-poser que ce sont dans les zones o les exploitants en circuit court sont les moins nombreux, o les densits de population sont les plus faibles, quils comptent aller chercher plus en circuit court.

    Ce sont ceux qui utilisent seulement la vente la ferme qui lenvisagent le moins et ce sont les producteurs qui ont recours au moins quatre modes de vente qui souhaitent le -tion.

  • C ircuits Co u r t s LimousinModes de commercialisation

    Relationnel, courage et bonne connaissance du march

    69

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin en 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

    =dans la Creuse

    #

    0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80%

    Autres modes devente indirecte

    Vente via uncommerant

    dtaillant

    Autres modes devente directe

    Vente sur lesmarchs

    Vente la ferme

    Qualit des produits

    Prsence d'un bassin declientleAccs des quipementsspcifiquesFormation adapte

    Prsence de petitscommerces ou suprettes

    Proportion dexploitations selon la(les) principale(s) condition(s) juge(s) ncessaire(s) pour russir dans la vente en circuit court(trois cites au maximum)

    Proportion dexploitations selon la(les) principale(s) qualit(s) juge(s) importante(s) pour russir dans la vente en circuit court(trois cites au maximum)

    Proportion dexploitations selon les contraintes et les freins la russite des dmarches en circuit court hormis les sans opinion(en %)

    !!

    0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90%

    Autres modes devente indirecte

    Vente via uncommerant

    dtaillant

    Autres modes devente directe

    Vente sur lesmarchs

    Vente la ferme

    Bon relationnel avec la clientleMotivation importanteCourage, tnacitSens de l'organisation techniqueBonne connaissance du marchBonne gestion conomique

    Grandes et moyennes surfaces

    Restauration collective

    Restauration commerciale

    Groupes de consom- mateurs

    Oui 14% 17% 16% 15%Non 84% 80% 80% 80%

    Ne sait pas 3% 3% 4% 5%Oui 10% 22% 20% 38%Non 84% 72% 79% 57%

    Ne sait pas 6% 6% 1% 5%Oui 7% 12% 15% 20%Non 88% 82% 80% 74%

    Ne sait pas 5% 6% 5% 6%Oui 11% 16% 16% 26%Non 85% 79% 80% 68%

    Ne sait pas 4% 5% 4% 6%Limousin

    Diversification des modes de vente

    Corrze

    Creuse

    Haute-Vienne

    !;

    A la ferme

    Sur les marchs

    Autres ventes

    directes

    Via un com-

    merant dtaillant

    Autres via un inter-

    mdiaire

    Important 73 79 75 75 70

    Pas important 23 15 25 6 25

    Important 54 51 71 49 65

    Pas important 42 46 29 47 35

    Important 37 41 39 31 45

    Pas important 58 56 58 63 55

    Important 10 5 7 11 12

    Pas important 77 83 85 73 83

    Important 67 64 64 56 78

    Pas important 32 32 36 37 22

    Important 32 20 37 38 40

    Pas important 58 69 52 43 56

    Important 48 48 47 44 57

    Pas important 41 45 42 38 40

    Important 49 26 58 64 42

    Pas important 33 35 24 17 26

    Important 42 39 56 58 59

    Pas important 50 50 38 31 36

    Important 70 77 81 77 78

    Pas important 24 17 17 19 22

    Important 41 49 32 38 61

    Pas important 57 46 68 54 30

    Important 63 48 48 49 44

    Pas important 34 48 52 45 56

    Important 57 81 59 65 73

    Pas important 34 17 39 30 27

    Important 46 54 52 47 53

    Pas important 40 37 46 33 44

    Dfaut d'information/ de

    connaissances / de comptences

    Charge de travail supplmentaire

    Difficult de conciliation vie familiale / vie

    professionnelle

    Jugement des pairs

    Rglementation sanitaire et

    commerciale trop lourde

    Absence de rfrentiels technico-

    conomiques sur les produits

    Difficult d'accs des financements publics ou privs

    Faiblesse logistique (ex : manque

    d'abattoirs, etc.)

    Manque de clientle proximit des lieux de vente

    Dplacements pour livraison trop

    importants

    Manque d'implication et/ou

    de soutien des acteurs locaux

    Rentabilit non matrise

    Concurrence avec les acteurs du

    commerce local

    Manque de clientle proximit du sige

    de l'exploitation

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    Les circuits courts dans leur

    environnement

    Partie 4 :

    Les 4 C : Coordination, Comptences et Circuits Courts

    Les producteurs la rencontre de leur clientle

    Le rle important des rseaux et des acquis dexprience

    Une motivation individuelle des consommateurs et des distribu-teurs...

    ... mais des contraintes structurelles

    Une ncessaire rgulation collective et publique

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    72

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Avant-propos :

    La quatrime partie de ce rapport replace les producteurs en circuit court dans

    un environnement global o interviennent dautres acteurs : les consomma-

    teurs, les commerants dtaillants ou les grandes surfaces, les quipements

    collectifs dont ont besoin les producteurs (abattoirs en particulier), les orga-

    " '''

    les pouvoirs publics (tat et institutions territoriales). Lexploitation de 44

    dentretiens ralises par lUniversit de Limoges complte ainsi lenqute

    statistique auprs des seuls producteurs ou porteurs de projets en circuit

    court. Cette analyse, cordige par luniversit de Limoges - Geolab - sap-

    puie en grande partie sur ces interviews raliss partir dun questionnaire

    ouvert, auprs de ces diffrents types dacteurs. Ces entretiens ont tous t

    enregistrs. Des citations illustrent lanalyse qui en est faite.

    Une analyse lexicale plus complte sera ralise par le laboratoire Golab de

    lUniversit de Limoges dans les mois venir.

    NB : Les donnes chiffres de cette partie sont tires de lenqute statistique

    auprs des producteurs.

  • C ircuits Co u r t s LimousinEnvironnement des circuits courts

    73

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les 4 C : Coordination, Comptences et Circuits Courts+

    des professionnels doivent tre en partie ralises par des acteurs, ici les producteurs, qui ny sont pas forms. Deux grands enjeux se prsentent aux producteurs. Rencontrer des consommateurs, cest dabord les trouver mais aussi comprendre leurs besoins : comment cette coordination entre loffre et la demande sopre-t-elle ? Cest ensuite rpondre prcisment leurs besoins : quelles comptences sont ncessaires et comment les producteurs peuvent-ils les acqurir ?

    En dehors des principaux circuits de commercialisation, les produc-teurs peuvent rencontrer des pro-blmes daccs la clientle et aux comptences pour les tches habi-tuellement assumes par des inter-mdiaires spcialiss. On retrouve ce duo accs la clientle / accs aux comptences dans lanalyse des conditions de russite comme dans celle des freins au dveloppement des circuits courts :

    - outre la qualit des produits, les conditions de russite mentionnes par les producteurs en matire de circuit court sont, dune part, la pr-sence dun bassin de clientle et la @^ != 'part, laccs des quipements et *+

    *rside dans lincertitude quant lquilibre conomique, 65 % des producteurs mettent en avant la \ -tle de proximit, ce qui se traduit notamment par des livraisons trop lointaines pour 50 % dentre eux. Ils sont 75 % rencontrer des pro-blmes de comptences, que lon # -cult faire face aux normes sani-taires et commerciales.

    k\ producteurs disposent de ressources propres qui les prdisposent adop-ter un mode de commercialisation ou un autre. En particulier, les res-sources informelles de type relations sociales sont dterminantes pour '

    -tion (et donc de relations formelles) dans les circuits courts. Dailleurs, ces relations font partie des prin-cipales motivations des exploitants qui se lancent dans une dmarche de commercialisation en circuit court : pour la majorit dentre eux, la reconnaissance de leur travail et la relation clientle constituent les principales motivations person-nelles.

    ''

    -lations sociales dans la viabilit des circuits courts, un travail de compa-raison entre diffrents types dex-ploitations a t men. Lenqute permettait en effet den distinguer quatre types :

    - Les prcurseurs : lexploitant a dmarr les circuits courts ds son installation, qui sest faite par re-prise dune exploitation pratiquant dj les circuits courts.

    - Les initiateurs : lexploitant a d-marr les circuits courts ds son ins-tallation, qui sest faite par reprise

    dune exploitation qui ne pratiquait pas les circuits courts.

    - Les crateurs : lexploitant a dmarr les circuits courts ds son installation, qui sest faite par cra-tion dune exploitation et non par reprise.

    - Les progressifs : lexploitant a dabord privilgi les circuits conven-

    '-troduction des circuits courts que dans une deuxime phase.

    On constate que les prcurseurs sont ceux qui ont dmarr les cir-cuits courts depuis le plus long-temps, tandis que les crateurs sont les plus nombreux navoir com-menc les circuits courts quaprs 2006 et quils sont moins souvent issus du monde agricole.

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    74

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Les prcurseurs

    26%

    Les initiateurs

    13%

    Les progressifs

    43%

    Les crateurs

    18%

    Origine des circuits courts dans les exploitations

    - Les prcurseurs : lexploitant a dmarr les circuits courts ds son installation, qui sest faite par reprise dune exploitation pratiquant dj les circuits courts.

    - Les initiateurs : lexploitant a dmarr les circuits courts ds son installation, qui sest faite par reprise dune exploitation qui ne pratiquait pas les circuits courts.

    - Les crateurs : lexploitant a d-marr les circuits courts ds son ins-tallation, qui sest faite par cration dune exploitation et non par reprise.

    - Les progressifs : lexploitant a dabord privilgi les circuits conven-

    '-troduction des circuits courts que dans une deuxime phase.

    Les exploitants

    en circuit court

    Source : Agreste - enqute sur les circuits courts alimentaires en Limousin 2010 - DRAAF et Rgion Limousin

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    75

    Environnement des circuits courts

    Les producteurs la rencontre de leur clientle

    Comment les producteurs peuvent-ils rencontrer leur clientle ? Les #connatre. En fonction du degr dinsertion socioprofessionnelle, les pro-ducteurs peuvent privilgier la vente la ferme ou passer par un lieu ddi hors de la ferme et selon la nature de leurs relations socioprofessionnelles, ils ont recours aux magasins de producteurs ou au systme des paniers.

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Selon lorigine des exploitations et lanciennet dans la pratique des circuits courts, les relations socio-professionnelles des exploitants ne sont pas les mmes. Ceci se traduit par des modes de commercialisa-tion diffrents. La vente la ferme, les marchs et les commerants dtaillants reprsentent eux trois plus de 80 % des rponses sur les principaux modes de commerciali-sation. Les crateurs sont sur-repr-sents dans les marchs, tandis que les prcurseurs sont sur-reprsents auprs des commerants dtaillants. Ces pratiques sont cohrentes avec les caractristiques de leurs rela-tions socioprofessionnelles.

    Le march, porte dentre pour linsertion socio-profes-sionnelleCeux qui crent une exploitation ex-nihilo vont plus sur les marchs : en effet, les marchs sont une institu-tion de coordination de loffre et de @et accessible, donc idale pour des individus qui sont encore faiblement insrs dans le tissu local. Parmi les comptences et qualits juges im-portantes pour russir en matire de circuit court, les crateurs mettent dailleurs le relationnel client plus en avant que la moyenne des autres types dexploitation. Parmi

    les conditions de russite, ce sont galement eux qui mettent le plus en avant la qualit des produits : ils sont encore dans une situation de concurrence marchande avec des clients trs mobiles susceptibles de faire dfection chaque dfaut de qualit, alors que les autres exploi-tants sont plus susceptibles davoir !

    En outre, il faut passer un certain temps avant de pouvoir se consti-tuer une clientle stable. Dune part, ds que vous bougez de 15 mtres, les clients ne vous trouvent plus ! ; dautre part, les produc-teurs nont pas ncessairement de produit vendre toute lanne, la diffrence des revendeurs. Pendant leur absence, les consommateurs ont pu prendre de nouvelles habi-tudes, et il nest pas toujours facile de revenir acheter auprs du pro-ducteur.

    X

  • C ircuits Co u r t s LimousinEnvironnement des circuits courts

    76

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    est, a marche pour elle alors elle ne veut plus venir, alors quen fait cest juste que je nai pas le temps.

    Des relations entre pairs et avec les consommateursParmi les modes de vente minori-taires (20 % des rponses), lanalyse des paniers et des points de vente collectifs permet de mieux saisir limportance des rseaux sociopro-fessionnels. Il ne sagit pas seule-ment de disposer de relations socio-professionnelles : selon la nature de ces relations, les producteurs sont plus susceptibles de sorienter vers un mode de commercialisation ou un autre.

    Les progressifs ont moins recours aux paniers (contact direct avec des consommateurs), et plus aux points de vente collectifs (organisation avec des producteurs) : pour ces exploitants dj fortement insrs dans le tissu socioprofessionnel, il est en effet plus ais de contacter

    dautres producteurs. linverse, ceux qui ont le plus recours la commercialisation en paniers sont les crateurs et les initiateurs : ces exploitants ont eu encore peu de contacts avec leurs pairs et leur mode de sociabilit est probablement plus proche de celui des consommateurs que de celui des producteurs. Autrement dit, se-lon le type de relations socioprofes-sionnelles des exploitants, il est plus courant de constituer des rseaux de consommateurs ou des rseaux de producteurs.

    Les circuits courts, facteurs de lien socialLes circuits courts ne sont pas seu-lement des consquences de rela-tions socioprofessionnelles hrites : ils constituent une cause du dve-loppement de ces relations, une fois que cette dernire est tablie avec les consommateurs. Dans les cir-cuits classiques de distribution, les habitudes et les cahiers des charges

    font que les producteurs savent trs prcisment ce que lon attend deux en aval, et les acteurs en aval sont capables dexiger prcisment le respect de certaines rgles. linverse, les normes sont peu sta-bilises lorsque lon sort des modes de commercialisation les plus insti-tutionnaliss. Il sensuit que la coor-dination entre loffre et la demande prend plus de temps : on se rend compte que le prix et la qualit ne sont pas des donnes naturelles, ils doivent tre co-construits par les acteurs lorsque linformation nest pas formellement standardise par un tiers.

    Les producteurs sont obligs de passer plus de temps donner des explications au dbut de la relation. Cela peut concerner :

    - la nature du produit : viande avec le systme des caissettes : les producteurs prennent du temps pour donner

    Des porteurs de projet dsireux de se faire connatre

    Les porteurs de projet dsirant sins-taller en circuit court rencontrent * connatre auprs des consomma-teurs. En effet, tant nouveaux, ils ne disposent pas toujours dun capital social trs important sur le territoire dinstallation. Pour autant, seulement la moiti dentre eux

  • ... et de sintgrer

    sissent de faire les marchs qui constituent des lieux de mise en relation.

    De plus, prs de 44 % dentre eux ne sont pas issus du milieu agricole (parents ou grands-parents) et prs de 38 % dentre eux nont aucune exprience agricole, ce qui risque de

    freiner leur intgration dans le tissu socioprofessionnel et ainsi limiter leur rseau informel.

    X ' #leur exploitation sera issue dune cration ex-nihilo cest--dire quil ne sagira pas dune exploitation dj prsente et connue antrieu-

    rement, ce qui exige un travail de communication supplmentaire, do limportance des rseaux for-mels.

    C ircuits Co u r t s Limousin

    77

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    des recettes des personnes nayant plus le savoir-faire pour prparer des bas morceaux pr-sent peu consomms. Une partie du savoir-faire des mnages sest perdue : une poque o la mnagre de moins de cinquante ans ne fait plus manger, elle se retrouve avec un kilo et demi de pot-au-feu et de buf bour-guignon dont elle ne sait absolu-ment pas quoi faire . Les pro-ducteurs qui pratiquent ce mode de commercialisation sont donc contraints de pallier ce manque de savoir-faire.

    lgumes pour expliquer pourquoi il ny aura pas ou pas encore tel ou tel lgume en rai-son de la saison, des conditions climatiques ou dun ala dans la production.

    *+!caissettes pose galement des problmes pour la

    -siques, les prix sont donns par le march. Ils font dbat, mais ils sont globalement respects. Pour les caissettes, on constate une grande diversit de pratiques : dj, entre producteurs, il y en a qui narrivent pas comprendre

    # #*#carcasse. Alors le consomma-teur il ne comprend pas trop . Les producteurs sont plus ame-

    \]#!consommateur : le prix ne consti-tuant pas une norme clairement tablie, il est ncessaire dintera- ? est classique avec les paniers, caractriss par une dimension commerce quitable : une des ] ! de sassurer que le producteur peut vivre de son activit. La rmunration du producteur fait

    donc lobjet dun dbat, occa-sion de nouvelles interactions sociales. Par exemple, les produc-teurs lissent souvent les prix sur lensemble de lanne, lment quils doivent expliquer quand la quantit des produits nest pas rgulire pour le consommateur : Lan dernier jai eu une dame qui est rentre, pas loin de 80 ans, cest sr au dbut il y avait une botte de radis, une salade, une botte de betteraves, elle trouvait que a faisait cher pour 8 euros, donc oblig de rexpliquer que a squilibre sur lanne et puis en '

    @compris et a lui convenait .

    Les producteurs la rencontre de leur clientle (suite)

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    78

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Le rle important des rseaux et des acquis dexprience

    Pour mener bien la vente en circuit court, il est indispensable pour les producteurs dacqurir des comptences. Pour rpondre cet objectif il #/-mission de comptences de manire informelle et lexprience personnelle. Ces dernires ne peuvent se dvelopper que sur le long terme.

    Un quart des exploitants prati-quant les circuits courts dcla-rent avoir suivi ou envisager de suivre des formations pour acqurir des comptences formelles, se pro-fessionnaliser. Le principal besoin en formation concerne les activits de transformation.

    Concernant les activits de commer-cialisation, plus que de la formation, cest ladhsion des rseaux qui est recherche. Cest principale-ment le cas pour les crateurs, qui sont encore faiblement insrs dans le tissu socioprofessionnel : 29 % dentre eux adhrent un rseau. Ces rseaux tels que Bienvenue la Ferme et Accueil Paysan constituent notamment des portails connus des consommateurs : ils fonctionnent comme des sas de communication entre producteurs et consomma-teurs au-del des relations infor-melles de chacun.

    Certaines activits en circuit court ncessitent lacquisition de matriels * Q sont trs majoritairement raliss en interne. Toutefois, pour cer-taines acquisitions indispensables # ! ^@ volailles, ateliers de dcoupe et v-

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    79

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    mes fromages, je navais pas besoin de gros investissements parce quon met en vente dans un rayon de 50 ! @-cier de drogations . Il existe en effet des rglementations sanitaires communautaires1 et nationales2 * de commercialisation. Ces droga-tions concernent principalement les locaux, matriels et quipements utiliss pour la transformation.

    Acquis de lexprience, intui-tion et mutualisation infor-melleLes exploitants disposent de res-sources informelles qui sont plus aisment mobilisables dans un contexte de circuit court que dans les circuits classiques. Linsertion socioprofessionnelle permet de se passer plus facilement des interm-diaires, par lacquisition de comp-tences issues de lexprience, ou par la capacit constituer un rseau qui regroupe lensemble des comp-tences et matriels ncessaires.

    1 Paquet Hygine Europen qui regroupe les rglements en matire de scurit sanitaire applicables dans lunion europenne2 Arrts et dcrets nationaux prcisant certaines rgles non dfinies au niveau europen

    Les prcurseurs accordent une plus faible importance la formation. De par leur anciennet, il est vraisem-blable que ces exploitants ont ac-quis un savoir bas sur leur propre exprience et ont moins besoin dun savoir formel. Ils ont galement moins recours aux rseaux formels de type Bienvenue la Ferme, Ac-cueil Paysan, etc. Leurs clientles se sont constitues par leur propre histoire (lactivit circuit court ayant commenc avant mme leur reprise dactivit) et ils nont donc pas be-soin de recourir des outils de com-*

    Les comptences informelles du type relations avec le client sont juges nettement plus importantes que les comptences techniques comme lillustre ce producteur : Le ct commercial, cest intuitif, a se fait au feeling . Beaucoup dactivits sont dveloppes selon les opportunits plutt que selon un plan tabli formellement. Les gens voyaient les vaches sur le bord de la route. Alors il y en a qui sarrtaient. On ne soccupait pas forcment de plus dvelopper la vente directe. Et a ma permis de faire des essais , Tout a, a sest rajout petit '

  • C ircuits Co u r t s Limousin

    80

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    Une motivation individuelle des consommateurs et distribu-teurs ...

    Lmergence de consommateurs citoyens, consommateurs engags ou consommacteurs fait partie des thmes mdiatiques. La dimension locale constitue lun de leurs critres dachat. Lautorgulation du systme co-nomique selon une loi de loffre et de la demande est largement porte par la socit civile.

    Les entretiens raliss permettent '

    -vations des consommateurs et des distributeurs pour sapprovisionner directement auprs de producteurs locaux. Mais ils ne dcrivent pas ncessairement le systme dans sa globalit. On se situe au niveau des reprsentations des acteurs : la manire quils ont de se reprsenter les circuits courts. Ces reprsenta-tions contribuent certainement faire voluer les circuits courts, mais la ralit est ncessairement plus complexe.

    /$Les circuits courts peuvent rpondre lattente de qualit. Il y a notam-ment une ide de qualit base sur la slection. On choisit strictement un producteur et on ne remplit pas les rayons avec nimporte quel produit en cas de rupture dappro-visionnement : En tablissant un contact direct avec un producteur, on sait que cest lui, a ne tourne pas. Sil nen a plus, il nen a plus. On en slectionne vraiment un, pas trente-six, et tant pis sil arrive en bout de production, on explique , rapporte un membre de groupe-ment dachat.

    La qualit du produit est aussi lie sa fracheur et au moindre temps pass dans les transports. Selon une commerante : si vous voulez

    que le got soit authentique, il faut ramasser mr, que ce soit larbre ou la terre qui fasse que le fruit ou le l-gume soit point pour tre mang, et pas les alas du transport et de la logistique . Les commerants mettent aussi en avant un ct pratique : lappro-visionnement local direct permet && #@ " par exemple, lt dernier, il y a un car de touristes qui dbarque sur la place, ils voulaient tous le mme produit, jai vite fait un aller retour chez le producteur, et jai rappro-visionn .

    k #@ traduit dans la possibilit de diversi-

    damliorer la gestion de la trsore-rie. Selon les produits et selon les producteurs, on peut faire du dpt-vente, payer la livraison ou adap-ter les paiements en fonction des contraintes de chacun.

    Ouverture sur la vie des ter-ritoiresAlors que chaque acteur cono-mique se contente habituellement *' intrt dans lchange, les acteurs des circuits courts mettent en avant une volont dtablir un lien social, une proximit subjective. Une pro-ductrice stonne mme de lam-pleur des relations chaleureuses qui

    se sont dveloppes depuis quelle commercialise en direct : il y a comme une chane humaine , alors que dans les relations commerciales traditionnelles on ne va pas aller fliciter un responsable de grande surface quand un produit est bon . Selon une cliente la ferme, de toutes faons, si le producteur il fait a, cest quil aime le contact client, quil a envie de discuter .

    Le prsident dun groupement de consommateurs note que leurs rela-tions aux adhrents portent moins sur les produits quils pourraient acheter que sur lorganisation de runions, de visites et de repas. Pour certains lattente est trs forte et peut tre due : dans mon ide jallais minscrire une associa-tion, quau moins les mercredis soir ce soit quelque chose dultra convi-X]*''pas grand monde .

    Louverture lenvironnement peut se traduire galement par une cer-taine curiosit des consommateurs. Pour beaucoup dentre eux, il y a une volont dapprendre comment on cuisine, comment on fait pous-ser les aliments ou on lve les btes. Une consommatrice de mar-ch raconte : Il fait moins quinze degrs et du coup on leur demande comment ils ont russi sortir les l-gumes de terre. Ils vous expliquent

  • 81

    Environnement des circuits courts

    Agreste Limousin - Dossier spcial Circuits courts - juin 2012

    deux trois petits trucs . Un habitu des achats la ferme ajoute : Moi jaime bien discuter et vu que jai des animaux je leur demande des petits conseils . Ou encore, une consommatrice en boutique de pro-ducteurs explique que Quand il y a un nouveau qui arrive on essaye de voir un petit peu comment il est organis . Un commerant ajoute dailleurs que son mtier cest aus-si faire de la rducation sur le pro-duit rgional : quest-ce quon fait dans le Limousin ? Quest-ce quon mange ? , tandis quun membre de groupement dachat prcise quils favorisent les producteurs qui sont daccord pour donner des infos . Cette attitude nest pas considre comme intrusive (mme si certains demandent visiter les exploita-tions) : Beaucoup ont lhabitude et ils texpliquent sans que tu aies vraiment leur demander .

    Enjeux de socitCertains consommateurs et distri-buteurs relient leur dmarche de circuits courts une revendication plus politique. Il y a des gens qui prennent la boutique juste parce quon peut acheter des bonnes choses, et il y en a dautres qui voient plus les motivations soci-tales derrire : on soutient les pro-ducteurs locaux, pour que la cam-pagne vive . Ainsi, le soutien lconomie locale est voqu mme

    au-del du seul secteur agricole chez certains consommateurs : je ne sais pas si cest du lait creusois mais je sais que je fais fonctionner une entreprise creusoise au moins pour lempaquetage , cest aussi faire vivre les personnes du terri-toire, lpicier aussi pas que les pro-ducteurs, essayer de garder les pe-tits commerants, tous les gens qui essayent davoir des initiatives. Cest aussi pour a que pour la viande je vais chez le boucher pas chez le pro-ducteur .

    Limpact cologique est galement cit quoique plus rarement et sou-vent de manire secondaire : plu-tt quil y ait 50 clients qui aillent chez tel producteur puis chez tel producteur, l tu as une personne qui prend la commande de 50 per-sonnes pour aller chez le produc-teur, donc dj a fait moins de kilomtres et puis aprs cest pareil pour la distribution des produits, tu as un lieu central . Lintrt envi-ronnemental de la dmarche circuit court est complexe apprhender, et il ne constitue gnralement pas une motivation part entire.

    Consommateurs et distributeurs sont donc prts intgrer dans leur dmarche dautres critres que ceux purement conomiques tels que le prix. De ce point de vue, les circuits courts participent du mou-

    vement plus gnral de responsa-bilit sociale et environnementale des acteurs conomiques. Dans cer-tains cas, cela peut aller jusqu des dmarches dconomie sociale et solidaire, cest--dire avec llabo-ration de chartes contraignantes et ladoption de statuts qui permettent de contrler que les dimensions so-ciales et environnementales ne sont pas relgues au second rang der-rire les rgles conomiques.

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    ... mais des contraintes structurelles Comme pour les producteurs, labsence dintermdiaire est loin dtre ano-dine pour les consommateurs et les distributeurs. Ceux-ci peuvent rencontrer ##de mobilit des populations peut alors tre considr comme un frein. Mais le fait que le Limousin tire son pingle du jeu des migrations en attirant de nouvelles populations est un atout qui ouvre des perspectives favorables.

    Alors que les grandes et moyennes surfaces sont facilement identi- qui cherchent sapprovisionner localement peuvent-ils connatre les circuits de distribution qui rpondent leurs critres ? Selon un commer-ant de produits locaux, souvent, il y a des gens qui nous cherchent, qui nous appellent ... Nous pour se faire connatre, on fait des anima-tions devant chez nous, des dgus-tations o les producteurs viennent faire dguster. Mais cest assez com-pliqu de faire a ailleurs . Face cette contrainte, les habitudes sont tenaces : plus des deux tiers des dpenses alimentaires sont effec-tues en grande surface (source Insee). Ceci explique quun membre dun groupement de consomma-teurs constate que le systme nest pas si contraignant que a et en plus cest convivial, mais ce sont des habitudes de consommation des gens daller au supermarch alors le groupe ne grossit pas vite .

    Non seulement, les circuits alterna- @

    -ciles pntrer, mais en plus une consommatrice qui change souvent de rgion en raison dune mobilit professionnelle note que les repres quelle avait acquis dans une rgion ne sont pas valables dans une autre, quil faut donc prendre le temps de les reconstituer. Une autre note

    propos de la vente directe que de toute faon, ce nest pas vraiment comme faire le supermarch, l-bas on y va que pour a. Tandis que l, ce sont les amis, la famille alors on que la fonction conomique dap-provisionnement se retrouve ainsi insre dans les relations sociales, il faut une certaine stabilit du tissu social.

    Moins dintermdiaires, plus de ressources informelles

    Comme les producteurs, les dis-tributeurs et les consommateurs sadaptent labsence dinterm-diaires, et donc labsence de leurs comptences, de trois manires :

    - Acquisition de comptences :Les consommateurs peuvent ren-contrer des problmes quant la prparation de produits quils sont habitus acheter transforms. Cest le cas pour certaines parties des animaux mais aussi pour certains lgumes. Lorsque les producteurs ne transforment pas eux-mmes, ils font leffort de transmettre des re-cettes pour leurs clients. Il sensuit un travail plus important de cuisine pour les consommateurs.

    - Possibilit de faire lconomie de certaines comptences :En raison de lapprovisionnement di-

    rect, les dmarches de circuit court sont moins gourmandes en sys-tmes de gestion en matire de tra-abilit. Il est plus ais de les mettre en oeuvre quand il y a au maximum un intermdiaire : plus on rajoute dintermdiaires, le problme, cest comment on retrouve la source quand il y a un problme ? , note un commerant.

    - Mobilisation de comptences informelles :Les relations dinterconnaissance peuvent apporter un gage de

    contrle : il y a quand mme cette ide l de se dire que cest un voisin ou quon connat quelquun qui connat la personne . Pour les livraisons habituellement assu-res par un professionnel, les dis-tributeurs sarrangent en fonction des opportunits. En discutant, un producteur et un distributeur se rendent compte quils passent au march le mme jour, tandis que deux producteurs sarrangent pour livrer alternativement, etc.

    Un contexte de mobilit dfa-vorable ... ?

    Les ressources informelles ntant -cilement transmissibles : dune part, leur acquisition ncessite un temps long, dautre part, elles sont forte-

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    ment lies leur territoire et ne sont donc parfois pas valables ail-leurs. Une commerante tmoigne ainsi : Cest trs long mettre en place, un produit de qualit, cest trs long. Le prix cest facile pour se dcider, mais le got, il faut discuter, avoir un contact, prendre le temps (). Les gens dici maintenant