Macadam janvier 2012

  • View
    215

  • Download
    0

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Bruno Solo la Une de Macadam

Transcript

  • n93WWW.MACADAMJOURNAL.COM

    MACADAM, LE MAGAZINE COUP DE POUCE2 EUROS > 1 EURO MINIMUM AU VENDEUR

    LES VENDEURS

    VOUS SOUHAITENT

    UNE BELLE ET HEURE

    USE

    ANNE 2012 ET

    VOUS PRSENTENT

    LEURS MEILLEURS

    VUX

    JANVIER 2012

    CHINE TUDIANTS PAUVRESPROUVEZ-LE !

    XAVIEREMMANUELLILATROCE LIBERTDES ENFANTSDES RUES

    LES HUMANITAIRESCHERCHENT LEUR VOIEDANS UN MONDEEN CRISE

    2012LANNEDU RENARD

    COLOLE LIVRE ?

    JEUX, BD,MOTSCROISS...

    BRUNO SOLO

    LA SOLIDARITDOIT TREMILITANTE

    macadamnumro 93_Mise en page 1 19/12/11 16:51 Page1

  • page 2 - M A C A D A M 9 3

    DES VENDEURS COLPORTEURS DE PRESSELes vendeurs de Macadam ne tendent pas la main. Ils sont vendeurs colporteurs de presse(statut VDI), fiers de leur mtier et de leur journal. Acheter leur Macadam dont ils participentau choix des sujets et des textes est la plus belle des rcompenses et leur donne les moyens desinsrer socialement et conomiquement.

    COMMENT A MARCHE ? Sur les 2 euros du prix de vente > 1 euro minimum, en fonction des villes et du cot

    de transport, va directement au vendeur. Cela reprsente son bnfice sur la vente du journal.

    > 1 euro sert la fabrication et la diffusion du journal.

    UNE ASSOCIATION SANS BUT LUCRATIFLa diffusion est assure par lassociation sans but lucratif Les Artisans du Macadam dont leconseil dadministration est compos la fois de professionnels des mdias et de personnesvendant ou ayant vendu le journal Macadam. Lassociation a recu lagrement dassociationdinteret general. Les personnes offrant des dons a Macadam peuvent deduire 66% des montantsdes dons de leurs impots. Renseignez-vous : 04 78 97 26 73.

    UNE QUIPE DE PROFESSIONNELSPonctuellement ou de faon rgulire, ils prtent leur plume et leur temps pour la ralisationde Macadam. Ils sont journalistes, dessinateurs, photographes, directeurs de cration oumaquettistes. Ils rivalisent denthousiasme et de coeur pour cette belle aventure.

    UN RSEAU INTERNATIONALMacadam est membre et son unique reprsentant en France de lInternational Network ofStreet Papers (INSP), ou Rseau international des journaux de rue. Une reconnaissance pour saqualit rdactionnelle et son travail auprs de ses vendeurs. Le rseau, dont le sige est situ Glasgow regroupe 110 journaux de rue, rpartis dans 40 pays et sur 5 continents. Ces titres offrent des opportunits de travail 200 000 personnes et publient 38 millions de journauxchaque anne. Macadam a reu le label "Anne europenne de lutte contre lexclusion sociale".

    Vous voulez aider

    une personne

    en difficult?

    Proposez-lui de de

    venir

    vendeur de Macada

    m.

    Contact :

    06 31 96 34 76

    Macadam mensuel [dition janvier 2012]www.macadamjournal.comcontact@macadamjournal.comdistribution nationaleLes Artisans du Macadam, association loi 1901,reconnue dintrt gnralPrsident : Gabriel Gaudillat, sige : 84 quai de Jemmapes, 75010 Paris.Renseignements : 04 78 97 26 73.Anne-Claire Gosselin, chef de projet : 07 62 82 31 12agencesParis : le Secours Populaire,13 rue Froissard, 75003 Paris,lundi, mercredi et samedi de 10h 12hClment au 06 86 41 64 20Lyon : Secours populaire :Bernard au 06 73 52 61 90.directeur de la publication Franois Fillonrdactrice en chef adjointeCaroline CharronrdactionSophie Baqu, Christine Bergougnous, Marie-PierreCharneau, Caroline Charron, Gabriel Gaudillat, MichelHannequart, Margot Loizillon, Raymonde Prades, ThierryQuintry-Lamothe, Sad Mahrane, Frdric Ravenne, MlanieRembert, Danile Rudel-Tessier, Hlne Seingier, CatherineSelden, Anne-Marie Thomazeau, Bruno Usannaz-Jorisrvision Marie Dominique Bergouignanpartenariats Micheline Perrinpartenaires@macadamjournal.comcouverture DRillustrationsDominique Goubelle, Philippe Tastet, Le Cil Vertgraphismebeau fixe, manufacture dimagessite web Vronique Gurinditionsarl Media Compagnieimpression Imprimerie Chirat,Saint-Just-la-PendueDpt lgal parution /ISSN : 1954-166XCPPAP : 1209 I 89259partenaires Courrier International, Fondation Macif, Fondation CarlaBruni-Sarkozy, Fondation Nicolas Hulot, Fondation Seb,Fondation Crdit Coopratif, France infos, Habitat etHumanisme, Price Minister, Secours Catholique, SecoursPopulaire, Tour de France Humanitaire...

    bonne anne !Leuphorie des ftes est retombe et la vie reprend son train-train quotidien.

    Pourtant, cette anne 2012 sera rythme par les campagnes lectorales :

    lection prsidentielle, lections lgislatives. Qui que soient le nouveau

    Prsident et les membres du nouveau gouvernement, quelle que soit la future

    composition du Parlement, il est souhaiter que tout soit mis en uvre pour

    que chaque citoyen puisse vivre dignement.

    Mais, dans ce monde en mutation, lesprance dune socit plus juste, plus solidaire nest

    pas du seul ressort de nos politiques. Nous pouvons tous apporter une pierre ldifice.

    Dans cet objectif, Macadam, en partenariat avec le dpartement de Paris, a mis en place

    un dispositif nomm Premires Heures ayant vocation tre le premier pas vers un

    parcours dinsertion pour un public particulirement loign de lemploi.

    Bonne anne tous.

    par Gabriel Gaudillat, prsdient des Artisans du Macadam

    g.gaudillat@macadamjournal.com

    L D I T O

    macadamnumro 93_Mise en page 1 19/12/11 16:51 Page2

  • M A C A D A M 9 3 - page 3

    L I N V I T en partenariat avec www.youphil.com

    Lexclusionest la patho-

    logie socialede notre temps.

    Elle est lie la pau-vret conomique et en

    cela est accentue par la crisefinancire, mais elle est surtout la consquence de notre mode devie en milieu urbainConsquence des exodes ininterrompus quidepuis des dcennies drainent vers les cits des populations nou-velles. Celles-ci abandonnent les rites, rythmes et coutumes dessocits traditionnelles qui dans une certaine mesure les prot-geaient pour venir constituer des villes-monstres, des mgapoles,sur tous les continents, qui rendent chacun tranger lautre, etfabriquent des bidonvilles linfini. Ce phnomne mergent estuniversel, ces hommes et ces femmes ne sont plus insrs dans unprojet commun de socit et se replient sur des agrgats commu-nautaires ou ethniques dans les meilleurs des cas ou, pire, restentaux marges et survivent la rue, inventant des comportements rudi-mentaires dune existence au jour le jour.

    LA RUE, UN NON LIEUIl est une exclusion intolrable gnre par ces vies marginales :celle des enfants ou plus gnralement des jeunes mineurs qui ten-tent eux aussi de survivre sans protection, sans affection, dans laviolence dun monde sans perspective. Ils sont la rue.Pour diverses raisons, ils nont plus de liens familiaux, mais pourla plupart ils sont les victimes des exodes qui ont dracin leursparents biologiques. La rue est un non lieu, bien que ce soit unespace de vie, ce nest pas un espace rassurant, et les enfants quivoluent sont constamment en danger, ils recherchent dabord uneprotection, cest pourquoi ils vont se constituer en petites bandes,dabord en groupes erratiques de deux ou trois avant de formerune entit plus organise ds quun moins jeune ou un ancien dela rue plus expriment en prend la direction.Direction est sans doute un mot fort pour signifier quun chef, quuncad, va mener le groupe. Ce groupe, cest la tentative dunereconstitution familiale qui permet de se retrouver entre semblableset avoir le sentiment dtre protg, de se sentir vivant.Mais le prix payer est trs lourd, les grands dominent les petits par la sexua-lit, comme dans la meute des origines.

    AUCUNE TRIBUNE POUR DPOSER SA SOUFFRANCELe corps de lenfant groupe ne comprend pas ses limites, cestpourquoi il na pas connaissance de son altration et le peroitsouvent comme une ressource possible, ce qui peut le mener laprostitution. Mais lenfant de la rue sait quil na aucune tribunepour dposer sa souffrance ou son angoisse. Il vit dans un tempsqui ne scoule pas, o il ne se passe rien. Ce sont toujours lesmmes gestes, les mmes actes ceux de la rptition, seule unedescente de police ou le dcs dun voisin peuvent rompre lamonotonie de ce perptuel prsent de la survie.

    Pourtant ces enfants jouent, cest mme leur caractristique. Ilsgrandissent par le jeu dans latroce libert de la rue, du jeu tra-gique de la vie, et de la mort, dont ils nvaluent pas lenjeu.Ils ont tt fait de reprer les associations de bonne volont qui ten-tent de les aider avec plus ou moins de professionnalisme et vontles instrumentaliser dans une dmarche ludique et de fait, vont lesplacer en situation de concurrence.

    COLLE, HALLUCINOGNE, HRONETous les groupes denfants travers le monde usent de toxiques,colle, amphtamines, hallucinognes ou de produits plus labors,psychotropes ou hrone. Cette prise de drogue a pour effet de secouper ses sensations, du sommeil, de la fatigue, de la faim, dessouvenirs et des messages du corps qui se constitue et que lenfantne comprend pas. Elle conduit des sentiments dindestructibilit,dinvulnrabilit elle permet de raliser les vols et les dlits etrenforce cette impression irrelle de cache-cache permanent avecle monde des adultes forcment agressif. Cest ce moment quilfaut faire preuve dun grand professionnalisme : labandon troprapide des amphtamines peut donner des tats dpressifs, laban-don des solvants, des tats confusionnels et paranoaques. Il fautdu temps pour reconqurir la grammaire du temps, de la persua-sion et de lautorit pour faire accepter les contraintes de lespacedu centre dhbergement, manifester beaucoup de sympathie etdaffection pour les enfants qui vivent un monde dmotions.En somme leur faire perdre leur code de survie et cet espace dvo-lution du jeu pour les faire voluer vers une vie sociale. En sommeles faire grandir, leur donner des atouts pour devenir des hommes.

    Xavier Emmanuelli (texte intgral sur : Youphil.com)

    XAVIER EMMANUELLI

    LATROC