of 50 /50
Nantes délire, Nantes respire Yann Superchi / Bruno Audebaud Architecture, développement durable et processus haute qualité environnementale 2007/2008 Pôle Atlantique de formation Continue / URCAUE des Pays de la Loire / Maison de l’Architecture, des Territoires et du Paysage

Nantes délire, Nantes respire

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Nantes délire, Nantes respire de Yann Superchi et Bruno Audebaud

Text of Nantes délire, Nantes respire

  • Nantes dlire, Nantes respire

    Yann

    Sup

    erch

    i / B

    runo

    Aud

    ebau

    d

    Architecture, dveloppement durable etprocessus haute qualit environnementale 2007/2008Ple Atlantique de formation Continue / URCAUE des Pays de la Loire / Maison de lArchitecture, des Territoires et du Paysage

  • sommaire

    tat desprit +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ 4

    dsordres / revue de presse ++++++++ 6

    ville / renouvellement ++++++++++++++++++++++ 14

    pistes urbaines +++++++++++++++++ 18

    bonus track +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ 46

    utopie ? ++++++++++++ 48

    N

    ON MER

    C

    I

    BL

    A

    DE

    RUN

    NER

    ?

  • Etat desprit

    -Dites moi pendant que jvous tiens l, a veut dire quoi monde de merde, sans tre indiscrt?-Tu te rveilles 35 ans pour te demander cque a veut dire monde de merde! Cest pas qu tes indiscrt, cest juste que tes un con. En disant monde de merde jai voulu dire que lmonde allait mal, cest un cri de r-volte que jai lan mes frres opprims. Finissons-en avec la rsigna-tion et lindiffrence! Ovrons les yeux! partout linjustice, le nationalisme, lexclusion, amdbecte!Tas dj entendu parl de lhgmonie du grand capital?-Non.-Tu tinterresses pas la politique? Bah, tu devrais. Faut smettre au tra-vail, afi n de vaincre les fanachismes, cest un concept moi, a dnonce la fois les fachistes et les fanatiques.-Merci Monsieur Abitbol, vous mavez ouvert les yeux.

    -Regarde plutt la route....(crash de la voiture)-Ah! Monde de merde!-Ouais, moi aussi jai bien envie de le dire, monde de merde!

    dialogue extrait du fi lm le grand dtournement ou la classe amri-caine , crit et ralis par Michel Hazanavicius et Dominique Mzeretteproduit par Eve Vercel, Robert Nador et Michel Lecourt72 min, couleur, Warner Bros/DUNE Production,1993

    4

  • Cet extrait de fi lm illustre assez bien notre tat desprit ; les premires images qui nous viennent quand on voque la question du dveloppe-ment durable sont assez ngatives et renvoient souvent des dsas-tres, des catastrophes, des sinistres, des dgradations... quils touchent lenvironnement, et/ou les populations.La dimension conomique, sociale et politique voque dans lextrait nous semble fondamentale pour aborder le sujet. Nos interrogations sur le systme dominant actuel nourissent lensemble de notre rfl exion.

    Mais avant daller plus en avant, nous souhaitions faire le point, sur quel-ques uns de ses dsordres pour ne pas vacuer la ralit/gravit du su-jet. Ce constat est prsent sous la forme dune revue de presse.Cette approche, peut paratre assez violente au premier abord, mais nous pensons que bien quune certaine prise de conscience soit dja prsente, nos modes de vie et de pense occidentaux nous loignent assez rapi-dement de ces ralits, et par consquent de laction.Il faudra toujours informer, inquiter, choquer peut-tre pour viter len-dormissement dune part, et surtout la rcupration mdiatique et com-merciale de la cause durable dautre part.

    Aprs ce tour dhorizon un peu bouch, nous avons voulu recentrer notre questionnement en rapport avec notre mtier darchitecte.De ce point de vue, le sujet de la ville parat incontournable.Lieu de toutes les concentrations (population, fl ux, activits, culture...), il doit devenir le terrain dinvestigation dun renouvellement urbain du-rable.

    Sinterroger sur la ville, nous a amen parcourir notre quartier (mdia-thque/musum) dans une redecouverte ludique des ses potentiels.Questionner la ville, en parallle dune recherche sur les projets architec-turaux, urbains, artistiques actuels en rsonnance avec nos envies, nous a permis de proposer quelques pistes, qui tmoignent de notre volont de faire et de penser dans le sens dun avenir soutenable.

  • dsordres / revue de presseLapproche alarmiste diffuse quotidiennement par les mdias concer-nant le dreglement climatique, lpuisement des ressources, les catas-trophes naturelles, les missions de CO2... nous interroge sur les manires de sensibiliser lopinion public la question du dveloppement durable.

    *-ressourcesLhomme depuis toujours puise sa richesse de la nature. Nous sommes les premires gnrations a tre confrontes la fi nitude des ressour-ces naturelles.

    Ressources nergtiques : au rythme des consommations actuelles, nous disposons de 41 annes de rserves prouves de p-troles, 70 annes de gaz , 55 annes dura-nium. (statistical review of worlr energie, gaz de france, commission des communauts europennes 2000)

    Le cot des matires premires a explos en prvision des stocks res-tants : (london metal exchange)

    Le discours des multinationales de lnergie fossile est tout autre : Pour vous notre nergie est inpuisable .

    Au Canada, on exploite maintenant du ptrole non conventionnel trop coteux produire auparavant :Total convoite les sables bitumineux de lAlberta - Lextraction du bi-tume : [...] La technique minire requiert de gros travaux et une forte con-sommation deau. Une autre technique, utilisant la vapeur, est trs ner-givore, et provoque dimportantes missions de gaz effet de serre (Radio Canada, 2005)

    6

  • Cest dsormais une certitude, les prix ptroliers et alimentaires ne vont pas baisser de sitt. Il faudra sadapter , et vite. Dj les automobilistes amricains roulent moins vite , note Newsweek et en France la consom-mation de carburants diminu de 10% au mois de Juin dernier. Et en Asie, de nombreux pays cessent de subventionner le carburant.A moyen terme, lexplosion des cots transports va ralentir les changes commerciaux , les dlocalisations et bouleverser nos modes de consom-mations : vers le retour en grce des produits locaux note le Business World de Calcutta. Cette nouvelle donne freinera la mondialisation mais creusera aussi les ingalits.

    Lextraction et la production de ptrole peut galement mener la ruine et la guerre civile. Instabilit, corruption, insurrections de nombreux pays, nouveaux producteurs, connatront bientt la maldiction de lor noir, explique le politologue amricain Michael L.Ross.

    (courrier international n917, avril 2008)

  • *-climat AFP - Jeudi 13 dcembre 2007, 08h03GENVE (AFP) - Le nombre de catastrophes naturelles dans le monde a progress denviron 60% entre 1997 et 2006 par rapport la dcennie prcdente, passant de 4.241 6.806 dsastres, a alert la Fdration internationale de la Croix-Rouge qui attribue cette tendance aux con-squences du rchauffement climatique. Le nombre de morts a mme doubl par rapport la priode 1987-1996, passant de 600.000 1,2 mil-lion, selon le rapport annuel de la Fdration sur les catastrophes publi jeudi.

    Tsunami :photo de Franck Lavigne, Ecole Doctorale de Gographie de Paris

    cyclone Catarina : www.science-et-vie.net

    ...Je trouve trs inquitant lampleur des dgats prvus : baisse de productivit agricole, dommage aux rgions cotires, impacts sanitaires, aridit croissante de certaines rgions trs peuples comme le bassin mditrranen......Lautre chose inquitante-mais jespre que cela va changer dans les deux annes qui viennent- cest que ce jour, la commu-naut mondiale na toujours pas commenc agir srieusement.(RAJENDRA PACHAURI, Les dossiers de la recherche n31, mai 2008)

    8

  • www.plusniews.frLa pninsule antarctique a connu lun des rchauffements les plus rapi-des sur Terre avec prs de 3C au cours des cinquante dernires annes.(british Antartic Survey)

    Le dernier rapport du Groupe international dtudes sur le climat (GIEC) voque alors une lvation des ocans comprise entre 18 et 59 cm. Des populations entires vivent sur les zones ctires et sont donc mena-ces dinondations. Certains pays comme le Bangladesh, o 17 millions dhabitants vivent sous le niveau de la mer, et certaines les du Pacifi que pourraient tre submergs.

  • *-pollution

    Un Septime continent compos de dchets.Dans le pacifi que nord, les courants ocaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre dsormais une zone grande comme six fois la France.(courrier international n907, mars 2008)

    Campagne Rduisons vite nos dchets, a dborde360 kg par an et par habitant : cest le poids des dchets mnagers que nous jetons chaque anne, un poids qui a doubl en 20 ans, du fait de lvolution de nos modes de vie. (campagne du Ministre de lEcologie et du Dveloppement durable et lADEME) 10

  • LES REJETS INDUSTRIELSLa pollution atmosphrique est gnre par lhomme directement ou indirectement dans latmosphre et les espaces clos sous forme de substances ayant des consquences prjudiciables de nature mettre en danger la sant humaine, nuire aux ressources biologiques et aux cosystmes, infl uer sur les changements climatiques, dtriorer les biens matriels, provoquer des nuisances olfactives excessives. (www.ademe.fr)

    Selon lAgence internationale de lnergie (AIE), la Chine, lun des prin-cipaux pollueurs du monde et qui dpend du charbon pour son nergie, pourrait ds cette anne ravir aux Etats-Unis la premire place pour les missions de dioxyde de carbone et dautres gaz effet de serre, accuss dtre la cause du rchauffement climatique

  • *-population

    1900 : 10% de la population mondiale vit en milieu urbain.

    2008 : 50% de la population mondiale vit en milieu urbain, soit 3,3 milliards dhabitants.

    2030 : 80% de la population mondiale vit en milieu urbain, soit 5 milliards dhabitants. (les 3/4 dans les pays pauvres)(global urban observatory)

    La population urbaine d Afrique et dAsie doublera de 2000 2030. En dautres termes, la croissance dmographique enregistre dans ces deux rgions depuis le dbut des temps historiques se rptera en lespace dune gnration.

    Dans ces conditions, les efforts dploys pour relever les dfi s et saisir les possibilits de la transition urbaine doivent tre empreints dun sentiment durgence .(extraits de UNFPA state of world population 2007)

    En une heure :

    60 personnes de + Manille

    47 personnes de + Delhi

    21 personnes de + Lagos

    12 personnes de + Londres

    2 personnes de + Paris(F: Moriconi-Ebrard, 2000)

    Tokyo sera la seule ville riche continuer de fi gurer sur la liste des 10 plus grandes villes.(global urban observatory)

    En 2008, trois quarts des Franais vivent en ville.(alternatives conomiques, juin 2008)

    Anamorphose de la rpartition de la population franaise

    12

  • *-ville-shopping

    ville / renouvellement

    Les mcanismes et les espaces du shopping faonnent les grandes ag-glomrations des pays dvelopps .

    Le shopping organise les lieux de travail, les lieux de sommeil et les lieux de dtente. Tous les lieux de vies sont rgis par la consommation: les centres historiques, les muses, les hpitaux, les universits, les coles, les aroports

    La ville-shopping fait cho la SLAVE CITY dcrite par Joep Van Lies-hout. Cette Cit des Esclaves voue au productivisme le plus forcen, consommant simultanment hommes et nergie. Cette ville est un simulacre de camp de concentration o lon travaille 14 heures par jour, une mtaphore de notre monde en pleine mutation, une critique cynique de la mondialisation. De manire ironique, le caractre organique de Slave City fait cho lobsession cologique actuelle.

    Le libralisme conomique trouve dans les accords de Grenelle de lenvi-ronnement un formidable acclrateur de la consommation :la notion de dveloppement durable est comprise comme un accroisse-ment permanent du dveloppement conomique.

    Extrait du rapport annuel 2007 de Kaufmann et Broad (promoteur immo-bilier amricain) : Nouveaux revtements, nouveaux vitrages, chauffage solaire, traite-ment des dchets Les innovations se sont multiplies au cours des deux dernires annes. Dsormais, dmarche environnementale peut rimer avec modernit, technologie et qualit architecturale .

    *-conomique / thique

    La surenchre technologique nous loigne des fondamentaux de lacte de construire (qualit despace, dusage, et dintgration) au profi t dune juxtaposition dinnovations technologiques.

    Un tiers de la population mondiale invente des besoins inutiles au reste de lhumanit.

    Le secteur bancaire propose des prts verts favorisant les prts la consommation attractifs dans la rnovation de lhabitat . Le systme rcupre des valeurs thiques pour dvelopper du chiffre daffaire.

    La ville-shopping rduit nant lessence mme de ce quon appelle un espace public : lespace nest plus public. Il nexiste plus de lieux libres dusages dans la ville ou bien sous contrle daccs. Les seuls lieux accessibles deviennent des terrasses ou lon consomme. Les affi ches publicitaires privatisent lespace public (voir les collectifs de dboulon-neurs. www.deboulonneurs.org).

    14

  • *-m2 =

    Comment faire accepter aux franais de changer leur mode de vie aprs leur avoir fait miroiter depuis des dcennies le rve de devenir propritaire dun petit pavillon?

    Juin 2008, campagne publicitaire gouvernementale sur leur pouvoir dachat : vous tes impatient de devenir propritaire de votre rsidence principale la bataille du pouvoir dachat se gagne au jour le jour.

    Lacte de btir nest pas dclench par une envie de vivre autrement mais plutt dfi ni par la capacit demprunts des futurs acqureurs dfi nissant ensuite les options de la future maison familiale : une maison de lotis-sement dans un bourg l cart de la capitale rgionale pour un budget modeste ou bien un appartement style loft avec terrasse panoramique en centre ville.

    Notre systme conomique libral individualise les familles face laccs la proprit.Il faut encourager les citoyens dvelopper une mentalit nouvelle, plus ouverte aux intrts collectifs .Les runions de matres douvrage privs se mettent en place en France, des collectifs rgionaux se constituent afi n dacqurir les sur-faces constructibles en ville et de construire des logements collectifs alternatifs.

    BANKSY, 2006

  • *-principe de prcaution

    Ltat a besoin que ce systme de consommation se droule dans lor-dre et le calme. La ville sassche dans une logique de prvention de la dlinquance, le ministre de lintrieur entend peser de plus en plus sur les choix urbanistiques, notamment pour les amnagements importants des quartiers.

    Violences urbaines : La police s empare de la rnovation des quar-tiers : Ne plus construire de dalles do des meutiers pourraient lancer des pierres. Positionner des plots en bton devant les commerces risquant dtre viss par une voiture-blier. Supprimer les auvents devant les halls dimmeubles pour empcher les rassemblements de jeunes... (Extrait du Monde du 27 Janvier 2008)

    Comment mettre un terme la surprotection du lgislateur, le fameux risque zro que lon retrouve dans toute la structure de notre tat : Justice, enseignement, sant Ce risque zro qui fabrique une ville lisse et homogne faite de ralentis-seurs et de camras de vidosurveillance.

    *-crise du logement social

    Le logement social ne progresse pas assez vite en France.

    Le dfi cit en logement tait estim 800 000 dbut 2008, et les loge-ments construits oublient trop souvent les plus pauvres. Le budget que consacre les franais au logement ne cesse de crotre, il se situe devant lalimentation, alors que la situation tait inverse au dbut des annes 80. La fondation Abb Pierre estime quun couple avec deux enfants log dans le secteur priv en province et dont le revenu est gal 1,5 Smic va dpenser, aprs dduction de laide au logement, 54,3% de son revenu pour son loyer. Un niveau insoutenable .

    30% des villes franaises ne respectent pas en 2008 lobligation de 20% de logement sociaux.

    Cette crise du logement doit provoquer une raction de la collectivit en terme dassouplissement de la rglementation urbaine pour faire voluer les nouvelles expriences urbaines.

    Christoph Steinbrener & Rainer Dempf, Vienne, 2005.

    16

  • *-rglementations

    Avec le renforcement des normes thermiques, comment matriser le surcot de construction afi n doffrir aux familles modestes des loge-ments abordables ?

    La diffi cult pour larchitecte se situe dans la hirarchisation des dif-frents objectifs : la thermique, la posie, larchitecture, le lien social, la convialit

    Effectivement la fabrication dobjets hyper-technologiques de larchi-tecture positive reprsente un enjeu majeur mais est pour linstant r-serve aux catgories suprieures. Et le risque est aussi de concevoir des morceaux de ville installs en priphrie, des Tofu Bronx comme ironisaient des habitants du centre ville de Freiburg.

    Je prfre un btiment qui fuit dans une ville dense et confl ictuelle quun btiment sain au milieu dune fort nous expliquait Laurent De-vismes lors de sa prsentation .

    Tisser la ville sur elle mme, offrir des lieux du vivre ensemble, rintgrer une qualit culturelle en raction aux oprations de promotion immobi-lires banales qui viennent de voir le jour (cf : le de Nantes).

    Les collectivits locales devraient multiplier leur droit de premption des parcelles notamment sur les nouvelles friches militaires, ferroviaires, et celles du clerg.

    Le rachat de ces parcelles permettraient de casser les hausses succes-sives du prix du foncier en ville afi n de rduire les cots de construction et dimposer de nouvelles stratgies urbaines.

    Les collectivits pourraient aussi se doter, par lintermdiaire des rvi-sions des PLU, doutils leur permettant dagir sur le nombre de logements vacants en centre-ville afi n de rompre la spculation immobilire qui prfre laisser des surfaces inoccupes plutt que de les vendre bas prix.

    Ces nouveaux enjeux urbains sont dterminants pour sortir de la ville-shopping et fabriquer par petites touches la ville soutenable et convi-viale.

    *-densifi cation :

    De quels terrains, surfaces disposons nous pour continuer construire la ville? Il y a les btiments existants tout dabord quil convient dviter de d-molir pour ne pas produire de dchets supplmentaires dune part et quil faut rutiliser en imaginant une affectation adapte (ex: parking Nep-tune) ; les btiments innoccups quil faut rinvestir durgence!

    On remarque galement beaucoup despaces vacants sans fonction : lieux rsiduels composs des interstices des constructions, les pignons aveugles, les failles, les dents creuses, les toits terrasses, autant des-paces que lon nimagine pas constructibles, en tout cas dans la logique actuelle foncire et rglementaire. Ces espaces pourraient tre investis pour densifi er la ville et la renouveler.

    *-nature :

    La question de la nature dans la ville reste primordiale. Bien que les re-cherches et propositions dans ce domaine (continuit verte, affi rmer le vgtal comme composante essentielle de la ville) soient anciennes, tout reste encore inventer pour faire respirer la ville et lui donner lima-ge quelle mrite, pour quun certain pessimisme urbain aliment par les pollutions diverses ne favorise la fuite de ses habitants et par l-mme ltalement urbain si dvastateur.

    -remploi :

    Rien ne se perd, rien ne se cre, tout de transforme Antoine Lavoisier

    Jean-Marc Huygen dans son ouvrage La poubelle et larchitecte (vers le remploi des matriaux) explique : Plus que rutilisation, rcupra-tion ou recyclage, le remploi-acte par lequel on donne un nouvel usage un objet qui a perdu lemploi pour lequel il a t conu et fabriqu- permet de dvelopper une nouvelle thique de la matire et de nouvelles rela-tions entre les hommes et la plante.

    *-soutenabilit :

    En tournant autour de toutes ces questions plus gnrales de la pollution, du climat ... ou plus cibles de la ville shopping, de la gestion foncire, un sujet transversal nous obsde : la domination gnralise de lconomie de march qui nous semble peu compatible avec un avenir soutenable, dun point de vue social, culturel ou environnemental, bien au contraire.Que penser de cette socit de consommation hyper-rationnalise qui nous gouverne, et conditionne lensemble de nos faits et gestes, et limite notre imaginaire.Dans cette ide dalternative, nous nous sommes intrresss au thme de la dcroissance, et bien que ce mouvement soit vivement critiqu et critiquable, la lecture de ces thses nous interroge forcment sur notre mode de vie (occidental) qui doit absolument tre remis en cause pour sinscrire dans un mouvement soutenable.

    Artiste inconnu, Barcelone, 22 aot 2008.

  • pistes urbaines

    Les constats, rfl exions, inquitudes sur les dsordres locaux ou plan-taires, nous conduisent nous interroger sur notre propre engagement.Quelles actions sommes nous capables dimaginer, pour participer no-tre chelle, avec nos moyens et nos envies changer les choses? Notre champ dinvestigation porte sur la ville o nous habitons, notre quartier. Nous sommes convaincus que linvestissement personnel est une cl dune volution durable de la socit, et que cela passe par des initiatives locales.La ville nous semble tre un des points sensibles des enjeux du dvelop-pement durable, et le tissu existant le support envisageable dun renou-vellement urbain.Les propositions que nous prsentons sont avant tout le tmoignage de notre prise de conscience dune part, et des envies qui nous animent dautre part. La faisabilit (technique, administrative, fi nancire...) nest pas le sujet principal de notre travail, qui porte plus sur une recherche intuitive de possibilits dinterventions architecturales et urbaines porteuses dides

    vache du quartier franais de Tbingen

    pouvant contribuer au vaste dbat qui nous proccupe aujourdhui.Nous nous sommes simplement promens dans notre quartier, en ob-servant les rues , les btiments, les parcs, les trottoirs , les dents creu-ses, les interstices, les toits, les espaces rsiduels, les arbres, le ciel, le mobilier, les voitures, les matriaux... en confrontant sur site nos ides pour la ville. Nous prsentons ces rfl exions sous la forme de 12 projets illustrs.

    18

  • image du fi lm Blade Runner de Ridley Scott (1982)

    N

    ON MER

    C

    I

    BL

    A

    DE

    RUN

    NER

    ?

  • 3

    33

    3

    3

    1

    7

    6

    10

    2

    5

    5 5

    4

    8

    crash tulipland / place de la petite hollande

    bivouac htel / 2, rue Montaudouine

    pointills en herbe / place de la Monnaie jardin du Mise Dobre 4, rue Dsir Colombe cours Cambronne Place de lEdit de Nantes

    1

    2

    3

    4 d-TOUR-nement de camions / 16, rue de la Verrerie

    libre-occup / 9, rue de la Verrerie 4, rue de Montaudouine 8, rue Arsne Leloup

    le potager du Roy / cours Cambronne le vent lemportera / 4, place Bretagne

    5

    6

    7

    sites

    11

    20

  • 9

    11

    12

    8

    9

    bidons-ville / rue Jean-Jacques Rousseau

    scrap house / quai de Turenne

    capsule-terrasse / 22, rue Liz

    rsurection solaire / cimetire Misricorde - cimetire Bouteillerie

    friche militaire Quartiers Mellinet - Richemont - Lamoricire

    10

    11

    12

  • Crash tulipland

    1place de la Petite Hollande

    Sintresser la place de la Petite Hollande sest sattaquer une icone de la modernit du 20me sicle et en mme temps un symbole de la pollution atmosphrique actuelle : LAUTOMOBILE!La place de la petite hollande est avant tout un parking automobile, mais cest aussi une place de march hebdomadaire et le lieu de quelques fes-tivits ponctuelles.

    Cest aussi une vaste zone de btume tanche, et une surface de r-chauffement important de lair ambiant.Les usages de cette place sont-ils compatibles? Comment faire coha-biter ces activits? Peut-on rduire limpact de lautomobile? Peut-on dsimpermabiliser?Notre proposition tente dapporter une rponse globale aux problmes poss, en exacerbant les caractristiques du lieu :le parking : nous proposons de rduire lemprise au sol des voitures en construisant un parking arien (dont les effl uents peuvent tre traits avant datteindre le sol).les halles : le rez-de-chausse du parking peut-tre occup par des commerces du march et ainsi affi rmer la place de ce march populaire et cosmopolite en centre ville.le parc : toute la zone occupe par lancien parking est dgoudronne et envahie de tulipes et renomme tulipland. Cest un grand jardin fl euri et color.Le Crash : le site est survol chaque jour par des dizaines davions. Il est facile dimaginer le crash dun avion venant schouer au bout de la place en laissant des traces dans le champ de tulipes formant les chemins pitons. La mise en scne du crash sensibilise le passant la pollution et la sur-consommation dnrgie gnres par le trafi c arien.La carcasse : les restes de la carlingue de lavion sont transforms en un lieu dinformation, de diffusion, et dchanges sur les questions en-vironnementales.

    22

  • bivouac htel

    2

    2, rue Montaudouine

    Le bivouac htel est n de la ncessit doccuper toutes les surfaces disponibles du centre-ville.

    On remarque une multitude de pignons aveugles. A laide dune structure mtal ou bois on peut proposer des espaces habitables : un mur desca-lade habitable.

    Cet htel met disposition des chambres de 10 m2. Lensemble est compos dun maximum de matriaux recycls (ex : panneaux frigori-fi ques).

    Le bivouac htel dispose dun espace commun de cuisine, salle manger, sanitaires et rception au niveau du sol. Les occupants sont invits profi ter de la vue sur les toits de Nantes au dernier niveau, autre lieu de convivialit.

    Misfi t Tower (vertical meeting point) Core, 2005

    architecte: MESARCHITECTUREwww.mesarchitecture.org

    pign

    ons

    nant

    ais

    24

  • pointills en herbe

    3

    place de la Monnaieplace de lEdit de Nantes

    cours Cambronnejardin du Muse Dobre

    4,rue Dsir Colombe

    26

    jardin du muse dobre

    rue Dsir Colombe

    place de lEdit de Nantes

  • Les pointills en herbe sont un fi l conducteur vert qui relie les parcs et jardins publics entre eux. Le piton, le cycliste quand il se promne en ville na plus qu suivre un pointill pour arriver un parc, un jardin, un espace public vgtalis, arbor, dans lequel il va pouvoir faire une pause, pique-niquer, rvasser, dormir, jouer, retrouver quelquun...Les pointills sont de petites emprises circulaires gagnes sur le bitume des trottoirs ou des rues par sciage.On enlve la pastille de bitume, on vide les gravats et couches super-fi cielles pour atteindre la couche permable. On remplit le trou de terre vgtale, et on sme des herbes sauvages ou toute autre plante resis-tante.On augmente la surface permable, on installe le vgtal, on cre des parcours...

    Actions associes : -les parcs existants tels le jardin du muse Dobre peuvent tre revga-taliss, seuls les cheminements peuvent rester minraux.-des cheminements pitons ou cyclables peuvent tre crs en fond de parcelles prives pour crer des liaisons et pour augmenter le rseau en herbe.-des actions de dbitumination au marteau-piqueur peuvent tre me-nes sur des espaces publics rsiduels et ensuite ensemencs ou plan-ts. (site de rfrence sur la green guerilla : www.guerrillagardening.org)

    cours cambronne

    jardin du musum

    jardin du muse dobre

  • d-TOUR-nement de camions

    4

    16, rue de la Verrerie

    Limmeuble du 16 rue de la verrerie est un btiment datant de la recons-truction. Son toit terrasse peut tre le support dune plate forme de lo-gements compose de semi-remorques frigorifi ques offrant un module de vie de 13,50 x 2,45 x 2,60 m soit 33 m2 par unit. La rpartition des logements est de 1, 2 ou 3 modules.

    Des terrasses partages permettent une appropriation de limmeuble. des espaces extrieurs peuvent tre amnags en jardin.

    Certains modules sont utiliss pour de la culture hors sol de lgumes ou fl eurs, dans lesprit dune ferme marachre verticale.

    x 54

    28

  • Combien de logements, bureaux et autres locaux innocups depuis 5, 10, 20 ans peut-tre? Organisons leur occupation!Spontane, sauvage, associative, illgale???Avant doccuper tous ces locaux , peut-tre faut-il attirer lattention sur les lieux eux-mmes en sen servant de support artistique : emballage, graffi ti, peinture, vgtalisation... Proposons des utilisations soutenables (logements sociaux, commerce quitable, locaux associatifs...) auto-construits avec des matriaux de rcupration...

    5

    libre/occup!

    9, rue de la Verrerie

    4, rue Montaudouine

    8, rue Arsne Leloup

    30

  • immeuble squatt, Amsderdam empaquetage du reichstag, Christo & Jeanne-Claude, Berlin,1995

  • Le potager du Roy

    6

    cours Cambronne

    Cet espace public classique du 18me, compos dun axe traversant, est aujourdhui une triste vitrine de muse. Le cours est un lieu de passage, une promenade linaire la proportion vgtale assez limite.

    Nous proposons de requalifi er ce parc, en le transformant en un grand po-tager urbain dans lequel la proportion de vgtal est maximale. Le jardin est maintenant gr par une structure cooprative. Les fruits et lgumes sont vendus aux gens du quartier, ce qui minimise leurs dplacements et leur procure surtout des lgumes de qualit.

    Lensemble contribue qualifi er lenvironnement architectural et paysa-ger, tout en faisant respirer le quartier.

    32

  • le vent lemportera

    La Tour Bretagne : que faire de cet embarrassant symbole des annes 70 en faveur de la croissance, du monde tertiaire, de la cravate et de la clim? Ce ft dailleurs un fi asco total (niveaux de bureaux innocups, absence de commerce rez-de-chausse, restaurant panoramique ferm, visites interrompues pour cause de suicides...)Renversons la vapeur, ou plutt profi tons du vent qui tourne. Servons nous de cet enorme signal urbain pour en faire un signe durable, et plus particulirement dans le domaine des nergies renouvelables. Les o-liennes ont ce pouvoir vocateur, qui rapellent les ailes de moulin dantan ou les hlices de laronautique.Rvons quelques instants et imaginons la tour Bretagne recouverte de fl eurs, dhlices, de pales, de ptales et de rosalies diverses, toutes au service dEole pour fournir en nergie lensemble de la tour et plus si af-fi nits...

    7

    4, place Bretagne

    34

  • bidons-ville

    8

    rue Jean-Jacques Rousseau

    Les immeubles anciens du centre-ville peuvent-ils chapper au renou-vellement urbain que pourrait gnrer la prise en compte des enjeux en-vironnementaux? Oublions un instant les positions conservatrices de protection des faa-des de pierre par les ABF.Nous imaginons pour ces rues anciennes de les agrmenter de plugs, dextensions, de passerelles aux vertus cologiques...en profi tant des surfaces de toitures ardoises pour rcuprer les eaux de pluies dans des citernes accroches aux faades, en crant des terrasses suspen-dues entre les btiments, en disposant des petits systmes oliens en lieu et place des dcorations de nol gourmandes en lectricit.

    citernes en bois, New York36

  • Scrap House!

    9

    Quai de Turenne, le Feydeau

    38

  • On ne doit pas perdre la matire.Lhomme rejette quotidiennement une quantit considrable de dchets divers, dont certains pourraient tre dtourns et recycls en matriaux de construction.Nous proposons la re-construction en centre-ville (tel le projet scra-phouse) dun lieu de dpt et de reconditionnement de dchets pouvant servir la construction.Dans ce lieu, les gens qui ont un projet de construction ou de rnovation pourraient dposer leurs matriaux de dmolition en change de mat-riaux de rcupration reconditionns.Dans ce mme esprit, nous imaginons organiser lchange dobjets per-sonnels sous la forme de dpt libre des points de regroupement, un jour donn par mois et par quartier.

    maison en matriaux de rcupration (72 000 morceaux de moquette)Lucy House, RURAL STUDIO, 2001-2002

    mise en situation nantaise du projet californien de SCRAP HOUSE (www.scraphouse.org)

  • En associant deux impratifs majeurs dune construction durable (den-sifi cation et remploi) on peut aboutir des projets remettant en cause lethtique urbaine classique dune rue pavillonnaire et redynamiser les quartiers rsidentiels de la premire ceinture nantaise en occupant les toits terrasses des maisons.Le remploi de citernes en espaces de vie verticaux permet dattribuer plus de surface horizontale en terrasses vgtalises.

    capsule terrasse

    1022, rue Franois Liz

    40

  • usef

    ull +

    agr

    eeab

    le h

    ouse

    Neil

    M.D

    enar

    i Arc

    hite

    ct, 2

    007

    ww

    w.n

    mda

    -inc

    .com

  • rsurection solaire

    cimetire Misricorde

    cimetire Bouteillerie

    11Limplantation de champs solaires doit-elle se faire uniquement en mi-lieu rural? Dans le territoire limit de la ville, il est diffi cile de trouver des surfaces dexploitation solaire. Les cimetires offrent cette possibilit dimmenses surfaces couvrir de panneaux photo-voltaques pouvant alimenter tout un quartier en lectricit (transport dnergie rduit). Ce peut-tre loccasion de requalifi er ces lieux en leur redonnant un carac-tre plus paysager et en favoriser leur traverse.

    42

  • friche militaire

    12

    St Donatien / Dalby

    44

  • Comme cela sest dja fait en Allemagne, les sites militaires franais prochainement dmantels (2010) pourront constituer de vastes r-serves foncires et bties comme celui de Nantes/Dalby (250 000 m2) permettant la mise en oeuvre dun nouveau grand projet de ville, aprs

    Malakoff/Pr Gaucher et lle de Nantes.Le site existant peut-tre rhabilit, transform, densifi , dtourn... le

    tout dans un esprit cologique et soutenable.

    BANKSY(2006)artiste londonien

  • bonus trackNos promenades et discussions rptes ont fait germer dautres ides, dautres projets que nous navons pas dvelopps, mais que nous sou-haitions quand mme aborder :-initier la gratuit des transports publics (bus, tramway, navibus, bic-cloo)

    -rinvestir la Loire, comme lieu dactivits, de transport, de commerce, dhabitation...-mettre en service des liaisons maritimes voile entre Nantes / Saint-Nazaire / Bilbao / Porto / Lisbonne / Cork / Portsmouth.-reconsidrer la ville lchelle des enfants (childrens friendly city)- agir contre la pollution/surconsommation des vitrines des magasins claires de jour comme de nuit (interrupteurs, capteurs, clairage dio-des...)-proposer une alternative au chauffage lectrique ou au gaz des terras-ses des cafs (couvertures, air chaud recupr et fi ltr des chambres froides, cuisines, et autres sources de production de chaleur...)

    -continuer la sensibilisation des habitants en succitant le dbat par laf-fi chage in situ de vrais-faux panneaux de chantier reprenant les 12 pistes urbaines.

    46

  • Installation dun vrai-faux panneau de chantier Cours Cambronne.

  • utopie ?

    48

    La crise est, de fait, autrement fondamen-tale quune crise conomique et de socit. Cest lutopie sur laquelle les socits in-dustrielles vivaient qui sffondre. Et Jem-ploie utopie dans le sens que la philosophie contemporaine donne ce terme : la vision du futur sur laquelle une civilisation rgle ses projets, fonde ses buts idaux et ses esprances... Cela veut dire quil nous faut changer dutopie.

    Andr GORZ, Mtamorphoses du travail, critique de la raison conomique, 1988

  • IL FAUT CHANGER NOTRE MODE DE VIE (RAJENDRA PACHAURI, Prsident du GIEC, Prix Nobel de la Paix 2007)

    ouais cest a!

    NANTESDELIRENANTESRESPIRE-01NANTESDELIRENANTESRESPIRE-02NANTESDELIRENANTESRESPIRE-03NANTESDELIRENANTESRESPIRE-04NANTESDELIRENANTESRESPIRE-05NANTESDELIRENANTESRESPIRE-06NANTESDELIRENANTESRESPIRE-07NANTESDELIRENANTESRESPIRE-08NANTESDELIRENANTESRESPIRE-09NANTESDELIRENANTESRESPIRE-10NANTESDELIRENANTESRESPIRE-11NANTESDELIRENANTESRESPIRE-12NANTESDELIRENANTESRESPIRE-13NANTESDELIRENANTESRESPIRE-14NANTESDELIRENANTESRESPIRE-15NANTESDELIRENANTESRESPIRE-16NANTESDELIRENANTESRESPIRE-17NANTESDELIRENANTESRESPIRE-18NANTESDELIRENANTESRESPIRE-19NANTESDELIRENANTESRESPIRE-20NANTESDELIRENANTESRESPIRE-21NANTESDELIRENANTESRESPIRE-22NANTESDELIRENANTESRESPIRE-23NANTESDELIRENANTESRESPIRE-24NANTESDELIRENANTESRESPIRE-25NANTESDELIRENANTESRESPIRE-26NANTESDELIRENANTESRESPIRE-27NANTESDELIRENANTESRESPIRE-28NANTESDELIRENANTESRESPIRE-29NANTESDELIRENANTESRESPIRE-30NANTESDELIRENANTESRESPIRE-31NANTESDELIRENANTESRESPIRE-32NANTESDELIRENANTESRESPIRE-33NANTESDELIRENANTESRESPIRE-34NANTESDELIRENANTESRESPIRE-35NANTESDELIRENANTESRESPIRE-36NANTESDELIRENANTESRESPIRE-37NANTESDELIRENANTESRESPIRE-38NANTESDELIRENANTESRESPIRE-39NANTESDELIRENANTESRESPIRE-40NANTESDELIRENANTESRESPIRE-41NANTESDELIRENANTESRESPIRE-42NANTESDELIRENANTESRESPIRE-43NANTESDELIRENANTESRESPIRE-44NANTESDELIRENANTESRESPIRE-45NANTESDELIRENANTESRESPIRE-46NANTESDELIRENANTESRESPIRE-47NANTESDELIRENANTESRESPIRE-48NANTESDELIRENANTESRESPIRE-49NANTESDELIRENANTESRESPIRE-50