Souffrances familiales et r©silience - .transmettent une ©motion provoqu©e par l’organisation

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  • Sous la direction de

    Roland COUTANCEAURachid BENNEGADI

    Souffrancesfamiliales et rsilience

    Filiation, couple et parentalit

  • Prface

    Boris Cyrulnik

    ON ENTEND SOUVENT dire que la rsilience est dfinie par la rsis-tance dune barre de fer un choc, ce qui est totalement faux. Cettedfinition parle de rsistance, de coping, mais pas de rsilience. Le motlatin resalire a donn ressaut, mais aussi rsilier un bail, dissoudre uncontrat, se dbarrasser dun malheur pass. Ce mot dsigne un processus,une volution interactive que ne peut pas faire une barre de fer, maisquune famille ne peut pas viter.

    Au dbut de nos recherches, il sagissait dun simple tonnement : unfracas nest donc pas un destin inexorable. On peut voluer diffremmentselon les pressions du milieu. Mais on peut agir sur le milieu qui agit surnous. Il y a l un degr de libert. Depuis quelques annes le conceptde rsilience connat une expansion extraordinaire : 1 600 Thses dtat,plusieurs milliers darticles dans des revues de rfrence, un grandnombre de congrs internationaux. Ces innombrables travaux provoquentquelques contresens, mais un consensus apparat chez ceux qui ont bienvoulu lire la dfinition de la rsilience : un nouveau dveloppement estpossible aprs un traumatisme psychique. La thorie de la rsilienceouvre sur de nouveaux horizons. La rsilience neuronale connat uneexpansion surprenante depuis que les neurosciences donnent photogra-phier la no-neurognse et la tractographie des circuits imprgns dansle cerveau par les pressions du milieu.

    Il y a mme eu en Argentine un colloque international sur la neuro-psycho-immunologie de la rsilience qui dose comment, en modifiant nosmotions, nos relations changent nos scrtions neuro-endocriniennes.

    Les linguistes participent llaboration du concept de rsilience.La manire de dire, la structure linguistique du rcit, la rhtorique,

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  • IV PRFACE

    transmettent une motion provoque par lorganisation du discours.Ce qui revient dire que lon peut raconter un trauma terrifiant sanstransmettre lhorreur, condition den faire une rflexion cohrente ouune uvre dart.

    Au cours des congrs mondiaux Paris et Timisoara, on a pu consta-ter que lventail des recherches impliquait des disciplines diffrentesmais associes. Certains parmi nous aiment travailler en quipes pluridis-ciplinaires alors que dautres se sentent mieux dans lhyperspcialisation.La rsilience implique une attitude intgratrice, comme on le voit dansce colloque qui propose de rflchir Familles et souffrance . Sansfamille, la souffrance est norme. Quand les tuteurs de dveloppementdpendent des strotypes et doxas culturelles, ont cre les orphelinats etles bagnes qui aggravent la souffrance des enfants sans famille. Depuisque les travaux sur la rsilience ont organis des nouveaux modesdaccueil, on constate avec tonnement que les rsultats ducatifs sontsouvent meilleurs que dans la population gnrale !

    Sans famille, cest la souffrance du manque, mais avec famille, cest lasouffrance de la contrainte. Sans tuteurs de dveloppement, tout sarrtepuisquun enfant ne peut grandir que le long dune figure dattachement,mais en prsence dune famille, les axes de dveloppement deviennentpour lenfant des contraintes auxquelles il doit sopposer sil veutsaffirmer.

    On donne ceux quon aime un norme pouvoir, mais notre amourexige aussi beaucoup dobligations. Comment voulez-vous que tout sepasse bien ?

    Pendant des dcennies, on a expliqu les souffrances familiales enanalysant la dyade mre-enfant. Elle existe, bien sr, mais cette attitudea mis sur les mres un poids beaucoup trop lourd. Alors, on a ajout ladyade paternelle pour soulager un peu la mre. Mais il se trouve quunfacteur de protection peut facilement devenir une entrave contraignante.La connotation affective dpend du contexte cologique et socio-culturel.Quand le milieu est dangereux, comme en mer, en haute montagne oudans un contexte social difficile, lautorit est ncessaire et scurisante.Elle est donc bien accepte car lobissance dans un tel contexte estun facteur de scurit. Mais quand le milieu devient clment grce lcologie ou nos progrs, dans les plaines tropicales et dans les socitsriches et en paix, la mme autorit se transforme en autoritarisme queles enfants ne supportent plus.

  • Prface V

    La famille ncessaire devient un lieu de souffrances. Les raisonne-ments linaires (une seule cause provoque un seul effet) perdent leurseffets explicatifs. Il faut faire intervenir dautres pressions contextuellespour expliquer dautres souffrances.

    Il faut donc sentraner aux raisonnements systmiques pour tenter decomprendre notre nouvelle condition humaine.

    Cest ce que propose ce livre.

  • Sommaire

    PRFACE III

    Boris Cyrulnik

    LISTE DES AUTEURS XI

    AVANT-PROPOS XIII

    Roland Coutanceau

    PREMIRE PARTIE

    PROBLMATIQUES

    1. Traumatisme individuel et traumatisme familial 3Robert Neuburger

    2. Les addictions affectives : des liens de couples aux couples

    enchans 19Marie Anaut

    3. Familles immigres et thrapie familiale : place pour

    le dveloppement dune rsilience ? 35Michel Delage

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  • VIII SOMMAIRE

    DEUXIME PARTIE

    LA FAMILLE DANS TOUS SES TATS

    4. La famille lpreuve de la coparentalit 55Serge Hefez

    5. Famille et bouc missaire : famille normale, famille anormale 71

    ric Verdier

    6. Homosexualit et adolescence 87Samuel Lemitre

    7. Coparentalit 101Serge Bornstein

    8. Htrosexualit, Homosexualit 105Roland Coutanceau

    TROISIME PARTIE

    LA MDIATION, SOUFFRANCE ET RSILIENCE

    9. Famille, souffrance, rsilience et la mdiation familiale 119Jocelyne Dahan

    10. Parents en conflit, enfants en souffrance : le juge aux affaires

    familiales, un acteur de rsilience familiale ? 125Marc Juston

    11. Intervenir auprs des couples en sparation qui ne partagent

    pas lidologie contemporaine du bon divorce 137Damien dUrsel

    12. Sparation et mdiation familiale 149Florence Duret-Salzer, Sada Sehil

    QUATRIME PARTIE

    PROBLMATIQUES SPCIFIQUES

    13. Maltraitance, filialit et parentalit en souffrance 165Hlne Romano

  • Sommaire IX

    14. Ados en difficults scolaires et leur famille 181Jean-Yves Hayez

    CINQUIME PARTIE

    CHANGEMENTS CULTURELS

    15. Structure familiale, acculturation et rsilience 199Rachid Bennegadi, Smal Cheref

    16. Les ambiguts du rle familial 223Sylvie Fainzang

    17. Sagesse des cultures et cultures en conflit 231Jacques Salzer

    18. Mdiation culturelle et familles 243Jackie Botimela Loteteka-Kalala

    BIBLIOGRAPHIE 257

    TABLE DES MATIRES 267

  • Liste des auteurs

    Ouvrage dirig par :

    Roland COUTANCEAU, psychiatre des hpitaux, expert national, pr-sident de la Ligue Franaise pour la sant mentale, charg denseigne-ment en psychiatrie et psychologie lgale lUniversit Paris V, laFacult du Kremlin-Bictre et lcole des Psychologues Praticiens.

    Rachid BENNEGADI, psychiatre, anthropologue, secrtaire gnral delAssociation Mondiale de Psychiatrie Sociale, vice-prsident de laLigue Franaise pour la Sant Mentale, directeur du ple Enseigne-ment et Recherches au centre F. Minkowska.

    Auteurs ayant collabor louvrage :

    Marie ANAUT, psychologue clinicienne, thrapeute familiale, professeurde psychologie et sciences de lducation lUniversit LumireLyon II.

    Serge BORNSTEIN, neuropsychiatre, expert honoraire prs la Cour decassation.

    Jackie BOTIMELA LOTETEKA-KALALA est docteur en droit, inter-mdiaire culturelle auprs des tribunaux pour enfants depuis 1998,membre du Laboratoire dAnthropologie Juridique de Paris (LAJP).Ses champs de recherches sont lanthropologie du droit : la diffrenceculturelle, la mdiation culturelle et linterculturalit.

    Smal CHEREF, psychiatre au Centre F. Minkowska.Boris CYRULNIK, neuropsychiatre, directeur denseignement lUniver-

    sit de Toulon-Var.D

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  • XII LISTE DES AUTEURS

    Jocelyne DAHAN, directrice du CERME (Toulouse), mdiatrice familialediplme dtat et formatrice, auteur de nombreux articles publisen France, en Europe et au Canada, et de plusieurs ouvrages sur lamdiation familiale et la sparation.

    Michel DELAGE, psychiatre, professeur de psychiatrie du Service deSant des Armes, ancien chef de service de psychiatrie lHpitaldInstruction des Armes Sainte-Anne (Toulon), consultation fami-liale lHpital des Armes Sainte-Anne (Toulon) et lAssociationVivre en Famille (la Seyne-sur-Mer).

    Florence DURET-SALZER, mdiatrice familiale.

    Sylvie FAINZANG, anthropologue, directrice de recherche lINSERM(CERMES3).

    Jean-Yves HAYEZ, psychiatre infanto-juvnile, docteur en psychologie,professeur mrite la Facult de Mdecine de lUniversit catho-lique de Louvain, jyhayez@uclouvain.be, www.jeanyveshayez.net.

    Serge HEFEZ, psychiatre, responsable de lunit de psychothrapiefamiliale au Pavillon de lenfant et de ladolescent, Hpital de laPiti-Salptrire (Paris).

    Marc JUSTON, magistrat.

    Samuel LEMITRE, docteur en psychologie, psychologue, psychothra-peute, directeur de EIDO, Centre de Soin des Traumatismes et desViolences, www.eido-trauma-violences.fr, centreido@yahoo.fr.

    Robert NEUBURGER, psychiatre, thrapeute de couple et de famille,Professeur honoraire lUniversit Libre de Bruxelles, Paris, Genve,robert.neuburger@gmail.com.

    Hlne ROMANO, docteur en psychopathologie, psychothrapeute de laconsultation de psychotraumatisme du CHU