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  • au sicle Mallarm

    1898-1998

  • N1

    revue des littratures

    contraintes

    1997-1998

  • Revue publie avec le concours du Centre National du Livre

    et de la Drac de Picardie

    Formules est une publication de lAssociation Reflet de Lettres

    (Saint-Quentin, Aisne), avec la collaboration de la Fondation

    Nosis Internationale et de lassociation Nosis-France.

    Directeurs de la publication : Jan Baetens et Bemardo Schiavetta

    Comit de rdaction : J.-D. Bertharion, Daniel Bilous, ric

    Clemens, Didier Coste, Jean Lahougue, Guy Lelong et Michel

    Voiturier

    Adresse de la rdaction :

    79, rue Manin, 75019 PARIS

    Courrier lectronique : bemardo.schiavetta@wanadoo.fr

    Distribution : Les Belles Lettres

    Reflet de Lettres, 1997

    pour les textes, les auteurs, 1997

    ISSN en cours

    ISBN 2-8251-1030-2

    Imprim en Belgique sur les presses de limprimerie Acco

    (Leuven)

    Dpt lgal en France : juillet 1997

    mailto:bemardo.schiavetta@wanadoo.fr

  • SOMMAIRE

    1. Ouverture

    DITORIAL :

    Ecrivains, encore un effort pour tre absolument modernes 1 ................... 9

    2. Rflexions

    Jacques-Denis Bertharion 1

    Entre rhtorique et rconciliation, la posie | ............................................. 27

    Jsus Camarero :

    Penser lcriture, faire la thorie. Sur quelques thories rcentes .......... 42

    Didier Coste :

    Le retour dAlexandre ............... . ............................. ....................... .. ... .. 51

    3. Polmiques

    Jacques Jouet :

    Ma mre-grand, que vous avez de grands dogmes ! 1 ............................... 75

    Jean Lahougue - Jean-Marie Laclavetine :

    Correspondance (extrait) ........................................ .... ... ........................ 81

    4. Antcdents

    Daniel Bilous :

    Aux origines du mailart : Les Loisirs de la Poste S .................| ............. 105

    Giovanni Pozzi :

    La tradition de la posie visuelle , avec sept pomes visuels .............. 123

    5. Compositions

    Jan Baetens :

    Vanit. Sept mditations flamandes ..................................................... 139

    Marcel Bnabou :

    1 La grosse coupure ....... !...................................... ........ ........................ 142

    5

  • Michelle Grangaud : Temps part, pousse-pousse part temps ........................................... Herv Lagor : La vitrine de Nelson Coleman (extraits) ............................................... 156

    Pierre Lartigue :

    Cerf volant , sextine.... ................. .......... .. ................. .........................

    Daniel Marmi : Holorimes .................... . ........ .........................

    Gilles Tronchet :

    Sonnet et vux ...................... ... ............ ......... ............. ....................... 179

    1. Mixtes Patrice Hamel :

    Emergence de lettres (une lecture cognitive)

    Guy Lelong :

    crit par son support ................................... .... ..... .....

    Jacques Roubaud :

    Prparation dune famille de contraintes ...............

    Bemardo Schiavetta :

    Comment je me suis mis crire le Livre

    2. Critiques ................................................................................................ Ave

    viator ( propos de Renaud Camus) ......................................................... 229

    ................................................................................................

    Vrits du dtour (sur Michel Falempin) ................................................. 232

    Posie holorime, valeur dusage ( propos de Daniel Marmi) ^ ..................................................................................... . 236

    Sur le numro 6 des Cahiers Perec ............................................ 240 3. chos la revue Formules et autour...

    Rencontres, colloques, sminaires

    245 246

    177

    188

    203

    209

    6

  • OUVERTURE

  • Jan Baetens & Bemardo Schiavetta

    CRIVAINS ENCORE UN EFFORT...

    ... pour tre absolument modernes !

    Telle sera lune des devises de notre revue, dont linitiative a t

    prise par deux crivains qui ne sont pas Franais de souche , ni mme

    dorigine francophone. Pour nous, le choix du franais comme langue de

    rflexion et de cration est cependant logique, dans la mesure o le

    franais est le lieu par excellence de la modernit, et quil est utile de le

    rpter en ces temps o il est question du dclin de la culture franaise.

    Plus dangereusement encore, aujourdhui la question mme de la

    modernit semble avoir disparu de lhorizon littraire. Le got de lex-

    primentation, le souci non acadmique des formes, le risque des mani-

    res dcrire excdant lattente du lecteur, le parti pris dune solitude

    certaine, tout cela ne fait plus, depuis quelque dix ou quinze ans, l'objet

    daucun dsir. A lpoque dite du postmodeme, lecteurs et auteurs en

    reviennent ce qui est prsent comme la seule assise valable du com-

    merce des lettres : le rcit, le tmoignage, laveu, le cri, bref la parole

    aussi franche, aussi immdiate et spontane que possible, pare parfois,

    chez certains, dun agrment de style trs convenu, mais toujours ais-

    ment paraphrasable sur les plateaux de tlvision.

    Ainsi, on est arriv peu peu considrer la modernit comme

    une poque rvolue, situe quelque part entre le prmodeme et le

    postmodeme.

    Nous pensons, bien au contraire, que la modernit est toujours

    inactuelle et quelle devrait tre comprise comme cet effort de tous les

    temps pour dpasser les limites admises du discours, effort que les avant-

    gardes ont ralis en cassant les modles du pass, dans une qute per-

    1

  • due de lunique, du jamais fait . Mais ce tilon iconoclaste est, avouons-

    le, dsormais passablement puis.

    Occulte par le tapage des tendances iconoclastes, une autre voie

    de la modernit, radicalement oppose lexpression romantique, privi-

    lgiait depuis longtemps le calcul conscient comme moteur de lcriture.

    Cette voie est celle d'Edgar Allan Poe, postule comme une hypothse

    ingnieuse dans sa Philosophie de la composition ; celle de Roussel, rvle dans son Comment j'ai crit certains de mes livres ; celle aussi (dans la ligne directe de Poe) de Mallarm et de Valry, qui faisaient

    natre luvre dun travail sur les mots ou les formes; celle enfin des

    contraintes de Queneau et de Perec.

    La perte de crdit dont ptissent aujourdhui les anciennes avant-

    gardes, ne doit pas entraner la disqualification de la modernit dans son

    ensemble. Bien au contraire, leur effacement relatif nous permet de sui-

    vre dsormais cette voie occulte, o tout progrs est possible.

    Le progrs, cette notion prilleuse si elle est mal comprise, nous

    le dfinissons dun point de vue technique, comme recherche du mini- mum de complication dans le maximum de complexit.

    Lavance, alors, nest plus fonction du rejet de ce qui prcde ;

    elle rsulte moins de la trs problmatique invention ex nihilo que dune reprise constructive des formes existantes ; celles des avant-gardes, cer-

    tes, mais aussi les plus traditionnelles .

    Etre moderne, ne consiste donc pas vouloir tre la mode, dans

    ce qui est moutonnirement contemporain, mais plutt essayer dcrire

    mieux, dintgrer au processus dcriture la totalit des lments en jeu,

    den exclure galement ces aspects-l qui restent sans pertinence pour le

    projet en question.

    Cela touche, risquons le mot, une volont de construction, voire

    dhyperconstruction.

    Aujourdhui, en effet, de nombreux crivains dont les noms et les

    uvres figurent plus loin- pratiquent ce que nous appelons lhypercons-

    truction. Si leur point de dpart a souvent t le constat de lpuisement

    de la modernit avant-gardiste, ils sont arrivs cette nouvelle forme de

    la modernit par des voies indpendantes, mais guids toujours par la

    mme volont de dpasser lattente du lecteur.

    10

  • 1. Des bienfaits inattendus de la critique

    postmoderne

    Nous croyons que la perte de qualit littraire qu'observent tant de

    lecteurs, sexplique probablement, chez les crivains, par ce rejet de

    leffort et du risque.

    Cest une ide fausse, en effet, de croire que les rgles d'un dis-

    cours, surtout si elles sont strictes et complexes, empcheraient ce der-

    nier de librement spanouir. Au contraire, ds qu'on rejette les conven-

    tions de lcriture, le travail qui en rsulte savre tragiquement proche

    des banalits informes qui nous traversent la tte chaque fois que nous

    croyons parler ou crire directement. Comme la not nagure Renaud

    Camus, la ncessit dune discipline formelle trouve en ce point sa jus-

    tification la plus radicale: Le naturel, c'est la culture." Donc, plus

    vous croyez parler naturellement, plus vous tes sincre et plus vous tes

    parl par votre culture, votre ge, votre milieu, etc. Ce nest qu'en

    imposant son discours des contraintes formelles toutes artificielles, o

    sembarrasse le vouloir-dire, quon peut esprer chapper au babd im-

    placable, en soi, de la Doxa. Ainsi lcriture, au sens moderne du terme,

    sarticule-t-elle une thique. '

    Dans la production rcente, beaucoup dcrivains engags un jour

    dans la modernit ont cer