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BILAN RÉGIONAL CÔTE-NORD–ANTICOSTI

BILAN RÉGIONAL CÔTE-NORD–ANTICOSTI · Résumé Le secteur Côte ... On retrouve dans le secteur les principales aires d’hivernage de ... Labrador et qui s’attroupent en hiver

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  • BILAN RGIONALCTE-NORDANTICOSTI

    begvi01Tampon

  • Bilan rgionalCte-NordAnticosti

    Zone dintervention prioritaire 19

    Marc Gagnon

    dit par Jean BurtonCentre Saint-LaurentEnvironnement Canada - rgion du Qubec Septembre 1997

  • AVIS AU LECTEUR

    Les rapports sur les Zones dintervention prioritaire (ZIP) sont produits dans le cadredu Plan daction Saint-Laurent Vision 2000 par le Centre Saint-Laurent, dEnvironnementCanada, conjointement avec Pches et Ocans, Sant Canada, le ministre de la Sant et desServices sociaux du Qubec et ses partenaires, ainsi que le ministre de lEnvironnement et de laFaune du Qubec.

    On devra citer la publication comme suit :Gagnon, M. (1997). Bilan rgional - Cte-NordAnticosti, Zone dintervention prioritaire 19. EnvironnementCanada - rgion du Qubec, Conservation de lenvironnement, Centre Saint-Laurent. 84 pages.

    Publi avec lautorisation du ministre de lEnvironnement Ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada 1997

    N de catalogue : En40-216/31FISBN : 0-662-82192-0

  • iii

    quipe de ralisation

    Conception et rdaction Marc Gagnon, consultant

    dition et coordination Jean Burton

    quipe de rdaction ZIP Pierre Bergeron, Biorex inc.Jean-Franois BibeaultPatrice DionneMarc Gagnon, Biorex inc.Nathalie GrattonJudith LeblancPierre MousseauRobert Siron

    Analyse cartographique et illustrations Sonia BeaulieuMarcel Houle

    Rvision linguistique et mise en page Monique Simond

    Traduction Patricia Potvin

    Centre de sant publique de Qubec Jose ChartrandJean-Franois DuchesneDenis Gauvin

  • iv

    Collaborateurs

    Ministre de lEnvironnement et de la Faune du Qubec

    Direction des cosystmes aquatiques Sylvie CtIsabelle GuaySerge HbertDenis LalibertYves LefebvreCamille ParFrancine RichardYvon RichardLucie Wilson

    Direction de la conservation et du patrimoine cologique Rosaire Jean

    Direction rgionale de la Cte-Nord Johanne LabontAndr Lamoureux

    Ministre des Affaires municipalesDirection de lassainissement urbain Michel Laurin

    Ministre des Pches et des Ocans

    Direction de lhabitat du poisson Marie-France DalcourtDanielle DorionJean MorrissetSerge Villeneuve

    Institut Maurice-Lamontagne Dominique GasconDenis GilbertMichel GilbertMichel LebeufDaniel LeSauteurJean PiuzeLouise SavardJean-Claude TherriaultGordon Walsh

  • v

    Patrimoine Canadien

    Parcs Canada, rgion du Qubec Suzan DionneLuc Foisy

    Environnement Canada

    Direction de la protection de lenvironnement lie FdidaAlain LatreilleMarc Provencher

    Service canadien de la faune Annette BeaucheminLo-Guy de RepentignyMichel RobertFranois Shaffer

    Sant Canada

    Volet SLV 2000 Richard Carrier

    Ministre de la Sant et des Services sociaux du Qubec Claire Lalibert(personne-ressource)

    Direction de la sant publique Cte-Nord Jean-Franois Cartier

    quipe bilan de la biodiversit (SLV 2000) Luce Chamard

  • vi

    Remerciements

    Nous dsirons souligner ltroite collaboration qui sest tablie entres les partenaires

    du Plan daction Saint-Laurent Vision 2000 au niveau du comit dharmonisation Implication

    communautaire, avec la participation de Guy Boucher, Jean Burton, Sophie de Villers, Annie-

    France Gravel, Nicole Lavigne, Claire Lalibert, Francine Richard, Daniel Robitaille, Albin

    Tremblay et Yvan Vigneault.

    Nous tenons galement remercier toutes les personnes des directions sectorielles et

    rgionales des diffrents ministres impliqus qui ont particip la rvision du document.

  • vii

    Prface

    Dans la foule du Plan d'action Saint-Laurent, les gouvernements du Canada et duQubec convenaient, en avril 1994, d'un plan d'intervention allant jusqu'en 1998.

    Saint-Laurent Vision 2000 a pour mission de conserver et protger le fleuve Saint-Laurent et la rivire Saguenay afin d'en redonner l'usage la population dans une perspective dedveloppement durable.

    Inscrit dans le volet Implication communautaire, le programme Zones d'interventionprioritaire, mieux connu sous l'acronyme ZIP, est un lment important de Saint-Laurent Vision2000.

    Il invite les communauts riveraines participer pleinement l'atteinte des objectifsvisant restaurer le fleuve Saint-Laurent et la rivire Saguenay.

    Il permet notamment aux divers partenaires du milieu, aux organismes non gouverne-mentaux et aux comits de citoyens de travailler ensemble identifier des priorits communes deconservation et de rhabilitation du Saint-Laurent.

    Nous avons le plaisir de vous prsenter ce bilan. Ce document identifie les usages etles ressources ainsi que les principaux problmes environnementaux propres ce territoire. Il at prpar partir de l'ensemble des donnes disponibles dans les diffrents ministres fdrauxet provinciaux impliqus dans Saint-Laurent Vision 2000.

    Nous esprons qu'il favorisera une discussion plus claire et base sur des infor-mations aussi objectives que possible afin de permettre aux diffrents partenaires impliqus dedvelopper et mettre en oeuvre un plan d'action et de rhabilitation de la zone tudie.

    Franois GuimontDirecteur gnral rgionalRgion du QubecEnvironnement CanadaCoprsident de Saint-Laurent Vision 2000

    George ArsenaultSous-ministre adjoint la Ressource fauniqueet aux parcsMinistre de lEnvironnement et de la Faune du QubecCoprsident de Saint-Laurent Vision 2000

  • viii

  • ix

    Perspective de gestion

    Le programme des Zones dintervention prioritaire (ZIP) relve le dfi de la

    concertation entre les gouvernements fdral et provincial et de limplication communautaire des

    partenaires riverains, en vue de mettre en oeuvre des mesures de rhabilitation du Saint-Laurent.

    Ce programme comporte trois grandes tapes, soit llaboration dun bilan environnemental sur

    ltat du Saint-Laurent lchelle locale, la consultation de partenaires riverains, avec

    lidentification de priorits dintervention, et llaboration dun plan daction et de rhabilitation

    cologique (PARE).

    Un bilan rgional est tabli partir dune synthse des quatre rapports techniques

    portant sur les aspects biologiques, physico-chimiques, socio-conomiques et sur la sant

    humaine du secteur tudi. Ces rapports sont prpars par les partenaires fdraux et provinciaux

    du Plan daction Saint-Laurent Vision 2000, dans le cadre du volet Implication communautaire.

    La cueillette et lanalyse des donnes existantes lchelle locale constituent une

    premire pour lensemble du Saint-Laurent. Les rapports techniques vont plus loin encore, en

    proposant un bilan des connaissances sur ltat actuel dun secteur partir de critres de qualit

    connus.

    Le dfi consiste donc poser un jugement scientifique fond sur linformation

    disponible. Les embches sont nombreuses: les donnes ont t recueillies dautres fins, la

    couverture spatiale ou temporelle nest pas idale, les mthodes danalyses chimiques ne sont pas

    uniformes, etc.

    Lquipe de travail ZIP demeure convaincue quil est possible de poser, sans plus

    attendre, un regard clair et prudent sur chaque secteur. Cette premire valuation constitue un

    point de dpart et un document de base rdig lintention des partenaires riverains de chaque

    secteur dtude.

  • x

    Management Perspective

    The Priority Intervention Zones (ZIP) program is a federal-provincial initiative

    involving stakeholders and shoreline communities in implementing measures to restore the

    St. Lawrence River. The program has three phases: producing a regional assessment report on the

    state of a specific area of the St. Lawrence, consulting shoreline partners in setting priorities for

    action, and developing an ecological rehabilitation action plan (ERAP).

    The regional assessment is a synthesis of four technical reports on the biological,

    physico-chemical, socio-economic and public health aspects of the study area, prepared by the

    federal and provincial partners of the St. Lawrence Vision 2000 action plan as part of its

    Community Involvement component.

    The process of gathering and analysing data area by area has never before been

    undertaken for the entire St. Lawrence. The technical reports go a step further, assessing our

    knowledge of the current state of a given area based on known quality criteria.

    The challenge, then, is to offer a scientific opinion based on the available information.

    The pitfalls are numerous: the data were collected for other purposes, the geographic and

    temporal coverage is less than ideal, and the chemical analysis methods are not standardized, to

    name but a few.

    The ZIP team remains nonetheless convinced that an enlightened and thoughtful

    overview of each study area can be presented without further delay. This initial assessment is

    therefore intended to be a discussion paper that will serve as a starting point for the shoreline

    partners in each study area.

  • xi

    Rsum

    Le secteur Cte-NordAnticosti comprend lensemble des ctes du golfe du Saint-

    Laurent entre Pointe-des-Monts et Blanc-Sablon ainsi que les ctes de lle dAnticosti. Le

    secteur nest pas sous linfluence directe des eaux du fleuve Saint-Laurent et malgr la prsence

    de nombreuses rivires importantes, il prsente des conditions ocanographiques franchement

    marines avec des eaux trs sales, froides et peu turbides.

    Les rives de la Moyenne-Cte-Nord sont caractrises par la prsence de grands

    deltas sableux lembouchure des rivires alors que celles de la Basse-Cte-Nord sont rocheuses

    et extrmement chancres. Des marais intertidaux de petite superficie sont retrouvs dans les

    endroits abrits des effets perturbateurs des vagues et des glaces. La faune benthique des ctes

    rocheuses du secteur est caractrise par la faible abondance du Homard dAmrique, ce qui

    aurait favoris le pullulement de lOursin vert et du Buccin.

    On retrouve dans le secteur les principales aires dhivernage de sauvagine du systme

    du Saint-Laurent. Il sagit surtout de canards de mer qui nichent dans le nord du Qubec et au

    Labrador et qui sattroupent en hiver dans les zones libres de glace o ils salimentent

    dinvertbrs benthiques. Le secteur est aussi le principal secteur du Saint-Laurent utilis par les

    oiseaux de mer coloniaux et par les rorquals qui exploitent les bancs deuphausides (krill), de

    lanons et de capelans en t.

    Les paysages ctiers et les ressources halieutiques du secteur supportent des activits

    conomiques qui ont connu une expansion importante depuis le dbut des annes 1980,

    notamment la pche commerciale et sportive, le tourisme en rive et lobservation des oiseaux de

    mer et des mammifres marins.

    Limpact de leffondrement des populations de poissons de fond du golfe (Morue

    franche, Plie canadienne, Merluche blanche, Sbaste) au dbut des annes 1990 na pas t

    ressenti aussi svrement sur la Moyenne-Cte-Nord que dans les autres secteurs du golfe, parce

    que lindustrie de la pche dans cette rgion est principalement base sur lexploitation

    dinvertbrs (Crabe des neiges, Crevette nordique, Ptoncle dIslande) dont ltat actuel des

  • xii

    populations est jug satisfaisant. Par contre, les pches sur la Basse-Cte-Nord sont prsentement

    en crise en raison du moratoire impos depuis 1994 sur la pche la morue et du dclin dautres

    ressources secondaires (Ptoncle gant, Crabe des neiges).

    lexception de quelques sites situs proximit de sources ponctuelles de pollution,

    leau et les sdiments du secteur sont peu contamins par les substances toxiques. Les seuls

    points chauds connus sont le port de pche de Sept-les qui tait fortement contamin par le

    mercure au milieu des annes 1980 et le port de la pointe aux Basques (Sept-les), fortement

    contamin par le fer provenant du transbordement du minerai de fer.

    Malgr le nombre restreint de sources locales de contamination et lloignement des

    grands centres urbains et industriels, les oiseaux piscivores et les phoques du secteur sont exposs

    et vulnrables aux effets nfastes des substances toxiques bioamplifies dans la chane

    alimentaire marine (mercure et substances organochlores). Par exemple, les oeufs doiseaux de

    mer de la Basse-Cte-Nord contiennent des concentrations leves de BPC. Dans lensemble, la

    contamination de la chane alimentaire marine du secteur par ce type de substances semble ne pas

    avoir vari depuis la fin des annes 1960 lexception du DDT qui a connu une baisse gnrale

    dans le golfe.

    Avant 1994, aucune municipalit du secteur ne traitait ses eaux uses municipales et,

    en 1996, seulement 2 p. 100 de la population totale des municipalits riveraines taient desservis

    par une station dpuration. Ce pourcentage passera 75 p. 100 avec lentre en fonction dici la

    fin de 1998 de six nouvelles stations, dont celles de Port-Cartier et Sept-les.

    La consommation de fruits de mer, de poissons et de chair de sauvagine prlevs dans

    le secteur ne prsente pas un risque important pour la sant humaine en ce qui concerne les

    substances chimiques. Par contre, la contamination bactrienne des mollusques littoraux dans

    plusieurs zones ainsi que la prsence de concentrations leves de toxines marines dans les

    mollusques de la partie ouest du secteur imposent des restrictions importantes lexploitation de

    ces ressources. On recommande aussi de sabstenir ou de rduire la consommation de foie et de

    chair de phoque et doeufs doiseaux marins en raison des concentrations leves de mtaux

    lourds ou de substances organochlores quon y retrouve.

  • xiii

    Abstract

    The Cote-NordAnticosti study area includes all of the Gulf coast of the St. Lawrence

    between Pointe-des-Monts and Blanc-Sablon as well as the coasts of Anticosti Island. The area is

    not influenced directly by the waters of the St. Lawrence, and despite the presence of several large

    rivers, oceanographic conditions here are wholly marine, the water being very salty, cold and only

    slightly turbid.

    The shores of the Middle North Shore (Moyenne-Cte-Nord) are characterized by the

    presence of vast sandy deltas at the mouths of rivers, whereas those along the Lower North Shore

    (Basse-Cte-Nord) are rocky and very indented. Small intertidal marshes are found in areas

    sheltered from the disruptive effects of waves and ice. The benthic fauna of the rocky coasts are

    characterized by the low abundance of American lobster, which has led to the pullulation of

    Green sea urchin and whelks.

    The largest waterfowl overwintering grounds in the St. Lawrence system are found

    here, with sea ducks being the main visitor. They nest in northern Quebec and Labrador, and

    congregate in winter in ice-free areas where they feed on benthic invertebrates. Colonial sea birds

    and rorquals frequent this area of the St. Lawrence more than any other, feeding on banks of krill,

    lance and capelin in summer.

    Supported by the coastal landscapes and fishery resources of the study area, the

    economy has grown since the early 1980s with the expansion of commercial and sport fishing,

    coastal tourism and sea bird and marine mammal watching.

    The impact of the crash of groundfish populations in the Gulf (Atlantic cod, Canadian

    plaice, White hake, redfish) in the early 1990s has not been felt as severely in the Middle North

    Shore as in other sectors of the Gulf because the areas fishing industry is primarily based upon

    the harvest of invertebrates (i.e. Snow crab, Pink shrimp, Iceland scallops), whose status is judged

    satisfactory at present. On the other hand, the fishery of the Lower North Shore is now in crisis

  • xiv

    due to the cod-fishing moratorium imposed in 1994 and the decline of other secondary resources

    such as Giant scallop and Snow crab.

    Except for a few sites situated near point sources of pollution, the water and sediment

    in the study area are relatively uncontaminated by toxic substances. The only known hot spots are

    at the fishing harbour of Sept-les, which was highly contaminated by mercury in the mid-1980s,

    and the Pointe aux Basques harbour, also at Sept-les, highly contaminated by iron from iron ore

    transshiping operations.

    Despite the limited number of local sources of contamination and the distance to

    urban or industrial centres, fish-eating birds and seals in the area are exposed and vulnerable to

    the harmful effects of toxic substances biomagnified in the marine food chain (mercury and

    organochlorine substances). For example, the eggs of sea birds in the Lower North Shore contain

    elevated concentrations of PCBs. Overall, the contamination of the marine food chain by such

    substances does not appear to have changed since the late 1960s, except for DDT, whose levels

    have generally dropped in the Gulf.

    Prior to 1994, none of the area municipalities treated their wastewater. In 1996, only

    2% of the entire riverside population of the study area was served by a wastewater treatment

    plant. This number will rise to 75% by the end of 1998 when six new treatment plants will come

    on stream, including those for Port-Cartier and Sept-les.

    The consumption of seafood, fish and waterfowl taken from the study area poses no

    major risk to human health from chemical substances. However, the bacterial contamination of

    coastal shellfish in many areas, and the presence of elevated levels of marine toxins in shellfish

    from the western end of the study area have severely restricted their harvest. It is recommended

    that consumers reduce their intake of seal liver and meat or refrain from eating them altogether,

    along with the eggs of sea birds, due to the high concentrations of heavy metals and

    organochlorine substances they contain.

  • xv

    Table des matires

    quipe de ralisation iii

    Collaborateurs iv

    Remerciements vi

    Prface vii

    Perspective de gestion ix

    Management perspective x

    Rsum xi

    Abstract xiv

    Liste des figures xix

    Liste des tableaux xx

    CHAPITRE 1 LE GOLFE DU SAINT-LAURENT, DHIER AUJOURDHUI 1

    CHAPITRE 2 LE PROGRAMME DES ZONES DINTERVENTION PRIORITAIRE 3

    CHAPITRE 3 CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 6

    3.1 Milieu physique 63.2 Habitats et communauts biologiques 123.2.1 Habitats benthiques 123.2.2 Habitats plagiques 16

    3.3 Ressources halieutiques 173.4 Oiseaux 213.5 Mammifres marins 253.6 Espces en situation prcaire 263.7 Occupation du territoire 283.7.1 Affectation du territoire 283.7.2 Territoires protgs en vertu de lois et rglements fdraux,

    provinciaux et municipaux 283.8 Usages valoriss 323.8.1 Production hydrolectrique et approvisionnement en eau 323.8.2 Navigation commerciale et activits portuaires 32

  • xvi

    3.8.3 Exploitation des ressources biologiques des fins commercialeset de subsistance 33

    3.8.4 Activits rcro-touristiques 35

    CHAPITRE 4 LES ACTIVITS HUMAINES ET LEURS PRINCIPAUX EFFETSSUR LE MILIEU 40

    4.1 Modifications physiques 404.2 Pollution 414.2.1 Principales sources de contamination 444.2.1.1 Sources locales 444.2.1.2 Source loignes 504.2.2 Effets des contaminants sur les ressources et les usages 514.2.2.1 Contamination de leau 514.2.2.2 Contamination des sdiments 524.2.2.3 Contamination de la chane alimentaire 544.3 Espces introduites ou en expansion 574.4 Surexploitation des ressources halieutiques 584.5 Exploitation des colonies doiseaux de mer 58

    CHAPITRE 5 LES RISQUES POUR LA SANT HUMAINE 59

    5.1 Consommation de poissons, crustacs et mollusques 595.2 Consommation dufs doiseaux de mer 625.3 Consommation dalgues marines 625.4 Consommation de gibier 635.5 Pratique dactivits rcratives et commerciales 645.6 Accidents environnementaux 655.7 Crise des pches commerciales 66

    CHAPITRE 6 VERS UNE MISE EN VALEUR DURABLE DU SECTEURCTE-NORDANTICOSTI 676.1 Rduction de la pollution 676.2 Protection des espces et des milieux sensibles 706.3 Rhabilitation des habitats et des ressources perturbs 716.4 Gestion efficace des pches maritimes 726.5 Harmonisation du dveloppement rcro-touristique et de la

    protection de lenvironnement 72

  • xvii

    Rfrences 74

    Annexes 1 Espces prioritaires du plan daction Saint-Laurent Vision 2000(SLV 2000) prsentes dans le secteur Cte-Nord 79

    2 Critres de qualit du milieu 81

    3 Glossaire 82

  • xviii

    Liste des figures

    1 Secteurs dtude du programme des zones dintervention prioritaire (ZIP) 4

    2. Limites du secteur Cte-NordAnticosti 7

    3 Physiographie du secteur Cte-NordAnticosti 8

    4 Stratification verticale des eaux du golfe du Saint-Laurent et des masses deau 10

    5 Courants de surface dans le golfe du Saint-Laurent au mois daot 11

    6 tagement du milieu benthique dans le golfe du Saint-Laurent en fonctiondes mares et des masses deau 13

    7 tagements typiques de la flore et de la faune sur les falaises sous-marines 15

    8 Localisation des principales zones de rassemblement hivernales deidersdans le golfe du Saint-Laurent 24

    9 Les grandes affectations du territoire selon les MRC riveraine de la Moyenne-Cte-NordAnticosti 29

    10 Sites protgs dans le secteurCte-NordAnticosti 31

    11 Dbarquements des principales ressources halieutiques dans les ports du secteurCte-NordAnticosti en 1995 et localisation des principaux havres de pche et des usines de transformation de produits marins dans le secteur dtude 34

    12 Loffre pour les activits nautiques et rcratives le long de la Moyenne-Cte-Nord 37

    13A Modifications physiques des habitats aquatiques et riverains rpertoris dansla partie ouest du secteur dtude de 1945 1988 42

    13B Modifications physiques des habitats aquatiques et riverains rpertoris dansla partie est du secteur dtude de 1945 1988 43

    14 Localisation des principales sources actuelles et potentielles de contaminationdu milieu marin dans le secteur dtude 44

    15 Bioamplification des BCP dans la chane alimentaire de lestuaire et du golfedu Saint-Laurent 55

  • xix

    Liste des tableaux

    1 Les principaux enjeux de la mise en valeur durable du secteur Cte-Nord 68

  • CHAPITRE 1 Le Golfe du Saint-Laurent, dhier aujourdhui

    Ds le 15e sicle, la pche a attir les pcheurs basques, bretons, normands et

    portugais dans le golfe du Saint-Laurent dans le but d'y exploiter les immenses bancs de morues

    et les attroupements de baleines. Cette activit se sdentarise au dbut du 18e sicle avec la

    cration de postes de pche commerciale dans les havres naturels. Au cours de la deuxime

    moiti du 18e sicle, la dportation des Acadiens puis l'arrive de Loyalistes amricains marquent

    le dbut d'une vritable colonisation de l'immense territoire maritime du Qubec. Jusque-l, la

    faible densit de la population et la taille mme du golfe avaient fait en sorte que les usages du

    milieu aquatique n'avaient pratiquement pas affect ses ressources. Les choses allaient bientt

    changer.

    Les premires atteintes importantes semblent avoir t engendres par le

    dveloppement de l'exploitation forestire au cours du 19e sicle et l'apparition, dans plusieurs

    embouchures de rivires, de parcs de flottage du bois alimentant des scieries. Le rythme des

    altrations devait sacclrer au milieu du 20e sicle avec limplantation dusines de ptes et

    papiers, de ports desservant les nouvelles exploitations minires et larrosage intensif des forts

    avec du DDT. Cest cette poque que lindustrie des pches a connu une mutation profonde

    avec lintroduction des chaluts qui ont permis de dcupler la capacit de capture des flottes de

    pche. On croyait alors que le golfe du Saint-Laurent tait labri de la pollution et que ses

    ressources taient inpuisables.

    Le rveil de lopinion publique est survenu assez brutalement au cours des annes

    1970 lorsquon a constat que les Fous de Bassan de lle Bonaventure taient fortement

    contamins par des substances toxiques qui mettaient leur survie en pril et que les stocks de

    poissons staient effondrs en raison dune surpche.

    De faon quasi unanime, on admet aujourdhui que le golfe du Saint-Laurent

    constitue un cosystme fragile et que ses ressources sont limites. Malgr son loignement des

    grands centres industriels et limmensit de son territoire, lintgrit de cet cosystme est

  • 2 LE GOLFE DU SAINT-LAURENT, DHIER AUJOURDHUI

    menace par lexploitation effrne de ses ressources, la prsence de substances toxiques et la

    destruction dhabitats fauniques.

    La majorit des pays industrialiss ont convenu de rorienter leurs activits

    conomiques vers le dveloppement durable. Le profit ne peut plus tre la seule loi qui gouverne

    lensemble des activits humaines. Compte tenu de la fragilit de notre environnement et des

    limites de notre plante, une activit conomique durable doit assurer un usage polyvalent des

    ressources; elle doit aussi tenir compte de la qualit de vie du genre humain et favoriser le

    maintien de la diversit biologique.

  • CHAPITRE 2 Le programme des Zones dinterventionprioritaire

    partir des annes 1960, lveil de lopinion publique sur ltat de dgradation des

    Grands Lacs, du Saint-Laurent et de la rivire Saguenay ainsi que sur lurgence de la situation ont

    amen les gouvernements entreprendre des actions concrtes et concertes. Ceci a ouvert la voie

    lAccord canado-amricain pour la dpollution des Grands Lacs, sign en 1972. Un

    amendement y a t apport en 1987 pour inscrire un programme de restauration des usages des

    chelles locales (Plans dactions correctrices - RAP). Par ailleurs, une entente visant le contrle

    des rejets toxiques dans le bassin des Grands Lacs de mme que la Charte des Grands Lacs ont

    t signes en 1988 par les huit tats amricains concerns, lOntario et le Qubec. Proccup par

    la pitre qualit des eaux du fleuve Saint-Laurent et de ses tributaires, le gouvernement du

    Qubec lanait en 1978 le Programme dassainissement des eaux.

    En 1989, le gouvernement fdral et celui du Qubec convenaient dorchestrer leurs

    interventions dans le cadre du Plan daction Saint-Laurent (PASL), renouvel en 1994 sous le

    nom de Plan daction Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000). Parmi les objectifs de ce plan, on

    retrouve celui de dresser un bilan environnemental au moyen duquel on cherche dsormais

    favoriser, lchelle locale, la concertation des intervenants pour la restauration du Saint-Laurent,

    sa protection et lharmonisation de ses usages (figure 1). Pour prparer des consultations

    publiques, les partenaires de SLV 2000 ralisent une synthse et une analyse des connaissances

    sur ltat actuel du milieu dans chaque secteur dtude.

    Le prsent document dintgration rsume les points saillants des rapports techniques1

    et dresse le bilan des connaissances sur ltat des ressources, des usages actuels ou potentiels du

    secteur Cte-NordAnticosti (ZIP 19).

    1 Les rapports techniques traitent de la physico-chimie de leau et des sdiments (Gagnon et al., 1997), des

    communauts biologiques (Mousseau et al., 1997), des aspects socio-conomiques pertinents (Bibeault et al.,1997) et de la sant humaine (Duchesne et al., 1997).

  • Source : Programme Zones dintervention prioritaire SLV 2000.

    Figure 1 Secteurs dtude du Programme des zones dintervention prioritaire (ZIP)

  • LE PROGRAMME DES ZONES DINTERVENTION PRIORITAIRE 5

    Cet effort de synthse et danalyse des connaissances existantes a pour but de fournir

    aux divers intervenants riverains les donnes scientifiques sous une forme accessible et objective

    afin quils puissent dfinir leurs priorits dintervention. Des plans daction pourront alors tre

    labors et mis en uvre lchelle locale et rgionale, chaque partenaire riverain intervenant

    lintrieur de ses champs de responsabilit, mais de manire concerte.

  • CHAPITRE 3 Caractrisation du secteur Cte-NordAnticosti

    Le secteur Cte-NordAnticosti comprend les ctes de la partie nord du golfe du

    Saint-Laurent entre Pointe-des-Monts et Blanc-Sablon, les ctes de lle dAnticosti ainsi que les

    eaux profondes et les fonds marins au large de ces ctes (figure 2). Ce territoire, qui correspond

    la zone dintervention prioritaire 19, a t subdivis en trois secteurs : la Moyenne-Cte-Nord

    (MCN) entre Pointe-des-Monts et Natashquan, la Basse-Cte-Nord (BCN) entre Natashquan et

    Blanc-Sablon, et l'le d'Anticosti.

    3.1 Milieu physiqueLa topographie sous-marine du secteur est domine par la prsence de trois fosses de

    plus de 200 m de profondeur qui communiquent entre elles et avec locan Atlantique (figure 3).

    Le chenal Laurentien prend naissance dans lestuaire du Saint-Laurent, traverse le golfe en

    longeant la rive sud de lle dAnticosti, continue vers le dtroit de Cabot et se termine sur le

    rebord du plateau continental au sud-est de Terre-Neuve. Les chenaux dAnticosti et dEsquiman

    sont des embranchements du chenal Laurentien qui dbutent dans le dtroit de Jacques-Cartier et

    dans le nord-est du golfe, respectivement.

    Entre les chenaux et les rives, on retrouve des plates-formes sous-marines de largeur

    et de relief varis dont certaines sont constitues de sries parallles de plateaux, de hauts-fonds

    ou d'les spars par des dpressions longitudinales et transversales.

    Les rives du secteur stirent sur une distance de prs de 5000 km (dont environ

    3000 km de rives insulaires) et prsentent une grande varit de formes. La MCN est caractrise

    par labondance de ctes sableuses associes aux deltas des grandes rivires alors que la BCN est

    caractrise par une cte rocheuse et extrmement chancre.

  • Figure 2 Limites du secteur Cte-Nord-Anticosti

  • Figure 3 Physiographie du secteur Cte-NordAnticosti

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 9

    Le dbit* annuel combin des rivires qui se jettent dans le secteur est denviron

    2600 m3 par seconde (soit environ 16 p. 100 du dbit d'eau douce du fleuve Saint-Laurent la

    hauteur de Pointe-des-Monts). La crue dans ces rivires a lieu en juin et ltiage*, en mars. Les

    principaux affluents sont, par ordre dcroissant dimportance de leur dbit, les rivires du Petit

    Mcatina, Moisie, Natashquan et Romaine.

    Les mares dans cette partie du golfe sont du type semi-diurne (deux lvations du

    niveau par jour) et leur amplitude varie selon un cycle bihebdomadaire (vives-eauxmortes-eaux).

    Le marnage* moyen engendr par ces mares diminue dest en ouest sur la MCN, passant de

    2,5 m Pointe-des-Monts environ 1,0 m au cap Whittle et la pointe est de lle dAnticosti.

    Sur la BCN, le marnage moyen varie entre 1,1 et 1,6 m et est maximal La Tabatire.

    En t, les eaux du golfe sont stratifies en trois masses deau dorigine et de

    caractristiques distinctes (figure 4) : 1) une couche deau superficielle de 30 50 m dpaisseur

    relativement chaude (12 - 15 C) et peu sale (29 31 ) provenant du mlange des eaux douces

    avec les eaux marines; 2) une couche deau intermdiaire glaciale (-1 2 C) et plus sale (31,5

    33 ) retrouve de 30 - 50 m environ 125 m de profondeur qui provient du refroidissement des

    eaux superficielles en hiver et du transport dans le golfe travers le dtroit de Belle-Isle des eaux

    ctires du Labrador et 3), confine aux chenaux Laurentien, dAnticosti et dEsquiman, une

    couche deau profonde plus chaude (2 - 5 C) et plus sale (33 34 ) que la couche

    intermdiaire et qui provient de locan atlantique par le dtroit de Cabot. En hiver, les couches

    superficielles et intermdiaires se mlangent et ne forment plus quune masse deau* glaciale (< -

    1 C) de la surface jusqu environ 125 m de profondeur.

    La circulation de leau dans le secteur est domine par un courant dirig vers louest

    qui longe la BCN puis la MCN et par la prsence dune gyre tournant dans le sens antihoraire

    entre Pointe-des-Monts et la pointe ouest de lle dAnticosti (figure 5). Le secteur nest pas sous

    linfluence des eaux de lestuaire du Saint-Laurent. Ces dernires forment le courant de Gasp,

    scoulent le long de la pninsule de Gasp et se dversent dans la partie sud du golfe.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI10

    Source : Adapt de Koutitonsky et Bugden, 1991.

    Figure 4 Stratification verticale des eaux du golfe Saint-Laurent

    Les courants engendrs par la mare sont peu intenses (moins de 30 cm par seconde)

    sauf dans la partie ouest du passage de Jacques-Cartier qui constitue un goulot dtranglement o

    se mlangent intensivement les eaux superficielles et intermdiaires lors des mares de vives-

    eaux. Il sagit dune rgion o on retrouve gnralement des zones libres de glaces en hiver. En

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 11

    moyenne, les glaces apparaissent la fin de dcembre dans le nord-ouest et lextrme nord-est.

    L'englacement progresse vers le centre du secteur pour le recouvrir compltement la fin de

    janvier. Les glaces commencent disparatre le long de la MCN ds la fin mars alors que la BCN

    demeure encombre par les glaces jusquen mai.

    Figure 5 Courants de surface dans le golfe du Saint-Laurent au mois daot

    Les rivires du secteur ne transportent pas des volumes importants de matires en

    suspension (MES). Les eaux superficielles du secteur sont donc beaucoup moins turbides* que

    celles de lestuaire du Saint-Laurent et du courant de Gasp. Les sdiments* sur le fond des

    plates-formes littorales proviennent surtout du remaniement local de dpts glaciaires alors que

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI12

    ceux retrouvs sur le fond de chenaux profonds proviennent de la sdimentation des particules

    fines provenant des cours deau, de lrosion des rives et du fond ainsi que de la production

    biologique plagique.

    3.2 Habitats* et communauts* biologiquesDans le secteur ltude, on retrouve une mosaque dhabitats aquatiques qui

    correspondent aux nombreuses combinaisons possibles des variables biophysiques qui

    dterminent la distribution et labondance des organismes aquatiques. Afin de faciliter la synthse

    des nombreuses connaissances disponibles sur le sujet, nous avons distingu deux grands types de

    milieux : 1) le milieu benthique et 2) le milieu plagique.

    3.2.1 Habitats benthiquesLe milieu benthique est gnralement subdivis entre cinq tages en fonction du

    balancement des mares et de la rpartition verticale des masses deau dans le golfe

    (figure 6) : 1) ltage supralittoral situ au-dessus de la ligne des mares hautes, 2) ltage

    mdiolittoral soumis linondation et lexondation priodiques des mares, 3) ltage

    infralittoral constitu des fonds baigns en permanence par la couche deau superficielle (0 -

    30 m de profondeur), 4) ltage circalittoral associ la couche deau intermdiaire glaciale et 5)

    ltage bathyal constitu par les fonds du chenal Laurentien situs plus de 125 m de profondeur.

    Habitats supralittoraux. Les habitats supralittoraux dintrt sont les falaises ainsi

    que les petites les et les lots o on retrouve des plantes rares et qui sont utiliss par les oiseaux

    aquatiques et les phoques comme sites de reproduction et de repos. Comparativement au sud du

    golfe, le secteur dtude est caractris par la prsence dun trs grand nombre de petites les,

    dlots et de rcifs.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 13

    Source : Brunel, 1991.

    Figure 6 tagement du milieu benthique dans le golfe du Saint-Laurent en fonction desmares et des masses deau

    Habitats mdiolittoraux. Sur les substrats vaseux retrouvs dans lembouchure de

    certaines rivires et le fond des baies trs abrites, on retrouve des marais intertidaux. Ces marais

    noccupent que 1300 ha dans le secteur dtude, ce qui reprsente trois fois moins de surface de

    marais par kilomtre de rive que dans le sud du golfe (partie qubcoise) et encore beaucoup

    moins que dans lestuaire du Saint-Laurent. Cest ce qui explique quun nombre restreint doies et

    de canards barboteurs frquentent le secteur dtude lors de leurs migrations printanire et

    automnale ou en priode de nidification. Les principaux marais sont situs dans la baie des Sept-

    les et le long de la cte entre Mingan et le cap Whittle; le seul marais important de lle

    dAnticosti est situ dans le Grand Lac Sal, sur la rive sud. Lherbaaie sale, qui nest

    immerge que par les mares dquinoxe, domine largement ces marais. Cest uniquement dans la

    baie des Sept-les quon retrouve de petites superficies de marais Spartine alterniflore

    immerges chaque mare.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI14

    Les grandes plages retrouves dans le delta des rivires de la MCN et dans les anses

    environnantes sont constitues de sable dnud de vgtation. Lorsque ce sable est grossier, il est

    aussi trs pauvre en faune endobenthique. Par contre, ce type dhabitat est recherch par les

    oiseaux de rivage (bcasseaux, pluviers, etc.) et les larids (golands, mouettes et sternes) qui sy

    nourrissent des organismes et dtritus repousss sur la plage par les vagues, ainsi que par le

    Capelan qui vient frayer. Lorsque les plages sont plus abrites des vagues, le sable mlang des

    sdiments plus fins abrite des bancs de Mye commune et de vers marins activement recherchs

    par la Plie rouge.

    Sur les ctes rocheuses omniprsentes dans le secteur d'tude, la densit et la

    biomasse* de la flore et de la faune augmentent du haut vers le bas de l'estran*. Sur les ctes

    rgulirement rodes par les glaces, l'estran est colonis par des algues filamenteuses et des

    littorines alors que les grandes algues benthiques, les balanes et les moules ne peuvent se

    dvelopper que dans les cuvettes, les anfractuosits et les parois rocheuses abrites. Par contre,

    dans les zones abrites de l'effet perturbateur des glaces, les algues brunes (communment

    appeles varech) forment dans la partie infrieure de l'estran un tapis continu o viennent

    s'abriter en grands nombres les littorines, les moules et les gammares. Dans les cuvettes, on

    retrouve une flore et une faune normalement rencontres sous le niveau des basses mers. la

    faveur de la mare haute, de nombreuses espces dinvertbrs, de poissons et de canards de mer

    (notamment l'Eider commun) viennent s'alimenter dans ces habitats.

    Habitats infralittoraux. Le milieu infralittoral n'est jamais dcouvert par les mares

    et, consquemment, il est abrit des effets perturbateurs des vagues et des glaces. Les fonds

    sableux de cet tage sont dnuds de vgtation et abritent une faune peu diversifie domine par

    l'Oursin plat. On y retrouve aussi plusieurs espces de gros bivalves comme le Couteau droit, la

    Coque d'Islande et la Mactre de Stimpson. Par contre, les fonds rocheux infralittoraux abritent

    une flore et une faune abondantes et diversifies (figure 7). Dans l'archipel de Mingan, les

    communauts vgtales et animales forment gnralement quatre bandes distinctes en fonction de

    la profondeur : 1) une premire bande qui dbute au niveau des basses mers de vives-eaux

    domine par des algues opportunistes qui colonisent les surfaces dnudes par les glaces; 2) une

  • Profondeur(mtres)

    Fucacs

    toiles de mer

    Algues rouges

    Laminaires

    Autres algues brunes

    Ophiure pineuse

    Concombres de mer

    ponges

    Patelle

    Buccin commun

    Moule bleue

    Chiton

    Tuniciers

    Anmone chevelue

    Anmone rouge du nord

    Crabe araigne

    Crabe communOursin vert

    LGENDE

    Mare bassede vives eaux

    Source : Himmelman, 1991.

    Figure 7 tagement typique de la flore et de la faune sur les falaises sous-marines de la Cte-Nord et du golfe du Saint-Laurent

    tag

    em

    dio

    litto

    ral

    tag

    ein

    fral

    ittor

    al

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI16

    deuxime bande, qui dbute 1 - 2 m sous le niveau des basses mers, domine par les grandes

    algues laminaires et la Moule bleue et dont la largeur varie selon la pente et le degr d'exposition

    de la cte aux vagues; 3) une troisime bande domine par l'Oursin vert, un brouteur trs efficace

    qui limine la plupart des algues benthiques et des larves d'invertbrs de cette bande et 4) une

    dernire bande o on ne retrouve que des algues capables de rsister au broutage de l'Oursin vert

    (dont l'Agare cible et des algues calcaires encrotantes) et une grande varit d'organismes

    filtreurs (Concombres de mer, anmones, tuniciers). Les principaux prdateurs de ce type

    d'habitat sont l'toile de mer polaire et le Buccin. L'absence de homards dans la rgion des les

    Mingan serait en partie responsable du trs grand nombre d'oursins et de buccins retrouvs dans

    ce type d'habitat.

    Habitats circalittoraux. Dans le milieu circalittoral, plus de 30 m de profondeur, la

    pntration de la lumire est insuffisante pour permettre la photosynthse. Les communauts de

    ce milieu sont constitues d'animaux qui se nourrissent de particules organiques qui se dposent

    sur le fond et de prdateurs. Peu d'tudes ont t ralises sur la faune de ce milieu dans le secteur

    d'tude. Mentionnons cependant que les fonds de sable vaseux de cet tage constituent l'habitat

    prfr du Crabe des neiges alors que les fonds rocheux (retrouvs surtout dans les zones de

    mlange intensif) sont coloniss par le Ptoncle d'Islande et constituent l'habitat prfr de la

    Morue franche.

    Habitat de l'tage bathyal. Les fonds vaseux des chenaux Laurentien, d'Anticosti et

    d'Esquiman abritent une faune distincte de celle des autres tages. Les espces caractristiques les

    plus connues de cet tage sont la Crevette nordique, le Crabe pineux et le Fltan noir.

    3.2.2 Habitats plagiquesLe milieu plagique constitue lhabitat du plancton* vgtal (phytoplancton) et

    animal (zooplancton), des poissons plagiques, des oiseaux de mer et des ctacs. La chane

    alimentaire de ce milieu est en grande partie base sur la production dalgues microscopiques

    (production primaire*) dans la couche deau superficielle.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 17

    Dans le secteur d'tude, on assiste une floraison du phytoplancton en avril aprs

    quoi la production et la biomasse du phytoplancton diminuent rapidement et se maintiennent

    des valeurs beaucoup plus faibles pendant tout l't, sauf dans les zones de remonte d'eaux

    profondes o la production primaire est maintenue un niveau lev par le transport priodique

    d'lments nutritifs des couches d'eau profonde vers la surface.

    Le zooplancton regroupe plusieurs types d'animaux qui drivent passivement avec les

    courants. Il comprend des organismes qui accomplissent tout leur cycle vital dans le milieu

    plagique (coppodes, euphausides) ainsi que des oeufs et des larves d'organismes benthiques et

    de poissons. Le zooplancton du secteur d'tude est largement domin en nombre d'individus par

    des coppodes de grande taille du genre Calanus et en biomasse par les euphausides

    (communment appel krill). Ces derniers se concentrent surtout le long de la pente des

    chenaux profonds et font des migrations verticales entre les eaux profondes, le jour, et la surface,

    la nuit. Plusieurs des espces de poissons exploites commercialement utilisent le milieu

    plagique du secteur pour se reproduire (morue) ainsi que pour l'alimentation des larves et des

    juvniles (lanon, morue, sbaste, hareng, capelan) et des adultes (lanon, maquereau, perlan)

    qui attirent leur tour des oiseaux de mer (macareux, guillemots, Petit Pingouin) et des ctacs

    (rorquals et dauphins).

    3.3 Ressources halieutiquesSeulement quelques-unes de la centaine d'espces d'algues marines, du millier

    d'espces d'invertbrs et des 80 espces de poissons du golfe sont exploites par l'homme. Les

    principales espces vises par la pche commerciale, par ordre dcroissant de la valeur des

    dbarquements dans les ports du secteur de 1990 1995, sont le Crabe des neiges, les Ptoncles

    (gant et dIslande), la Crevette nordique, le Homard dAmrique, la Morue franche, le Saumon

    de lAtlantique, le Buccin, le Hareng atlantique, le Fltan noir et le Capelan. Les principales

    espces de pche sportive, rcrative et de subsistance du secteur sont le Saumon de lAtlantique,

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI18

    lperlan arc-en-ciel, le Capelan, la Morue franche et la Mye commune. Nous dcrivons

    succinctement ci-dessous la distribution et ltat actuel de ces ressources dans le secteur dtude.

    Crabe des neiges. Le Crabe des neiges est un invertbr benthique qui frquente les

    fonds vaseux situs entre 50 et 200 m de profondeur. Il est abondant le long de toutes les ctes du

    secteur dtude. Les principales concentrations sont situes le long de la MCN. Dans cette zone,

    labondance du crabe varie suivant un cycle denviron 8 ans. Trois annes conscutives de faible

    abondance de jeunes individus (1977-1979, 1985-1987, 1993-1994) sont habituellement suivies

    de cinq annes dabondance moyenne forte (1980-1985, 1988-1992). Labondance des jeunes a

    des effets marqus sur les captures une dizaine dannes plus tard. On prvoit donc pour les

    prochaines annes larrive des fortes classes dge de 1988-1992. Sur la BCN, une seule forte

    classe dge*, celle de 1991, a t produite depuis 1985 et les perspectives moyen terme sont

    donc plutt sombres pour les stocks de cette zone.

    Ptoncles. Sur la Cte-Nord, le Ptoncle gant est restreint aux eaux peu profondes

    des baies abrites de la BCN alors que le Ptoncle dIslande est abondant plusieurs endroits le

    long de la Cte-Nord et de lle dAnticosti entre 35 et 80 m de profondeur. Les principaux bancs

    de cette dernire espce sont situs dans la rgion de Havre-Saint-Pierre. On a observ rcemment

    une baisse des prises par unit deffort. Sur la BCN, les stocks de Ptoncle gant sont en situation

    prcaire en raison dune mortalit massive en 1993 et de la faiblesse des classes dge produites

    au cours des dernires annes. Cette situation serait relie aux conditions climatiques

    anormalement froides qui prvalent dans le secteur depuis plusieurs annes combines un taux

    lev dexploitation. On estime que les bancs de Ptoncle dIslande de la BCN ne pourront

    supporter la pression de pche exerce antrieurement sur la population de Ptoncle gant.

    Crevette nordique. La Crevette nordique est un invertbr qui nage prs du fond des

    chenaux profonds le jour et qui migre vers la surface la nuit. Les principales concentrations de

    crevettes sont situes sur les fonds vaseux, des profondeurs de 150 300 m, dans la partie

    amont des chenaux Laurentien, dAnticosti et dEsquiman. La population du secteur est

    prsentement en bon tat. Son abondance a augment la fin des annes 1980 et au dbut des

    annes 1990 en raison de larrive dans la pche des fortes classes dge de 1984 1987, puis a

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 19

    diminu en 1992 et 1993. Les fortes classes dge de 1990 et 1991 ont permis une augmentation

    de labondance en 1994 et 1995.

    Homard dAmrique. La Cte-Nord reprsente la limite nordique de la distribution

    du homard. Lespce est prsente le long de toutes les ctes sur les fonds rocheux de moins de

    35 m de profondeur mais en nombre beaucoup moins grand que dans le sud du golfe. Les

    principales concentrations sont situes le long de la rive sud de lle dAnticosti.

    Buccin. Le Buccin est un mollusque gastropode abondant le long de lensemble des

    ctes du secteur sur tous les types de fonds partir du niveau des basses mers jusqu une

    profondeur de 25 m. Il semble quune forte proportion des individus capturs nait pas encore

    atteint la maturit sexuelle, ce qui met en pril la capacit reproductrice des populations fortement

    exploites.

    Morue franche. La population de Morue franche qui frquente le secteur dtude

    (population du nord du golfe) hiverne au large de la cte sud-ouest de Terre-Neuve puis se

    rpartit le long de la cte ouest de Terre-Neuve et de la Cte-Nord du Qubec en t pour se

    reproduire et salimenter. Cette population est en trs mauvais tat, sa biomasse ayant atteint en

    1993-1994 son plus bas niveau depuis que le stock est valu. De plus, le taux de croissance des

    individus est en baisse constante depuis la fin des annes 1970 et la condition des individus sest

    dtriore un tel point au cours de lhiver 1993-1994 que des mortalits naturelles massives ont

    pu se produire. Ce mauvais tat est probablement attribuable au fait que le climat dans le golfe a

    t plus froid que la normale depuis la fin des annes 1980. Un moratoire sur la pche visant cette

    espce a t instaur en 1994 en raison du mauvais tat de la ressource. Le stock montre

    prsentement des signes de rtablissement mais son tat actuel ne permet pas une rouverture

    totale de la pche sans que le stock ne soit mis en pril.

    Saumon de lAtlantique. On compte 22 rivires saumons sur la MCN, 24 sur lle

    dAnticosti et 22 sur la BCN. Les principales sont, par ordre dcroissant des captures sportives et

    de subsistance de 1984 1995, les rivires Moisie, Natashquan, Saint-Jean, de la Trinit, Saint-

    Paul et tamamiou. Dans lensemble des rivires pour lesquelles on dispose de donnes

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI20

    chronologiques sur la montaison (le dAnticosti surtout), le nombre de reproducteurs qui ont

    remont les rivires pour frayer a diminu partir du milieu des annes 1980 jusquen 1992-1993

    puis a augment pour atteindre un niveau intermdiaire en 1996. Le succs de la pche sportive

    relativement au nombre de saumons capturs par jour de pche a montr, dans lensemble, des

    variations similaires. La faiblesse des montaisons a t attribue de mauvaises conditions

    ocanographiques dans lAtlantique Nord-Ouest qui auraient diminu la survie en mer des

    saumoneaux.

    Hareng atlantique. Les populations de Hareng atlantique qui frquentent le secteur

    dtude hivernent au large des ctes dans la partie est du golfe, et se rapprochent des ctes du

    secteur pour frayer au printemps ou la fin de l't ainsi que pour salimenter. On mentionne la

    prsence de frayres* dans la rgion de Pointe-des-Monts, Sept-les, Havre-Saint-Pierre,

    Harrington-Harbour et La Tabatire. Les populations semblent prsentement en bon tat, les

    jeunes individus continuant dominer dans les dbarquements et les relevs scientifiques des

    dernires annes.

    Fltan noir. Le Fltan noir est un poisson plat qui hiverne dans les eaux profondes de

    la rgion du dtroit de Cabot o il se reproduit et qui migre en t vers le nord-ouest du golfe et

    lestuaire maritime du Saint-Laurent sur les fonds de plus de 200 m de profondeur. Labondance

    de la population du golfe est faible depuis le dbut des annes 1990 mais elle a augment au cours

    des dernires annes avec larrive des fortes classes dge de 1988-1990 dans la pche.

    Capelan. Le Capelan est un poisson plagique qui hiverne au large de la Cte-Nord

    et qui vient frayer sur les plages de sable et de gravier du secteur de la mi-mai la mi-juin entre

    Pointe-des-Monts et Sept-les, du dbut de juin la mi-juillet entre Sept-les et Natashquan et de

    la mi-juin la fin juillet sur la BCN. On dit alors quil roule. Labondance de cette espce dans

    le nord du golfe est leve. Les variations de son abondance ne sont cependant pas connues.

    perlan arc-en-ciel. Lperlan est un poisson anadrome* qui hiverne dans

    lembouchure des rivires, fraye au printemps dans les rivires et passe le reste de lanne en eau

    sale. Cette espce fraye dans la plupart des rivires de la MCN. On mentionne lexistence dune

    petite pche commerciale de cette espce dans la baie de Sept-les et une pche blanche sous la

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 21

    glace lembouchure des rivires des Rapides (baie des Sept-les), Asley, Piashti et Natashquan.

    On ne dispose pas de donnes sur ltat des populations du secteur dtude.

    Mye commune. La Mye commune est un mollusque bivalve abondant sur les fonds

    de vase sableuse de la partie infrieure de ltage mdiolittoral jusqu une profondeur de 10 m.

    Les principaux bancs du secteur sont situs dans les rgions de Sept-les et de Havre-Saint-Pierre.

    Ltat des bancs locaux nest pas connu.

    3.4 OiseauxOn a rapport la prsence de 341 espces doiseaux le long de la Cte-Nord (entre

    Tadoussac et Blanc-Sablon) et de 236 espces sur lle dAnticosti. Ces oiseaux viennent dans ces

    territoires pour nicher (174 espces sur la Cte-Nord et 117 espces lle dAnticosti) et lever

    leurs jeunes, pour salimenter lors de la migration printanire ou automnale, pour hiverner ou

    encore ne font que des incursions occasionnelles ou rares dans le secteur.

    Nidification. On a observ dans le secteur 85 des 115 espces doiseaux nicheurs

    directement associs aux milieux riverains et aquatiques du Saint-Laurent, dont 20 espces qui

    nichent en colonies (8 espces de larids, 4 espces dalcids, 2 espces de cormorans, 2 espces

    dardids, 1 espce danatids et 3 espces diverses). On compte dans le secteur plus de

    550 colonies doiseaux regroupant au total prs de 140 000 couples nicheurs. Sur la MCN, les

    principales colonies sont situes dans larchipel des Sept-les et sur les les Mingan et les

    principales espces sont des larids (Goland argent, Goland bec cercl, Mouette tridactyle,

    Sterne pierregarin, le Cormoran aigrettes et lEider duvet. Sur lle dAnticosti, la principale

    colonie regroupant la majorit des oiseaux coloniaux de lle est la colonie de Mouettes

    tridactyles de la falaise aux Golands. La BCN est caractrise par la grande abondance de

    colonies dalcids (guillemots, Macareux moine, Petit Pingouin) dont les principales colonies

    sont situes dans quatre refuges doiseaux migrateurs. Le secteur dtude a la particularit

    dabriter la seule colonie de Sterne caspienne connue au Qubec (le la Brume). On y retrouve

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI22

    aussi une des deux colonies de Mouette rieuse et une des trois colonies de Fou de Bassan connues

    au Qubec.

    On dispose de donnes chronologiques sur la taille des colonies dans les huit refuges

    doiseaux migrateurs du secteur qui regroupent la majorit des colonies dalcids mais seulement

    une partie des colonies des autres espces. On assiste depuis 20 ans une augmentation

    spectaculaire des effectifs des alcids dont le nombre total dindividus dans les refuges est pass

    de 29 500 en 1977 86 300 en 1993. Les effectifs de Guillemot marmette ont atteint en 1993 un

    niveau record depuis la cration des refuges en 1925. Cette hausse est attribuable un effort accru

    de surveillance, la sensibilisation des populations locales qui rcoltent les ufs et chassent les

    oiseaux, et possiblement laugmentation des stocks de petits poissons (capelans, lanons) dont

    se nourrit ce type doiseaux la suite de la rduction de labondance des poissons de fond qui

    comptitionnent avec les alcids pour ces poissons-fourrage.

    On a par contre observ dans les refuges une baisse des effectifs de Golands argents

    et de Mouettes tridactyles qui semble tre gnralise au Qubec et qui pourrait tre associe la

    diminution de la pche au poisson de fond dont les rejets en mer fournissent une nourriture

    abondante ces oiseaux opportunistes. Une baisse a t observe chez la Sterne pierregarin et la

    Sterne arctique mais elle demeure inexplique. Il se pourrait quil ne sagisse que dune baisse

    apparente due une migration hors des refuges.

    En plus des espces coloniales, 1 espce doie, 7 espces de canards barboteurs, 5

    espces de canards plongeurs, 2 espces de canards de mer et 7 espces doiseaux de rivage

    (bcasseux, pluviers, chevaliers) nichent en couples individuels dans les habitats riverains du

    secteur dtude. Parmi ces espces nicheuses, lEider duvet (qui niche aussi en colonies) et le

    Canard noir sont les plus abondants. On retrouve dans les vastes tourbires de lle dAnticosti

    les concentrations les plus leves de Bernaches du Canada nicheuses du Qubec mridional.

    Cette le est aussi lun des quatre territoires les plus importants de lAmrique du Nord et le plus

    important du Qubec pour la nidification du Pygargue tte blanche, avec 20 nids inventoris.

    Migration printanire. La MCN constitue la principale zone de concentration du

    golfe du Saint-Laurent pour la sauvagine* en migration entre ses aires dhivernage du sud et ses

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 23

    aires de nidification dans le Grand Nord. Au cours de la priode 1974 1978, prs de 150 000

    oies et canards ont en moyenne frquent la cte de la MCN au printemps, principalement en mai.

    En raison de la faible tendue des marais intertidaux, les oies et canards barboteurs sont peu

    abondants. Prs de 95 p. 100 des individus inventoris sont des canards de mer (principalement

    lEider duvet, la Macreuse noire et la Macreuse front blanc). Les eiders en migration se

    concentrent surtout autour des les de Mingan et de la partie est de lle dAnticosti. Ce canard de

    mer frquente alors les fonds vaseux et rocheux peu profonds o il se nourrit surtout dufs de

    Hareng et de vers marins. De leur ct, les macreuses se concentrent principalement entre Pointe-

    des-Monts et la pointe aux Anglais ainsi quentre la pointe Sproule et la pointe la Chasse,

    louest de la baie des Sept-les. La partie amont de la MCN regroupe aussi les principales haltes

    migratoires de lHarelde kakawi et des garrots du golfe du Saint-Laurent.

    Migration automnale. En automne, on a inventori quatre fois et demie moins doies

    et de canards en migration quau printemps le long de la Cte-Nord. Les eiders reprsentent

    82 p. 100 des individus recenss le long de la MCN. Cette zone constitue la principale halte

    migratoire automnale du golfe du Saint-Laurent pour les eiders, lHarelde kakawi et les garrots.

    Les eiders sont alors concentrs autour des les de Mingan, en aval des lets Caribou et en aval de

    lembouchure de la rivire Moisie.

    Les oiseaux de rivage (bcasseaux, pluviers, chevaliers) frquentent aussi en nombres

    importants (autour de 6000 individus) les ctes du secteur dtude lors de leur migration

    automnale. Les principales espces observes sont le Bcasseau maubche, le Phalarope bec

    troit, le Bcasseau semi-palm et le Bcasseau minuscule. Les principales concentrations sont

    observes sur les rives des les de Mingan.

    Hivernage. Le secteur dtude abrite les principales aires dhivernage du systme du

    Saint-Laurent pour lEider duvet et les garrots (figure 8). Prs de 100 000 eiders se concentrent

    autour de larchipel de Mingan o on retrouve des zones libres de glaces et une faune

    dinvertbrs benthiques (moules, oursins) abondante. Environ 50 000 eiders se concentrent dans

    les zones libres de glaces au large de lle dAnticosti, notamment le long de la rive sud et de

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI24

    lextrmit est de lle. Les individus qui hivernent dans le secteur appartiennent en majorit la

    sous-espce qui niche dans le nord du Labrador et les environs du dtroit dHudson et non pas

    la sous-espce qui niche dans le secteur. LHarelde kakawi hiverne aussi en grand nombre dans le

    secteur mais ses effectifs y sont moins importants que dans le sud du golfe.

    Source : Bourget et al., 1996.

    Figure 8 Principaux sites hivernaux de rassemblement deiders dans le golfe du Saint-Laurent

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 25

    3.5 Mammifres marinsQuinze espces de mammifres marins ont t observes dans le secteur dtude dont

    6 espces de baleines dents, 4 espces de baleines fanons et 6 espces de phoques.

    Baleines dents. Le secteur dtude est la principale rgion du golfe o il est

    possible dobserver le Dauphin flancs blancs, le Dauphin nez blanc et lpaulard. La

    deuxime espce est cependant beaucoup moins abondante que la premire et lpaulard na t

    observ quoccasionnellement (Natashquan, les Sainte-Marie, dtroit de Belle-Isle). Le Bluga

    dont la population se concentre en t dans lestuaire du Saint-Laurent, frquente rgulirement la

    cte entre Pointe-des-Monts et Sept-les en hiver. Le Marsouin commun est abondant dans toutes

    les rgions du golfe. Dans le secteur dtude, il serait plus abondant le long de la rive sud de lle

    dAnticosti et le long de la BCN. Enfin, le Globicphale noir de lAtlantique nutilise

    quoccasionnellement le golfe lors de sa migration estivale entre les rgions sud et nord de

    lAtlantique.

    lexception du Bluga, un rsident permanent du Saint-Laurent, les baleines dents

    ne frquentent le golfe que pendant la saison estivale pour salimenter de petits poissons

    (capelans, lanons, harengs).

    Baleines fanons. Le secteur dtude est la principale rgion du golfe o il est

    possible dobserver des baleines fanon. Les espces observes sont, par ordre dcroissant

    dabondance dans le golfe : le Petit Rorqual, le Rorqual commun, le Rorqual bosse et le Rorqual

    bleu. Ces espces ne frquentent le golfe du Saint-Laurent que pendant la saison estivale pour

    salimenter deuphausides ou de petits poissons comme le capelan, le lanon et le hareng. Les

    principales zones frquentes par ces grandes baleines sont le talus du chenal Laurentien entre

    Pointe-des-Monts et Sept-les, le banc Rouge et larchipel de Mingan, les hauts-fonds de

    Natashquan, la rgion des les Sainte-Marie et la BCN, entre la rivire Saint-Augustin et le dtroit

    de Belle-Isle.

    Phoques. Le Phoque gris se reproduit en hiver dans le sud du golfe puis se disperse le

    long des ctes du golfe pour salimenter. Les principales choueries* dans le golfe sont

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI26

    prsentement situes autour de lle dAnticosti o cette espce sensible au drangement trouve

    une plus grande quitude. Les effectifs de la population de lest du Canada sont la hausse depuis

    le dbut des annes 1960. En 1995, la population du golfe tait estime 61 000 individus. Le

    Phoque commun se reproduit en petites colonies un peu partout dans le golfe. Les populations du

    golfe auraient connu depuis les annes 1970 une forte baisse. Ainsi, les choueries qui avaient t

    inventories dans la partie amont de la MCN en 1973 nont pas t observes en 1996. Une partie

    de la population du Phoque du Groenland de lest du Canada se reproduit dans le golfe en hiver et

    se disperse le long des ctes pour salimenter avant de retourner vers le Grand Nord la fin du

    printemps. Une des deux aires de mise bas du golfe est situe sur les glaces au large de la BCN.

    En 1994, 57 000 petits y sont ns, ce qui correspond 22 p. 100 de la production totale du golfe

    et 8 p. 100 de la production de lensemble de la population de lest du Canada. Cette population

    affiche une croissance continue depuis 1973; elle a pass de moins de 2 millions dindividus en

    1973 4,8 millions en 1994. Le Phoque capuchon, le Phoque annel, le Phoque barbu et le

    Morse sont occasionnellement aperus le long de la BCN.

    3.6 Espces en situation prcaireOn compte dans le secteur dtude 29 espces vgtales rares, 4 espces de poissons,

    10 espces doiseaux, 4 espces de mammifres marins et 1 espce de mammifre terrestre qui

    apparaissent sur la liste des espces dont la protection est juge prioritaire dans le cadre du Plan

    daction Saint-Laurent Vision 2000 (annexe 1).

    Parmi les espces vgtales prioritaires, 8 sont endmiques* du golfe du Saint-

    Laurent et 4 sont endmiques du nord-est de lAmrique du Nord. Deux des espces endmiques

    les plus rares, le Cypripde uf-de-passereau (varit de la Minganie) et le Chardon multifeuille

    (varit de la Minganie) ont t retrouves dans larchipel de Mingan et font prsentement lobjet

    d'tudes dmographiques. LAstragale de Robins (varit de Fernald) ne se rencontre au Qubec

    que dans la rgion de Blanc-Sablon.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 27

    Les espces de poissons prioritaires sont lperlan arc-en-ciel, le Poulamon

    atlantique, lAnguille dAmrique et le Hareng atlantique. Le statut accord aux trois premires

    espces provient du mauvais tat des populations de lestuaire du Saint-Laurent et nest peut-tre

    pas applicable aux populations du territoire ltude dont ltat nest pas connu. Quant au Hareng

    atlantique, ltat des populations du secteur d'tude sest graduellement amlior depuis la fin des

    annes 1970 et peut tre considr bon prsentement.

    Des 10 espces doiseaux prioritaires, 7 nichent ou ont dj nich dans le secteur

    dtude. Il sagit du Canard pilet, de la Sarcelle ailes bleues, de lArlequin plongeur, du Garrot

    dIslande, du Pluvier siffleur, de la Sterne caspienne et du Pygargue tte blanche. Les deux

    premires espces de canards ont connu une baisse marque dabondance au Qubec depuis une

    trentaine dannes. Les causes de ce dclin sont inconnues dans le cas du Canard pilet; le dclin

    de la Sarcelle ailes bleues serait attribuable la perte dhabitats de nidification et la chasse

    excessive en hiver au Mexique. LArlequin plongeur niche sur la BCN. Les effectifs de cette

    espce ont connu un dclin marqu au cours du 20e sicle et sa chasse est interdite depuis 1990.

    Lespce est sensible aux substances toxiques et aux dversements de ptrole. Le Pluvier siffleur

    a dj nich sur la BCN (1986). La seule colonie de Sterne caspienne du Qubec est situe depuis

    plus dun sicle sur la BCN, dans le voisinage de lle la Brume. En 1894, cette colonie

    comptait 200 couples. Cette population a dclin au cours du 20 e sicle en raison de la rcolte

    des ufs par les communauts* riveraines et elle comptait moins de 20 individus en 1988. Elle a

    lgrement augment pour atteindre 32 individus en 1995. Le Pygargue tte blanche a subi une

    baisse importante deffectifs dans lest de lAmrique du Nord partir des annes 1950 en raison

    dune contamination par le DDT et dautre substances organochlores (voir la section 4.2.2.2).

    On observe cependant de plus en plus dindividus sur lensemble du territoire qubcois depuis

    linterdiction du DDT en 1972.

    Les quatre espces de mammifres marins prioritaires du secteur dtude sont le

    Bluga, le Marsouin commun, le Rorqual commun et le Phoque commun. Le Marsouin commun

    est abondant dans le golfe mais un grand nombre prissent chaque anne lorsquils semmlent

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI28

    dans les filets de pche. La population de Rorqual commun est en voie de rtablissement alors

    que les populations de Phoque commun sont la baisse dans lensemble du golfe depuis les

    annes 1970 en raison du drangement caus par lhomme et de sa sensibilit aux substances

    toxiques.

    3.7 Occupation du territoire3.7.1 Affectation du territoire

    Les 19 municipalits et les 4 rserves indiennes du secteur dtude occupent une

    superficie de 25 200 km2 o vivaient prs de 48 500 habitants en 1991 (figure 9). Plus de

    74 p. 100 de la population du secteur est concentre Sept-les (24 848 habitants) et Port-Cartier

    (7383 habitants). La ville de Sept-les est un centre industrialo-portuaire et de services alors que

    Port-Cartier est un centre industrialo-portuaire.

    La principale affectation des terres dans les municipalits riveraines de la MCN est

    forestire. Dans la partie ouest de la MCN, une mince bande littorale est voue des affectations

    rurales alors que dans la partie est, une grande partie des rives du golfe et des rivires ainsi que

    lensemble de lle dAnticosti ont une affectation de conservation.

    3.7.2 Territoires protgs en vertu de lois et rglements fdraux,provinciaux et municipauxRserve de parc national de lArchipel de Mingan. Cre en 1984, ce parc national

    de 150 km2 vise la protection de 800 les et lots rpartis sur 175 km le long de la MCN, entre

    Longue-Pointe et Aguanish.

    Parc de conservation provincial. Sur lle dAnticosti, un projet de parc de

    conservation comprenant la rivire Vaural est en cours de ralisation.

  • 50 km0

    Limites municipales

    Limites de MRC

    Baie-Trinit

    Rivire-Pentecte

    Port-Cartier

    Sept-les

    Moisie

    Rivire-au-Tonnerre

    Rivire-Saint-Jean

    Longue-Pointe

    Havre-Saint-Pierre

    le d'Anticosti

    Baie-Johan-Beetz

    Aguanish

    Natashquan

    BASSE-CTE-NORD

    MRC DEMANICOUAGAN

    MRC DE SEPT-RIVIRESMRC DE LA MINGANIE

    MOYE

    NNE-

    CTE-NORD

    Estuairemaritime

    Golfe duSaint-Laurent

    Archipel de Mingan

    Port-MenierURBAINERURALEINDUSTRIELLERCRATIONCONSERVATIONFORESTIRE

    RSERVE INDIENNE

    AFFECTATIONS

    Figure 9 Les grandes affectations du territoire selon les MRC riveraines de la Moyenne-Cte-NordAnticosti

    Sources : MRC de Manicouagan, 1987; MRC de Sept-Rivires, 1986; MRC de la Minganie, 1987.

    Remarque.- Aucune affectation nest dfinie en Basse-Cte-Nord, ce territoire ne faisant partie daucune MRC.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI30

    Rserves cologiques. On compte trois rserves cologiques sous la juridiction du

    gouvernement provincial dans le secteur dtude. La rserve cologique de la Matamec, prs de

    Sept-les, a t cre en 1995 et vise protger le bassin versant de la rivire Matamec.

    Prsentement, seule la partie sud de ce bassin (186 km2) a le statut de rserve cologique. La

    rserve cologique de la Pointe-Heath, sur lle dAnticosti, a t cre en 1978 afin de protger

    des tourbires reprsentatives de la rgion de lAnticosti-Minganie. Cette rserve abrite aussi une

    des plus grandes colonies de Mouettes tridactyles en Amrique du Nord (falaise aux Golands).

    La rserve cologique du Grand-Lac-Sal, cre en 1996, protge la plus grande lagune et le plus

    grand marais sal de lle dAnticosti.

    Refuges doiseaux migrateurs. Huit refuges doiseaux migrateurs sous la juridiction

    du Service canadien de la faune, rpartis dans les archipels de la MCN et de la BCN, englobent

    une superficie totale de 310 km2 et protgent les principales colonies doiseaux du secteur dtude

    (figure 10).

    Habitats fauniques. On compte 57 habitats fauniques de petite superficie crs par le

    ministre de lEnvironnement et de la Faune pour protger 11 sites ctiers de concentrations

    doiseaux aquatiques et 46 colonies doiseaux (figure 10).

    Rivires saumons. Les 68 rivires saumons du secteur bnficient dune certaine

    forme de protection que nont pas les autres cours deau en vertu de la rglementation provinciale

    qui limite les projets de dveloppement sur les rives et dans le lit du cours deau.

    Parcs municipaux. Le seul parc rgional du secteur est celui de larchipel des Sept-

    les. Ce parc, sous la juridiction de la municipalit de Sept-les, englobe lensemble de larchipel.

    Sept-les, on retrouve aussi deux parcs municipaux amnags sur la rive de la baie des Sept-

    les.

  • Sources : Boucher, 1992; Saint-Onge, 1996; UQCN, 1993; MLCP, 1993.

    Figure 10 Sites protgs dans le secteur Cte-NordAnticosti

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI32

    3.8 Usages valoriss3.8.1 Production hydrolectrique et approvisionnement en eau

    On compte trois centrales hydrolectriques prives en service et deux centrales

    dHydro-Qubec en construction dans le secteur. Deux des centrales prives sont situes sur la

    rivire Sainte-Marguerite et lautre sur la rivire Magpie. Hydro-Qubec amnage prsentement

    une troisime centrale sur la rivire Sainte-Marguerite et une autre sur la BCN (lac Robertson).

    Cette dernire remplacera sous peu la production de trois centrales thermiques alimentes au

    diesel.

    Aucune municipalit ni industrie importante sapprovisionne en eau dans le golfe en

    raison de la salinit de leau. Les trois municipalits du secteur ont prlev en 1994 prs de 20

    millions de m3 deau dans un lac (Sept-les), une rivire (Port-Cartier) et la nappe phratique

    (Havre-Saint-Pierre. En 1991, la compagnie minire Qubec Cartier (Port-Cartier) a prlev

    8 300 000 m3 deau dans une rivire et Mines Wabush (Sept-les) en a prlev 2 300 000 m3 dans

    un lac.

    3.8.2 Navigation commerciale et activits portuairesPort-Cartier et Sept-les sont deux des plus importants ports du Qubec par rapport au

    tonnage manutentionn (environ 20 millions de tonnes par anne chacun) et le port de Havre-

    Saint-Pierre vient au septime rang avec 2,5 millions de tonnes en 1992. Prs de 90 p. 100 de

    lensemble des marchandises manutentionnes dans ces trois ports sont du minerai de fer (Port-

    Cartier et Sept-les) et du minerai dilmnite (Havre-Saint-Pierre). Sept-les, plus de 50 p. 100

    des mouvements des navires dans le port taient internationaux. Havre-Saint-Pierre, le minerai

    dilmnite est expdi Tracy sur le fleuve Saint-Laurent. Mentionnons quen 1995,

    385 000 tonnes de mazout et dessence ont t transbordes dans le port de Sept-les.

    lest de Havre-Saint-Pierre, une dizaine de petits ports commerciaux permettent

    dapprovisionner en marchandises gnrales et en mazout et essence les localits isoles de la

    MCN et de la BCN. Les plus importants sont ceux de Blanc-Sablon et de La Tabatire o

    respectivement 16 000 tonnes et 9700 tonnes de marchandises ont t transbordes en 1993. Le

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 33

    transport maritime est le seul moyen dapprovisionnement en marchandises gnrales des

    localits situes lest de Havre-Saint-Pierre (avant 1996) et de Natashquan ( partir de 1996).

    3.8.3 Exploitation des ressources biologiques des fins commerciales et desubsistancePche commerciale. La pche commerciale dans le secteur dtude a fourni en 1995

    de lemploi 1484 pcheurs temps plein et temps partiel qui ont utilis 646 bateaux de pche

    immatriculs ainsi qu des centaines demploys dusines qui ont travaill dans huit

    tablissements de transformation de produits marins (figure 11). Les principaux ports de

    dbarquement de produits marins du secteur sont Sept-les (septime au Qubec en 1994) et

    Havre-Saint-Pierre (huitime au Qubec).

    Le profil de la pche commerciale sur la BCN diffre considrablement de celui de la

    MCN alors quil nexiste quune petite pche au homard base lle dAnticosti. Sur la MCN, le

    moteur du secteur des pches a toujours t lexploitation des mollusques et des crustacs,

    notamment le Crabe des neiges, la Crevette nordique et les ptoncles (figure 11). Leffondrement

    des stocks de poisson de fond du golfe na donc pas eu un impact aussi important dans cette

    rgion que sur la BCN, en Gaspsie et aux les-de-la-Madeleine. En effet, si les dbarquements de

    poisson de fond ont diminu de 97 p. 100 de 1985 1995 sur la MCN, les dbarquements totaux

    nont diminu que de 8,5 p. 100 et la valeur de ces dbarquements a plus que tripl pendant la

    mme priode.

    La situation est trs diffrente sur la BCN o la morue a toujours reprsent la

    principale ressource halieutique jusqu la fin des annes 1980. De 1985 1995, les

    dbarquements de morue sur la BCN ont diminu de 98 p. 100 et les dbarquements totaux ont

    diminu de 71 p. 100. Le prix lev du Crabe des neiges au cours des dernires annes a

    cependant permis une augmentation de la valeur totale des dbarquements pendant la mme

    priode. La BCN est la seule rgion du Qubec o la pche commerciale du Saumon de

    lAtlantique est encore permise. Les dbarquements de cette espce ont atteint 42 tonnes soit

    environ 14 000 saumons.

  • PNINSULE DE LA GASPSIE

    le d'Anticosti

    Port-Cartier

    Sept-lesRivire-

    au-Tonnerre

    Longue-Pointe

    Mingan

    Natashquan

    Kgaska

    La Tabatire

    HarringtonHarbour

    Blanc-Sablon

    Havre-Saint-Pierre

    Port-Menier

    TERRE-NEUVE

    mites dLi u secteur d'tude

    Limi

    tes du

    secte

    ur d'

    tude

    0 50 km

    Figure 11 Dbarquements des principales ressources halieutiques dans les ports de la Cte-NordAnticosti en 1995 et localisation des principaux havres de pche et des usines de transformation de produits marins dans le secteur d'tude

    1. En 1994, les seuls dbarquements de produits marins sur l'le d'Anticosti ont t 40 tonnes de homards.

    Sources : MPO, 1994, 1996; MAPAQ, 1995.

    DBARQUEMENTS - 1995( tonnes mtriques)

    Dbarquements totaux 6139Crabe des neigesPtoncleBuccinCrevetteHarengHomard

    31151623

    548270172107

    MOYENNE-CTE-NORD 1(Sept-les Natashquan) et Anticosti

    DBARQUEMENTS - 1995( tonnes mtriques)

    BASSE-CTE-NORD(Kgaska Blanc-Sablon)

    Dbarquements totaux 2543Crabe des neigesHarengBuccinPtoncleMorueCapelan

    1849147113111104

    90

    PRINCIPAUX PORTS DEDBARQUEMENT

    PRINCIPALES USINESDE TRANSFORMATION

    Baie Trinit

    MOYENNE-CTE-NORD BASSE-CTE-NORD

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 35

    Rcolte de mollusques sur le littoral. Les populations riveraines rcoltent des Myes

    communes pour leur consommation personnelle. Cette activit est surtout pratique dans des

    zones coquillires o la qualit bactriologique de leau et la toxicit des myes font lobjet de

    suivis. En 1996, 11 des 36 zones coquillires du secteur taient fermes en t ou en permanence

    en raison de la mauvaise qualit bactriologique de leau, 11 autres taient fermes parce quelles

    ne sont plus lobjet de suivi et 14 zones taient ouvertes en permanence. Marginale du point de

    vue conomique, cette activit a cependant des implications importantes sur la plan de la sant

    humaine (voir la section 5.1).

    Aquiculture. Laquiculture nest pas une activit importante dans le secteur. En

    1996, on ne comptait que deux producteurs : un levage de Moules bleues dans la rgion de

    Blanc-Sablon et un levage de ptoncles dans la rgion de Saint-Augustin.

    Pche de subsistance par les autochtones. Les bandes amrindiennes exploitent le

    saumon des rivires Moisie, Mingan, Natashquan et Saint-Augustin pour leur alimentation. En

    1995, les captures totales slevaient 1338 saumons.

    Chasse aux mammifres marins. Seule la chasse au Phoque gris et au Phoque du

    Groenland est autorise dans le golfe du Saint-Laurent. En 1995, 952 permis de chasse ont t

    mis dans le secteur; en 1994, 1725 Phoques du Groenland et 429 Phoques gris ont t capturs.

    La chasse aux ctacs au Canada est interdite depuis 1979.

    3.8.4 Activits rcro-touristiquesCe nest que rcemment que la Cte-Nord a t reconnue comme une rgion

    touristique importante. Cette industrie est prsentement axe sur les attraits des milieux ctiers,

    insulaires et marins. La cration de la rserve de parc national de lArchipel de Mingan en 1984,

    l'amnagement d'un lien inter-rives Gaspsie-le dAnticosti-Minganie en 1994 ainsi que le

    prolongement de la route 138 de Havre-Saint-Pierre Natashquan en 1996 sont des vnements

    qui ont grandement contribu au dveloppement de lindustrie touristique dans le secteur.

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI36

    Accs au littoral. La cte entre Pointe-des-Monts et Havre-Saint-Pierre et depuis

    1996, entre Havre-Saint-Pierre et Natashquan, est caractrise par une grande accessibilit. La

    route principale du secteur (route 138) longe le littoral sur de grandes distances et permet un

    accs direct de nombreux parcs publics, haltes routires, quais publics, belvdres et plages

    (figure 12). Le littoral de la BCN est beaucoup moins accessible vu labsence de routes. Dans

    cette rgion, un bateau-passeur prend la relve de la route 138 et fait la navette entre les villages

    ctiers; en hiver, l'accs ces villages est possible par un parcours pour motoneige bien amnag.

    De 1994 1996, lle dAnticosti a t relie la Gaspsie et la Cte-Nord par un traversier

    saisonnier. Plus de 10 000 passagers ont utilis ce lien inter-rives en 1995.

    Hbergement et villgiature. La capacit daccueil totale des municipalits

    riveraines du secteur tait de 958 chambres (1994) et 184 emplacements de camping (1995). On

    dnombre aussi 1394 rsidences secondaires (chalets) dans le secteur. Plus de la moiti des

    chambres disponibles sont offertes Sept-les et prs de 75 p. 100 des emplacements de camping,

    se trouvent dans la rgion de Havre-Saint-PierreMingan. Les chalets sont en grande majorit

    situs dans la rgion de GallixSept-lesMoisie.

    Plages et baignade. Les deux plages du secteur inscrites au programme

    Environnement-Plage du MEF ne sont pas situes en bordure du golfe. On retrouve toutefois

    dimmenses plages de sable fin le long du littoral de la MCN. On ne dispose pas de donnes sur

    la frquentation de ces plages o la baignade est limite par la basse temprature de leau.

    Interprtation de milieux naturels littoraux, insulaires et marins. Les principaux

    ples pour ce type dactivit sont la rserve du parc national de lArchipel-de-Mingan et le parc

    rgional de lArchipel-des-Sept-les. Dans le premier cas, laccs larchipel et au milieu marin

    environnant est assur par des navettes et des bateaux de croisire bass Longue-Pointe, Mingan

    et Havre-Saint-Pierre (capacit totale de 513 passagers en 1995). Les activits dinterprtation

    sont principalement axes sur les mammifres marins, les colonies doiseaux marins ainsi que sur

    la flore particulire et la gomorphologie spectaculaire des les de Mingan. Le nombre de

    visiteurs dans larchipel est en croissance. En 1995, plus de 22 000 visiteurs ont particip aux

    excursions en mer et sur les les.

  • Sources : ATR de Manicouagan et Duplessis, 1995; Qubec Yachting, 1995.

    Figure 12 Loffre pour les activits nautiques et rcratives le long de la Moyenne-Cte-Nord

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI38

    Sept-les, deux entreprises offrent des services de croisires en mer et de navette

    pour les Sept-les (capacit totale de 75 passagers en 1995). Dautres sites dinterprtation sont

    situs Sept-les et Port-Menier.

    Interprtation du patrimoine historique maritime. On dnombre plusieurs vestiges

    archologiques le long de la Cte-Nord et sur lle dAnticosti. Parmi les biens culturels et

    arrondissements qui sont sous lapplication de la Loi sur les biens culturels du Qubec,

    mentionnons les deux sites prhistoriques de la rgion de Blanc-Sablon qui tmoignent de

    lorigine de loccupation de la Cte-Nord par les amrindiens, le vieux phare de Baie-Trinit et le

    poste de pche de Rooms Point. Dans la rserve du parc national de lArchipel-de-Mingan, on

    retrouve des vestiges de fours basques (le Nue) et de postes de pche datant du rgime franais

    (le du Havre-de-Mingan) et du rgime anglais (Mingan).

    Pche sportive. La pche sportive du saumon dans les 21 rivires de la MCN

    ouvertes cette activit a reprsent, entre 1988 et 1995, un effort de pche moyen de 12 163

    jours-pche par anne qui ont permis la capture de 2540 saumons en moyenne par anne. Les

    rivires Moisie et Trinit sont les deux principales. La frquentation des rivires de la MCN au

    cours des dernires annes a t plutt stable. Sur lle dAnticosti, leffort de pche annuel

    moyen dans les rivires, de 1989 1995, a t de 1414 jours-pche et une moyenne de

    365 saumons ont t capturs par anne dans les 18 rivires exploites. La frquentation des

    rivires de lle au cours des dernires annes (1994-1995) est la baisse. Les rivires Jupiter, la

    Loutre et de la Chaloupe sont les plus frquentes. Sur la BCN, 17 rivires saumons taient

    exploites entre 1989 et 1995. Pour cette priode, on a enregistr une moyenne annuelle de

    2768 jours-pche et une capture annuelle moyenne de 1404 saumons. La frquentation des

    rivires de la BCN est plutt stable depuis 1989. Les rivires Saint-Paul, Etamamiou et Olomane

    taient les plus frquentes en 1995.

    La pche sportive en mer de la Morue franche est possible partir de plusieurs villes

    et villages du secteur (Rivire-Pentecte, Port-Cartier, Moisie, Magpie, Rivire-Saint-Jean,

    Mingan, Baie-Johan-Beetz). La pche blanche sous la glace de lperlan-arc-en-ciel est

    pratique lembouchure des rivires aux Rapides (baie des Sept-les), Asley, Piashti et

  • CARACTRISATION DU SECTEUR CTE-NORDANTICOSTI 39

    Natashquan. On ne dispose cependant pas de donnes sur la frquentation pour ces deux types de

    pche ni pour la pche partir des quais du secteur.

    Chasse la sauvagine*. On ne dispose pas de donnes rcentes sur cette activit. De

    1977 1981, 5900 canards et oies ont t abattus en moyenne sur la MCN. La chasse dans ce

    secteur se pratique traditionnellement pendant lhiver. Dans la rserve du parc national de

    lArchipel-de-Mingan, on a prlev une moyenne annuelle de 2640 canards au cours des hivers

    1984-1985 1989-1990, principalement des eiders et des kakawis. Limpact de cette activit sur

    lensemble des ressources du parc est jug ngligeable. Sur la BCN, on ne rapporte quune

    moyenne de 139 canards et oies tus par anne pour la mme priode. Ce nombre serait

    cependant sous-estim (voir la section 4.5).

    Nautisme. On compte deux clubs nautiques dans le secteur (Sept-les et Havre-Saint-

    Pierre). Le secteur est jalonn de quais et de havres de pche.

    Plonge sous-marine. Un centre de service de plonge sous-marine est tabli Sept-

    les et un autre Havre-Saint-Pierre; les deux se trouvent proximit des principaux sites de

    plonge.

  • CHAPITRE 4 Les activits humaines et leurs principauxeffets sur le milieu

    4.1 Modifications physiquesLes modifications physiques sont des changements des caractristiques physiques de

    leau (i.e. temprature, salinit, sdiments* en suspension, circulation), des fonds marins

    (bathymtrie, granulomtrie des sdiments) et des rives (gomorphologie) occasionns par les

    activits humaines.

    Modifications de grande chelle. Lamnagement de barrages hydrolectriques dans

    le bassin versant du Saint-Laurent a considrablement rduit lapport deau douce dans le golfe en

    priode de crue (juin) et la augment en hiver. Faute de donnes ocanographiques datant de la

    premire moiti du 20e sicle, on ne connat pas les impacts du harnachement du Saint-Laurent

    sur le milieu marin du golfe du Saint-Laurent.

    Depuis la fin des annes 1980, le golfe du Saint-Laurent ainsi quune grande partie de

    la cte atlantique canadienne connaissent un refroidissement marqu du climat qui se reflte par

    une augmentation importante de ltendue et de la dure du couvert de glace en hiver et un

    refroidissement de la couche deau intermdiaire glaciale qui recouvre les plates-formes littorales.

    Bien que les relations entre ce refroidissement et la flore et la faune ne soient pas bien tablies,

    les spcialistes pensent que ces conditions anormales ont pu affecter certaines populations

    dinvertbrs et de poissons (notamment la Morue franche) en modifiant leur distribution et leur

    patron de migration, en rduisant la croissance des individus et en augmentant la mortal