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Drelincourt L Sonnets Chretiens 1761ed

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Drelincourt was one of the foremost Huguenot poets whose works were appreciated by the French protestant community after the revocation of the Edict of Nantes at the end of the 17th century, leading to widespread persecution of the Huguenots and the forced exile of the majority of them. This also explains why this was published in Amsterdam and not in France.

Text of Drelincourt L Sonnets Chretiens 1761ed

SUR

PAR

LES

PSEAUMES DU MEME

PENITENTIAUX AUTEUR.

Revue & corrige avec la derniere exactitude fur les Edi'; tions anciennes, & rendue plus utile la Jeunesse qu aucune des prcdentes.

A Chez

A M

5 T E

R

D

.

h Veuve de J. F. JOU Sur le Rokkin, prs de la B M D C C L X .

D U

SUR N U V L LE

CETTE EDITIONS

de Livres ont eu un succs auprompt PEU & u soutenu , que les SONNETS CHRTIENS de Mr. DREL INCOURT. Ils parurent pour la premire en 1678, & se dbitrent avec tarit de rapidit, qu'il s'en fit en deux ans six Editions, de 1680, comme il parot pair celle de Charenton qui est la sixime. Depuis ce tems l elles se sont mais en se multipliant multiplies presque l'infini, elles ont eu le fort ordinaire des Livres de cette espce; c'est--dire, que peu peu elles ie font tout fait corrompues par la ngligence des Libraires, qui, srs du dbit, se sont peu mis en peine de les imprimer correctement. De-l font venues tant de fautes normes, qui rendent aujourd'hui ees Sonnets presque mconnoiables ; vers entiers * 2, rais;

AVKRTSSEMEN

T.

omis : d'autres composs de deux hmistiches de vers diffrens : mots mis l'un pour l'autre, qui forment un sens absurde & ridicule : faux renvois dans les notes: fans parler d'une infinit de fautes ce dsordre il a falti plus lgres. Pour remdiera avoir recours quelqu'une des premires Editions, & par ce moyen je crois avoir rtabli ce pedans fa puret primitive. tit Ouvrage A cet avantage, trs-considrable pour toutes les personnes qui lisent ces Sonnets, je nie fuis propos de joindre tous ceux qui en peuvent rendre la qui lecture facile & profitable aux Jeunes-gens, on en fait communment apprendre quelques-uns par coeur, j'ai pris tous les foins dont je fuis capable pour n'y point laisser de fautes d'impreion. attach la ponctuation, Je me fais extrmement fort nglig article , quoiqu'il pour l'ordinaire contribue plus que tout autre la clart du sens, ['exactitude jusqu' pourvu que l'on ne pouipas la pdanterie. Enfin, malgr la difficult qu'il y a de certains e, j'ai tde marquer la prononciation ch de la faire sentir, autant qu'il est possible, cette restriction, parce que nous manj'ajoute avec prciquons d'accens pour e faire par-tout sion; ou que nous ne tirons pas de ceux que nous tout le parti que nous en pourrions tirer, i avons, nous en changions seulement tant soit peu l'usage. On plaint avec raison, que la plupart des li ferdont les Rforms vres tels que celui-ci, vent

DU

LIBRAIRE.

ne font dans leurs Ecoles, vent communment mau la une Jeunesse propres qu' apprendre vicieuvaise orthographe & une prononciation se. Je me flatte qu'on ne portera pas le mme & que les correctif de cette Edition, jugement utile ons dont je viens de parler la rendront ces deux gards aux Jeunes-gens, & mme bien des Matres, souvent auffi ignorais que leurs Ecoliers. de CHARLES DREle Portrait J'ai supprim LINCOURT, qu'on s'est avis de mettre la tte des Editions modernes de ce Livre , soit par ignorance , ou pour mettre profit un Portrait grav qui se sera trouv dans le Magazin du Libraire. Les Sonnets Chrtiens ne font point de des ConsolaCHARLES DRELINCOURT , Auteur tions contre les Frayeurs de la Mort, & de divers autres Ouvrages de Pit & de Controverse; mais d'un de ses Fils, LAURENT D RI LIN la Rochelle9 Ministre premirement COURT, & ensuite Niort, o il est mort en i E, ne mritent pas d'entrer dans le Cabinet d'une fi grande Princejj. Cependant, MADME, f ose esprer qu'ils m Vous dplairont pas entitre-

EPITRE. a dALTESSE VOTRE firement, puisque Le j daign les regarder d'un oeil favorable. de cette grce, & de tant d autres ressentiment dont je fuis redevable aux bonts de VOTRE ALTESSE, semblerait ici, M .DAME, ne me demander votre Eloge. Mais le Portrait pourroit jamais reprsenter assez bien ce qu'il y a de plus admirable dans VOriginal ; & je fuis que les clatantes Lumiassur, MADAME, res de tant de Vertus Hroques & Chrtiennes qui brillent en Vous, & qui font fi dignes de votre haute naissance , donnent affez d'elles-mmes l'ide que tout le monde doit avoir IVOIRE ALTESSE. Ainsi , dans un silence respectueux , je me contenterai, M A D A M E , de continuer mes voeux pour la prosprit de VO* TRE & de me dire, avec la ALTESSE, passion la plus sincre & la plus soumise dont on puisse tre capable, DE VOTRE MADAME, Le trs-humble & trs-obeissant Serviteur, DRELINCOURT. * 4AVERALTESSE,

DE

FAUTEUR.

Emets en lumire des Sonnets Chrtiens, que j'ai composs dans les heures de quelques mauvaises nuits. Je ne cherchois en cela qu' charmer mon inquitude , & je trouvois quelque douceur fixer ma triste imagination fur ces innocentes penses. Je prenois les Sujets selon qu'ils s'offroient d'euxmmes , fans songer ni la liaison, ni au choix. Mais comme ces petits Ouvrages se sont insensiblement multiplis , j'ai t oblig de les mtre dans quelque ordre, & de les diviser mme eri quatre Livres,pour en ter la confusion. Ce Corps de Sonnets ainsi disposs, n'est pas semblable au Corps humain,dont toutes les parties dpendent tellement l'une de l'autre, qu'elles n peuvent subsister dtaches de leur tout. C'est ici comme un Bouquet de diverses fleurs, dont l'arrangement n'empche pas que chaque fleur, spare des autres, ne puilse avoir son odeur & sa beaut particulire. Ainsi, quelque ordre que on peut considrer chaque i'aye mis dans ce Recueil, Sonnet comme unePiece dtache &indpendante,qui, fans rapport aux autres, a en elle-mme tout ce qu'elle est carjable d'avoir ou d'agrment, ou d'utilit. Je n'ai pas dessein de rabaisser le prix des plus magnifiques Ouvrages de Posie, pour faire valoir mes foibl es productions. Je dirai feulement ici, qu'il en est peu-prs de la Posie, comme 1 de la Musique. L'une &

DE VAUTEUR. AVERTISSEMENT & l'autre dviennent ennuyeuses, si elles durent trop d es 1a 1ecture mme on Et regarderoit quand longtems. Vers comme une promenade libre & fans contrainte, elle dlicieuse fait la ne promenade,quand qui que plus est trop longue, ne laisse pas de fatiguer V C'est-lsans^ aux cela Pomes Hroques. J'applique doute que la Posie fait clater ce qu'elle a de plus harmonieux , & qu'elle parot avec tous ses charmes. Mais comme toutes les parties de ces grandes Pices sont tellement lies ensemble, que pour en bien juger, & en faire son profit, il faut couter tout le Concert dpuis le commencement jusqu' la fin, & faire toute la promenade d'un bout l'autre sans prendre haleine, il est comme impossible que l'on ne soit fatigu par cette longue application. On peut dire, au contraire, que les Sonnets, par leur brivet, font commodes aux Lecteurs, parce qu'ils ne. leur donnent pas le tems de se lasser. Ce sont comme autant de petits Airs spars, dont la Musique n'est pas ennuyeuse, parce qu'elle est courte ; & ce font comme autant de petites promenades, au bout desquelles on peut prendre le frais, & se reposer. Au reste,je sai qu?il y a des gens qui regardent les termes & les fictions des Potes Grecs & Latins de l'Antiquit Payenne, comme l'ame & la forme essentielle de la Po'fie. Ainsi ils ne font nulle estime des Vers qui, bien que forms par des Chrtiens, ne sont pas anims de cet air du Paganisme ; & qui, bien que Franois, ne font pas vtus la Grecque ou la Romaine. Choie trange qu'il faille tre Payen pour tre Pote, & que fous le Christianisme on encense encore aux Idoles ! Mais, aille qui voudra dresser ses autels fur le Parnasse , & boire la Fontaine Castaline, c'est un lieu o je n'eus jamais envie d'aller: jamais, grces au vrai Dieu, je n'invoquai, ni le faux Dieu Apollon, ni les Muses * Pro 5

A V E R TISSE MENT profanes, que l'on dit qui lui tiennent compagnie. J'ai toujours port mes voeux en la Montagne de Sion,& au Ruisseau de Silo. Aussi qu'est-ce, je vous prie, du & de la Lyre de Violon de cette Idole de la Phocide, ces neufFilles fabuleufes,au prix de la Harpe de David, & de la Musette du Sanctuaire? Et que sont tous les Lauriers de l'Achae, en comparaison des Palmes de la Terre Saintes' Quoi qu'il en soit, je ne prtens pas que l'on trouve dans mesvers la dlicatesse, ni la pompe que l'on trouve aujourd'hui dans des Ouvrages mme de Dvotion & de Pit, o les Grces, pour tre Chrtiennes, n'en font.que plus belles & plus aimables, puisqu'elles en font plus pures & plus chastes. II fera pourtant ais de reconnotre,que mes Sonnets font plus ou moins potiques, plus ou moins heureux , selon la diversit des Sujets ; ou, fi vous voulez, selon la diverse disposition de mon esprit lorsque je m'y fuis appliqu. II faut mme avouer qu'il y a ici quelques Sonnets tendres & affectUeux,qui n'y font demeurs que parce qu'ils ont t l'occasion de tous les autres , & qu'ayant t faits fur des rencontres particulires o j'tois fort intress, je n'ai pu me dfaire de ma tendresse pour eux, & j'ai accoutum mes Amis les voir & les souffrir. Les Gnies font merveilleusement diffrens. II y en a qui n'aiment dans les Vers que les Descriptions HisOn en voit qui toriques, & les Peintures Naturelles. ne se plaisent qu'aux Sujets de Morale & de Pit. des ides dlicates,& qui flattent Quelques-unsveulent Mais d'autres souhaitent des penses sol'imagination. lides, & des expressions qui touchent le coeur. Enfin, les uns recherchent les fleurs & la magnificence du stile, & les autres ne demandent que des fruits fans ornement & fans faon ; c'est--dire, qu'ils se dclarent pour

U AUTEUR. o sans art & fans fit pour le stilesimple & naturel, comme si c'toit gures les Vers coulent doucement, de la Prose. Ainsi je ne doute pas 5 que comme il y a ici des Sonnets de divers genres, la diversit du gnie & de l'inclination ne fasse recevoir p

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