Click here to load reader

en provence-alpes-côte d'azur

  • View
    216

  • Download
    0

Embed Size (px)

Text of en provence-alpes-côte d'azur

  • les relations commercialesditeurs - libraires en provence-alpes-cte dazur

    2013-2014restitution 2015

    membres fondateursmembres fondateurs

  • 2

    Les relations commerciales englobent lensemble des changes ou contacts entre un client et une unit commerciale au cours dune priode dfinie par les diffrentes parties. Leurs finalits sont de maintenir, fidliser et dvelopper le potentiel client.

    Particularit de la chane du livre : cest lditeur qui fixe le prix du livre.

    Si larticle 2 de la Loi sur le prix unique du livre de 1981 prvoit que le nombre de livres changs entre les parties nest pas lunique facteur servant tablir les conditions de vente entre diteurs et libraires, le premier protocole spcifiant leurs relations commerciales na vu le jour que le 5 septembre 1991 sous lappellation Accords Cahart .

    Ce protocole dfinit pour la premire fois un code de bonne conduite entre acteurs de la chane du livre, amnage le traitement des nouveauts (loffice) et tablit les notions de remises quantitatives et qualitatives. Les ngociations portent alors essentiellement sur la remise quantitative. La majorit des syndicats en prsence saccordent pour une remise plancher de 28 %, mais jugeant la ngociation insuffisante, douze associations de libraires mobiliss pour une remise plancher 30 % , refusent de parapher le document. Les accords existent juridiquement mais ne seront pas appliqus.

    La production ditoriale saccrot et la rotation des livres sacclre : dans la librairie lespace nest pas extensible et les nouveauts chassent les nouveauts. La situation devient problmatique.

    En 2001, la production toujours croissante et la difficile gestion de loffice animent de nouvelles ngociations qui permettent alors un assouplissement des conditions de loffice (diminution du malus en cas de retours suprieurs 20 %, mise en place dun office plus slectif).

    La situation des librairies continue se dgrader : les offices sont toujours plus nombreux, la production samplifie encore.

    Le 26 juin 2008, linterprofession trouve un compromis que ratifient toutes les associations sous le nom de Nouveau protocole sur les usages commerciaux de ldition et de la librairie .

    Quatre formes doffice sont dfinies : Office dinformation unitaire : le libraire accepte que lditeur prsente ses nouveauts

    lunit ; Office sur grille personnalise : le libraire choisit les quantits par catgories douvrages ;

    il peut modifier ce choix ; Office faon : le libraire ngocie les quantits pour un ou chaque titre ; Office exceptionnel : le libraire accepte loffice et les quantits choisies par lditeur

    lors dune parution ncessitant une mise en place exceptionnelle.

    Les critres qualitatifs sont revaloriss : Acceptation par le libraire de commandes lunit ; Prsence dun personnel qualifi sur le point de vente ; Qualit de la rception du commercial (le reprsentant) ; Actions danimation linitiative du libraire.

    La gestion des retours est assouplie.

    Depuis lors, des progrs sont noter quant au dialogue entre les parties : Les diffrentes ditions des Rencontres nationales de la Librairie ont dsormais permis de

    partager et rendre publiques les difficults structurelles de la librairie : remises commerciales insuffisantes, rentabilit inexistante ou trs faible, trsorerie en souffrance ;

    Le positionnement des diteurs sest modifi : amlioration de la remise, des dlais de paiement, surremises sur les titres de fonds, meilleure prise en charge du qualitatif. Par ailleurs, le Syndicat national de ldition (SNE) a annonc labondement dun fonds de soutien la librairie.

    principales avances du protocole 2008

    un peu dhistoire

  • 3

    La prsente enqute souhaite mesurer ces avances nationales au regard des donnes recueillies sur le territoire de la rgion Paca. Le document produit des moyennes par catgories de librairies et constate lapplication de ces avances.

    Les lments ci-aprs soulignent de profondes diffrences de traitement entre catgories de libraires. Notons cependant que les relations commerciales qui lient un diteur, un diffuseur, un distributeur et un libraire sont le rsultat du travail professionnel ralis par chaque intermdiaire. Ainsi la remise accorde par un diteur ne dpend-t-elle pas uniquement du chiffre daffaires ralis par chaque libraire pour ce catalogue, mais aussi de la capacit de ngociation de ce dernier, de la politique de rassort du lieu de vente, de son anciennet, du niveau de formation du personnel, de la stratgie danimation de la librairie, des oprations commerciales.

    Pour autant, cela ne se vrifie pas systmatiquement

    mthodologie Un questionnaire a t labor conjointement entre le

    groupement Libraires du Sud et lAgence rgionale du Livre, puis envoy un panel de 138 librairies indpendantes. 47 ont rpondu, 42 rponses sont exploitables. Le taux de rponse de la prsente enqute est de 30,5 %

    Les donnes ont t recueillies sous forme dclarative davril aot 2014. Elles concernent les exercices comptables 2013-2014.

    Les remises commerciales tudies ici prennent en compte lensemble des oprations commerciales, surremises, contrats et accords diteurs / diffuseurs / distributeurs. Les taux de retour sont les taux de retour globaux facturs.

    En raison du nombre important de diffuseurs, il a t convenu de nen retenir que 9 parmi les principaux pour cette enqute. De nombreux autres, tant nationaux que rgionaux, nont pas t pris en compte ici : Albin Michel, Belles lettres, Carpentier, Comptoir du livre de Toulouse, Coop Breizh, dilarge, Godiff, Sofdis...

    Les 9 diffuseurs retenus et les principaux diteurs quils diffusent (en 2013) :

    Actes Sud : Actes Sud, Helium, Imprimerie nationale, Jacqueline Chambon, lAn2, Photo Poche, Sindbad, Solin, etc.

    CDE : Au Diable Vauvert, Belin, Bourin, Buchet & Chastel, Frmeaux, Futuropolis, Gallimard, Gallmeister, Garnier, Jolle Losfeld, LAtalante, Le Rocher, Le Serpent Plume, Le Temps quil fait, Liana Levi, Mercure de France, Nave, Phbus, POL, Verdier, etc.

    Hachette : Armand Colin, Calmann-Lvy, Didier, Dunod, Fayard, Grasset, Harlequin, Hatier, Larousse, Latts, Le Chne, Le Livre de poche, Rageot, Marabout, Pauvert, Stock, etc.

    Harmonia Mundi : Andr Dimanche, Argol, Doucey, Capprici, Finitude, Honor Clair, Le Bec en lair, Les Enfants rouges, Le Mot et le reste, Parenthses, Philippe Picquier, Rouge Profond, Toussaint Louverture, etc.

    Interforum : 10/18, Alma, Anne Carrire, Belfond, Bordas, First, Grnd, Hlose dOrmesson, Julliard,

    La Dcouverte, Le Cherche Midi, Le Robert, Max Milo, Michel Lafon, Nathan, Omnibus, Perrin, Plon, Pocket, Presses de la cit, Robert Laffont, XO, etc.

    MDS : Dargaud, Dupuis, Fleurus, Le Lombard, Mango, Rustica ditions, etc.

    UD : Aubier, Arthaud, Autrement, Beaux-Arts, Casterman, Centre Pompidou, Flammarion, Fluide Glacial, Garnier Flammarion, Jai Lu, Le Petit Fut, LHerme, Librio, Paquet, Pygmalion, Sarbacane, etc.

    Volumen : Aubanel, Delachaux, La Diffrence, La Martinire, Le Seuil, LOlivier, Macula, du Sorbier, etc.

    Cest la demande des libraires eux-mmes que nous avons isol Lcole des loisirs, pourtant en diffusion-distribution CDE / Sodis. Le fonctionnement de cet diteur est en effet spcifique : en diffusion directe pour les librairies de 1er niveau, et en diffusion Flammarion pour le 2nd niveau et les hypermarchs.

    Ltude fait galement mention des niveaux de librairie. Ces niveaux sont dfinis par chaque diteur selon ses propres critres de CA ralis, taille, capacit danimation. Schmatiquement :

    niveau 1 : grandes librairies, CA important, nombreuses oprations commerciales et animations.

    niveau 2 : moyennes ou petites librairies, CA faible, peu doprations commerciales et danimations.

    La restitution de lenqute est dcline suivant la rpartition nationale dfinie par linstitut Xerfi, dans les tudes quil mne pour le compte du Ministre de la Culture et du Syndicat national de la Librairie (SLF) :

    catgorie A (CA>1 M ) = 4 rponses, 10 % des rpondants

    catgorie B (300 K

  • 11

    panel tudi

    La marge brute est la marge commerciale impacte de la carte de fidlit, des rabais collectivits, des escomptes clients (et non la marge commerciale nette, cest--dire la moyenne des remises fournisseurs).

    La marge brute moyenne des rpondants oscille de 30 % pour les catgories C, 37 % pour les catgories A. Ce premier indicateur montre donc un premier cart de 7 points de marge entre catgories A et C.

    sarl74%

    sa / sas 4%

    association 5%

    eurl 5%

    nom propre 12%

    forme juridique des rpondants

    marge brute moyenne

    Par chiffre daffaires cumul, on entend : tous diteurs /diffuseurs et tous produits (livre, papeterie, carterie) confondus.

    Les librairies ayant rpondu lenqute totalisent un CA cumul de prs de 21 millions deuros.

    ca cumul des rpondants

    catgorie c 29,95 %

    catgorie a

    34,00 %catgorie b

    36,65 %

    marge brute

    catgorie c

    42 20 966 k total

    21 3 430 k 163

    catgorie a

    17 7 854 k 462 catgorie b

    4 9 680 k 2420

    nombre de librairies

    chiffre daffaires

    cumul

    chiffre daffaires

    moyen / librairie

  • 2

    analyse des conditions commerciales par diffuseur

    librairies de catgorie a 4 rponses

    Au regard du faible taux de rponses des catgories A (seulement 4 sur les 20 librairies Paca ralisant plus d1 M de CA annuel en 2013), les valeurs recueillies doivent tre considres comme des tendances.

    Hachette, CDE et Interforum ralisent les chiffres daffaires les plus importants dans cette catgorie : de 8,4 15 % du CA total des librairies. linverse Lcole des loisirs, Harmonia Mundi, Actes Sud et MDS psent chacun moins de 1,7 % du CA des librairies.

    Il est important de souligner que les rpondants traitent dautres produits que le livre et travaillent avec lensemble des diteurs et diffuseurs nationaux, expliquant ainsi que ces 9 diffuseurs ne reprsentent que 51 % du CA total de cette catgorie.

    MDS est le diffuseur qui enregistre le plus faible taux de retour (14 %), quand Harmonia Mundi accuse 30 %. Ce taux varie de 17 22 % pour les autres structures. Le taux de retour moyen est de 19,8 %

    Les remises commerciales vont de 37 % pour Harmonia Mundi 41 % pour Actes Sud. Les autres structures se situent 38 % et 39 %. La remise moyenne est de 38,6 %

    Les libraires taient ensuite interrogs sur le nombre de visites annuelles des reprsentants, et il semblerait que certains aient comptabilis les appels tlphoniques de leurs reprsentants Hachette et le CDE auraient donc visit les librairies de cette catgorie respectivement 32 et 21 fois ; UD, Volumen et Interforum environ 12 fois ; les autres structures de 4 5 fois.

    CDE est le diffuseur qui propose le plus doprations commerciales (10), suivi dInterforum (6).

    Les dlais de paiement varient de 12 jours en fonction des diffuseurs. Le CDE offre les meilleurs dlais (77 jours) quand UD, Volumen et MDS ne dpassent pas 65 jours. Le dlai de paiement moyen est de 69 jours.

    lexception de MDS qui classe une des librairies en 2me niveau, tous les autres les considrent de niveau 1 (*rappelons que nous donnons ici des moyennes).

    cacatgorie a (moyennes)

    % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    actes sud

    hachette

    mds

    cde

    harmonia mundi

    ud

    cole des loisirs

    interforum

    volumen

    39 850

    272 690

    9 360

    362 340

    23 120

    202 900

    41 500

    125 950

    155 220

    1,7 %

    11,0 %

    0,4 %

    15,0 %

    1,0 %

    8,4 %

    1,7 %

    5,0 %

    6,5 %

    18 %

    18 %

    17 %

    19 %

    30 %

    18 %

    14 %

    22 %

    22 %

    73j

    77j

    73j

    67j

    65j

    73j

    65j

    65j

    65j

    4

    21

    4

    32

    5

    12

    4

    13

    11

    41 %

    38 %

    39 %

    38 %

    37 %

    38 %

    38 %

    39 %

    39 %

    1

    1

    1

    1

    1

    1

    1,25*

    1

    1

    0

    10

    0

    3

    0

    6

    0

    2

    3

  • 3

    librairies de catgorie b 17 rponses

    Hachette pse 30 % du CA total de la catgorie B. Ensemble, ces diffuseurs reprsentent un CA moyen de 436 K , pour 94,3 % du CA moyen des librairies de cette catgorie.

    Les taux de retour varient de 13 40 %. Comme pour les catgories A, Harmonia Mundi enregistre le taux de retour le plus important et MDS le plus faible. Le taux de retour moyen est de 23 %

    Les remises commerciales des catgories B varient de 35 38 %, les meilleures tant accordes par Actes Sud et UD. La remise moyenne est de 36,7 %

    Cest Hachette qui visite le plus ses clients (12 visites annuelles). La moyenne est de 6 visites.

    Cest galement Hachette qui organise le plus doprations commerciales dans cette catgorie (5), suivi par le CDE (4).

    Le CDE propose les meilleurs dlais de paiement (60 jours). Ses confrres oscillent entre 48 et 57 jours. Le dlai de paiement moyen est de 54 jours.

    La majorit des librairies de cette catgorie est classe en niveau 1.

    cacatgorie b (moyennes)

    % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    actes sud

    hachette

    mds

    cde

    harmonia mundi

    ud

    cole des loisirs

    interforum

    volumen

    25 470

    71 340

    3 790

    138 600

    8 470

    48 920

    50 400

    51 300

    38 010

    5,5 %

    15,4 %

    0,8 %

    30,0 %

    1,8 %

    10,6 %

    10,9 %

    11,1 %

    8,2 %

    21 %

    24 %

    14 %

    20 %

    40 %

    19 %

    13 %

    28 %

    27 %

    51j

    60j

    48j

    57j

    53j

    57j

    49j

    57j

    57j

    2

    9

    2

    12

    5

    6

    4

    7

    9

    38 %

    37 %

    37 %

    36 %

    36 %

    36 %

    35 %

    38 %

    37 %

    1,4

    1,38

    1,5

    1,25

    1,34

    1,25

    1,4

    1,5

    1,25

    1

    4

    1

    5

    2

    3

    2

    2

    3

  • 4

    librairies de catgorie c 21 rponses

    Hachette reprsente 24,6 % du CA des catgories C. Ensemble, ces diffuseurs reprsentent un CA moyen de 152 K , pour 92,9 % du CA moyen des librairies de cette catgorie.

    Les taux de retour oscillent entre 6 et 27 %. UD a le taux de retour le plus important et MDS le plus faible. Le taux de retour moyen est de 19 %

    Les remises commerciales des catgories C varient de 31 % 37 %, la meilleure tant accorde par lcole des loisirs. noter que lcole des loisirs ralise un CA plus important auprs des catgories C (nombreuses librairies spcialises jeunesse dans cette catgorie) que des catgories B. La remise la plus faible est celle de Hachette (seulement 31 %), quand les autres diffuseurs vont au moins jusqu 33 %. Hachette reprsente pourtant prs de 25 % du CA de ces enseignes ! Cest dire quel point elles se retrouvent pnalises. La remise moyenne est de 34,3 %

    Harmonia Mundi est le diffuseur qui visite le plus ses clients de catgorie C (3 visites annuelles) ; noter que son taux de retour est plus faible dans cette catgorie (17 %). La moyenne globale est de 2 visites annuelles.

    Hachette et le CDE sont les diffuseurs qui ralisent le plus doprations commerciales avec les libraires de cette catgorie : 3 par an comme pour les catgories A (5 pour les catgories B).

    Le CDE propose les meilleurs dlais de paiement (53 jours). Ses confrres oscillent de 44 50 jours. Le dlai de paiement moyen est de 48 jours.

    Laugmentation des dlais de paiement permet damliorer la trsorerie des librairies en soulageant le besoin de fonds de roulement. Il est surprenant, alors que le monde du livre est dispens de la LME (Loi de modernisation de lconomie qui fixe 45 jours maximum les dlais de paiements), que les catgories C ne puissent mieux profiter de ces drogations.

    Une librairie de catgorie C est classe en niveau 1 par Interforum.

    cacatgorie c (moyennes)

    % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    actes sud

    hachette

    mds

    cde

    harmonia mundi

    ud

    cole des loisirs

    interforum

    volumen

    4 020

    27 920

    5 050

    40 190

    5 530

    24 850

    9 490

    18 780

    15 880

    2,5 %

    17,1 %

    3,1 %

    24,6 %

    3,4 %

    15,2 %

    5,8 %

    11,5 %

    9,7 %

    24 %

    23 %

    18 %

    13 %

    17 %

    20 %

    6 %

    27 %

    23 %

    45j

    53j

    50j

    47j

    50j

    50j

    44j

    45j

    49j

    1

    2

    1

    2

    3

    1

    2

    1

    2

    35 %

    35 %

    37 %

    31 %

    33 %

    33 %

    34 %

    36 %

    35 %

    2

    2

    2

    2

    2

    1,8

    2

    2

    2

    0

    3

    0

    3

    1

    2

    0

    0

    0

  • 5

    tableau rcapitulatif

    capar diffuseurmoyennes

    retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    catgories a

    catgories b

    catgories c

    137000

    48480

    16860

    20 %

    23 %

    19 %

    69j

    54j

    48j

    12

    6

    2

    38,6 %

    36,7 %

    34,3 %

    1,02

    1,36

    1,97

    2,7

    2,5

    1,0

    Ce tableau prsente les moyennes des diffrents indicateurs par catgories de librairies. Il souligne nettement les carts :

    Le CA moyen ralis par diffuseur passe du simple au triple entre les catgories C et B et entre les catgories B et A.

    Les taux de retour sont quasi quivalents entre chaque catgorie. Les catgories C ont le taux de retour le plus faible.

    La moyenne des remises commerciales montre un cart de plus de 4 points entre les deux catgories opposes. Notons que les deux points qui sparent les catgories A et B tend se rduire, de nombreuses librairies de catgories B ayant obtenu le Label LIR.

    Les catgories C reoivent 6 fois moins de visites de reprsentants que les catgories A, et 3 fois moins que les catgories B.

    Le nombre doprations commerciales varie de 1 pour les libraires de catgorie C presque 3 pour les autres. Il est quasi quivalent entre catgories A et B.

    Les dlais de paiement sont plus avantageux pour les catgories A (69 jours en moyenne) avec un cart important par rapport aux autres : 15 jours avec les catgories B et 21 jours avec les catgories C. Il sagit l dune piste intressante que les libraires doivent continuer explorer auprs des diffuseurs, rtissants toucher la remise mais plus souples sur les dlais.

  • 6

    Les donnes recueillies permettent de comparer les conditions commerciales quappliquent les diffuseurs par catgories de CA. Nous en prsentons quatre : Hachette, CDE, Interforum et Actes Sud.

    Hachette

    moyennes

    catgories a

    catgories b

    catgories c

    ca % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    362 340

    138 600

    40 190

    15,0 %

    30,0 %

    24,6 %

    19 %

    20 %

    13 %

    67j

    57j

    47j

    32

    12

    2

    38 %

    36 %

    31 %

    1

    1,25

    2

    3

    5

    3

    CDe

    moyennes

    catgories a

    catgories b

    catgories c

    ca % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    272 690

    71 340

    27 920

    11,0 %

    15,4 %

    17,1 %

    18 %

    24 %

    23 %

    77j

    60j

    53j

    21

    9

    2

    38 %

    37 %

    35 %

    1

    1,38

    2

    10

    4

    3

    Interforum

    moyennes

    catgories a

    catgories b

    catgories c

    ca % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    202 900

    48 920

    24 850

    8,4 %

    10,6 %

    15,2 %

    18 %

    19 %

    20 %

    73j

    57j

    50j

    12

    6

    1

    38 %

    36 %

    33 %

    1

    1,25

    1,8

    6

    3

    2

    tableaux compars

    Actes sud

    moyennes

    catgories a

    catgories b

    catgories c

    ca % ca retoursoprations

    commerciales annuelles

    remises commerciales

    dlais de paiement

    (jours)

    visites annuelles des reprsentants

    niveaux

    39 850

    25 470

    4 020

    1,7 %

    5,5 %

    2,5 %

    18 %

    21 %

    24 %

    73j

    51j

    45j

    4

    2

    1

    41 %

    38 %

    35 %

    1

    1,4

    2

    0

    1

    0

  • 7

    Hachette est souvent la cible des critiques des libraires de catgories C qui dnoncent les conditions commerciales exigeantes du diffuseur. Il sagit pourtant du principal fournisseur de la librairie :

    15 % du CA pour les catgories A (11 % CDE ; 8,4 % Interforum ; 1,7 % Actes Sud) entre 24,6 et 30 % du CA pour les autres catgories (15,4 17 % CDE ;

    10,6 15,2 % Interforum ; 2,5 5,5 % Actes Sud).

    Si les conditions commerciales appliques par Hachette aux catgories A et B marges moyennes respectives de 38 % et 36 % sont proches de celles pratiques par les autres diffuseurs, les catgories C sont nettement pnalises. Les donnes recueillies leur attribuent en effet des marges infrieures de 2 6 points celles des autres diffuseurs, soit 31 % ! Interforum nest gure au-dessus avec 33 %. Le CDE et Actes Sud appliquent 35 %, UD 36 % et lcole des loisirs 37 %.

    Actes Sud impose aux catgories C les dlais de paiement les moins avantageux (45 jours), quand Hachette propose 47 jours, Interforum 50 jours et le CDE 53 jours.

    Lcart entre les catgories B et C varie de 6 10 jours.

    Les catgories C affichent le taux de retour le moins important chez Hachette (13 %) et pour le mme nombre doprations commerciales (3) que les catgories A.

    Sur le critre des oprations commerciales, les catgories C ont une offre presque quivalente celle des catgories B, voire des catgories A auprs de certains diffuseurs.

    Si les indicateurs squilibrent entre catgories A et B, ils tmoignent aussi de nettes diffrences de traitement entre le niveau 1 et le niveau 2.

    La variable office peut-elle expliquer ces diffrences ?

  • 8

    Loffice fait partie intgrante du Protocole 2008 et des ngociations diteurs-libraires : les libraires sengagent plus ou moins recevoir les nouveauts des diteurs.

    Loffice est un enjeu redoutable pour la chane du livre car il gnre plus dun tiers des flux de ldition et des achats de livres. Il gnre galement des cots de transport (les frais de port) qui alourdissent dautant son impact pour les librairies. Pour rappel, les frais de port aller et retour sont essentiellement pris en charge par les libraires ( de rares exceptions prs : oprations commerciales particulires, dpts contractuels, etc.).

    Les catgories A se partagent 75 % entre grille doffice offices choisis par collections et titres et refus de loffice (25 %) : les libraires choisissent eux-mmes les quantits. Seul un libraire a choisi dtre en tout--loffice avec lcole des loisirs.

    Les catgories B sont plus partages : elles fonctionnent par grille doffice pour les principaux diffuseurs (Hachette, Sodis, UD, Volumen et Interforum) et refusent loffice auprs des autres. Seuls deux libraires font le choix dtre en tout--loffice avec Hachette, et un seul libraire avec tous les diffuseurs.

    Les catgories C privilgient labsence doffice, except pour Volumen (62 %) et le CDE (62 %) auprs desquels elles travaillent partir des grilles doffice. Seul un libraire choisit le tout--loffice avec Hachette, le CDE et Actes Sud.

    Loffice se pratique le plus souvent partir des grilles de nouveauts par diteur diffus. Les libraires prfrent dcider par eux-mmes des titres quils recevront (notamment les catgories C dont les contraintes despace justifient des choix plus drastiques), et rares sont ceux qui optent encore pour le tout--loffice (quelques catgories C et B : cependant il ressort de lobservation des donnes que lacceptation de loffice amliore la marge de prs de deux points conditions quivalentes de taux de retour, CA et oprations commerciales).

    traitement de loffice

    * Pas doffice : le libraire refuse toute forme doffice** Grille doffice : le libraire est slectif dans ses choix *** Tout--loffice : le libraire accepte lintgralit des nouveauts dun diffuseur

    pasdoffice*

    pasdoffice

    pasdoffice

    catgorie a catgorie b catgorie c

    grille doffice**

    grille doffice

    grille doffice

    tout loffice***

    tout loffice

    tout loffice

    actes sud

    hachette

    mds

    cde

    harmonia mundi

    ud

    cole des loisirs

    interforum

    volumen

    25 %

    25 %

    50 %

    25 %

    25 %

    25 %

    25 %

    25 %

    25 %

    60 %

    27 %

    70 %

    33 %

    64 %

    42 %

    55 %

    33 %

    42 %

    54 %

    31 %

    69 %

    57 %

    93 %

    60 %

    57 %

    54 %

    38 %

    75 %

    75 %

    25 %

    75 %

    75 %

    75 %

    75 %

    75 %

    75 %

    40 %

    64 %

    30 %

    50 %

    27 %

    50 %

    36 %

    59 %

    50 %

    38 %

    62 %

    31 %

    36 %

    7 %

    40 %

    43 %

    46 %

    62 %

    -

    -

    25 %

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    9 %

    -

    17 %

    9 %

    8 %

    9 %

    8 %

    8 %

    8 %

    7 %

    -

    7 %

    -

    -

    -

    -

    -

  • 9

    qualitatif

    La dernire question de lenqute portait sur la perception quont les libraires de leurs relations avec les diffuseurs.

    Cest avant tout un manque de considration qui ressort des tmoignages des catgories B et C : des livraisons trop lentes, la primeur de nombreuses signatures accorde des grandes surfaces au dtriment de la librairie indpendante locale, des offices sauvages qui cotent trs chers (une pratique qui perdure, bien quelle aurait du prendre fin ds la signature du Protocole en 2008). Les libraires dans leur ensemble soulignent leur dpendance, leur quasi-servilit face aux diffuseurs : Plus le diffuseur est important et moins on peut ngocier .

    Les libraires sinterrogent sur les accords commerciaux et questionnent les remises qualitatives, lesquelles devraient sadapter la nature et la taille de la librairie : Comment raliser dans des zones rurales ou dans de petites librairies spcialises le mme travail danimation, de prsence auprs des bibliothques, doprations commerciales que dans des villes moyennes ou grandes ? La rotation et le niveau de vente ne peuvent tre les mmes, mais nous avons une importance quivalente sur nos territoires . Ces libraires sont bien sr conscients quils ne peuvent exiger les mmes conditions que les grandes structures, mais les carts leur semblent incohrents.

    Tous soulignent lurgence dfinir une politique qualitative adapte et cohrente : Quest-ce que le qualitatif aujourdhui ? Le nombre doprations commerciales, de tables que nous dcidons de faire, de commerciaux que nous recevons, de libraires diplms. Quand on dnombre, on compte ! Cest du quantitatif. La valeur ajoute des librairies, le travail du fonds, la vitrine, lagencement, la politique dimmobilisation, cest malheureux mais ils sen foutent. Dautres ont une opinion encore plus tranche : Le qualitatif, cest invrifiable et subjectif. Ce ne peut tre la base dun accord. Et ne nous mentons pas : quand on est petit on na pas la place pour toutes ces oprations, cette PLV, etc. Ni les moyens dorganiser trois signatures ou rencontres par semaine. tre petit, cest tre presque mort.

    Le terrain est glissant car derreurs subies en abus rcurrents, toutes les rancunes ressortent des commentaires. Et ce dautant plus quun mystre semble volontairement entretenu : qui fixe la remise ? Lditeur ? Le diffuseur ? Lditeur expliquera quil fixe le prix de vente mais que cest la diffusion qui fixe la moyenne des remises ; le diffuseur expliquera lui quil reoit les consignes de lditeur. Notons seulement que quand un diteur signe un contrat de diffusion/distribution dlgue pour un montant de 58 % du prix public hors taxe de louvrage, 9 % concernent la diffusion (moyenne nationale), 11 % la distribution (moyenne nationale) et 38 % la remise moyenne des librairies. Chaque acteur tant rmunr sur sa marge, les diffuseurs ont tout intrt ngocier au mieux.

    Quelques notes positives viennent tout de mme les ponctuer : Jai une bonne image de ces accords. Ils sont loin dtre parfaits mais ils ont au moins permis damliorer les conditions de traitement du fonds avec des diteurs qui proposent des surremises, dautres des remises de fin danne. Et mme si la marge na pas normment progress, elle augmente. Il faut encore acclrer le mouvement ! .

  • 10

    conclusion

    Ces lments ne dmentent pas la complexit des relations commerciales entre diteurs et libraires. Lors des ngociations de 2008 qui ont amen la ratification des derniers accords commerciaux, la volont affiche par linterprofession tait de faire voluer les remises dans une direction qualitative : prise en compte de la formation des libraires et de leur dynamisme via les vitrines, animations, expositions, ateliers, rencontres, signatures. Malgr des efforts notables, la ralit en librairie semble encore bien loigne des conditions dfinies par le nouveau Protocole, qui certes sert de cadre lgal tous les diffuseurs lorsquils produisent leurs conditions gnrales de vente, mais qui tarde encore sappliquer.

    Les libraires constatent : une absence de prise en compte du fonds face la prdominance de la nouveaut ; le poids du CA diffuseur et du volume de commandes dans le calcul de la remise ; une politique du rassort encore trop peu considre ; des facilits obtenir de meilleurs dlais de paiement lies au CA ; un qualitatif qui se dcompte sans considration des spcificits des lieux et du travail

    des libraires.

    Ils sinterrogent : Faut-il accepter ou non le tout--loffice pour gagner quelques points de marge en mettant

    souvent mal ses propres stocks, en augmentant parfois dangereusement les taux de retour et en ntant plus le seul dcideur de son assortiment ?

    Prcisons toutefois que les conditions dattribution de remises commerciales se sont amliores ces cinq dernires annes, notamment pour les catgories A et B. Mais les difficults demeurent importantes pour les catgories C et ce malgr leffort de nombreux diffuseurs lexception dHachette.

    Si les marges de manuvre sont peu nombreuses dans les relations entre diteurs et libraires, il en est une qui reprsente un des leviers les plus intressants : les dlais de paiement. Les catgories A et B y ont recours frquemment pour des oprations ou des soucis ponctuels de trsorerie et il serait pertinent dtendre cette relative souplesse aux catgories C, en dehors du simple cadre des oprations commerciales.

    Rappelons encore le travail constamment men par les associations de libraires, notamment dans le cadre de la Commission commerciale du Syndicat de la Librairie franaise (SLF). Les discussions actuelles schelonnent deux chelles :

    Mesures gnrales Un crdit-retour 30 jours (quHachette a dj mis en place pour les librairies labellises LIR

    et de 1er niveau) ; Un plancher de remise 35-36 % minimum (quappliquent dj le CDE, Actes Sud ou lcole

    des loisirs) ; Des dlais de paiement 60 jours (uniquement proposs aux catgories A pour linstant) Deux points de remises supplmentaires appliqus aux commandes douvrages de fonds

    (certains diffuseurs le proposent dj) ; Des livraisons en 24 heures (un vu pieux).

    Mesures spcifiques second niveau La mise en place de vritables paliers de remise en fonction du travail quantitatif et qualitatif ; Un meilleur dispositif dinformations commerciales pour les librairies peu ou pas visites

    (service de presse numrique ?) ; Une impression la demande pour soulager les stocks ?

  • 11

    Le besoin de dfinir rellement la notion de remise qualitative ressort de cette enqute. Vcue comme une variable subjective, une forme de bonne conscience donne aux diffuseurs pour justifier des politiques incorrectes et des ngociations fausses ds le dpart, elle offre aujourdhui aux diteurs une base de repli parfaite : on en parle en valeur absolue dans les conditions gnrales de vente, elles gayent les documents, mais sur le terrain, impossible de vrifier ni son application ni sur quels vritables critres.

    Il y a urgence repenser les quilibres, segmenter les remises qualitatives et reconnatre enfin quon ne peut exiger un mme travail dun libraire en zone rurale et dun libraire de catgorie A exerant en centre ville, comprendre que le bassin de population tout comme la demande ny sont pas quivalents. Les conditions gnrales doivent tre adaptes aux dynamiques de territoires, afin que les librairies puissent y vivre et ne soient pas contraintes de passer par des grossistes pour obtenir de meilleures remises que celles des diffuseurs. Les territoires ne sarrtent pas aux grandes villes, aux librairies de niveau 1, aux librairies labellises ; le livre est sa place partout !

    Enfin, il ne suffit pas de ratifier des accords, encore faut-il sassurer de leur bonne mise en pratique. Souhaitons que la dcision du Ministre de la Culture dlargir le rle du Mdiateur du Livre et de donner un vrai pouvoir de sanction aux Directions rgionales des Affaires culturelles, permettra de rguler rapidement les abus souligns par lensemble des librairies, toutes catgories confondues. La chane du livre dans son entier peut y gagner.

    Les relations commerciales diteurs-Libraires - 2013-2014 est une publication tlchargeable sur le site www.livre-paca.org, rubrique Observatoire.

    Agence rgionale du Livre Provence-Alpes-Cte dAzur, 2015 8/10, rue des Allumettes 13098 Aix-en-Provence Cedex 2Tl. 04 42 91 65 20 Ml : [email protected] Contact : Olivier Pennaneach

    Cration graphique originale : Julie Brondino, www.julsgrafik.comCouverture et maquette : Audrey Voydeville, www.audreyvoydeville.com

    membres fondateurs

    LAgence rgionale du Livre paca estaccueillie par la Municipalit dAix-en-provence au sein de la Cit du Livre.

    LAgence rgionale du Livre paca est membre de la :

    http://www.livre-paca.orgmailto:contact%40livre-paca.org?subject=http://www.julsgrafik.comhttp://www.audreyvoydeville.com